Pensées 02 décembre 2019

Bonjour à toutes et à tous

« Le libre arbitre est l’alibi de Dieu. ( Jean Cocteau ) Plusieurs croient que nous ne sommes pas programmés à l’avance. Que nous avons à nous déterminer nous-mêmes et à façonner ainsi, par notre libre arbitre, notre avenir. Vivre apparaît ainsi comme une entreprise risquée, une aventure périlleuse exigeant une somme d'énergie importante pour contrôler tous les aléas. Vivre, c’est aussi courageusement nous mettre en route vers un pays inconnu, nous ouvrir audacieusement à la nouveauté du plan divin. C'est ce qui particulièrement se produit lorsque nous nous ouvrons à la vie spirituelle.

« Le libre arbitre, c’est ça qui fout la merde. » ( John Milton, L’associé du diable ) Le libre arbitre, synonyme de liberté pour plusieurs, désigne le pouvoir de choisir de façon absolue, c’est à dire d’être à l’origine de nos faits et gestes. Autrement dit un être humain libre est sensé pouvoir choisir de lui-même ce qu’il ou elle choisit, sans être poussé vers un côté ou l’autre par quelque influence ou cause que ces soit. Le libre arbitre suppose un certain contrôle de la part de cet être humain : contrôle sur ses actions et aussi sur ses pensées et sur ses émotions à partir desquelles il va décider d’agir. Ce contrôle suppose aussi la capacité de s’abstenir. Or, pout tout alcoolique ou dépendant, le contrôle est impossible et encore moins bien, en ce qui concerne la capacité de s’abstenir. Le véritable libre arbitre pour nous n’existe pas… Plusieurs circonstances de la vie nous forcent à nous ajuster – que ce soit les deux mains sur le volant ou dans les divers domaines de notre vie d’être humain. Bien souvent, nos attentes ont l'apparence d'être légitimes et justifiées. Nous avons toutes les raisons du monde d’être déçus ou frustrés. La question n’est pas d'avoir raison et de ressentir plein de colère et de mécontentement. C'est plutôt de savoir quel prix nous sommes prêts à payer pour nous opposer ou résister aux événements, à tout ce qui arrive. Le célèbre philosophe indien, J. Krishnamurti a écrit : « Voulez-vous connaître mon secret ? Mon secret, c'est que je me ne préoccupe pas de ce qui arrive. » Le véritable libre arbitre, c’est d’avancer à notre rythme. Être en harmonie avec ce qui est, c'est être en lien sans résistance intérieure avec ce qui se produit. Rappelons-nous l'histoire d'Hakuin qui n'a pas été perturbé par les aléas de la vie. Nous pouvons adapter notre rythme intérieur en fonction de la réalité, sans même d'espoir de pouvoir la changer. C’est en fait accepter d’être là où nous sommes pour aujourd'hui. C’est tout simplement mettre notre joie de vivre en priorité, avec souplesse et humilité. C'est tout aussi simplement de réaliser que lorsque nous résistons à ce qui arrive nous sommes à la merci de ce qui arrive et que nous avons l'impression fallacieuse que le monde détermine notre bonheur ou notre malheur. La différence entre la satisfaction d’être bien où nous sommes et le chagrin (ou dépit) d'être mal où nous sommes est tellement mince en comparaison de l’allégresse qui nous habite lorsque nous en venons à aimer inconditionnellement où nous sommes… puisque c'est là que notre Ps veut que nous soyons. « C’est seulement quand on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut. » ( Tyler, Fight Club )

« Jamais nous ne nous excusons auprès de quiconque de dépendre de notre Créateur. Nous pouvons faire fi de ceux qui considèrent la spiritualité comme la voie de la faiblesse. Au contraire, elle est plutôt la voie de la force… …En aucun cas nous n'avons pas à nous excuser à cause de Dieu. Nous Le laissons plutôt démontrer, à travers de nous, ce qu'Il peut faire. » ( Les Alcooliques Anonymes, chap.5 Notre Méthode, page 77 ) Ce qu'Il peut faire, c'est nous amener à reconnaître la qualité de vie comme la meilleure qu'Il a prévu pour nous aujourd'hui. Et la qualité de notre vie peut être considérée sous plusieurs aspects : il a plusieurs dimensions qui nous unissent organiquement les uns aux autres. La dimension spirituelle de notre vie concerne notre relation à Dieu. Pour les chrétiens, la vie spirituelle désigne proprement la vie dans l’Esprit. « Puisque l’Esprit est votre vie, que l’Esprit vous fasse aussi agir ? » (Ga 5, 25). Avec l'aide de notre Puissance supérieure, nous vivons une des grandes aventures de la vie. En appliquant les principes du mode de vie dans toutes nos activités et en les transposant dans tous les domaines de notre vie, nous constatons aujourd'hui que nous sommes la plupart du temps en contact avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes. « La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la liberté de choisir. » ( Paulo Coelho )

Merci la Vie !!!
Gilles

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Je peux facilement spécifier les limites de l'être aimé. Je peux passer des heures à dresser une liste des choses qu il pourrait changer. Mais ces critiques mentales n'ont jamais rien amélioré. Elles ne font que garder mon esprit centré sur une personne autre que moi. Au lieu d'admettre mon impuissance sur les choix ou les attitudes de quelqu'un d'autre, j'entretiens l'illusion du pouvoir. En fin de compte, j'ai un peu moins d'espoir et un peu d'amertume et de frustration. Et rien n'a changé dans ma situation ni chez l'autre personne.
Qu'arriverait-il si je prenais ma liste de critiques et si, tout doucement, je me l'appliquais ? Je peux me plaindre de la violence verbale de l'être cher — après tout, je ne lui parle pas de cette façon. Mais au niveau de la pensée, je fais tout autant preuve de violence. Cette même attitude est présente en nous deux ; mais nous la manifestons simplement de façon différente.

Pensée du jour
Al-Anon dit : « Ça commence par moi. » Quand je découvre quelque chose que je n'aime pas chez quelqu'un d'autre, je peux chercher des traits semblables en moi et commencer à les changer. En faisant des changements en moi, je peux vraiment changer le monde.

« La tranquillité d'esprit dépend de la connaissance de nos propres défauts. Un inventaire personnel sincère nous aide à reconnaître les défauts qui, si souvent, augmentent notre désarroi et notre désespoir. » Voici Al-Anon

Al-Anon, Le Courage de Changer, 2 décembre, page 337

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J'ai toujours eu de la difficulté à prendre des décisions. J'ai essayé plusieurs outils usuels, comme lister le pour et le contre de différentes solutions et comparer ces solutions à mes objectifs. Les méthodes habituelles ne fonctionnaient pas pour moi parce que je me fixais des objectifs que les autres voulaient que j'atteigne. Même si ces objectifs étaient bons pour eux, ils ne l'étaient pas nécessairement pour moi.
J'ai mis beaucoup de temps à reconnaître ce défaut de caractère, mais j'ai fini par y arriver. Mes décisions reposaient sur ce que les autres voulaient, je pourrais ainsi me faire aimer et accepter. C'était une question de contrôle. C'était la même chose quand je grandissais au contact de l'alcoolisme. Avec ma vision limitée d'enfant, je croyais qu'en disant et en faisant ce que mes parents voulaient, je finirais par obtenir leur amour et leur attention. Quand je suis arrivé à Al-Anon, je ne savais pas qui j'étais, ni ce que je voulais. Mon parrain et d'autres membres m'ont doucement amené à faire ma Quatrième Étape en m'expliquant que c'était une façon de mieux me connaître, pour que je puisse faire des choix plus sains. Ils m'ont montré comment rechercher la volonté de Dieu dans la planification et l'exécution de chacune de mes décisions. On m'a suggéré que si j'avais de la difficulté à prendre une décision, je devrais me demander à qui je cherchais vraiment à faire plaisir : à moi, à ma Puissance Supérieure, ou à une autre personne.

Pensée du jour
À la longue, je gagne bien plus à prendre mes décisions en me fiant à la volonté de Dieu à mon égard qu'à les prendre en fonction des autres.

« Avec l'aide d'une Puissance Supérieure, prendre une décision peut se révéler une des grandes aventures de la vie. » Le Courage de changer, page 53

Al-Anon, De l’espoir pour aujourd’hui, 2 décembre, page 337

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Sérénité

Ayant connu un réveil spirituel comme résultat de ces Étapes... Les Douze Étapes et les Douze Traditions, page 121

En continuant d'assister aux réunions et de mettre en pratique les Étapes, quelque chose a commencé à se produire en moi. J'étais troublé parce que je ne savais pas trop ce que je ressentais ; puis, je me suis rendu compte que j'étais en train de connaître la sérénité. Mais d'où me venait cette sensation agréable ? J'ai compris qu'elle était le « résultat des Étapes ». Le programme des Douze Étapes n'est pas toujours facile, mais je devais admettre que ma sérénité venait de sa mise en pratique. En appliquant ses principes à toutes mes activités et en les transposant dans tous les domaines de ma vie, je constate aujourd'hui que je suis en contact avec Dieu, avec les autres et avec moi-même. Le réveil spirituel qui me vient de la mise en pratique des Étapes, c'est la conscience de ne plus être seul.

Alcooliques Anonymes, Réflexions quotidiennes, 02 décembre, page 345

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2 décembre - Pensée A.A. pour aujourd'hui
Les pensées qui précèdent une rechute semblent en partie provenir du subconscient. Et pourtant il est probable qu'au moins certaines de ces idées se révèlent à notre pensée consciente. Supposons qu'une pensée ayant trait à l'alcool surgisse dans notre esprit, voilà le moment crucial. Vais-je entretenir cette idée, ne serait-ce qu'une minute ou, alors, la rejetterai-je sur-le-champ ? Car, si cette idée demeure, elle deviendra vite une rêverie. Et l'image d'un verre de bière fraîche ou d'un cocktail se présentera à mon imagination. Et si cette rêverie se continue elle peut m'amener, même inconsciemment, à la décision de prendre un verre. Je me prépare alors une rechute. Est-ce que je me laisse aller à la rêverie ?

Méditation du jour
Plusieurs d'entre nous ont une certaine idée de la sorte d'hommes que Dieu veut que nous soyons. Nous devons tendre vers cet idéal, quel qu'il soit, en essayant de vivre conformément à nos aspirations. Nous pouvons croire que Dieu sait ce qu'Il désire que nous soyons. En tout homme il y a l'homme bon, celui que Dieu voit en lui et qu'il voudrait qu'il soit. Mais bien des hommes faillissent à la tâche et nombreuses doivent être les déceptions de Dieu.

Prière du jour
Je demande de travailler à devenir le genre de personne que Dieu désire que je sois. Je demande d'essayer de correspondre à l'idée de Dieu au sujet de l'homme que je pourrais être.

Vingt-quatre heures par jour, Hazelden, page 339

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PENSÉE DU JOUR
Combien de bienfaits puis-je identifier aujourd'hui et pour lesquels je peux être reconnaissant ? Il est facile de dire : « Merci mon Dieu » pour les grandes choses de la vie, par exemple, le rétablissement d'un être cher, une nouvelle auto, une promotion au travail ou un concours gagné. Mais, qu'en est-il de la gratitude pour des banalités ou des choses aussi simples que le gazon, revenir à la maison sans accident, être capable de lire les bandes dessinées ou regarder une émission favorite à la télé ? Je peux certes être reconnaissant de la présence de plusieurs personnes dans ma vie, autres que mon conjoint ou l'être qui m'est cher. Pourquoi pas l'aimable chauffeur d'autobus, un compagnon de travail délicat ou le camelot serviable ? Il y a dans ma maison des choses qui me rendent la vie plus facile et plus plaisante et je peux en être reconnaissant. Le climatiseur, le lave-vaisselle et le ruban adhésif, par exemple. Être reconnaissant toute la journée me permet de constater jusqu'à quel point ma vie est remplie de bénédictions.

MÉDITATION DU JOUR
Aide moi à me rappeler d'être reconnaissant pour les choses, petites et grandes.

AUJOURD'HUI, JE ME SOUVIENDRAI
Je ne tiens pas pour acquis les bienfaits que je reçois.

Émotifs Anonymes, Aujourd'hui Seulement, 02 décembre

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Le rétablissement : notre première priorité

« Il est important (...) de continuer de faire passer notre rétablissement en premier et de respecter l'ordre de nos priorités. » Texte de base, page 101

Avant d'arriver à N.A., nous avions bien des excuses pour justifier notre consommation de drogues : « Il m'a engueulé » ; « Elle a dit telle ou telle chose » ; « Mon partenaire m'a quittée » ; « Je me suis fait virer ». Nous utilisions ces mêmes excuses pour ne pas chercher de l'aide pour notre problème de drogue. Il nous fallait réaliser que, si ces choses nous arrivaient sans cesse, c'était parce que nous continuions à consommer de la drogue. C'est seulement lorsque nous avons fait du rétablissement notre priorité que ces situations ont commencé à changer.
Il se peut que nous ayons la même tendance aujourd'hui, et que nous cherchions des excuses pour ne pas assister à des réunions ou pour ne pas prendre des tâches dans le service. Il se peut cependant que nos excuses soient un peu différentes à présent : « Je ne peux pas laisser mes enfants » ; « Mes vacances m'ont épuisé » ; « Il faut que je termine ce travail si je veux impressionner mon patron ». Quoi qu'il en soit, si nous ne faisons pas du rétablissement notre priorité, il y a de fortes chances pour que, bientôt, nous n'ayons plus besoin de ces excuses. En effet, si nous rechutons, enfants, vacances et travail ne feront plus partie de notre vie.
Notre rétablissement doit passer avant tout. Travail ou pas, relation affective ou non, il faut que nous assistions à des réunions, que nous travaillions les étapes, que nous appelions notre parrain (marraine) et que nous soyons au service de Dieu et des autres. Ce sont ces gestes simples qui font qu'il est possible pour nous d'avoir des vacances, une famille et un patron à satisfaire. Le rétablissement est la fondation de notre vie qui rend possible tout le reste.

Juste pour aujourd'hui, je réviserai mes priorités. Mon rétablissement vient en premier sur ma liste.

Narcotiques Anonymes, JUSTE POUR AUJOURD'HUI, 2 décembre, page 354

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Pour obtenir un poussin rapidement, mieux vaut couver l'œuf que de briser sa coquille. Abraham Lincoln

Certaines choses ne peuvent se faire aussi vite qu'on le voudrait, et il ne sert à rien d'essayer de les hâter. Si je suis abstinent, je vais perdre du poids. Mais lorsque je m'agite dans tous les sens, que je cours partout, ce n'est qu'un semblant d'activité qui ne produit rien en bout de ligne. Quand je veux voir un de mes défauts disparaître avant son heure, quand je veux progresser plus vite, quand je veux que les choses se passent selon ma volonté, je dois me souvenir que la vie est réglée sur la montre de Dieu, pas sur la mienne.
La patience fait partie de l'humilité. C'est elle qui tempère mes « je veux » par un consentement à attendre.

Pensée du jour : Je me rappelle que les délais que je m'impose peuvent me conduire à l'échec, tout comme l'ont fait mes objectifs de perfection. Désormais, je ne me laisse plus prendre à ce piège.

Outremangeurs Anonymes, Aujourd'hui, 3e Éd., page 337

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« Je peux m'accrocher à la peur qui sert à entretenir ma compulsion alimentaire, ou encore confier ma vie, une minute à la fois, à ma Puissance supérieure. » Aujourd'hui, page 104

La peur et l'anxiété m'ont hanté toute ma vie. De plus, elles sont un obstacle perpétuel dans mon rétablissement de la compulsion alimentaire. Toutefois, grâce à la relation que j'ai établie avec une Puissance supérieure, que je choisis d'appeler Dieu, je suis abstinent depuis plusieurs années et j'ai appris à traverser des situations qui autrefois me terrifiaient. Si je veux grandir émotionnellement et spirituellement, je dois prendre des risques. Cela fait surgir mes peurs, mais peu importe, car j'ai appris que je pouvais passer à l'action même quand je suis craintif. Dans mes prières, je demande à Dieu de m'aider et Il ne m'a jamais laissé tomber. Chaque fois que je surmonte une de mes peurs, mon estime de moi augmente et cela me permet de prendre un nouveau risque. L’abstinence conjuguée à mon abandon à Dieu m'a donné du courage. Je ne réussirai jamais à me débarrasser de toutes mes peurs. Mais grâce à Dieu, je suis parvenu à les affronter dans l’abstinence et à accomplir des choses que je n'aurais jamais cru possibles.

Outremangeurs Anonymes, Les voix du rétablissement, 2 décembre, page 337

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Pensée du jour
Les pensées qui précèdent une rechute semblent en partie provenir du subconscient. Pourtant, il est probable qu'un certain nombre de ces idées se révèlent à nous d'une façon consciente. Supposons un instant qu'une pensée ayant trait au jeu surgisse dans notre esprit, voilà le moment crucial. Vais-je entretenir cette idée, ne serait-ce qu'une minute ou alors, je la rejette sur le champ? Si cette idée demeure, elle devient vite une rêverie et l'image du jeu se présente à mon imagination. Si cette rêverie se continue, elle peut m'amener, même inconsciemment, à la décision de jouer à nouveau. Je me prépare alors réellement à une rechute. Est-ce que je me laisse aller à la rêverie?

Méditation du jour
Plusieurs d'entre vous ont une certaine idée de la sorte de comportement que Dieu désire que vous ayez et vous devez tendre vers cet idéal, quel qu'il soit, en essayant de vivre conformément à vos aspirations. Vous pouvez croire que la Puissance Supérieure connaît parfaitement le chemin que vous devez suivre. En tout homme, il y a l'homme bon, celui que l’Amour Divin souhaite que nous soyons, mais bien des hommes faiblissent à la tâche et nombreuses doivent être les déceptions de Dieu.

Prière du jour
Je demande de travailler à devenir le genre de personne que ma Puissance désire que je sois. Je demande d'essayer de répondre à l'image de la personne que Dieu aimerait que je sois.

Joueurs Anonymes, 02 décembre

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Vivre sans alcool

2 — Éviter le premier verre

Voici quelques expressions d'usage courant chez les AA : « Si tu ne prends pas ce premier verre, tu ne pourras pas t'enivrer », et « Un verre c'est trop mais vingt, ce n'est pas assez. » Lorsque nous avons commencé à boire, plusieurs d'entre nous ne voulaient et ne prenaient jamais plus d'un verre ou deux. Mais avec le temps, nous avons augmenté la quantité. Puis, plus tard, nous buvions de plus en plus, jusqu'à nous enivrer, certains au point d'être toujours ivres. Cela ne paraissait peut-être pas toujours dans notre élocution ou dans notre démarche, mais nous n'étions jamais à jeun pour autant.
Si l'alcool nous affectait trop, nous réduisions notre consommation ou nous tentions de nous limiter à un verre ou deux, ou encore de substituer les alcools forts à la bière ou au vin. Nous tachions au moins de limiter la quantité, de manière à ne pas nous soûler de façon catastrophique. Ou encore, nous nous efforcions de dissimuler la quantité consommée.
Mais toutes ces précautions devenaient de plus en plus difficiles. De temps à autre, nous nous imposions même un régime sec et cessions complètement de boire pour un certain temps.
Finalement, nous nous permettions un autre verre, un seulement. Comme ce verre ne semblait pas faire de sérieux ravages, nous croyions pouvoir en prendre un autre en toute sécurité. Au début, peut-être en sommes-nous restés là, et nous sommes-nous sentis réconfortés de voir que nous pouvions ainsi prendre un verre ou deux et nous arrêter après. Certains ont recommencé plusieurs fois.
Cette expérience cachait un piège. Elle nous persuadait que nous pouvions boire sans danger. Puis, l'occasion s'est présentée (un événement spécial, une perte personnelle ou même rien de particulier) ou deux ou trois verres nous ont procuré un bien-être et nous avons pensé que un verre ou deux de plus ne pouvait pas nuire. Sans aucune espèce d'intention d'en arriver là, nous nous sommes retrouvé une autre fois à dépasser la limite. Nous nous retrouvions au même point qu'avant : nous dépassions la mesure sans vraiment le vouloir.
De telles expériences répétées nous ont amenés à cette inévitable conclusion logique : si nous ne prenons pas le premier verre, jamais nous ne nous enivrerons. Donc, au lieu de projeter de ne plus nous enivrer, ou de tacher de limiter le nombre de nos consommations ou la quantité d'alcool, nous avons appris à concentrer nos efforts pour n'éviter qu'un seul verre : le premier.
De ce fait, au lieu de nous acharner à limiter le nombre de verres que nous pouvions prendre vers la fin d'une cuite, nous évitions celui qui suffit à tout déclencher.
Ce raisonnement semble plutôt simpliste, n'est-ce pas ? Pour plusieurs d'entre nous, il est difficile de croire que nous n'avions jamais imaginé ce simple moyen de nous-mêmes avant d'arriver chez les AA (évidemment, pour être francs nous n'avons jamais vraiment voulu arrêter de boire non plus, jusqu'à ce que nous ayons appris ce qu'était l'alcoolisme.) Mais l'important est ceci : maintenant nous savons que c'est la bonne solution. Au lieu d'essayer de calculer le nombre de verres que nous pouvons supporter - quatre ? - six ? douze ? - nous nous disons : « Ne prends tout simplement pas ce premier verre ». C'est tellement plus facile. Cette façon de penser a aidé des centaines de milliers d'alcooliques à demeurer abstinents pendant des années.

Des médecins spécialisés en alcoolisme nous disent qu'il y a de bonnes raisons médicales d'éviter le premier verre. C'est le premier verre qui déclenche, immédiatement ou plus tard, l'obsession de boire de plus en plus, jusqu'à connaître à nouveau des problèmes d'alcool. Plusieurs parmi nous en sont venus à croire que notre alcoolisme est une dépendance à la drogue qu'est l'alcool ; comme tous les intoxiqués qui veulent maintenir leur rétablissement, nous devons nous tenir à l'écart de la première dose du stupéfiant qui a causé notre dépendance. C'est ce que semble confirmer notre expérience, comme vous pouvez le constater en lisant le livre Les Alcooliques Anonymes et dans le magazine Grapevine, et également partout où les membres des AA se réunissent pour partager leurs expériences.

Alcooliques Anonymes, Vivre sans alcool (moyens éprouvés par les membres des AA pour ne pas boire), pages 4-6

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02 décembre

Il y a toujours besoin de pionniers, de ces âmes qui ont la force et le courage de prendre les devants dans le nouveau. Ce sont ceux qui ont une vision et qui maintiennent cette vision toujours devant eux et la voient se déployer. Mais chacun est une individualité et ne peut donc pas être mis dans un moule. Tu dois être libre de croître, de te développer et d’être inspiré par ces profondes suggestions intérieures qui animent ton être essentiel. Vis selon l’Esprit ; agis selon les suggestions de l’Esprit, peu importe combien celles-ci peuvent te sembler folles ! Il est bien plus commode de se mettre en retrait et d’attendre que quelqu’un d’autre fasse le premier pas, fasse ce saut dans l’inconnu. Cela demande foi et courage pour être capable de le faire; et si tu n’as pas le courage et la foi pour le faire, n’essaie pas de retenir ou d’arrêter ces pionniers qui les ont ! Mais soit éternellement reconnaissant, car sans eux, Mon nouveau ciel et Ma nouvelle terre ne pourraient jamais s’établir.

La Petite Voix, Eileen Caddy

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Pour ceux et celles qui désirent lire les chroniques de Gilles sur le site Quand la drogue n'est plus un jeu : http://www.quandladrogue.com
Bon rétablissement pour toutes et tous !
Bonne journée !
L'expérience nous a démontré qu'adhérer à un groupe qui utilise les Douze Étapes pour se rétablir et mettre en pratique ce merveilleux mode de vie un jour à la fois peuvent nous aider à vivre de beaux moments de bonheur et de sérénité.

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