Bonjour à toutes et à tous

« L'heure qui semble la plus sombre est celle qui précède l'aube. » (Anonyme) La douleur est ce qui nous fait dire « j’ai mal », la souffrance est ce qui nous fait dire « je suis mal ». Plusieurs les confondent en disant que la souffrance est une douleur notamment morale, et la douleur une souffrance notamment physique. Il nous faut se rappeler cette double vérité que le corps souffre et qu’il y a des douleurs de l’âme. Demander à une personne où elle a mal, c’est chercher un problème à résoudre. Par contre, lui demander de quoi elle souffre, c’est lui offrir de parler de sa vie telle qu’elle la vit, dans son corps et dans son âme. Alfred de Musset a écrit : « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître. Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. » La douleur n’est pas une sensation comme les autres. Sa perception correspond à la prise de conscience d’une agression menaçant l’intégrité de notre corps. Prenons l’exemple d’une brûlure. Outre le bon réflexe qui consiste à retirer sa main du rond de poêle rouge, la peau émet un message : « Ici la peau, chaleur présente appel pressant au cerveau… »

Les douleurs physiques et la souffrance morale mobilisent de la même manière médecins et aidants respectueux de la vie. Devant certaines détresses, ni la morphine, ni les techniques les plus performantes ne peuvent tout faire. Elles ne peuvent rien sans un supplément d’amour. Cet amour, c’est auprès des membres des groupes d'entraide que nous allons la chercher et qu'ils nous le donnent, par leur simple présence, leur écoute, leur affection. Et l’amour, ça se partage !

Voici 5 pas à franchir pour se libérer de la douleur ou de la souffrance en les remplaçant par de l'amour :
1. Choisir un problème physique ou moral quelconque, et lui demander de nous adresser ses propres plaintes. Il s'agit de faire parler notre douleur ou notre souffrance.
2. Inviter notre corps douloureux ou notre âme à s'exprimer. Demander à la plainte la plus forte de s'avancer, et il est possible alors de s'y pencher en premier.
3. Focaliser sur la zone de notre corps - épaule, cou, dos, ventre... - ou de notre âme - mémoires affectives, ressentiment, honte... - que nous voudrions voir guérir, soigner et lui demander de nous exprimer de quelle manière elle se sent. Encourager cette partie de notre corps ou de notre esprit à nous exprimer toutes ses plaintes et à nous dire tout ce qui la gène, de façon ouverte et honnête, et sans rien retenir. Écouter et écriver tout ce qu'elle nous dit, prendre en note de chaque plainte, de chaque requête non prise en compte, de chaque sentiment de gêne qui monte lors de ce processus. Soyons au service de notre corps et/ou de notre esprit dans cet instant. Notre travail est simplement de noter. Autorisons-nous à faire preuve de créativité dans cette démarche.
4. Quand nous avons terminé d'écrire, nous pouvons lire notre texte tout haut, et tapoter les points douloureux, en les massant doucement. En réflexologie et en médecine de l'âme, certains points douloureux du corps font référence à une émotion qui s'exprime ainsi : l'insécurité financière affecte surtout le bas du dos, non loin de l'emplacement habituel du portefeuille. Faisons cela tout en lisant la plainte jusqu'au bout, puis utilisons une phrase de rappel comme par exemple : « Cette plainte de mon/ma ... (nom de la partie du corps ou de mon âme)... est aussi entendue par ma Ps. »
5. Écrire une lettre, notre réponse aux plaintes de notre corps ou de notre âme. C'est notre chance de répondre aux plaintes de notre corps et/ou de notre âme. Nous écrivons à cette partie de nous qui se plaint, ou nous y énonçons simplement nos intentions de nous occuper de ses inquiétudes. Nous pouvons vouloir commencer en acceptant de reconnaître les plaintes de cette partie en nous, et en lui montrant que nous reconnaissons ce qu'elle endure. Nous pouvons ensuite expliquer ce que nous avons l'intention de faire (des actions concrètes) pour régler ces problèmes. La solution se trouve toujours dans l'amour de soi et des autres. Nous pouvons terminer en honorant et bénissant cette douleur et/ou cette souffrance pour son rôle d'attirer notre attention et nous pouvons la remercier de ses services. S'il s'agit de quelque chose que nous pouvons changer, nous demandons à notre Ps de nous inspirer les démarches que nous pourrions entreprendre pour amorcer ce changement. Si au contraire nous n'y pouvons rien pour l'instant, nous confions le tout à notre Puissance supérieure et nous prions pour obtenir la bonne volonté de l’accepter.

Les groupes d'entraide nous apprennent à ne pas nous rebeller devant notre ou nos souffrances. Avec l'aide de notre Puissance Supérieure et du mode de vie, nous découvrons tous les jours qu'il y a en nous de magnifiques personnes qui n'ont pas besoin de bâtir leur identité sur la souffrance. Dieu nous apprend à nous laisser nous épanouir au lieu de nous cacher sous un masque de souffrance. Il nous donne de merveilleuses occasions de vivre, de progresser et d'être heureux. Dans notre rétablissement, les Douze Étapes avec l'aide de notre Puissance Supérieure sont indispensables voir nécessaires à notre sobriété. Notre résistance nous ramène à la douleur et à la souffrance. Et la douleur et la souffrance à ce merveilleux mode de vie et au bonheur. Khalil Gibran a écrit : « Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit. » Et voilà !

Merci la Vie !!!
Denise et Gilles

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