Pensées 14 décembre 2010
Bonjour à toutes et à tous
« On a besoin de ses mains pour dire les choses que la parole ne traduit pas. » ( Anne Hébert, Le torrent ) Nos ancêtres européens 'parlaient' avec leurs mains, gesticulant sans cesse. Les italiens disent agir avec « la mano ». Loin de la 'Mano vera', la « main noire » qui symbolisaient la mafia italo-américaine qui est devenue la 'pieuvre', la Cosa Nostra, la mano représente la main, la main avec laquelle le chef réussit de bons plats et séduit notre palais. C'est cette touche magique que nos grands-mères ont presque toutes manifesté, cette habileté de tourner quelque repas ordinaire en quelque chose de merveilleux. Les cuisiniers qui ont 'la mano' savent comme par instinct quand les pâtes sont 'à la dente'. Ils ont cette sagesse parce qu'ils ont l'expérience et qu'ils ont porté une attention spéciale à ce qu'ils font. Ils ajoutent l'ingrédient qui bonifie la sauce.
Plusieurs jardiniers ont aussi 'la mano'. Ils savent où couper pour faire une bouture et quand planter. Ils font leurs semis quand la lune est sur le déclin parce que les semis faits à la nouvelle lune sortent avec beaucoup d'énergie mais perdent de la vigueur en maturant trop vite et s'étiolant. Tout ce que ces pouces verts touchent se développe bien et fleurit. Plusieurs massothérapeutes ont aussi 'la mano'. Ils savent adoucir nos contractures, nos crispations mentales et faire circuler l'énergie bloquée par certaines émotions. Ils nous permettent de nous libérer de la plupart de nos spasmes et problèmes physiques. Certains sont à la fois jardiniers et massothérapeutes. On dit qu'ils ont un peu petit côté zen hors de l'ordinaire ou est-ce une petite gêne.
« Les problèmes les plus importants de la vie apparaissent comme insolubles. On ne peut pas les résoudre, on peut seulement les dépasser. » ( Carl Gustave Jung ) Einstein a dit toutefois : « Tout problème sans sa solution est un problème mal posé. » Nous remercions notre Ps, Dieu de nous guider et de pouvoir attendre son heure et sa façon, reconnaissant que le problème et la solution sont toujours entre Ses mains. Est-ce que ce serait là le vrai sens de 'la mano' ? Merci chère Ps de nous aider à voir clairement ce que nous devons faire, de nous donner la plupart du temps des directives claires et de nous inviter à tendre la main à quelqu'un qui souffre tout en demeurant détachés, sans attendre de résultats.
Merci la Vie !!!
Denise et Gilles
Il existe plusieurs formes de pertes — le divorce, l'incarcération, la maladie, la mort, et même les changements émotionnels. Quand j'ai perdu la personne que j'aimais le plus au monde, j'étais extrêmement accablé et dans mon chagrin, j'ai repoussé tous et chacun. Dieu merci, j'étais membre Al-Anon depuis assez longtemps pour avoir éveillé cette partie de moi-même qui voulait la santé, quoi qu'il advienne. Et alors, avec le temps, j'ai recommencé à mettre le programme en pratique. Avec l'aide de plusieurs merveilleux membres Al-Anon qui m'ont soutenu et m'ont laissé vivre mon chagrin à ma façon et durant le temps nécessaire, j'ai appris à revenir à la Première Étape, à admettre que j'étais impuissant devant cette perte et que ma vie était incontrôlable. Encore une fois, j'ai vu que mon seul espoir reposait en une Puissance supérieure à moi-même. Et Étape par Étape, j'ai appris à vivre avec cette perte, avec la souffrance, avec le désespoir, jusqu'à ce que finalement je commence à me sentir revivre.
Pensée du jour
La souffrance et les pertes font partie de la vie. Peu importe ce que je fais, je ne serai pas capable de changer cela. Mais avec la fraternité pour me soutenir et les Étapes pour me guider, je serai capable de faire face à tout ce qui m'arrivera et à m'en servir pour croître.
« Non seulement les bases que j'ai acquises dans Al-Anon m'inspirent-elles de la gratitude quand les choses vont bien, mais elles me montrent également que le programme est efficace particulièrement quand les choses vont mal. » ... dans tous les domaines de notre vie
Al-Anon, Le Courage de Changer, 14 décembre, p. 349
Quand je sens que ma sérénité est étouffée par la peur et l'anxiété, je divise la Prière de Sérénité en éléments clairs et précis qui transpercent le déluge de mes défauts de caractère. Premièrement, j'élargis mon sens de l'acceptation pour inclure toute chose exactement comme elle est, et non seulement les choses que je ne peux pas changer. Je considère ma vie entière à travers la lentille de la gratitude en ayant confiance que tout se déroule exactement comme il se doit. Comme me le rappelle mon parrain, Dieu planifie et choisit le bon moment de manière parfaite. Je demande à ma Puissance Supérieure de m'aider à accepter les choses exactement comme elles sont et à voir les possibilités que m'offrent les événements.
Il est parfois dangereux pour moi de demander à Dieu de me donner « le courage de changer les choses que je peux ». Si je ne fais pas attention, je peux me sentir accablé par toutes les choses que je pourrais changer et je deviens paralysé par l'inaction. Cela m'aide si je prie pour savoir exactement ce que Dieu veut que je change à un moment particulier. Je vois les « choses que je peux changer » comme étant les choses que Dieu veut que je change.
Demander « la sagesse d'en connaître la différence » peut réveiller mon perfectionnisme. Je tiens à savoir exactement ce que Dieu veut que je change. Je ne veux pas faire d'erreurs. Pour remettre les choses en perspective, je me rappelle que tout est déjà entre les mains de Dieu, et que prendre une décision est un processus qui se corrige de lui-même. La sagesse est une réaction viscérale. Si je change quelque chose et que je ne me sens pas mieux, je reprends le processus jusqu'à ce que je perçoive clairement la volonté de Dieu.
Pensée du jour
Est-ce que je mets profondément et largement la Prière de Sérénité en action dans ma vie ?
« ... Je demande à Dieu de me guider et j’attends, remettant le problème entre Ses mains. Je demande à voir clairement ce que je dois faire. Il me donne des directives claires. » Having Had a Spiritual Awakening..., p. 40
Al-Anon, De l’espoir pour aujourd’hui, 14 décembre, p. 349
Tendre la main
Ne parlez jamais à un alcoolique du haut de votre grandeur morale ou spirituelle ; contentez-vous de lui présenter les outils spirituels pour qu'il les examine. Démontrez-lui comment ils vous ont servi. Les Alcooliques Anonymes, p. 108
Quand je rencontre un nouveau, est-ce que j'ai tendance à le considérer à partir de ma propre perception de la réussite chez les AA ? Est-ce que je le compare à mes nombreuses autres connaissances dans le mouvement ? Est-ce que je prends un ton magistral pour lui faire entendre la voix des AA ? Quelle est mon attitude réelle à son égard ? Quand je rencontre un nouveau, je dois faire attention à mon propre comportement afin d'être certain de lui transmettre le message avec simplicité, humilité et générosité. La personne qui souffre encore de la terrible maladie de l'alcoolisme doit pouvoir trouver en moi l'ami qui lui permettra de découvrir le mode de vie des AA, comme l'ami qui m'a accueilli dans le mouvement. Aujourd'hui, c'est à mon tour de tendre la main avec amour à mon frère, à ma sœur alcoolique et de lui montrer le chemin du bonheur.
Alcooliques Anonymes, Réflexions quotidiennes, 14 décembre, p. 357
PENSÉE DU JOUR
Non seulement suis-je impuissant devant certaines choses qui me rendent la vie difficile, mais aussi devant des choses qui la rendent plus facile. Par exemple, je suis incapable de modifier, même d'un iota, ma valeur personnelle. Ma valeur comme être humain est déterminée et fixée par Dieu qui a fait de moi une personne spéciale et il n'y a rien que je puisse y changer. Rien. Cependant, les perceptions que j'ai de moi-même et de ma valeur (et l'émotion qui en résulte) changent de jour en jour, de moment en moment, car il en est ainsi des perceptions et des émotions; elles changent. Je suis impuissant devant mes émotions, y compris devant la perception de ma valeur personnelle.
MÉDITATION DU JOUR
Aide-moi à m'accepter aujourd'hui tel que je suis, même si mon amour-propre en est blessé.
AUJOURD'HUI, JE ME SOUVIENDRAI
Ma valeur me vient de Dieu et non de quelque chose que je fais ou que je ne fais pas.
Émotifs Anonymes, Aujourd'hui Seulement, 14 décembre
Dépendance, drogues et rétablissement
« La dépendance est une maladie à la fois physique, mentale et spirituelle qui touche tous les domaines de notre vie. » Texte de base, p. 27
Avant de commencer à consommer, nous avions pour la plupart un stéréotype, une image mentale de ce à quoi devait ressembler les dépendants. Certains d'entre nous se représentaient un « junkie » qui volait l'épicier du coin pour avoir de l'argent pour de la drogue. D'autres imaginaient des paranoïaques reclus épiant la vie derrière des rideaux et une porte fermée à double tour. Tant que nous ne correspondions à aucun de ces stéréotypes, nous pensions que nous ne pouvions pas être dépendants.
À mesure que notre consommation augmentait, nous avons rejeté ces conceptions erronées et en avons adopté une autre: la dépendance, croyions-nous, était une affaire de drogue. Nous pensions peut-être que « dépendance » signifiait accoutumance physique et que toute drogue qui ne produisait pas d'accoutumance physique ne créait pas de « dépendance ». Ou alors, nous croyions que tous nos problèmes venaient des drogues que nous consommions. Nous pensions que le simple fait de nous débarrasser des drogues nous rendrait la raison.
L'une des leçons les plus importantes que nous apprenons dans Narcotiques Anonymes est que la dépendance va bien au-delà des drogues que nous consommions. La dépendance fait partie de nous ; c'est une maladie qui touche tous les domaines de notre vie, avec ou sans drogue. Nous pouvons voir ses effets sur nos pensées, nos sentiments et notre comportement, même après avoir cessé de consommer. Voilà pourquoi il nous faut une solution capable de rétablir tous les domaines de notre vie : les Douze Étapes.
Juste pour aujourd'hui, la dépendance n'est pas une maladie simple, mais elle a une solution simple. Aujourd'hui, je vivrai dans cette solution : les Douze Étapes du rétablissement.
Narcotiques Anonymes, JUSTE POUR AUJOURD'HUI, 14 décembre, p. 366
Ne regardez pas trop loin devant. Pindare
Il serait effrayant de pouvoir connaître l'avenir. Or, il existe quelque chose d'aussi triste et troublant, soit l'habitude hélas bien connue de tout remettre à « un jour » : un jour, je suivrai un cours de claquettes ; un jour, je m'engagerai comme bénévole à l'hôpital ; un jour, je ferai une croisière dans les îles grecques...
J'ai vécu trop longtemps dans l'anticipation. Ma vie se passe maintenant, et il n'y a qu'un temps pour la vivre : maintenant.
Pensée du jour : Je ne veux pas connaître l'avenir, ni essayer de le vivre avant qu'il n'arrive.
Outremangeurs Anonymes, Aujourd'hui, 3e Éd., p. 349
« Nous assistons à des réunions, nous nous efforçons d'exprimer franchement nos sentiments et nous agissons comme si nous avions déjà le pouvoir de changer, de nous abstenir de manger compulsivement. » Aujourd'hui, page 8
J'ai toujours été quelqu'un de prévoyant, qui prend du recul et voit les choses dans leur aspect global. Ainsi, lors de mes premières réunions, je ne comprenais pas pourquoi mon abstinence et mon rétablissement n'étaient pas un engagement à vie. Puis lorsque j’ai commencé clopin-clopant à cheminer dans le rétablissement, je suis tombée sur la phrase qui nous dit de « faire comme si » : faire comme si j'étais abstinente, comme si j'avais une relation solide avec Dieu, comme si j'avais une marraine, comme si j’étais déjà en rétablissement.
Ce simple processus m'a aidée de manière incommensurable. Je suis passée du « faire comme si » à la réalité : je suis devenue abstinente, j'ai développé une véritable relation avec Dieu, je me suis trouvée une marraine (et j'en suis devenue une) et je me rétablis. Apprendre à vivre dans l'instant présent fut pour moi une grâce. Je ne me tracasse plus en songeant à ce qui n'a pas été ou à ce qui s'est déjà produit. J'ai appris à me « contenter d'être ». Je puis reconnaître que pour aujourd'hui, je suis abstinente et pleine de gratitude. Je ne suis plus aux commandes de ma vie. Sans les OA, cette simple pensée ne m'aurait jamais traversé l'esprit.
Outremangeurs Anonymes, Les voix du rétablissement, 14 décembre, p. 349
3. - Dans le passé, Je t'ai procuré les expériences qui devaient, justement, t'enseigner ces choses. Mais, maintenant, si tu es prêt et digne, tu travailleras consciemment avec Moi. Tu attendras joyeusement, (quoique) avec calme, chaque nouvelle expérience, sachant bien que chacune d'elles contient de merveilleuses expressions de Ma Signification, que Je te rendrai claires et qui t'amèneront, chaque fois, à une union plus harmonieuse et plus intime avec Moi.
4. - Toutes les expériences à venir seront ainsi des bénédictions, au lieu d'être des épreuves, ou des effets « karmiques » d'actes passés. En chacune d'elles Je te révèlerai des visions glorieuses de Ma Réalité, de ton propre, de ton vrai et merveilleux Moi Intime, jusqu'à ce que tu ne te sentes plus disposé à suivre aucun de tes anciens désirs, mais que tu ne cherches à connaître que Mes Désirs et à Me plaire.
La vie impersonnelle, Éd ASTRA, Paris, 6e Éd., trad. d'Hélène Baron, p. 210
Vivre sans alcool
14 — Se protéger de la solitude
On décrit l'alcoolisme comme la « maladie de la solitude », et très peu d'alcooliques rétablis contestent cette opinion. En repensant aux derniers mois ou aux dernières années de notre alcoolisme, des centaines de milliers (1) d'entre-nous se rappellent les sentiments d'isolement qu'ils éprouvaient, même au milieu de joyeux fêtards. Nous entretenions souvent un profond sentiment de non-appartenance au moment même où nous nous comportions en êtres chaleureux et sociables.
Plusieurs ont dit qu'ils avaient commencé à boire pour « faire partie de la bande ». Ils avaient l'impression qu'il leur fallait boire pour « s'intégrer », pour sentir qu'ils appartenaient au genre humain.
Il est visible toutefois qu'en buvant de l'alcool, nous poursuivions un objectif égocentrique : autrement dit, c'est bien dans notre propre corps que nous déversions cet alcool, et que l'effet s'en répandait. Parfois, il nous rendait temporairement plus sociables ou calmait notre sentiment d'isolement.
Mais une fois l'effet de l'alcool dissipé, nous nous retrouvions encore plus isolés, plus rejetés, plus « différents » que jamais, et profondément tristes.
Si nous ressentions de la culpabilité ou de la honte, soit de notre ébriété même, ou de ses effets, notre sentiment d'isolement s'en trouvait accentué. À certains moments et à cause de notre conduite, nous en venions à craindre en secret ou même à croire que nous méritions cet ostracisme. Nous nous disions en nous-mêmes : « Se pourrait-il que je sois un intrus ? »
(Tels sont peut-être vos propres sentiments lorsque vous évoquez votre dernière cuite ou son pénible lendemain.)
La route déserte qui s'étendait devant nous paraissait morne, sombre et interminable. Il était si douloureux d'en parler, même d'y penser, que nous nous empressions de retourner boire.
Exception faite des buveurs solitaires, on ne peut pas dire que nous manquions tout à fait de compagnie pendant notre alcoolisme actif. Nous étions bien entourés de gens que nous pouvions voir, entendre et toucher. Par contre, la plupart de nos dialogues les plus importants, c'est intérieurement que nous les tenions, et avec nous-mêmes. Nous étions persuadés que personne ne nous comprenait. En plus, vu l'opinion que nous avions de nous-mêmes, il n'est pas certain que nous désirions être compris par qui que ce soit.
Il n'est pas étonnant d'avoir alors été sidérés lorsque pour la première fois, nous avons entendu chez les AA des alcooliques rétablis se raconter ouvertement et honnêtement. Le récit de leurs propres aventures d'alcooliques, de leurs frayeurs secrètes et de leur solitude nous secouait autant qu'un coup de tonnerre.
Nous découvrons, mais sans oser le croire au début, que nous ne sommes pas seuls. En définitive, nous ne sommes pas entièrement différents de tout le monde.
Notre fragile coquille protectrice, et l'égocentrisme craintif qui nous avait habités si longtemps, ont craqué devant l'honnêteté d'autres alcooliques rétablis. Nous avons senti, presque avant même de pouvoir l'exprimer, que nous faisions partie de quelque chose, et la solitude a commencé à se dissiper rapidement.
Le mot soulagement n'est pas suffisant pour traduire notre première réaction. Il s'y mêle aussi de l'émerveillement et presqu'une forme de erreur. Serait-ce trop beau pour être vrai ? Et pour durer ?
Les membres ayant quelques années d'abstinence chez les AA peuvent certifier à tout nouveau qui assiste à une réunion que c'est bien vrai, tout à fait vrai, et que cela dure. Il ne s'agit pas simplement d'un de ces faux départs comme nous en avons trop souvent connus. Il ne s'agit pas d'une autre explosion de joie, suivie d'un cruel désappointement.
Plutôt, à mesure qu'augmente le nombre de gens abstinents depuis des dizaines d'années chez les AA, nous avons de plus en plus de preuves absolues que nous pouvons véritablement nous rétablir pour de bon de la solitude de l'alcoolisme.
Par contre, ce n'est pas du jour au lendemain qu'on peut surmonter certaines habitudes de méfiance et autres mécanismes de défense profondément ancrés en nous depuis plusieurs années. Nous sommes devenus absolument conditionnés à penser et à agir comme des incompris et des mal aimés, que nous l'ayons réellement été ou non. Nous sommes habitués à nous comporter en solitaires. Ainsi, après avoir cessé de boire, certains doivent parfois montrer un peu de temps et de patience pour se défaire de cette solitude coutumière. Même si nous commençons à croire que nous ne sommes plus seuls, il nous arrivera encore de nous comporter et de penser selon nos vieilles habitudes.
Nous sommes maladroits, autant pour aller chercher de l'amitié que pour accepter celle qu'on vient nous offrir. Nous ne savons pas très bien nous y prendre et nous doutons du résultat. De plus, cette crainte accumulée, alourdie du poids des années peut encore nous paralyser. C'est pourquoi, lorsque nous commençons à nous sentir seuls, peu importe que nous le soyons physiquement ou non, nous pouvons être facilement influencés par nos vieilles habitudes et rechercher le baume de l'alcool.
De temps à autre, certains ont même le goût de tout abandonner et de retourner à leur détresse passée. Au moins, cette situation nous est familière et n'exigerait pas de nous beaucoup d'efforts pour retrouver toute notre compétence de buveurs.
Un membre s'adressant à un groupe des AA disait un jour que boire, de l'adolescence à la quarantaine, avait été pour lui une occupation à temps plein et qu'il n'avait pas vécu les expériences normales propres à tous les jeunes gens nord-américains lors de leur jeunesse.
Et voilà que, parvenu à la quarantaine, il se retrouvait sobre. Il savait boire et fanfaronner, mais il n'avait jamais appris de métier ni de profession, et il ignorait presque tout des bonnes manières. « C'était terrible, disait-il, je ne savais même pas comment donner rendez-vous à une fille, et l'ayant fait, comment me comporter ! Dans mon ignorance, j'ai découvert qu'il n'existe aucun cours en fréquentations pour un célibataire de quarante ans. » Les rires qui ont fusé de l'auditoire ce soir-là étaient particulièrement spontanés et affectueux. Nombreux étaient ceux qui se reconnaissaient pour avoir connu les mêmes malaises. À se sentir ainsi maladroit et inadapté à quarante ans (ou même à vingt ans, aujourd'hui), on pourrait se trouver pathétique, ou même grotesque, si ce n'était de toutes ces réunions bondées de membres des AA compréhensifs, s'identifiant aux mêmes angoisses, et maintenant capables d'en rire. C'est avec le sourire que nous pouvons faire de nouveaux efforts, jusqu'à ce qu'ils soient couronnés de succès. Il n'y a plus lieu de rougir en secret de nos échecs, ni de recourir à nos tentatives habituelles toujours désespérées en vue d'obtenir une certaine sécurité sociale dans la bouteille, alors que nous n'y avons trouvé que solitude.
Ce n'est ici qu'un exemple extrême illustrant combien certains étaient désemparés lorsqu'ils ont mis le cap vers la sobriété. Il démontre les dangers de perdition encourus par l'aventurier solitaire. Il n'y a peut-être qu'une chance sur un million de nous rendre au terme du voyage.
Maintenant, nous savons aussi que nous n'en sommes pas réduits à nos seules ressources personnelles. Il est beaucoup plus sensé, prudent et sûr, d'entreprendre le voyage en compagnie d'un joyeux équipage voguant dans la même direction. Nous n'avons nullement à avoir honte de demander du secours, puisque nous nous aidons tous les uns les autres.
Il n'est pas plus lâche d'appeler à l'aide pour solutionner un problème d'alcool que d'utiliser une béquille pour une jambe fracturée. Une béquille est un objet précieux pour ceux qui en ont besoin et pour ceux qui en connaissent l'utilité.
L’aveugle fait-il acte d'héroïsme lorsqu'il trébuche et tâtonne, seulement parce qu'il ou elle dédaigne l'aide facilement disponible ? Il arrive parfois qu'une conduite téméraire, voire même entièrement inutile, fasse l'objet d'éloges non mérités. Mais l'entraide mutuelle, toujours plus efficace, devrait recevoir plus de louanges et d'admiration.
Notre expérience personnelle pour se maintenir abstinent témoigne avec éloquence de la sagesse de recourir à tous les secours disponibles lorsqu'il s'agit de résoudre un problème d'alcool. Si grands qu'en aient été notre désir et notre besoin, aucun de nous ne s'est rétabli de l'alcool par ses seuls moyens. Si nous avions pu nous en dispenser, nous n'aurions certainement pas fait appel au Mouvement des AA, à un psychiatre ou à qui que ce soit.
Comme personne ne peut vivre tout à fait seul et que nous dépendons tous dans une certaine mesure les uns des autres, au moins pour certains biens et services, il nous a semblé raisonnable d'accepter cette réalité particulière et de la mettre à profit dans la lutte très importante pour triompher de notre alcoolisme actif.
La tentation de boire s'infiltre en nous bien plus discrètement et sournoisement lorsque nous sommes seuls. Et quand l'ennui nous gagne, il semble que l'obsession de boire se fait plus forte et plus insistante.
Ces désirs et ces envies ont bien moins de chance de s'éveiller en nous si nous sommes en compagnie d'autres personnes, surtout si elles ne font pas usage d'alcool. Si l'envie de boire nous assaille alors que nous sommes en présence de membres des AA, elle nous parait plus faible et plus facile à écarter.
Nous n'oublions pas que chacun doit se réserver quelques moments de temps à autre, soit pour rassembler ses idées, faire le point, exécuter un travail, régler un problème personnel, ou simplement pour se soustraire au stress quotidien. Mais nous avons constaté qu'il est dangereux de devenir trop indulgents à ce sujet, spécialement quand nous sommes moroses et que nous avons tendance à nous apitoyer sur nous-mêmes. Toute présence, quelle qu'elle soit, vaut mieux qu'une solitude amère.
Il peut nous arriver, évidemment, d'avoir le goût de boire même pendant une réunion des AA, tout comme on peut se sentir seul dans la foule. Mais avec d'autres membres, on est beaucoup moins exposé à boire que seul dans notre chambre, ou retiré dans le coin sombre d'un bar tranquille et désert.
Quand on est réduit à se parler à soi-même, la conversation risque de tourner en rond. De plus, elle exclut les interventions pertinentes pouvant provenir d'une autre personne. Chercher à se convaincre de ne pas boire équivaut à s'hypnotiser soi-même. Souvent, cela est aussi efficace que de tenter de persuader un animal en gestation de ne pas mettre bas alors que son terme est venu.
C'est pour ces raisons que nous suggérons d'éviter la fatigue et la faim, en y ajoutant souvent une autre possibilité de danger, pour en faire une triple mise en garde : « N'attendez pas d'être trop fatigués, d'avoir trop faim, ou de vous sentir trop seuls ».
Gardez-vous de ces dangers.
Dès qu'il vous vient à l'esprit de prendre un verre, réfléchissez. Plus souvent qu'autrement, vous constaterez que vous êtes en proie à l'un ou l'autre de ces trois dangereux risques.
Empressez-vous de le dire à quelqu'un. Déjà, votre solitude sera moins lourde.
(1) On estime aujourd'hui le nombre de membres dans le monde entier à plus de 2 millions.
Alcooliques Anonymes, Vivre sans alcool (moyens éprouvés par les membres des AA pour ne pas boire), pp. 36-40
Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur les services que nous offrons,
visitez notre site : http://www.centredelavie.qc.ca
Pour ceux et celles qui désirent lire les chroniques de Gilles
sur le site Quand la drogue n'est plus un jeu : http://www.quandladrogue.com
Vous pouvez désormais y trouver un inventaire de couple utile.
Vous pouvez aller voir sur ce site dans la section weblogue
les pensées quotidiennes s'y retrouvent depuis plus de trois ans
et soyez gentils d'y inclure vos commentaires.
Bon rétablissement pour toutes et tous !
Bonne journée !
Au Centre de la Vie n'est pas affilié à aucun groupe d'entraide.
Par contre, l'expérience nous a démontré qu'adhérer à un groupe
qui utilise les Douze Étapes pour se rétablir et mettre en pratique
ce merveilleux mode de vie un jour à la fois peuvent nous aider
à vivre de beaux moments de bonheur et de sérénité.

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