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La défaite des Talibans signifie plus d’opium Les nouvelles et rapports d’agences de répression et de contrôle du trafic de drogues américaines et internationales que nous transmettent les représentants de ces agences et les journalistes sur le terrain en Afghanistan nous informent tous que la guerre qui ébranle cette nation au cœur de l’Asie a mis en évidence que ce pays est en train de devenir le producteur numéro 1 d’opium de la planète. Myanmar (connu autrefois comme la Birmanie) est devenu le plus gros producteur mondial d’opium un an après que les Talibans aient condamné la récolte en Afghanistan. Avec la défaite du régime islamique et pendant que le nouveau gouvernement à Kaboul est en train d’essayer de consolider son pouvoir et de regarnir ses coffres au Japon, les «pauvres» fermiers afghans avaient déjà semé des milliers d’acres de pavots pour la prochaine récolte du printemps. Le mois dernier, les agents américains et «onusiens» responsables de la surveillance du commerce de la drogue déclaraient que Myanmar, une dictature militaire du sud de l’Asie, était devenu le principal producteur d’opium pour l’année 2001, ayant produit 865 tonnes d’héroïne selon le rapport annuel du Secrétariat d’État (State Department's Annual Survey of Opium Cultivation and Production) . Bien que la production de Myanmar ait décliné de plus de 200 tonnes de sa production de l’an 2000, l’interdiction de produire de l’opium des Talibans a permis aux Birmans de décocher la première place. La production afghane l’an passé est estimée à 185 tonnes, 90% de moins que les 3,200 tonnes récoltées en l’an 2000, selon un récent rapport de l’ONU (U.N.International Drug Control Program estimate). «L’Afghanistan est passé d’une production de 70% de tout l’opium récolté mondialement à une production équivalente seulement à 10%» disait le Dr. Sandeep Chawla, directeur de la recherche à l’UNDCP lors d’une conférence tenue à Londres en octobre dernier. Cependant, les fermiers afghans ont aussi bénéficié de la chute du pouvoir Taliban et de la préoccupation du nouveau gouvernement de reprendre ce pouvoir. Ils se sont mis à replanter leurs champs de pavots qui avaient été dévastés et brûlés sous les ordres des Talibans l’année dernière. Les fermiers de la province du Badakshan sous le contrôle de l’Alliance du Nord n’ont jamais cessé de planter et se sont retrouvés les seuls responsables de la récolte afghane de cette année.
Mais selon des rapports de journalistes sur le terrain du Washington Post, du Chicago Tribune et du Boston Globe, dès le mois de décembre 2001, les fermiers des provinces de Kandahar et de Helmand (au sud-ouest de l’Afghanistan) et aussi ceux de la province de Nangahar (de l’est de l’Afghanistan) ont commencé à planter même si les bombardements américains ont continué en octobre et novembre 2001. Maintenant, les jeunes plants avec leurs petites feuilles vertes sont déjà visibles de la plupart des grandes routes et sont très en vue aux abords de la ville de Jalalabad, capitale administrative de l’est du pays pour le nouveau gouvernement et théâtre de derniers assaults stratégiques des Etats-Unis en sol afghan dans le réseau de caves de Tora Bora. «C’est bon de pouvoir
à nouveau cultiver le pavot.» disait un paysan nommé
Muhammed Tauib dans un village en dehors des murs de Jalalabad au reporter
du Chicago Tribune. «Au moins ma famille va pouvoir manger.»
Il semble qu’il y a peu à faire à propos de cette recrudescence de la production de l’opium afghan du moins avant la prochaine récolte du printemps. Bien que le nouveau gouvernement Afghan se soit engagé à éliminer la production de l’opium sur son territoire à la conférence internationale tenue à Bonn en décembre (qui créa le nouveau régime à Kaboul), le leader gouvernemental Hamid Karzai n’a toujours pas annoncé d’interdiction de cette production. En même temps, selon le Post, le renouvellement de ces stocks d’opium afghan a tellement bouleversé l’administration Bush à la Maison Blanche que certains politiciens ont proposé d’acheter la production complète avec l’argent des payeurs de taxes afin de la détruire. Cependant le Post a aussi cité l’un de ces hommes politiques qui s’oppose farouchement à cette idée : «Nous ne pouvons penser racheter la production parce que, dit-il, payer pour de la drogue — même pour s’en débarrasser — dresserait un sérieux précédent et un mauvais exemple.»
Traduction de Gilles Vinet,
Au Centre de la Vie
Vous pouvez lire dans la
chronique «Substance abuse» de Michael Petracca ,
Michael Petracca, M.Ed., est un psychothérapeute spécialisé en dépendance et en résolution de deuils et de pertes. |
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