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LIENS ENTRE LE JEU COMPULSIF ET LA VIOLENCE FAMILIALE

Objectif(s):

  • Aider les joueurs compulsifs et pathologiques à comprendre leur maladie, à voir sa progression
  • Aider aussi les personnes qui entourent les joueurs à parler de ce qu'ils vivent comme abus physiques


Liens entre le jeu compulsif et la violence familiale page
traduit de Linking compulsive gambling and domestic violence,
de Nancy Lantz, CACIII, NCAC II publié dans la revue The Catalyst

Ce texte est une traduction de Linking Compulsive Gambling and Domestic Violence, un article tiré de la revue The Catalyst, écrit par Nancy Lantz, conseillère au Arapahoe Psychotherapy Center, qui parraine le programme AMEND dans le comté Arapahoe. Elle oeuvre dans le domaine du traitement des toxicomanies et des abus de substances depuis huit ans.

Ce texte ne lie aucunement aucun groupe d'entraide à son contenu. Par contre l’appartenance à un tel groupe comme les Gamblers Anonymes ou les Joueurs Anonymes peut vous aider à vous rétablir en partageant votre rétablissement avec d'autres personnes atteintes, comme vous, de la maladie du jeu compulsif, une forme de la maladie de l'EGO et des Émotions.

Introduction
Les enjeux sont élevées mais la question demeure :«Est?ce que nous cherchons à sauver le budget de nos petites villes au détriment de l'augmentation de la violence familiale?» Une revue de la littérature faite par Lesieur et Rosenthal (1991) nous rapporte que les joueurs compulsifs sont deux fois plus susceptibles d'abuser physiquement leurs enfants, et que les joueurs qui ont d'autres problèmes comme l'abus d'alcool sont trois fois plus susceptibles que la population en général d'étre un abuseur à la maison.

Actuellement, nous estimons qu'il y a 8 à 10 millions de joueurs compulsifs aux États Unis. Le jeu pathologique est maintenant la troisième dépendance en termes de nombre de personnes affectées directement et que ce nombre s'accroît aussi rapidement que les dépendances à l'alcool et à d'autres drogues deviennent de plus en plus socialement inacceptables. Le jeu se verra probablement décerné le titre de «la dépendance des années 90».

La recherche démontre que deux tiers des joueurs compulsifs sont des hommes. Comme dans le cas de toute autre dépendance, les personnes qui vivent autour du joueur compulsif sont malheureusement elles aussi affectées. Parce que la relation primaire est la dépendance, la famille est reléguée au deuxième rang (tout au moins dans les meilleurs scénarios). Comme chez les abuseurs physiques, le joueur compulsif tente de s'isoler lui et sa famille, de placer le blâme de ses comportements sur les autres et de construire une façade de mensonges.
Plusieurs joueurs compulsifs souffrent d'avoir été abusés ou de s'être sentis abandonnés dans leur propre enfance. Souvent, ils ont été témoins d'abus dans leur famille d'origine et ont de fortes réactions au stress, et c'est durant ces périodes qu'ils vont boire ou consommer des drogues et abuser d'autres membres de leur famille en réponse à ce stress qu'ils vivent.

Les joueurs compulsifs sont plus susceptibles de s'être mariés trois ou plus de trois fois. La progression de la maladie, tout comme les toxicomanies, crée un état de crise permanente et de chaos émotionnel dans la famille. Le stress sur le plan émotif augmente et empire avec les fardeaux financiers. La dépression devient un problème majeur dans ce groupe : Selon Lesieur (1992), les tentatives de suicide dans cette population sont de 13 à 24%.

Les joueurs compulsifs et les abuseurs physiques, tous deux, ont de la difficulté à identifier leurs émotions et à les exprimer adéquatement. Selon Volkberg et Steadman (1989), le chômage est deux fois plus élevé chez les joueurs que dans la population en général. Les dépendances ont tendance à se produire en grappe et le jeu compulsif n'échappe pas à cela. Dans une étude auprès de joueurs en traitement résidentiel, Blume(1986) a découvert que 47 à 51% abusaient aussi de l'alcool ou d'autres drogues. Dans plusieurs cas, la dépendance au jeu n'est pas clairement identifiée et ainsi n'est pas traitée. Voilà ce qui contribue à la rechute des autres dépendances traitées.

PROGRÈS DE LA MALADIE DU JEU COMPULSIF

La progression de la maladie du jeu pathologique ou compulsif peut être divisée en trois stades :
Le premier stade est le stade Gagnant dans lequel le joueur fait l'expérience d'un gros lot, d'une belle cagnotte, à peu près six à douze mois de son salaire et revenus annuels ou plus encore dans une seule fois. Le joueur essaie de reproduire l'euphorie de ce premier gain. Les membres de la famille ne sont pas incommodés par le premier stade, le stage gagnant, puisqu'eux aussi recoivent des bénéfices du jeu qui sont alors des renforcements positifs.
Le deuxième stude est le stade Coupable dans lequel le joueur commence à jouer ou à parier plus encore pour essayer de retrouver encore une fois l'expérience d'euphorie. Comme le joueur joue ou parie plus encore, ses pertes augmentent. Le joueur compulsif commence à courir après le gain qui va lui permettre de se refaire et de récupérer ses pertes.
À mesure que ses dettes grossissent, autant en font le stress et les tensions à la maison. Le joueur commence à mentir à sa partenaire ou son conjoint à propos de l'argent, tout en vidant le compte-épargne de la famille. Il cherche à mettre le blâme pour les problèmes financiers sur les autres membres de la famille. Les joueurs manifestent beaucoup de comportements passifs-agressifs.
Les abus émotionnels du partenaire par le joueur compulsif sont fréquents durant ce stade. Lorsque le partenaire refuse de céder l'argent, l'abus monte en flèche. Puis le joueur commence à se procurer de l'argent par d'autres moyens, souvent illégaux, comme les fraudes d'assurances, la contrefaçon, les détournements de fonds et le vol. La dette moyenne d'un joueur compulsif du stade coupable s'élève à près de 54,662$.

Le troisième stade et stade final est le Stade Désespéré. Le joueur devient déprimé, souvent suicidaire et quelquefois homicidaire. S'il a réussi à passer au travers jusqu'à aujourd'hui, la famille maintenant est préte à le laisser. Les problèmes légaux et de santé augmentent. Dans ce stade, les professionnels de la santé mentale ont tendance à diagnostiquer ces personnes comme souffrant de trouble bipolaire ou de grave dépression. Durant ce stade, les joueurs peuvent prendre conscience qu'ils ont besoin d'aide.
Les effets de la légalisation des casinos et du jeu commencent juste à se faire sentir. Nous devons être prêts à accueillir cette dépendance invisible qui traverse l'Amérique du Nord d'un bout à l'autre.
Les Gamblers Anonymes sont disponibles et vous pouvez les rejoindre pour la région de Québec au 667-3131. Les Joueurs Anonymes sont pour la région de Québec au 871-0131.

Jeu — Aide et Référence — Problèmes de jeu : 1-800-461-0140

Bibliographie
Blume, SB (1986) Treatment for the addictions: Alcohol, drug dependence and compulsive gambling in a psychiatric setting. Journal of Substance Abuse Treatment, 3, 131-133.
Lesieur, HR (1992) Pathological gambling work and employee assistance. Journal of Employee Assistance Rescarch, II, 32-62.
Lesieur, HR & Rosenthal, RJ (1991) Pathological gambling: A review of the literature (Prepared for the American Psychiatric Association Task Force on DSM-IV Committee on Disorders of Impulse Control Not Elsewhere Classified). Journal of Gambling Studies, 7, 5-40.
Volkberg, RA & Steadman, HJ (1989) Prevalence estimates of pathological gambling in New Jersey and Maryland. American Journal of Psychiatry, 145, 1618-1619.

Traduit et adapté par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
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