Pensées 26 janvier 2011
Bonjour à toutes et à tous
Un recueil d'Arthur Schopenhauer L'art d'avoir toujours raison nous offre 38 stratagèmes presque tous honorables dont l'objectif ultime est de faire capituler nos adversaires. Selon cette œuvre posthume de ce philosophe, nous ne discutons pas pour faire surgir la vérité du « fond du puits » comme le disait Diogène, mais pour avoir raison ; le moteur n’est pas notre soif de savoir ou de vérité mais bien notre vanité innée ou construite. Son ouvrage a pour objectif de permettre au lecteur de triompher dans les futurs débats et controverses dans lesquels il ou elle s'engagera. Par contre, chacun de ces stratagèmes peuvent être considérés comme des moyens pacificateurs, ou des feintes de bon ou mauvais aloi pour esquiver les coups et blessures de nos adversaires. Ce sont des moyens qui nous gardent dans l'illusion d'avoir enfin le dessus dans un débat. Est-ce que nous avons vraiment besoin d'avoir raison ? D'entretenir cette illusion de contrôle ? Est-ce si important ?
Pour éviter de blesser quelqu'un, il faut distinguer la parole ou l'idée de la personne qui l'émet. Une personne est habituellement intègre et son être est immuable jusqu'à ce qu'une Ps se met en frais de changer cette dernière. En rétablissement surtout, nos pensées, de même que nos actions sont changeantes. Nous pouvons nous croire capables d'influencer la pensée de quelqu'un ou sa manière de se comporter. Nous ne pouvons jamais changer la personne elle-même. Les gens ont tendance à s'identifier à leurs idées et leurs réalisations de telle sorte que leurs personnalités se cristallisent autour d'une manière d'être alors qu'ils peuvent changer d'idée ou de comportement.
Dans un débat, c'est difficile de s'attaquer aux idées et non à la personne. Nos adversaires admettent volontiers que, sur le plan des idées, puisque l'expérience varie d'une personne à l'autre, chacun a droit à son opinion. Nous, comme tous et chacun, allons habituellement nous vexer assez facilement si nous avons l'impression d'être attaqué personnellement.
La pratique de la politesse, du respect de l'autre et de la diplomatie nous permet de laisser de la place aux autres, de parler le même langage, de parler en JE, d'écouter attentivement, de distinguer la pensée de la personne, d'avouer notre ignorance, d'utiliser l'humour, d'accepter nos torts, d'accorder le dernier mot, d'observer le silence, de respirer par le nez, de prendre en délibéré, de reconnaître notre manque d'intérêt ou notre fatigue et de tendre l'autre joue ou l'autre oreille, celle qui est près du cœur.
Le mode de vie des groupes d'entraide nous suggèrent d'admettre notre propre impuissance, notre incapacité à contrôler quoique ce soit et de réclamer l'aide d'une Puissance supérieure à nous-mêmes, de reconnaître la faillite de notre certitude d'avoir toujours raison en admettant que nous avons tort, même si ce n'est que dans notre quête incessante d'avoir raison et aussi de réparer les dommages que nous avons causés en ce faisant.
Merci la Vie !!!
Denise et Gilles