ARCHIVES
QLDNP1J
gilles.vinet@quandladrogue.com
©2004-1999


Inceste — «Je suis sûre que ce n’était pas de ma faute»

Qu’est-ce que l’inceste et l’abus sexuel d’un enfant ? 

L’abus sexuel d’un enfant est un crime.  Ça se produit quand quelqu’un se sert d’un(e) enfant ou d’un(e) jeune pour satisfaire sa propre sexualité. Une relation sexuelle entre un adulte et un enfant est toujours de l’abus, l’enfant ne pouvant vraiment consentir volontairement et sciemment. Quand cet abus se produit dans le milieu familial, il se nomme «inceste» (du latin «incestus», vient de «castus» qui signifie «chaste»). L’abus peut inclure des câlins, des caresses, de l’exhibitionnisme sexuel (arborer ses organes génitaux), des rapports ou relations sexuelles, la fellation (coït oral), la sodomie (coït anal), la masturbation devant l’enfant, la photographie d’enfants nus, la prostitution infantile, la pornographie infantile sur internet. L’abus sexuel d’enfants, incluant l’inceste, est fréquent dans notre société. Ça se produit tant avec les filles que les garçons. Presque tous les abuseurs sont des hommes. Quelques-uns sont des femmes.
Les abuseurs sont souvent perçus par leurs amis, leur famille et les collègues de travail comme des «gens normaux». Malheureusement, nous vivons dans une société où des hommes croient que c’est leur droit de forcer des contacts à caractère sexuel avec des enfants et cela spécialement avec les membres de leurs propres familles.

Comment est-ce que vous vous sentez… 

Si vous êtes un(e) adulte qui se rappelle avoir été abusé(e) sexuellement lorsque vous étiez enfant,  il peut vous arriver de vous sentir
 terrifié à l’idée d’en parler à quelqu’un : «Je n’en ai pas parlé à personne parce que j’ai cru que personne ne me croirait.» 

  • Anxieux, rempli d’angoisses
  • Triste parce que vous avez perdu une partie de votre enfance
  • Coupable parce que vous pensez que vous avez fait quelque chose pour provoquer tout ça ou n’avez rien fait pour faire cesser ces abus :
  • «Pendant plusieurs années, je me suis blâmée moi-même pour les abus que je subissais de mon père parce que je ne l’ai pas empêché de jouir sur moi.»
  • En colère parce que personne ne vous a protégé : «Je crois que ma mère se doutait de ce qui se passait, mais elle avait trop peur de mon beau-père pour faire quoi que ce soit.»
  • Déprimé
  • Seul
  • Rempli d’insécurité
  • Soucieux de ce que les autres vont penser
  • Confus dans mes souvenirs de ce qui s’est vraiment passé.
Si l’abuseur vous était connu, vous pouvez aussi de vous sentir trahi par lui
  • honteux de n’avoir pas mis fin à ses abus
  • floué, trompé, volé parce qu’il appelait ça de l’amour :«Il me disait qu’il agissait ainsi parce qu’il m’aimait.»
  • ambivalent parce que quelquefois vous l’aimez et que vous appréciez cette attention qu’il vous porte
  • apeuré et inquiet parce que vous avez peut-être tout rêvé ou imaginé ça
  • furieux et monté contre lui pour ce qu’il a fait.
Vous avez le droit d’être en colère. 
Ce n’est pas de votre faute
Vous n’êtes pas à blâmer. 
Il cherchait à vous contrôler et le pouvait.
Il savait que ce qu’il faisait n’était pas bien.
Si c’était une connaissance, un proche, un membre de votre famille, 
vous lui avez fait confiance. 
Vous n’avez rien fait qui puisse provoquer de tels gestes.

Comment ce traumatisme, ces blessures peuvent affecter votre vie… 

Ce traumatisme ne cesse pas quand les abus se terminent. L’abus sexuel d’un enfant  peut vous affecter dans plusieurs domaines de votre vie. Vous pouvez :

  • Haïr votre corps
  • Ne faire confiance à personne
  • Trouver chaque occasion d’intimité comme une expérience très difficile : «Je me suis battue avec une dépression qui a duré plusieurs années. Je n’ai compris que tout récemment que c’était dû aux abus que j’avais subis quand j’étais petite.»
Vous pouvez aussi :
  • Avoir crû que toute expression de sexualité était dégoûtante ou humiliante
  • Vous sentir souvent «perdu», «dans la lune», «dans un autre monde», pas dans le moment présent : «Un grand pas pour moi fut de réapprendre à me sentir en connexion avec le monde. Pendant des années je déambulais comme un mort vivant déconnecté de ses émotions et des autres qui l’entourent.»
  • Être affecté physiquement
  • quelquefois vous croire fou, malade mental, hystérique sans raison
  • Vous forcer à vous tenir occupé ou à toujours être sur la route, perpétuellement à la manière d’un itinérant
  • Vous sentir en colère contre quelqu’un ou entretenir des ressentiments contre tout le monde et surtout ce Dieu de votre enfance.
Maintenant que vous êtes un adulte vous pouvez reagrder les moyens que vous avez pris pour composer avec ces abus. À certains moments, vous n’aviez pas d’autres choix. Vous avez fait du mieux qu’il vous était possible de faire sous de telles circonstances. Vous pouvez avoir crû avoir besoin de protéger ou de ne pas trahir quelqu’un. Vous avez peut-être reçu de l’aide ou vous n’en avez pas parler encore vraiement en profondeur avec quelqu’un.

Des idées qui marchent… 

Si vous avez été abusés sexuellement, ces quelques idées peuvent vous procurer une certaine forme d’assistance :

  • Ça peut parfois aider d’en parler à une autre personne.
  • Ça peut soulager de reconnaître (et plus tard d’accepter) que les abus ont bel et bien eu lieu et qu’ils sont la cause de grandes souffrances.
  • C’est bien de croire que ce n’a jamais été votre faute — Ça peut aider à mettre le blâme où il doit être… sur l’abuseur.
  • C’est le temps d’apprendre à faire confiance à ses souvenirs et à sa mémoire, à ses émotions et à ses ressentiments.
  • Ça fait du bien de pleurer et de laisser ainsi sortir sa tristesse.
  • Il faut diriger sa colère et sa rage vers l’abuseur et ceux et celles qui ne vous ont pas protégé.
  • Il faut ressentir de la compassion envers soi-même — envers cet enfant qui était apeuré et sans défense.
  • Il faut se joindre à un groupe d’entraide, possiblement à une psychothérapie.
Rappelez-vous que vous avez déjà vécu et passé au travers 
du plus difficile et plus pénible — l’abus lui-même.

«Même si ça peut vous faire peur de reconnaître et d’admettre que vous avez été abusés, c’est un pas important à faire et il y a de l’aide tout autour quand vous avez besoin d’en recevoir.»

Vous avez survécu.
Vous pouvez maintenant puiser dans cette force en vous
pour construire pour vous un avenir libre de
 toute souffrance résultat d’abus sexuels.
Vous n’êtes plus seul ( e ).

Voici quelques endroits où vous pouvez aller chercher de l’aide pour vous dans la région de Québec et plus :

Intervention auprès des survivantes-survivants d’abus sexuel
Centre hospitalier Robert-Giffard
2601 chemin de la Canardière, M-7500
Beauport (QC) G1J 2G3
Téléphone: (418) 663-5011
Télécopieur: (418) 661-0561
f, h, sf

Programme aux adultes
C.L.S.C. - Basse-Ville
50, rue St-Joseph est
Québec (QC) G1K 3A5
Téléphone: (418) 529-6592
Télécopieur: (418) 529-1376
f, h, sf

Programme aux adultes
C.L.S.C. de Limoilou
825, boulevard des Capucins
Québec (QC) G1J 3S2
Téléphone: (418) 648-0567
Télécopieur: (418) 648-6736
 f, h, sf

Groupe d’entraide pour les survivants d’inceste
Centre des femmes de Montréal
3585, rue St-Urbain
Montréal (QC) H2X 2N6
Téléphone: (514) 842-4781
Télécopieur: (514) 842-1066
f, fe

INCESTE: 
TÉMOIGNAGE D'AUBEde Linda Priestley
Éditions SMBi/Collection S.O.S

Ce récit, bouleversant d'authenticité, est basé sur une histoire vécue. L'auteure nous fait entrer dans l'univers d'Aube, de sa plus tendre enfance jusqu'à la fin de son adolescence. Son père, qu'elle vénère et déteste tout à la fois, a abusé d'elle et lui a volé son enfance. On arriveaisément à se mettre dans la peau de la jeune fille et à éprouver les sentiments contradic-toires qui l'habitent. Ce livre est recommandé à toutes les filles et femmes plus particulièrement à celles qui, malheureusement, sont concernées de près ou de loin par le problème de l'inceste.En espérant qu'elles parviennent à y puiser le courage de briser le mur du silence.

Traduit et adapté par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
© Copyright 2004-2002 AU CENTRE DE LA VIE