En février 2006, j’ai quitté un emploi que j’occupais depuis 8 mois. Je travaillais du lundi au jeudi de 8h30 à 11h30 et de 12h30 à 18h00. Et je fermais la semaine, les vendredis en suant mon impuissance dans mes rôles de 8h30 à 11h30 et de 12h30 à 17h00.

Pendant cette période sans absence, je n’ai pas eu de pauses-café. Et pourtant, le reste de l’équipe profitait de ces moments pour bâtir leurs liens d’amitié, pour fumer en partageant un bon café. Et de mon poste, je pouvais les entendre et les voir se construire entre eux.

Cette délivrance mentionnée sur cette pièce de papier jaune, je l’ai retrouvée le jour où j’ai pris la décision de donner ma démission. Certes, qu'il y a eu un coût financier sur notre vie de couple et sur la fragilité de la peau de mon estime.

Et à cet égard, heureusement, que mon partenaire de vie comprenait mon besoin de respecter mes limites, pour survivre.

Et pourtant, Dieu sait que j’avais fait maintes tentatives pour régler mes litiges, mes inconforts dans mes rôles. Mais quand celui et celle qui mènent le bateau de l’entreprise oublient que les rameurs ont non seulement une place mais une importance qu’il est sain de reconnaître.

Après mon départ, je suis retournée aux études pour tenter d’améliorer ma qualité de vie au travail. Comme j’ai sué assise sur tous ces bancs d’école. J’ai tout donné pour apprendre comment ne plus vivre toutes ces situations qui me tuaient intérieurement, qui mangeaient ce sentiment d’importance qui m’allume.

Malgré ma discipline acharnée, malgré toutes les heures passées à croire, malgré mon désir d’aider ceux et celles qui croisaient ma route, malgré mes marches sur ce grand couloir qui habillait si bien, cet établissement, je reste vide d’un emploi.

Si seulement les employeurs connaissaient leur pouvoir qu’ils ont sur le feu de nos vies. Trop souvent, j’ai voulu mourir par dégoût face à mon incapacité d’accepter l’inacceptable. J’ai toujours rêvé de trouver cet endroit où par mes formations, par mes expériences, par ma volonté de faire une différence, je pourrais me réaliser.

Récemment, j’ai fait un travail de session à l’Université. À travers mon analyse approfondie, j’ai compris que parfois, d’autres nous enterrent pour mieux se remonter. Je sais que ma sensibilité m’empêche d'atteindre le plancher de leurs bassesses. J’ai peine à blesser les autres. Devant les faiblesses de mes collègues, je ne prends pas plaisir à faire briller mes dons de vie. Au contraire, je prends puissance à les outiller, à les aider à briller.

J’ai remarqué que nombre d’entreprises possèdent leurs guerriers, ceux et celles qui foncent, sans réfléchir aux dommages qu’ils causent. À force de m'agenouiller devant mes échecs, peut-être vais-je devenir cette guerrière, celle qui foncera sans respecter les limites des autres, cette forte qui collectera son salaire et ce, sans fournir le meilleur d’elle-même.

Vais-je changer ce respect qui m’habille si bien? Non!

Dieu, de là-haut, aide-moi à croire. Et en attendant de trouver, à tous les jours que la vie me donnent, je vais me nourrir. Je vais continuer à m’instruire en espérant que mes connaissances m’ouvriront les portes que la vie n’a pas su m’ouvrir.

Sérénité dans vos recherches,

Lee