Inceste
— «Je suis sûre que ce n’était pas de ma faute»
Qu’est-ce que l’inceste
et l’abus sexuel d’un enfant ?
L’abus sexuel d’un enfant
est un crime. Ça se produit quand quelqu’un se sert d’un(e)
enfant ou d’un(e) jeune pour satisfaire sa propre sexualité. Une
relation sexuelle entre un adulte et un enfant est toujours de l’abus,
l’enfant ne pouvant vraiment consentir volontairement et sciemment. Quand
cet abus se produit dans le milieu familial, il se nomme «inceste»
(du latin «incestus», vient de «castus» qui signifie
«chaste»). L’abus peut inclure des câlins, des caresses,
de l’exhibitionnisme sexuel (arborer ses organes génitaux), des
rapports ou relations sexuelles, la fellation (coït oral), la sodomie
(coït anal), la masturbation devant l’enfant, la photographie d’enfants
nus, la prostitution infantile, la pornographie infantile sur internet.
L’abus sexuel d’enfants, incluant l’inceste, est fréquent dans notre
société. Ça se produit tant avec les filles que les
garçons. Presque tous les abuseurs sont des hommes. Quelques-uns
sont des femmes.
Les abuseurs sont souvent
perçus par leurs amis, leur famille et les collègues de travail
comme des «gens normaux». Malheureusement, nous vivons dans
une société où des hommes croient que c’est leur droit
de forcer des contacts à caractère sexuel avec des enfants
et cela spécialement avec les membres de leurs propres familles.
Comment est-ce que vous
vous sentez…
Si vous êtes un(e)
adulte qui se rappelle avoir été abusé(e) sexuellement
lorsque vous étiez enfant, il peut vous arriver de vous sentir
terrifié à
l’idée d’en parler à quelqu’un : «Je n’en ai pas parlé
à personne parce que j’ai cru que personne ne me croirait.»
-
Anxieux, rempli d’angoisses
-
Triste parce que vous avez perdu
une partie de votre enfance
-
Coupable parce que vous pensez
que vous avez fait quelque chose pour provoquer tout ça ou n’avez
rien fait pour faire cesser ces abus :
-
«Pendant plusieurs années,
je me suis blâmée moi-même pour les abus que je subissais
de mon père parce que je ne l’ai pas empêché de jouir
sur moi.»
-
En colère parce que personne
ne vous a protégé : «Je crois que ma mère se
doutait de ce qui se passait, mais elle avait trop peur de mon beau-père
pour faire quoi que ce soit.»
-
Déprimé
-
Seul
-
Rempli d’insécurité
-
Soucieux de ce que les autres
vont penser
-
Confus dans mes souvenirs de
ce qui s’est vraiment passé.
Si l’abuseur vous était
connu, vous pouvez aussi de vous sentir trahi par lui
-
honteux de n’avoir pas mis fin
à ses abus
-
floué, trompé,
volé parce qu’il appelait ça de l’amour :«Il me disait
qu’il agissait ainsi parce qu’il m’aimait.»
-
ambivalent parce que quelquefois
vous l’aimez et que vous appréciez cette attention qu’il vous porte
-
apeuré et inquiet parce
que vous avez peut-être tout rêvé ou imaginé
ça
-
furieux et monté contre
lui pour ce qu’il a fait.
Vous
avez le droit d’être en colère.
Ce
n’est pas de votre faute
Vous
n’êtes pas à blâmer.
Il
cherchait à vous contrôler et le pouvait.
Il
savait que ce qu’il faisait n’était pas bien.
Si
c’était une connaissance, un proche, un membre de votre famille,
vous
lui avez fait confiance.
Vous
n’avez rien fait qui puisse provoquer de tels gestes. |
Comment ce traumatisme, ces
blessures peuvent affecter votre vie…
Ce traumatisme ne cesse pas
quand les abus se terminent. L’abus sexuel d’un enfant peut vous
affecter dans plusieurs domaines de votre vie. Vous pouvez :
-
Haïr votre corps
-
Ne faire confiance à
personne
-
Trouver chaque occasion d’intimité
comme une expérience très difficile : «Je me suis battue
avec une dépression qui a duré plusieurs années. Je
n’ai compris que tout récemment que c’était dû aux
abus que j’avais subis quand j’étais petite.»
Vous pouvez aussi :
-
Avoir crû que toute expression
de sexualité était dégoûtante ou humiliante
-
Vous sentir souvent «perdu»,
«dans la lune», «dans un autre monde», pas dans
le moment présent : «Un grand pas pour moi fut de réapprendre
à me sentir en connexion avec le monde. Pendant des années
je déambulais comme un mort vivant déconnecté de ses
émotions et des autres qui l’entourent.»
-
Être affecté physiquement
-
quelquefois vous croire fou,
malade mental, hystérique sans raison
-
Vous forcer à vous tenir
occupé ou à toujours être sur la route, perpétuellement
à la manière d’un itinérant
-
Vous sentir en colère
contre quelqu’un ou entretenir des ressentiments contre tout le monde et
surtout ce Dieu de votre enfance.
Maintenant que vous êtes
un adulte vous pouvez reagrder les moyens que vous avez pris pour composer
avec ces abus. À certains moments, vous n’aviez pas d’autres choix.
Vous avez fait du mieux qu’il vous était possible de faire sous
de telles circonstances. Vous pouvez avoir crû avoir besoin de protéger
ou de ne pas trahir quelqu’un. Vous avez peut-être reçu de
l’aide ou vous n’en avez pas parler encore vraiement en profondeur avec
quelqu’un.
Des idées qui marchent…
Si vous avez été
abusés sexuellement, ces quelques idées peuvent vous procurer
une certaine forme d’assistance :
-
Ça peut parfois aider
d’en parler à une autre personne.
-
Ça peut soulager de reconnaître
(et plus tard d’accepter) que les abus ont bel et bien eu lieu et qu’ils
sont la cause de grandes souffrances.
-
C’est bien de croire que ce
n’a jamais été votre faute — Ça peut aider à
mettre le blâme où il doit être… sur l’abuseur.
-
C’est le temps d’apprendre à
faire confiance à ses souvenirs et à sa mémoire, à
ses émotions et à ses ressentiments.
-
Ça fait du bien de pleurer
et de laisser ainsi sortir sa tristesse.
-
Il faut diriger sa colère
et sa rage vers l’abuseur et ceux et celles qui ne vous ont pas protégé.
-
Il faut ressentir de la compassion
envers soi-même — envers cet enfant qui était apeuré
et sans défense.
-
Il faut se joindre à
un groupe d’entraide, possiblement à une psychothérapie.
Rappelez-vous
que vous avez déjà vécu et passé au travers
du
plus difficile et plus pénible — l’abus lui-même.
|
«Même si ça
peut vous faire peur de reconnaître et d’admettre que vous avez été
abusés, c’est un pas important à faire et il y a de l’aide
tout autour quand vous avez besoin d’en recevoir.»
Vous
avez survécu.
Vous
pouvez maintenant puiser dans cette force en vous
pour
construire pour vous un avenir libre de
toute
souffrance résultat d’abus sexuels.
Vous
n’êtes plus seul ( e ).
|
Voici quelques endroits où
vous pouvez aller chercher de l’aide pour vous dans la région de
Québec et plus :
Intervention auprès
des survivantes-survivants d’abus sexuel
Centre hospitalier Robert-Giffard
2601 chemin de la Canardière,
M-7500
Beauport (QC) G1J 2G3
Téléphone:
(418) 663-5011
Télécopieur:
(418) 661-0561
f, h, sf
Programme aux adultes
C.L.S.C. - Basse-Ville
50, rue St-Joseph est
Québec (QC) G1K 3A5
Téléphone:
(418) 529-6592
Télécopieur:
(418) 529-1376
f, h, sf
Programme aux adultes
C.L.S.C. de Limoilou
825, boulevard des Capucins
Québec (QC) G1J 3S2
Téléphone:
(418) 648-0567
Télécopieur:
(418) 648-6736
f, h, sf
Groupe d’entraide pour
les survivants d’inceste
Centre des femmes de Montréal
3585, rue St-Urbain
Montréal (QC) H2X
2N6
Téléphone:
(514) 842-4781
Télécopieur:
(514) 842-1066
f, fe
INCESTE:
TÉMOIGNAGE
D'AUBEde Linda Priestley
Éditions
SMBi/Collection S.O.S
Ce
récit, bouleversant d'authenticité, est basé sur une
histoire vécue. L'auteure nous fait entrer dans l'univers d'Aube,
de sa plus tendre enfance jusqu'à la fin de son adolescence. Son
père, qu'elle vénère et déteste tout à
la fois, a abusé d'elle et lui a volé son enfance. On arriveaisément
à se mettre dans la peau de la jeune fille et à éprouver
les sentiments contradic-toires qui l'habitent. Ce livre est recommandé
à toutes les filles et femmes plus particulièrement à
celles qui, malheureusement, sont concernées de près ou de
loin par le problème de l'inceste.En espérant qu'elles parviennent
à y puiser le courage de briser le mur du silence. |
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