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| Le pardon, un temps pour lâcher prise…
Forgiveness : A Time of Letting Go....... par Michaiel Patrick Bovenes Tout de suite après l'amour, le pardon est probablement le concept le moins compris de toute la communication entre les êtres humains. La notion de pardon a été tordue dans tous les sens à cause de la difficulté à reconnaître comment ce processus s'opère. Pardonner ne veut pas dire de reprendre avec nous nos anciens amoureux, de libérer les prisonniers de nos prisons, de retourner à nos emplois passés ou tous les autres gestes déraisonnables qui pourraient se faire. Nous avons appris à croire que si nous pardonnions quelqu'un qui nous avait lésés, cela devait se manifester dans nos gestes et paroles et cela signifiait aussi que nous étions faibles et vulnérables. Le pardon est un devoir de l'amour qui cherche à comprendre le geste navrant ou la parole désagréable, à libérer la souffrance inhérente et à redécouvrir la paix intérieure. Quand nous choisissons de pardonner quelqu'un, cela ne signifie pas que nous reconnaissons ses comportements cruels comme étant désormais acceptables, puisqu'en ce faisant, nous serions malhonnêtes. Par-dessus tout, ça ne veut pas dire que nous avons une attitude supérieure (de supposée sainteté) pour pardonner les péchés des autres. Maintenant explorons le principe même du pardon. Le sens propre du verbe pardonner (en anglais " to forgive") signifie "lâcher prise" qui est le geste que nous posons en pardonnant. L'esprit de pardon se manifeste dans l'interruption des sentiments désagréables qui montent dans notre cœur lorsque nous pensons à cette personne. C'est notre responsabilité de laisser aller les meurtrissures qu'une autre personne a produit en nous. L'autre peut s'excuser des impacts négatifs de ses gestes ou paroles, mais nous avons ensuite à nous distancer émotivement de nos souvenirs, à soigner nos blessures pour que le pardon devienne une expérience de rétablissement. Qu'est-ce qui fait que pour
tant de gens le pardon est si difficile ? Le plus grand obstacle qui nous
empêche de vivre une belle vie, c'est bien notre ego malade. Notre
faux moi, notre personnalité écrase notre vrai Moi, notre
identité. Ce déséquilibre dans notre ego fait que
nous nous accrochons à des rancunes, à des rancœurs, à
des ressentiments. C'est là que se trouve la source de nombreuses
résistances au processus du pardon.
"Faire une erreur, c'est humain. Pardonner, c'est divin." Nous portons en nous nos rancunes, nos amertumes et nos ressentiments qui vont apparaître plus tard sous la forme de stress, d'ulcères et de pauvres états de santé. En fin de compte, nous avons le choix de protéger notre personnalité ou notre identité (d'aucuns disent que c'est là que résident notre âme et notre enfant intérieur), de chercher à avoir raison ou à trouver la paix. Le pardon, comme toutes les qualités de notre identité (l'amour, la paix, l'innocence, le respect, l'authenticité et la passion), ne requiert aucun type de comportement précis. Ça commence par une renonciation de tout un bagage émotionnel et le choix de fonctionner à partir de notre identité, notre vrai Moi, plutôt que de par notre personnalité, notre faux moi. L'esprit de pardon, c'est cette ouverture, cette bonne volonté qui perçoit tous et chacun (y compris moi-même) comme soit exprimant son amour soit en manque d'amour. C'est aussi abandonner nos vieux schèmes de penser. Le pardon nous offre la liberté de vivre une vie remplie et harmonieuse. Le résultat c'est notre propre bonne volonté et notre habileté à pardonner. Si nous ne pouvons apparemment pas pardonner, cela signifie que nous ne sommes pas capables de complètement lâcher prise. S'accrocher à notre douleur ne fait que nous affaiblir et ne produit que des ennuis et des tracas. L'objectif principal du pardon est d'empêcher notre esprit de devenir une zone de combat. Nos sentiments désagréables s'envolent dès que nous les regardons calmement et honnêtement et que nous composons avec eux de manière responsable. Souvent ce processus se fait graduellement. Du désir de fonctionner à partir de notre identité et de vivre notre vie paisiblement naît la motivation d'en arriver à pardonner une autre personne. Si nous croyons que le pardon va insérer un autre ressentiment dans notre vie, nous sommes dans la personnalité. Si nous en venons à comprendre que l'esprit du pardon est le chemin qui mène au bonheur, nous allons choisir de fonctionner à partir de notre identité. Quand nous sommes attaqués par un autre, nous devons en premier composer avec le sentiment d'être atteints, violentés, lésés, avec ce que nous ressentons honnêtement. Il y en a tellement qui cherchent à pardonner sans relâcher leur colère… et leurs blessures. Une bonne habitude à prendre consiste à faire une pause chaque fois que nous avons des problèmes à nous libérer de ce bouleversement, de cette perturbation de notre esprit. Et prenons le temps, donnons-nous le temps de pardonner, ça n'a pas à se faire immédiatement. Et une personne qui proclame qu'elle ne s'est jamais sentie blessée par d'autres personnes n'est pas plus évoluée spirituellement, mais vraisemblablement elle refoule plus que chacun de nous ses émotions. Pour vivre spirituellement, ça ne veut pas dire que nous devons absolument aimer toutes les personnes qui croisent notre chemin. Parce qu'en agissant et en étant ainsi, nous devenons alors transparents et nous courons le risque de perdre notre individualité. Aimer quelqu'un et laisser aller les impacts négatifs qu'a une autre personne sur nous sont deux choses bien différentes. Tant que nous déchiffrons que nous pouvons façonner nous-mêmes notre processus de guérison par le pardon, nous cherchons en dehors de nous-mêmes, nous cherchons à devenir maîtres de nos vies. Ça ne peut se produire jusqu'à ce que nous reconnaissions que Dieu tel que nous Le concevions est responsable de chaque aspect de nos vies, de toutes les relations que nous allons vivre avec qui que ce soit, et de notre rétablissement. Quand nous cessons de chercher l'amour, la sécurité, la paix en dehors de nous-mêmes, nous la découvrons en nous, en cette Puissance supérieure à nous-mêmes qui habite en nous, qui est "nous", nous sommes libérés et la magie du pardon s'opère alors en nous un jour comme ça, sans que nous puissions forcer ce processus. Michaiel Patrick Bovenes
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Original sous le titre : Excuses Alcoholics Make par Floyd P. Garrett,
M.D.
Dès qu'un processus chronique de dépendance tel que l'alcoolisme devient clairement problématique, il a acquis une série de mécanismes de défense psychologiques très sophistiqués et complexes visant à protéger l'existence même de la dépendance en minimisant les dissonances cognitives que vit le dépendant comme résultat de ses comportements qui deviennent progressivement déraisonnables envers lui-même et aussi toxiques envers les autres. Bien qu'il s'imagine comme libéré — peut-être encore plus affranchi et leste que libre ! — et bien qu'il ne tolérera aucune contradiction ou critique à ses propres décisions, le dépendant est complètement à la merci et sous la férule de sa dépendance. En fait ses comportements ne sont pas du tout déterminés par sa propre volonté mais bien par les désirs insatiables de la dépendance qui constitue et construit dorénavant sa réalité. Aux prises avec la dépendance, le vrai moi (l'identité) est écrasé ou éclipsé. Le faux moi (la personnalité) est érigé à la place comme un gouvernement parallèle comme celui de Vichy qui exécute les ordres et directives de son seigneur et maître, la dépendance. Le dépendant croit qu'il fait ses propres choix alors qu'en fait, ses décisions sont prises pour lui par sa maladie, la dépendance. Cependant, bien que ça puisse paraître si évident pour tous et que ce soit fréquemment criant pour tous ceux et celles qui l'entourent, c'est habituellement la chose la plus difficile pour le dépendant à admettre ou à reconnaître. Le caractère même de la dépendance est un processus biologique caché qui cherche sans cesse la gratification et l'euphorie, sans égard aux conséquences néfastes pour l'individu lui-même. Bien que de telles euphories et gratifications soient obtenues assez rapidement, elles sont éphémères intrinsèquement et par surcroît, les états de piètre estime de soi sont suivis tout aussi précipitamment de l'état de crise et de détresse originale. Le dépendant achète ainsi une rémission courte et passagère de sa dysphorie au prix de plus d'ennuis plus tard. La dépendance est un genre d'échange, quelque chose comme une sorte de pacte comme Faust avait signé avec le diable. La dépendance ressemble aussi au fabuleux engin qui produisait le mouvement perpétuel en générant sa propre énergie pour fonctionner — tandis que le dilemme de la personne dépendante ressemble au pauvre habitant qui tient un loup au bout de ses bras loin de sa gorge : dans une telle circonstance, tenir bon et lâcher prise sont autant des choix indésirables — que catastrophiques. Parce que la dépendance est un processus de blocages et fondamentalement inhumain, elle évolue selon des signes et symptômes assez prévisibles que nous pouvons utiliser pour mesurer le degré de sévérité avec lequel elle a envahi l'identité et la personnalité de l'individu atteint de cette maladie. Une série familière de ces symptômes de la dépendance nous apparaît dans ces excuses habituelles que le dépendant élabore pour lui-même et pour les autres à cause des écarts et dissidences de ses pensées irrationnelles et comportements toxiques qu'il fait avaler à son entourage et qu'il gobe lui-même. Les mécanismes de défense les plus fréquemment employés et répétés de manière stéréotypée par les dépendants sont les suivants (mais les dépendants ne se limitent pas uniquement à ceux-ci) : - II - Un
problème ! Quel Problème ?
Je
ne suis pas si pire que ça !
Ce
n'était pas de ma faute ! ou Ça n'est pas si pire que ça
en a l'air !
Tout
ce que je veux c'est un petit répit, un peu de soulagement !
Je
ne fais de tort ou de mal à personne sauf à moi !
Personne
ne peut deviner tout le trouble que j'ai vécu !
- III - Je
dois être moi-même !
JE
DOIS boire ou me geler pour exécuter mon travail !
Tu
n'es pas si innocente toi-même !
Fais-moi
confiance — Je sais ce que je fais !
Je
peux arrêter n'importe quand, quand je le désire !
Je
ne suis pas si pire que d'autres que je connais !
Je
DOIS boire (ou me geler) pour noyer mes peines !
- IV - Maintenant
ce n'est pas vraiment le bon moment d'arrêter !
Ça
ne se reproduira plus jamais, en aucun cas !
Personne
ne va me dire À MOI ce que je dois faire !
Je
serais OK si ce n'était de toi, c'est de ta faute !
Réfléchis
bien à tout ce que j'ai fait pour toi !
Je
n'ai pas de temps (ou d'argent) pour aller chercher de l'aide !
Je
peux régler ça tout seul !
Traduit par Gilles Vinet,
Au Centre de la Vie
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