Pensées 02 septembre 2010
Bonjour à toutes et à tous
« On donne des conseils, mais on n'inspire point de conduite. » ( François de La Rochefoucauld ) Quand un membre d'un groupe d'entraide que nous aimons bien ressasse ses soucis dans un mini-partage, nous voulons lui donner un conseil. Fais ceci, fais cela... Cela part d'un bon sentiment : apporter de l'aide à quelqu'un qui en a besoin, un « dentiste » qui en arrache. Mais nous sommes souvent très déçus. Les conseils sont mal reçus, mal perçus, pas écoutés, pas adoptés ! Alors comment faire pour bien donner des conseils ? Tout d'abord, savoir qu'un conseil ne doit jamais être donné pour être suivi ! Cela peut paraître paradoxal, et bien, c'est ainsi. Celui qui reçoit doit rester libre d'écouter, de penser et de décider lui-même. Sinon, le conseil ne sera pas perçu comme tel, mais comme un ordre. Et un ordre, ça donne plutôt envie de se rebiffer surtout pour être encore un tantinet égocentrique et rebelle !
« On donne facilement des conseils ; ça amuse beaucoup celui qui les donne et ça n'engage à rien celui qui les reçoit. » ( Alphonse Karr ) Un conseil ne peut pas être donné comme un avis personnel. « À mon avis, la solution, c'est ça... » Ou « Si j'étais à ta place, je crois que je réagirais ainsi... » Dans de telles situations, ça nous donne bonne intention de chercher à relativiser notre conseil, c'est toujours le point de vue d'une personne, un autre éclairage — le nôtre. Ce n'est pas forcément l'unique ou même une voie à suivre. C'est celle que nous devrions nous-mêmes prendre.
Un conseil même qui nous apparaît bénéfique peut ne pas l'être pour l'autre à qui il est destiné. Un conseil peut ouvrir la prison de l'autre. Si cette personne se débat dans une situation difficile, c'est bien qu'elle est enfermée dans des idées reçues, des limites invisibles. Notre conseil peut lui ouvrir une porte, une fenêtre, une issue. Pas le ou la peinturer dans un coin, et non lui imposer une direction inévitable. Sinon, la personne que nous voulons aider continue à se sentir prisonnière.
De la part de celui qui prodigue un conseil, l'humilité est indispensable : nous ne sommes pas à la place de l'autre. Nous n'avons pas sa personnalité, nous ne connaissons pas toute son histoire de vie , ni les tenants ou les aboutissants de ses gestes et actions. Nous ne vivons pas avec sa famille immédiate, avec son entourage. Alors, même si cette personne fait le contraire de ce que nos conseils lui suggèrent, ils lui auront peut-être été utiles à faire un choix ! Pensons toujours aussi à ajouter : « Tu es le seul ou la seule à savoir ce qui est bon pour toi. » La plupart du temps, la plupart d'entre nous donnons des conseils à la pelle, et nous les acceptons à la cuillère.
Enfin, le conseil idéal est une ouverture comme « Je te fais cette suggestion, et il existe certainement mille autres solutions auxquelles nous n'avons pas pensé… » Cette ouverture d'esprit stimule les capacités de l'imagination, de l'intuition, de l'intelligence à trouver des voies qui n'apparaissent pas à première vue. Et l'une de ces voies est sûrement la bonne…
« Celui qui donne un bon conseil, construit d'une main, celui qui conseille et donne l'exemple, à deux mains ; mais celui qui donne de bonnes leçons et un mauvais exemple construit d'une main et détruit de l'autre. » ( Francis Bacon ) Juste pour aujourd'hui, les conseils dont nous avons besoin sont à notre portée. Ce sont ceux que nous cherchons à prodiguer si généreusement aux autres pour leur propre bien. Nous sommes les premiers qui avons besoin de les entendre. Noblesse oblige.
Merci la Vie !!!
Denise et Gilles