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| Les
alcooliques et Dieu
«M. Charles Towns (de
l’hôpital Towns où plusieurs alcooliques dont Bill W.sont
devenus abstinents)…avait remué ciel et terre pour nous obtenir
une source de publicité. Et il avait réussi. Il connaissait
depuis longtemps Morris Markey, un journaliste de vieille date. Intéressé
par l'histoire des Alcooliques anonymes, M. Markey en avait parlé
à Fulton Oursler, l'éditeur de la revue Liberty, Cet homme
réputé, à la fois éditeur et journaliste, qui
allait devenir notre ami, découvrit l'importance de la question
et chargea Morris Markey. d'écrire un article sur les Alcooliques
anonymes. «Alors», demanda Charlie, «à quel moment
pourrais-tu rencontrer Morris ?»
« La revue Liberty
publia son article au mois de septembre 1939. C'était un peu aride
et nous pensions que le titre, «Les Alcooliques et Dieu», pourrait
effrayer bon nombre de candidats. S'il détourna certains lecteurs,
de nombreux alcooliques et leurs familles l'acceptèrent. Le Liberty
reçut 800 demandes d’aide qu’ils nous transmirent immédiatement
à Ruth et à moi. Ruth adressa une belle lettre personnelle
à chacun de ces correspondants, y incluant un feuillet publicitaire
pour notre livre. Le résultat ne se fit pas attendre, au point que
nous avons vendu d’un seul coup sept cents exemplaires du livre, au plein
prix de détail de $ 3.50 l’unité. Mais ce qui est encore
plus important, nous commencions à correspondre avec les alcooliques,
leurs familles et leurs amis à l’échelle nationale. »
Voici la traduction libre
du texte de cet article de la revue Liberty qui est paru dans l'édition
de septembre 1939. Cet article a eu comme conséquence la croissance
en flèche de l'adhésion de nouveaux membres chez les AA.
Y
a-t-il un peu d'espoir pour ces ivrognes d'habitude?
Pour vingt-cinq ou trente cents, nous nous procurons un verre agréable au goût, et qui contient dans une si petite quantité d'alcool beaucoup de chaleur et de bonne camaraderie et de stimuli, d'un moyen de relâche de toutes nos préoccupations et de nos inquiétudes passagères. Ça serait alors un verre de whisky, bien naturellement — le whisky, un des cadeaux les plus généreux que la nature a fait à l'homme, et qui en même temps est une cause de problèmes très difficiles pour lui. C'est un problème parce que, comme plusieurs des plus grands avantages et bénéfices qu'il reçoit de la vie, l'homme ne sait pas tout à fait le contrôler. Beaucoup de tentatives ont été faites pour solutionner ce problème, comme le plus spectaculaire qu'a été le cauchemar triste de la prohibition, qui a laissé de profondes cicatrices sur les valeurs morales de notre nation. Des millions de dollars ont été dépensés par des philanthropes et des chevaliers de croisades de tempérance. De ce temps-ci, les distillateurs les plus responsables nous invitent à déguster leurs liqueurs raisonnablement, sans excès. Mais pour un certain nombre de nos compatriotes ni la prohibition, ni les réprimandes de certains sages n'ont eu quelque effet significatif que ce soit, parce qu'ils sont impuissants quand vient le temps de suivre les directives et suggestions. Je parle de ces alcooliques véritables, et avant d'aller plus loin, je suis mieux d'expliquer ce que signifie ce terme. Il y a une bonne définition médicale de ce terme, et je cite un docteur émérite qui a passé vingt-cinq ans à traiter de telles personnes dans un hôpital privé à la réputation fortement prisée : «Nous croyons…que l'action de l'alcool chez les alcooliques chroniques est la manifestation d'une allergie physique — que le désir effréné de boire et cette obsession mentale sont limités à cette classe de buveurs et ne se produisent jamais chez le buveur tempéré moyen. Ces personnes atteintes de ce type d'allergie ne peuvent plus jamais et sans risque boire de l'alcool sous n'importe quelle forme.» Ils sont, continue ce médecin, affectés par les caprices de troubles physiques et mentaux qui les empêchent de contrôler leurs propres actions. Ils souffrent de ce que quelques médecins appellent une «névrose de compulsion, une obsession..» Ils savent que la boisson alcoolisée est mauvaise pour eux mais périodiquement, ils sont poussés par un désir violent et totalement incontrôlable de boire. Et ensuite après cette première boisson, c'est le déluge. Maintenant ces personnes sont véritablement malades. L'habitude de consommer des boissons alcoolisées chez elles n'est pas un vice. C'est une maladie primaire du corps et de l'esprit, et devrait être traitée en tant que telle. De loin le traitement qui a le plus de réussite est celui employé par l'hôpital dont le médecin que j'ai cité les paroles est le médecin-chef. Il n'y a pas de secret à son sujet. Il a l'approbation de la profession médicale. C'est, fondamentalement, un processus de désintoxication, d'éliminer les toxines nocives de toutes les parties du corps plus rapidement que la nature aurait pu l'accomplir. Cinq ou six jours plus tard — deux semaines au maximum — le corps du patient est tout à fait libéré des poisons de l'alcool. Ce qui signifie que le besoin frénétique physique est complètement stoppé, parce que le corps ne réclame de l'alcool seulement quand l'alcool est déjà là, présente dans le corps. Le patient n'a aucun sentiment de répulsion pour le whisky. Il n'a pas tout simplement plus d'intérêt pour lui. Il est maintenant entré en rétablissement. Mais attendez.
Y
a-t-il un peu d'espoir pour ces ivrognes d'habitude?
Notre docteur ajoute ceci : «Bien que le nombre de personnes se rétablissant par des traitements physiques et des soins psychiatriques soit considérable, nous, les médecins traitants doivent admettre que nous avons en fait peu d'impact sur le problème dans son ensemble. Pour lui, il y a beaucoup de types d'alcooliques qui ne répondent pas à l'approche psychologique. «Je ne crois pas que le traitement de l'alcoolisme soit entièrement une question de contrôle mental individuel. J'ai eu beaucoup d'hommes qui ont, par exemple, travaillé pendant une période de plusieurs mois sur certaines affaires et ententes commerciales qui devaient être conclues avant une certaine date....» Pour des raisons qu'ils ne pourraient pas par après expliquer, ces personnes ont pris un verre un jour ou deux avant la date… Et cette importante transaction ne s'est jamais finalisée. Ces hommes ne buvaient pas pour échapper à quoique ce soit, pour fuir. Ils buvaient pour surmonter ce désir frénétique qui échappait à leur contrôle mental. «La classification des alcooliques est l'une des plus difficiles. Ce sont, naturellement, des psychopathes qui sont instables émotionnellement... Ils sont remplis de remords et font pleins de résolutions — mais jamais une décision qui ne tienne.» «Il y a le type d'alcoolique qui est peu disposé à admettre qu'il ne peut pas prendre un verre juste comme les autres gars. Il essaie beaucoup de trucs avec sa façon de boire — changeant sa marque, ou buvant seulement après des repas ou changeant de compagnons. Aucune de ces tentatives ne l'aide, ni ne renforce son contrôle, ni ne le fait ressembler aux autres. Puis il y a des types d'alcooliques entièrement normaux en tous points, excepté en ce qui concerne l'effet que l'alcool a sur eux…» «Tout ceux-là, et beaucoup d'autres, ont un symptôme en commun : Ils ne peuvent pas recommencer à boire sans développer ce phénomène de désir incontrôlable.... Le seul traitement que nous devons suggérer c'est abstinence complète d'alcool.» «Mais ces personnes malheureuses sont-elles vraiment capables mentalement de s'abstenir complètement ? Nous pouvons traiter leurs corps pour cette dépendance physique. Est-ce que leurs esprits peuvent être soignés ? Peuvent-ils être débarrassés de la névrose de compulsion, de cette obsession mortelle ?» La plupart des médecins semblent croire que des alcooliques chroniques sont condamnés. Mais attendez ! Au cours des quatre dernières années, est apparue une preuve qui a désarmé les professionnels de la santé les plus résistants en démontrant qu'on peut entièrement éliminer cette obsession mentale. Peut-être que vous êtes une de ces personnes cyniques qui tourneront le dos quand je dis que la racine de cette nouvelle découverte réside dans la religion. Mais soyez patients un moment. Il y a environ trois ans un homme s'est présenté à l'hôpital à New York, ce même hôpital où notre docteur est le médecin chef. C'était son troisième «traitement». Depuis sa première visite, il avait perdu son travail, ses amis, sa santé, et son amour-propre. Il vivait maintenant des revenus de son épouse. Il avait essayé chaque méthode qu'il pourrait trouver pour traiter sa maladie : il avait lu tous les grands philosophes et psychologues. Il avait essayé la religion mais tout simplement, il ne pouvait pas l'accepter. La religion ne lui semblait pas vraie et personnelle pour lui. Il est passé en traitement comme d'habitude et est sorti avec le moral très bas. Il était couché sur son lit, vidé de toute vitalité et de réflexion, quand soudainement, un tressaillement étrange et totalement inattendu lui est passé par le corps et l'esprit. Il a exigé de voir le docteur. Quand le docteur est arrivé,
notre bonhomme le regarda et grimaça : «Bien, Doc., dit-il,
mes ennuis sont terminés. J'ai maintenant découvert
la religion.»
Il a partagé cela avec grande intensité pendant un moment et alors dit, «Écoutez, Doc.. Je dois voir et parler à un autre patient. Un qui est sur le point d'avoir fini son traitement.» Le docteur s'est mis à réfléchir et à marmonner. Ça semblait un tantinet fanatique. Mais finalement il a consenti à sa demande. Et ainsi est né le mouvement qui s'épanouit maintenant avec tout un succès sensationnel : les Alcooliques Anonymes. Voici comment ça marche : Chaque membre du groupe — on doit dire que chaque personne qui s'est rétablie — est sous l'obligation de continuer le travail, aider d'autres hommes à se rétablir. En effet, c'est une partie fondamentale de son propre traitement sur le plan mental. Il gagne la force et la confiance
en lui-même par le travail actif avec d'autres victimes de cette
maladie. Il trouve son sujet parmi ses connaissances, à un
établissement qui offre un traitement de réadaptation ou
peut-être en demandant à un prédicateur, un prêtre,
ou à un médecin. Il commence son entretien avec son
nouveau prospect en lui partageant la nature vraie de sa maladie et combien
infimes sont ses chances pour une guérison permanente.
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a-t-il un peu d'espoir pour ces ivrognes d'habitude?
Même si l'homme était un athée ou agnostique, il admettra presque toujours qu'il y a une certaine sorte de force fonctionnant dans le monde — une puissance cosmique tissant un pattern. Et son nouvel ami dira :
«Ça m'importe peu comment vous appelez ce Quelqu'un d'autre.
Nous l'appelons Dieu. Mais peu importe comment vous voulez
l'appeler, vous êtes mieux de vous remettre entre ses mains.
Il y trouvera vingt-cinq
ou trente ex-buveurs réunis chez quelqu'un pour une soirée
agréable. Il n'y a aucun sermon. L'entretien est joyeux
ou sérieux suivant l'humeur. Le nouveau candidat ne peut pas
échapper à l'intention de se dire : «Ces moineaux-là
sont des ex-buveurs. Et regardez-les ! Ils doivent avoir trouvé
quelque chose qui marche. Ça me semble un peu fou, mais peu
importe ce que c'est moi je prie le ciel afin de l'obtenir aussi.»
Et actuellement, un miracle est en train de se produire. Laissez-moi vous donner un
exemple : Je me suis assis dans une salle bien calme avec Monsieur
B., un homme bien bâti de cinquante ans avec un visage plutôt
sévère et intelligent. «Je vais vous raconter
ce qui s'est produit il y a un an.»
Je me suis assis pour écouter celui qui partageait. Ça ne passait pas du tout. Je suis retourné à la maison. Mais la semaine suivante, je me suis senti attiré à la réunion. Et encore ils ont passé bien du temps avec moi malgré le fait que je disais non de la tête. Je leur dis : «Ça semble très bien pour vous, les gars, mais je ne connais même pas le vocabulaire que vous utilisez. Ne comptez pas sur moi.» Quelqu'un a dit le 'Notre Père', et la réunion s'est terminée là. J'ai marché trois blocs jusqu'à la station de métro. Juste comme j'étais sur le point de descendre l'escalier Snap ! Il a fait claquer ses doigts brusquement. «Ça s'est produit ! Je n'aime pas utiliser ce mot, je crois que c'est un miracle, et je ne puis appeler ça autrement. Les lumières dans la rue m'ont semblé être éclatantes. Mes pieds m'ont semblé flotter au-dessus du trottoir. Un frisson m'a envahi, et j'ai éclaté en pleurs.» «Je suis revenu de nouveau à cette maison où nous nous étions réunis, et j'ai pesé sur la sonnette, et Bill m'a laissé entrer. Nous avons parlé jusqu'à deux heures du matin. Je n'ai pas touché à une goutte depuis, et j'ai accompagné quatre autres camarades sur cette même route.» Le médecin, un homme lui-même qui n'était pas religieux a été d'abord fort étonné des résultats qui ont commencé à se produire parmi ses patients. Puis alors il mit ses connaissances de psychiatrie et psychologie à l'oeuvre. Ces hommes vivaient un changement profond sur plan psychique. Leur prétendue «névrose de compulsion», leur obsession était transformée comme transférée des boissons alcoolisées à autre chose. Leur besoin psychologique de boire était transformé en un besoin psychologique de sauver leurs camarades, victimes de la situation difficile qui les a rendus si malheureux. Ce n'est pas là une nouvelle idée. C'est une application efficace d'une vieille notion. Nous savons tous que les alcooliques ont tendance à partager leurs ennuis. Les psychanalystes mettent à profit cette tendance. Ils suggèrent à chaque alcoolique ces termes : «Vous ne pouvez pas régler ce problème vous-même. Donnez-moi le problème — transférez-moi la chose entière et laissez-moi prendre la responsabilité entière de tout ça.» Mais le psychanalyste, étant fait d'argile comme tous les hommes, n'est pas souvent un homme à la hauteur pour ce travail. Le patient simplement ne peut pas avoir assez confiance en lui. Mais le patient peut avoir assez confiance en Dieu. Une fois qu'il est passé par l'expérience mystique d'identifier Dieu. Et c'est sur ce principe de base qu'Alcooliques Anonymes repose. La profession médicale, en général, accepte le principe comme sérieux. Les «Alcooliques Anonymes» ont consolidé leurs activités dans une organisation appelée la «Alcoholic Foundation». C'est une organisation sans but lucratif. Personne lié à cette organisation n'est payé. Ce n'est pas une croisade. Ce mouvement ne condamne
ni les boissons alcoolisées ni l'industrie manufacturière
de boissons alcoolisées.
Des groupes se sont ouverts dans bien d'autres villes. Les affaires de la fraternité sont contrôlées par trois membres du mouvement et de quatre non membres des professionnels, non alcooliques, qui offrent leurs services bénévolement. Le mouvement a récemment édité un livre appelé «Les Alcooliques Anonymes». Et si l'alcoolisme est un problème dans votre famille ou chez vos amis, je recommande sincèrement que vous mettiez la main sur une copie de ce livre. Il pourra vous aider à guider un homme malade, un alcoolique, une personne qui a cette allergie physiquesur le chemin de la santé et du bonheur. |
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