Sur celle-ci, de gauche à droite, nous retrouvons "moi, mon frère Richard et ma sœur aînée Diane". J’avais trois ans, Diane brillait de ses cinq ans et Richard, faisait son grand du haut de ses huit ans. Mon frère Daniel et ma sœur Lucie n’étaient pas encore de ce monde.

Le texte que vous pouvez lire a été écrit par Diane, il y a bien des saisons. Ce qui fait la valeur de ses mots, c’est que Diane n’est plus de ce monde. Comme je l’ai mentionné dans mes billets, elle a été battue à mort le 9 novembre 2006 par on ne sait quel montre?

Vous comprendrez que quand je me suis souvenue qu’elle m'avait laissé ce message en me donnant le cadeau de cette photo de nous trois, rien ne pouvait m’arrêter pour la retrouver. Et dans mes chaussures de soeur, j’ai fait bien des prouesses pour la serrer à nouveau contre mon moi malade.

À la lecture de sa plume, je me souviens que Diane coupait ses mots. Par exemple, elle disait « J’ la trouvais… ». Puis, au lieu de dire « toi » elle disait « toé ». Et pourtant, elle connaissait cette règle de grammaire mais elle était authentique dans sa façon de s’exprimer. Elle écrivait comme elle parlait.

Sa simplicité dans son unicité me manque, c’est certain!

Et c’est pourquoi, ce soir, je prends le temps de moucher ma peine en écrivant ce billet. Et quand elle mentionnait qu’on allait dire qu’un de nous 3 allait devenir religieux ou religieuse, elle se référait au fait que le frère et la sœur de notre père ont été « frère et religieuse » de foi pendant une vingtaine d’années. Notre famille paternelle était très pieuse. La foi était assise sur les genoux de leurs croyances.

Sachant ces détails, Diane s’amusait en riant du fait que la foi ne faisait pas partie réellement de notre quotidien. Notre mère suivait une mode de paraître en nous demandant de jouer aux croyants pour la sérénité de nos oncles, nos tantes et de nos grands-parents.

Quand Diane est décédée, son conjoint du moment, a conservé sa bible. Ce livre auquel elle tenait tant. Devant ses péchés de vie, elle demandait souvent pardon à son Dieu. Pour survivre à la cruauté qui naissait de sa consommation, elle lui criait sa douleur d’être.

Et un jour, son Dieu d'amour a décidé qu’elle avait assez souffert. Et il est venu nous l’enlever pour l’envelopper de sa couverture de réconfort.

Quant à moi, je vais continuer à lever mon regard quand je vivrai une de mes crises habillée de regrets et d’impuissance. Dire que ma sœur aînée, n’est plus. J’ai peine à croire que nos routes ne se croiseront plus. Même si je saute dans mon automobile et que je conduis au bout de mon essence, je ne la trouverais plus.

Plus jamais...

Le deuil d’un être qui a été tué est lourd et trop long à enterrer. D’avoir perdu un frère cadet et une sœur aîné par des mains criminelles, c’est simplement trop pour ma sensibilité de merde.

Peut-être qu’un jour, je vais réussir à les coucher dans leur trou de misères, sans pleurer sous mon parapluie de soeur blessée.

Sérénité dans vos pertes,

Lee