Bonjour à toutes et à tous

« Le monde tout entier aspire à la liberté, et pourtant chaque créature est amoureuse de ses chaînes. Tel est le premier paradoxe et le nœud inextricable de notre nature. » ( Shrî Aurobindo, Aperçus et pensées ) Le paradoxe est une proposition qui contient ou une énigme qui semble contenir une contradiction logique, ou un raisonnement qui, bien que sans faille apparente, aboutit à une absurdité, ou encore, une situation qui contredit notre intuition. Le paradoxe est un puissant stimulant pour la réflexion. Le paradoxe est également une figure de style consistant à formuler une expression, comme Qui veut sauver sa vie la perdra, qui va à l'encontre du sens commun. Le paradoxe de l'œuf et de la poule est aussi le cercle vicieux le plus connu en biologie. L'exemple suivant d'image paradoxale de Paul Valéry mobilise notre attention en nous surprenant : « Les crimes engendrent d'immenses bienfaits et les plus grandes vertus développent des conséquences funestes. » Et il y a ce joli paradoxe d'Alphonse Allais qui s'applique autant aux hommes qu'aux femmes : « La femme est le chef d'œuvre de Dieu, surtout quand elle a le diable au corps. »

Il y a ce merveilleux paradoxe dans notre rétablissement : la force surgissant d'une défaite complète et d'une impuissance totale ; la perte de notre ancien style de vie pour en trouver un nouveau. Si nous voulons renoncer à répéter nos comportements toxiques ou à continuer de consommer, nous devons le faire sans aucune réserve, sans caresser l'espoir subtil d'être un jour immunisé contre ces comportements ou substances. Nous n'avons pas à saisir le sens réel de ce paradoxe si nous avons vécu ce mystérieux changement profond dans nos vies.

Nous aimons bien les expressions paradoxales qui peuvent aussi être des oxymores (ou dite « oxymoriques ») ou oxymorons lorsqu'elles mettent côte à côte deux mots ayant des sens opposés et aboutissant à une image contradictoire et frappante pour la représentation comme dans « un silence assourdissant » ( Albert Camus, La Chute ). En exprimant ce qui est inconcevable, l'auteur crée ainsi une nouvelle réalité poétique qui suscite un effet de surprise, en ajoutant de la force à la vérité décrite. Ainsi les noms composés tels que « clair-obscur», «aigre-doux » et « réalité virtuelle » sont des oxymores. Le slogan Al-Anon « Se hâter lentement » se rapproche autant de la maxime latine « festina lente » ( hâte-toi lentement ) que d'un oxymore bien connu tiré de la fable du Lièvre et de la Tortue de Jean de La Fontaine « Elle se hâte avec lenteur ».

Merci la Vie !!!
Denise et Gilles

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