Pensées 05 février 2011
Bonjour à toutes et à tous
Il arrive qu'autour de nous, des personnes apparemment cohérentes, intègres et rationnelles puissent nous sembler en désaccord avec elles-mêmes, soit qu'il y ait contradiction dans leur discours même, soit qu'il y ait conflit entre leur discours et leurs actions. La contradiction perçue n'est parfois que seulement apparente, découlant d'une connaissance insuffisante de l'autre, de son vécu, de ses motivations et aussi de ses paradoxes. Un être humain est toujours complexe et ses comportements, ses choix, ses attitudes, ses principes, découlent de tout un vécu qui se dévoile et devient plus compréhensible lorsque nous apprenons à l'écouter, à le connaître. Ces désaccords, ces contrastes qui apparaissent évidemment chez les autres sont souvent pour ne pas dire tout le temps des reflets de nos propres disharmonies ou discordes intérieures. Ce sont nos maîtres.
Certains d'entre nous définissent l'harmonie comme l'état naturel de l'existence ou un état auquel nous devons aspirer. Est-ce que peut exister des forces contradictoires comme l'harmonie et la mésentente ? La seule loi de la créativité, de l'existence, de la conscience, du continuum de la vie elle-même, tout ce qui existe ou existe potentiellement, est le fait de contradictions entre les extrêmes, contraires ou absences et manques. Le bien ne peut être décrit que dans le contexte où son absence se nomme le mal. La morale et son manque l'immoralité, l'action et l'inaction, la violence et la non-violence. L'absence de quelque chose n'est pas nécessairement autre chose. C'est comme si nous prenions un pont vers une autre rive qui n'existe pas. « Nous cherchons toujours à jeter un pont entre ce qui est et ce qui devrait être ; et par là donnons naissance à un état de contradiction et de conflit où se perdent toutes les énergies. » ( Jiddu Krishnamurti )
Le rétablissement commence par une contradiction, par la première étape — l'étape où nous admettons notre impuissance. La première étape est de reconnaître le chaos dans tous les domaines de notre vie. Les seules personnes que nous rencontrons et qui sont à l'aise avec la contradiction ( ou de la dualité ) sont des enfants, qui n'ont pas encore appris à séparer complètement ce qui est imaginé et ce que senti. Ils n'ont pas appris à rationaliser.
Puis il y a le paradoxe de la faiblesse et de la force qui nous habite. La Puissance supérieure que nous avons découverte ou redécouverte chez les groupes d'entraide nous a appris à vivre de façon plus paisible. Elle nous a appris à admettre d'abord et à quelquefois accepter ensuite que nous vivons avec toutes nos contradictions, à nous aimer inconditionnellement, à nous sentir des personnes importantes tout simplement parce que nous sommes les enfants de Dieu tel que chacun de nous le conçoit, à nous permettre de nous sentir bien dans notre peau un jour à la fois.
Merci la Vie !!!
Denise et Gilles