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Se rétablir durant les Fêtes

Cet article a été écrit par Hamish White, un conseiller en alcoolisme et toxicomanies, qui a sa propre pratique sous le nom de Recovery Counselling Services au nord de Toronto. Hamish et son équipe offre des services de counseling  individuel et de groupe aux adolescents, adultes et membres de famille. 

Je me rappelle comment j'attendais avec beaucoup d'enchantement et de féerie les Fêtes. C'était un moment où c'était "correct" de prendre un verre et je me rappelle comment j'espérais qu'arrive enfin ce temps de réjouissances et surtout de libations. Ce temps était attendu et boire avec excès y était considéré comme faisant partie des traditions.

Certaines règles d'étiquette suggéraient d'avoir un bar bien rempli pour l'occasion et aussi des punchs, des ponces et des laits de poule (eggnog) pour accueillir et "réchauffer" les visiteurs. "Joyeux Noël et qu'allez-vous prendre pour boire ?" et "C'est le temps des Fêtes, c'est le temps d'arroser ça…" étaient les formules traditionnelles d'accueil et je me rappelle combien je prévoyais bien à l'avance de me mêler à ses buveurs inexpérimentés. 

J'aimais avoir l'air sobre, quand les autres avaient des réactions plus fortes et une tolérance beaucoup moins importante. Ces moments devenaient quelquefois des beuveries. J'étais un membre du groupe, je riais. Je saluais aussi de la tête les autres qui, comme moi, remplissaient leurs paniers aux magasins de la SAQ préparant ces moments où ils se saouleraient peut-être eux aussi.
"Oh que de belles circonstances pour avoir du plaisir", je me disais bien que c'était la troisième fois que je remplissais un panier depuis le début du mois de décembre. J'avais déjà vidé une réserve qui devait durer toute la saison, en deux jours. 

Sous observation

Mon ami Bill nous a décrit son expérience de Noël. Il a dit qu'il y avait toujours des ajouts à cette saison qui entoure la fête de Noël. "Les secrets devenaient la règle, me disait-il, je réussissais à entrer à la maison de grosses bouteilles de vodka en même temps que des boîtes de cadeaux. Je pouvais même laisser la porte de ma chambre à coucher barrée et la cocaïne sur le miroir puisque c'était Ok de cacher quelque chose et tout le monde me laissait le privé nécessaire pour envelopper "leurs" cadeaux.

Il me disait que c'était le bon temps pour un alcoolique puisqu'il pouvait retourner plus tard chercher un ruban qui manquait et avoir là l'excuse parfaite pour aller retrouver mon vieux copain de soûleries. Et nous avions du temps perdu à rattraper avec ce bon chum qui était en ville uniquement pour le temps des fêtes. C'était plus facile de me faufiler et de boire : "Je pouvais être absent pour même de longues périodes sans avoir à répondre à trop d'interrogatoires. Normalement, je devais expliquer mes allées et venues à une famille sceptique et remplie de soupçons, mais là, je pouvais aller faire du shopping de Noël pour trois ou quatre heures sans problème. Je passais 45 minutes au centre d'achats et je passais le reste du temps avec des inconnus nostalgiques accoudés au même bar. Et je revenais en titubant avec les yeux vitreux et une histoire bien compliquée relatant mes exploits dans les magasins bondés pour l'occasion." 
Il disait qu'à cause de son historique de boire, de menteries et de cachettes, il était toujours sous observation mais durant les Fêtes, il réussissait à leur passer quelque temps pour boire, du temps accordé pour d'autres activités estivales. 

Des Fêtes sobres!

Passer des fêtes tout en restant sobre peut être un exploit pour plusieurs d'entre nous. Il n'y a rien comme ce temps-là pour que se dissimule sous des aspects bien anodins un lait de poule qui était supposé être sans alcool. Pour du bon temps quand on sait comment les égayer…Pour la solitude, qu'un verre ou une ligne rendrait bien moins triste…
Il y a plusieurs techniques et moyens que moi et bien d'autres avons découvert pour maintenir notre sobriété et rester en rétablissement durant ces moments remplis de tentations et d'occasions. Des gens qui sont depuis peu sobres peuvent rencontrer encore plus d'occasions de boire ou de consommer puisque c'est la première fois qu'ils doivent vivre ces Fêtes depuis qu'ils sont en rétablissement. Il y a des solutions qui s'offrent à vous.

Planifiez vos journées. Dites à votre parrain ou marraine et/ou encore à un ami dans le mouvement où vous allez être et apporter ces numéros de téléphones avec vous juste au cas.
 Plan B : Si vous devez assister à un party ou à une rencontre où l'alcool va être servi, ayez un plan B : une voie de sortie. 

Si vous êtes avec votre conjoint (ou une amie), avertissez cette personne que vous allez être inconfortable autour de personnes ayant pris un verre et que vous allez quitter le party sans avertissements et sans attendre. En fait, vous pouvez avoir une place autre pour aller — comme aller prendre un café ou aller au cinéma. Avec cette entente négociée au préalable, dites à votre hôte que vous ne pouvez rester que peu de temps, que vous allez pouvoir lui dire après avoir fait un téléphone si vous pouvez rester plus longtemps. Ce qui est vrai et honnête… Alors vous n'êtes plus obligé de rester et vous finissez par avoir du bon temps puisque la pression est dégonflée. Si vous êtes seul, assurez-vous que vous avez le numéro de téléphone de votre parrain ou marraine et/ou d'un ami dans le mouvement et dites-leur où vous êtes. Assurez-vous que vous allez pouvoir les appeler ou même de pouvoir les rencontrer si la situation l'exige ou si le besoin se fait sentir. Voici votre "Plan B." 

Merci, j'aimerais bien prendre un verre !

Que faire si quelqu'un vous demande si vous désirez "boire un petit coup" et que vous ne désirez pas expliquer à cette personne que vous avez une maladie, que votre rétablissement exige que vous ne buviez pas un jour à la fois et que vous êtes récemment diplômé d'un centre de traitement en réadaptation de la dipsomanie ? 
Ce que je dis dans de telles occasions, c'est "Quelle bonne idée je désirais bien un verre ! Est-ce que vous avez du soda water avec du citron ou un coca-cola ? Cela me permet de dire oui et de recevoir ce que je veux en même temps. Bien peu de gens vont pousser des boissons alcoolisées et lorsqu'ils le font, je leur dis : " Pas maintenant, merci beaucoup, un coke ou un pepsi serait bienvenu!"

Restez loin des petites boules de gâteau au Rhum ou de punchs aux recettes qui doivent demeurer secrètes. Juste une petite léchée, une petite goutte peut faire redémarrer une frénésie qui ne peut que mener à une dose plus importante.

Les A.A. se rencontrent aussi dans ces moments difficiles !

Pendant la saison des Fêtes même à Noël et au Jour de l'An , les AA ont encore des meetings. En fait plusieurs groupes ont des occasions ou des événements spéciaux, où la nourriture et la gratitude abondent et la fraternité invite des membres à partager leur sobriété et cet esprit du don que nous retrouvons dans les lectures sur la 12e Étape. 

Les membres sont souvent des gens chaleureux et invitent les autres à partager leur bonheur. La plupart sont sereins parce qu'ils savent qu'il y a un havre de paix pour eux si ça ne va pas. Qui que ce soit qui a un désir de demeurer sobre ou abstinent est le bienvenu.

Rappelez-vous que l'alcoolisme (et la dépendance aux substances psychotropes) est non seulement une maladie qui affecte la personne atteinte sur le plan physiologique mais aussi sur les plans spirituel, émotionnel et mental. Rappelez-vous que nous sommes ces personnes atteintes et affectées dans tous les domaines de nos vies…

Mon alcoolisme est tout rusé, déroutant et puissant. Il est même tout aussi intelligent que moi puis il est devenu juste un peu plus astucieux et malicieux. Mon alcoolisme désire que je boive et il aime ça quand je me retrouve dans des endroits "glissants" (où je pourrais "slipper") comme un party de Noël ou du Jour de l'An, où l'alcool coule à flot. Je dois faire très attention, surtout si je me crois plus rusé que ma maladie.
J'ai besoin de rester en contact avec des gens sobres, de faire des gestes sobres et d'aller dans des endroits sobres. Je ne peux utiliser le temps des Fêtes comme excuse pour rechuter.

Quand je suis en vacances, ma toxicomanie ne prend pas congé… Finalement en regardant cela honnêtement, la seule façon de rester sobre durant le temps des Fêtes, c'est la même méthode que pour rester sobre durant tout le reste de l'année : un jour à la fois, en mettant le mode de vie des douze Étapes en pratique.

Joyeuses Fêtes — Happy Holidays
Hamish White

Note : Si vous désirez une copie gratuite du guide des Fêtes en anglais, le 'Holiday Recovery Planner'  appelez Recovery Counselling Services au 416-658-3288, donnez votre adresse et nous vous posterons une copie 

Traduit et adapté par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
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