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What if There was No Denial : Some Thoughts on Substance Use and Abuse par Gary Simoneau, LICSW et Howard J. Shaffer, Ph.D. Bien que nous ne puissions refuter que le déni est une force puissante présente dans nos vies, cependant, ça peut être utile et intéressant de nous attarder sur la possibilité d’une circonstance particulière où le déni n’a vraiment pas de rôle à jouer dans la vie d’une personne en particulier. Ce document n’a pas pour but de s’inscrire dans le débat et controverse qui planent entre ceux qui reconnaissent que l’alcoolisme et la dépendance sont des maladies et les tenants de l’hypothèse que c’est une question de volonté. À la fin, l’allégeance à l’une ou l’autre de ces approches théoriques bloque tout ce qui pourrait être utile vu à travers ce que l’autre perspective a à offrir (Gustafson, 1995). Si le déni n’existe pas, alors nos choix pourraient dominer nos pensées et même nos obsessions à propos de la consommation d’alcool et de drogues ou tout autre habitude ou compulsion qui nous empêchent d’atteindre notre plein potentiel. À ce compte-là, le fait de passer des heures à lire les journaux peut nous garder emprisonnés tout autant que l’alcool peut le faire. Shaffer (1992) suggère que des conflits ambivalents émergent quand des conséquences positives, telles qu’elles sont habituellement vécues au début d’une relation avec l’objet de notre dépendance sont mis en confrontation avec les conséquences néfastes qui se développent à mesure que le temps passe. Quand ce conflit suscite des difficiles ambivalences, le déni se développe comme mécanisme de défense pour séparer les deux camps afin que le consommateur abusif de substances psychotropes soit capable de se centrer sur un seul des deux aspects agréables ou désagréables de la répétition de ses comportements compulsifs. Conséquemment, les clients en psychothérapie ou dans une confrontation avec leurs conjoints vont jurer et reconnaître que l’alcool est en train de les tuer et manifestement vont retourner boire peu de temps après. Quand ils sont poussés par leur ambivalence qui les fait souffrir, le déni encourage les clients à se diriger vers une vie saine avec peu d’atouts pour soutenir leurs nobles intentions d’abstinence ou d’un autre côté, les oblige à s’isoler dans un lien encore plus exclusif avec l’objet toxique de leurs désirs impérieux. Ici nous pouvons voir comment le déni joue un rôle assez significatif dans le développement de la dépendance. Cependant, dans certaines situations en traitement avec des personnes dépendantes de substances psychotropes, se centrer sur leur négation peut aggraver ou même empirer leur problème. Un plan de traitement centré presque uniquement sur le déni manque sa cible en ne traitant pas comment un tel comportement agit pour un tel client parce que le but est de confronter le déni et d’obtenir que la personne cesse de boire et/ou de consommer. Nous passons outre à tous les bénéfices que le client tire de sa consommation abusive. Le problème, tel que décrit plus haut, c’est ce mur qui se dresse entre les aspects agréables et désagréables (certains diront les apsects positifs et négatifs) de l’abus de substances psychotropes. Les programmes de traitement qui sont centrés sur l’aspect «négatif» érigent ce mur et oublient de le rendre perméable pour que les aspects «positifs» soient reconnus et en interaction avec les «négatifs». Quand les aspects agréables et désagréables entrent en collision, des comportements extrêmes apparaissent de chaque côté, ces fuites infructueuses et désespérées vers la santé, vers une forme de rétablissement ou vers une augmentation de la consommation.Et c’est alors qu’un changement s’opère. Lorsque nous déplaçons le centre d’intérêt des objectifs du plan de traitement comme de briser le déni vers un autre objectif comme de mettre en évidence le conflit intérieur éveillé par l’ambivalence, cela permet aux deux côtés de la médaille de dialoguer. Bien que les clients qui continuent à boire et à consommer ont souvent l’air réfractaire ou irréductible, difficiles à motiver, ils ne sont pas différents de nous qui résistons à toutes sortes de changements dans nos propres vies. La résistance est au coeur de ce qui rend la tâche difficile pour tous les êtres humains, même les plus sains, pour acquérir et se maintenir en bonne santé mentale de manière raisonnablement harmonieuse. Albert Ellis a écrit "I am still haunted by the reality, however, that humans - and I mean practically all humans - have a strong biological tendency to needlessly and severely disturb themselves and that, to make matters much worse, they also are powerfully predisposed to unconsciously and habitually prolong their mental dysfunctioning and to fight like hell against giving it up. No, I do not think they are masochistic - I think they are almost always extremely hedonistic, but they continually indulge in short-range rather than long-range hedonism, that they are obsessed with the pleasures of the moment rather than of the future" (Ellis, 1987, p.365) — Ça me provoque de sérieux soucis quand je pense à cette réalité que les êtres humains - et j’inclus là presque tous les êtres humains - ont cette forte tendance biologique à générer une grave crise autour d’eux sans qu’elle soit nécessaire et pour empirer la situation, ils sont tout aussi solidement ancrés à prolonger inconsciemment leur état de détresse psychologique et à se battre à mort pour ne pas lever le drapeau blanc et s’avouer vaincus. Non, je ne crois pas qu’ils soient masochistes – Je crois qu’ils sont presque toujours à la recherche d’une satisfaction constante d’un hédonisme extrême, mais qu’ils se vautrent dans un plaisir à court terme plutôt qu’à long terme, qu’ils sont obsédés par la satisfaction de plaisirs du moment plutôt que ceux que leur offrent l’avenir (traduction libre). En d’autres mots, aussi pire et noire que puisse paraître une situation dans laquelle une personne dépendante semble en train de sombrer, c’est mieux pour elle de ne pas faire de vagues. Plutôt que de vouloir subir quelques inconforts passagers comme des investissements qui offrent des gains sur une longue période, les clients, comme Ellis nous le relate, préfèrent satisfaire leur passion immédiate. Quand un thérapeute peut de façon évidente considérer les comportements autodestructeurs comme un choix légitime, les clients peuvent s’investir dans leur travail de réadaptation dans un environnement sécuritaire malgré la présence bien connue de ce comportement toxique. Puisque cette approche ne requiert pas que les clients cessent quoi que ce soit, ils ont moins besoin de résister aux interventions thérapeutiques et ils peuvent explorer tous les prix à payer et bénéfices à recevoir, associés à ses patterns de consommation et de dépendance. Voyons ensemble un exemple typique. Mme Jones vient à son premier rendez-vous de psychothérapie disant que son conjoint lui a dit qu’elle devait cesser de boire sinon il la quittrait et amenerait les enfants avec lui. Elle a décidé que son mari avait raison et que c’est bien le bon moment pour arrêter de boire. Si le thérapeute commence immédiatement à travailler avec Mme Jones, le thérapeute et madame Jones sont sur le point de ne pas découvrir comment le boire est utile dans sa vie. Plutôt, si le thérapeute lui pose des questions élaborées aux réponses exhaustives sur chaque aspect imaginable de son boire : les sortes et quantités de boissons alccolisées, quand et où et comment elle boit, jusqu’à savoir si elle prend de la glace avec sa boisson favorite. Après un certain temps, Mme Jones devient ennuyée de cette stratégie. D’autres clients cependant sont amusés de ce genre de questionnaire. Ils ne se sont jamais arrêtés pour réfléchir à comment et pourquoi ils buvaient comme ils le faisaient. Et c’est de même pour Mme Jones. Elle demande alors : «Qu’est-ce que ça donne de répondre à toutes ces questions ?» Le thérapeute la rassure en lui disant que la façon de boire est différente pour chacun et que c’est une bonne chose qu’ils découvrent ensemble comment ça se déroulait pour elle. Ils se remettent au travail et le thérapeute lui demande comment est son mari. Est-ce que ça vaut la peine de cesser de boire pour un homme tel que lui ? Mme Jones répond alors : «Il a toujours été là pour moi. Il travaille fort et il n’est pas souvent là (insinuant par là qu’elle se réconforte de ses absences avec l’alcool).» Le psychothérapeute clinicien persiste sur cette piste en posant plus de questions concernant leur mariage et elle dit alors que le thérapeute n’a pas l’air de la croire. Encore une fois, le thérapeute la rassure mais aussi note que plusieurs clients ont choisi de cesser de boire pour faire plaisir à leur conjoint. Mme Jones est étonnée d’entendre cette remarque, cependant elle connaît plusieurs couples qui se sont séparés parce que l’épouse buvait exagérément. Elle réfléchit à ça et en retrour, ces pensées vont aller se placer comme les premiers blocs rudimentaires entre ses désirs impérieux et ses actions. Un thérapeute centré sur le déni pourrait observer et noter chez Mme Jones qu’elle est rendue plus loin qu’elle ne l’est en fait à cause de sa bonne volonté initiale à vouloir s’investir dans un travail de réadaptation. Le déni ne semblait pas de prime abord être le problème, mais en fait Mme Jones niait même qu’elle avait un choix. Malheureusement, les thérapeutes et les membres de la famille ont peur de ces choix qui demeurent car ils impliquent la consommation et les comportements autodestructeurs et réagissent en guidant la personne vers une alternative apparemment saine de rétablissement. Les clients tirent de grands bénéfices lorsqu’ils choisissent personnellement et s’encouragent à prendre une pause précaire ou à s’engager dans une période de modération lorsqu’ils prennent toutes ces options en considération. En évitant d’explorer certains aspects extrêmement importants de ce conflit possiblement engendré par un choix à faire entre une option malsaine mais familière et une option saine mais incertaine, les thérapeutes laissent leurs clients comme immatures lorsqu’ils doivent répondre aux demandes sans cesse changeantes de la vie. Comme résultat de cette approche, les thérapeutes retournent leurs clients dans la vie de tous les jours mal préparés pour répondre aux défis qu’elle exige. Spaulding Gray, le comédien et humoriste, raconte ses débuts et aprentissages du ski dans It's a Slippery Slope (Gray, 1997). Il ne pouvait effectuer des virages vers la droite qu’avec des résutats hilarants. Dans la vie, ce n’est pas si drôle. La vie unidirectionnelle laisse derrière elle des séparations, des échecs professionnels et une santé pas mal amochée. Les clients peuvent en venir à choisir une existence où il n’y a qu’une seule voie royale, mais si nous, les thérapeutes avons bien fait notre job, ils auront appris à regarder toutes les alternatives et options qui se présentent à eux avant de décider ce qui est le mieux pour eux. Références et lectures suggérées
What if There was No Denial
: Some Thoughts on Substance Use and Abuse
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