ARCHIVES
QLDNP1J
gilles.vinet@quandladrogue.com
©2004-1999

Ivresse au « guidon »
Aurélie Deléglise, Cybersciences.com

22/10/2002 - Le slogan « boire ou conduire, il faut choisir » ne s'applique pas qu'aux automobilistes. Les cyclistes aussi risquent leur vie en consommant de l'alcool ou de la drogue avant d'enfourcher leur deux roues.
Si la prise d'alcool ou de substances illicites est dangereuse au volant, elle l'est tout autant à vélo. Professeur au Département de psychologie de l'Université de Montréal, Jacques Bergeron s'est intéressé aux adolescents, fervents adeptes du cyclisme et gros consommateurs  d'alcool et de stupéfiants. Il a questionné 606 adolescents de 14 à 17 ans sur leurs habitudes de consommation et d'utilisation du vélo, dans le but de savoir si conduire en état d'ébriété ou sous l'emprise de drogue présente un facteur de risque d'accident. «Peu d'études sur le sujet ont été menées jusqu'alors au Québec. Mais des données américaines et européennes, datant du début des années 90, indiquent que de 30 à 38 % des cyclistes décédés dans des accidents étaient ivres», a indiqué Jacques Bergeron.

Près de 95 % des adolescents interrogés utilisent un vélo. Cinquante-six pour cent ont avoué avoir consommé au moins une fois de l'alcool ou du cannabis au cours du mois précédant l'étude. «Toutefois, très peu d'entre eux ont déclaré avoir bu ou fumé avant de prendre la route. Les jeunes connaissent les dangers de faire du vélo avec des facultés affaiblies», a reconnu Jacques Bergeron.

Ce qui inquiète le chercheur, ce sont les adolescents jugés à risque. Celui-ci a établi un barème qui tient compte du nombre de consommations et de leurs effets négatifs sur la santé de l'adolescent, sur sa famille, ses relations amoureuses, ses économies et son penchant pour la délinquance. Selon cette échelle, 33 % des garçons et 26 % des filles ont une consommation problématique émergente ou évidente. Ceux-là sont moins conscients du danger : ils sont dix fois moins nombreux à porter un casque que les autres, deux fois plus nombreux à brûler les feux rouges, à circuler en sens inverse et entre les voitures. Les données montrent également que ces jeunes déclarent trois fois plus d'accidents que les autres. 

L'étude n'est cependant pas encore terminée. Jacques Bergeron disposera des résultats définitifs d'ici un mois et c'est en décembre prochain que le chercheur remettra son rapport à la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

Adresse de l'article original (avec photo et hyperliens) :
http://www.cybersciences.com/Cyber/3.0/N2987.asp

Venez visiter le site Cybersciences à :
http://www.cybersciences.com

 

Traduit et adapté par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
© Copyright 2004-2002 AU CENTRE DE LA VIE