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« Je ne fite pas ! »

Un jour, un ami m'a fait parvenir un courriel où il me disait essentiellement : « Je sens que je ne suis pas adapté, apprivoisé, familiarisé avec mon environnement » Je ne sais pas si ce qu'il dit est vrai. À travers ce message, nous nous apercevons que nous sommes réellement adaptés...  

Il y a plusieurs années, un homme assez âgé et bien élégant est entré dans un ascenseur dans un grand édifice à bureaux, avec l'esprit préoccupé apparemment par quelque affaire qui devait se régler ce jour-là.  Il y avait deux personnes avec lui dans cet ascenseur, une femme d'un certain âge et un autre homme. Ils étaient tous les trois en chemin vers le rez-de-chaussée.  Tout à coup sans raison, la femme se mit à pleurer.  Impuissants devant ces émotions spontanées, les deux hommes ne savaient plus quoi dire ou comment réagir.  « Je suis désolée, je me donne en spectacle » a dit la femme, pleurnichant et cherchant fiévreusement un mouchoir dans sa bourse.  Notre monsieur lui offre le sien.  

« Merci » répondit-elle. « Je ne sais plus ce qui se passe.  Je ne suis pas habituellement comme ça. C'est juste que je ne sais plus ce qui m'arrive. »  

  • «Je suis sûr que tout se passera très bien, ne vous faites pas de souci, ma chère dame» dit-il.  
  • Non.  Non.  Ce n'est pas ça.  Je suis tellement reconnaissant pour tout, " a-t-elle dit en secouant la tête.  «Ce n'est pas ce que vous croyez.»  
Ne désirant pas soulever de questions embarrassantes, les occupants mâles de l'ascenseur restaient discrets.  

«C'est juste que je ne m'acclimate pas très bien présentement à tout ce qui m'arrive, je sens que je ne fite pas.  Je ne me suis jamais bien sentie adaptée.  Je fais tout ce que je suis censé faire, mais je n'ai aucun sentiment d'appartenance, » a elle dit en essuyant les larmes de ses yeux.  « Je suis gênée.  Vous devez me pardonner.  Les choses et les événements se sont juste bousculés  depuis peu » a elle dit.  

  • « Ma chère dame, j'ai quelque chose que je veux vous dire, si vous avez juste une minute » dit l'homme âgé.  
L'ascenseur a ouvert ses portes en atteignant le rez-de-chaussée.  
  • «OH oui, je vous en prie, je dois garder mon esprit centré sur quelque chose » a -t-elle dit.  
Ils quittèrent tous l'ascenseur et se sont dirigés vers l'entrée qui était bondée.  Le vieil homme s'est tourné vers l'autre homme, et l'invita à se joindre à eux.  À ce moment, la curiosité de l'homme avait déjà été piquée. Le visage de l'homme âgé portait les marques du temps.  Ses cheveux gris parlaient de son expérience de la vie et ses yeux noirs regardaient par-dessus les foyers de ses verres, ajoutant de l'assurance à ses paroles.  
  • «Madame, dit-il poliment, je ne sais pas ce qu'est votre condition présente. Cependant, j'étais dans le même bateau, il y a de ça quelques d'années.  Et tandis que je passais à travers une crise personnelle passagère, je me suis senti de la même manière.  D'ailleurs, j'en suis venu à m'apercevoir que chacun, tôt ou tard, se sent comme s'ils ne s'adaptaient pas, comme s'ils ne fitaient pas.   Quelquefois ça se produit tôt dans la vie au moment où nous allons à l'école.  De jeunes adolescents sont assemblés avec de purs étrangers et doivent s'adapter au rythme d'enfer des horaires scolaires.  Ce sont presque des circonstances invivables. Puis la même chose se produit à notre emploi ou avec les voisins de notre quartier.  Vous vous sentez toujours comme si vous étiez la personne qui ne fite pas, qui détonne dans le décor.  Tous et chacun autour semblent être heureux.  Ils semblent sociables, sympathiques.  Ils ont l'air d'avoir un sentiment d'appartenance, et vous, vous vous sentez toujours comme si vous étiez un intrus.  Je sais tout au sujet de ces sentiments » a dit le vieil homme.  
  • «Je sais exactement ce que vous voulez dire » la femme ajouta en acquiesçant de la tête pour dire qu'elle était d'accord.  
  • «Un bon nombre de personnes évitent ces émotions en limitant tout contact personnel en regardant la télévision, en lisant de romans ou assis devant leur ordinateur.  La télévision, les romans ou le temps passé devant un ordinateur procurent une zone de confort, et si vous pouvez vous le permettre, je suppose que c'est très bien si c'est ce que vous voulez faire de votre vie.  Cependant, pour bon nombre d'entre nous, nous ne pouvons échapper à la vraie vie.  La plupart d'entre nous devons travailler.  Nous devons gagner notre vie.  Et nous devons entrer en relation avec des gens membres ou non de notre famille et des étrangers dans des circonstances qui se répètent quotidiennement.  Et, ça c'est ma chère dame, c'est ce que je voulais vous dire...  Vous voyez, tout dépend de la façon dont vous réagissez aux diverses circonstances de la vie.  Certains font face à ces perceptions et compromis avec un sens de l'aventure.  D'autres font face à la même situation remplis de craintes.  Eh oui, nous avons tous différentes personnalités et certains d'entre nous sont plus sensibles et plus vulnérables que d'autres.  Cependant, si vous pouvez vous rappeler juste quelques trucs, ça vous facilitera la vie » a dit l'homme âgé.  
  • «Est-ce que vous travaillez dans cet éfce ? »  a-t-il demandé.  
  • «Oui » elle répondit.  
  • «Moi, c'est ma première fois que je viens ici et je n'ai eu aucune idée où je devais me rendre. Je n'avais jamais rencontré la personne que j'allais voir.  Maintenant, quelle est la personne qui se sent comme elle ne fite pas ici ?  Il a aussi ajouté :  « De toute façon, j'ai passé au travers, et je vais même traverser la porte et sortir de cet édifice probablement dans une minute sans éraflure.»  
La dame et l'homme ont trouvé ça drôle.  
  • «Vous pouvez sans risque supposer que la plupart des gens qui interagissent avec vous se sentent aussi comme vous comme ne sentant pas en sécurité dans le moment.  Alors, vous pouvez pratiquer tout simplement cette règle d'or et les rendre aussi confortables que vous pouvez l'être vous-même.  Ils n'enseignent pas cette règle d'or sur les bancs de l'école, c'est plutôt quelque chose que vous devez ramasser un jour au cours de votre vie.  
RÈGLE D'OR

I. Premièrement, si vous arrangez pour que d'autres se sentent confortables auprès de vous, ils vous le rendront.  

II. En second lieu, rappelez-vous qu'afin de ressentir ce sentiment d'appartenance, vous devez d'abord vous sentir que vous êtes intéressés à vous-même.  En d'autres termes, si vous n'êtes pas d'abord en harmonie et confortable avec vous-même, vous vous sentirez comme un poisson hors de l'eau.  

III. Ayez confiance en ce que vous croyez.  

IV. Soyez vrai, authentique et honnête envers vos sentiments.  

V. Vous ne devez pas feindre être quelqu'un d'autre. Soyez juste vous-même et laissez les autres apprécier ce que vous avez à leur offrir.  Chacun est bon dans au moins un domaine, y compris vous.  

VI. Offrez aux autres ce dont la vie vous a comblé, et qui sait, peut-être en retour le monde pourrait même vous rémunérer pour faire justement ça ! » dit le vieil homme qui se mit à rire.  

  • «Vous n'êtes pas seule» dit-il en touchant l'épaule de la femme. 

  • «Ne devenez pas fou ou folle en essayant de vous forcer à vous adapter en de telles circonstances.  Il y a pas mal de trous et beaucoup de chevilles à essayer de faire fiter dans ces trous. Ayez juste un peu de foi en vous-même, liez-vous avec des personnes qui vous stimulent et peuvent vous soutenir dans vos entreprises, et vous accueillerez bientôt des gens venus vous demander de l'aide.  Et quand vous vous adonnerez à leur venir en aide, vous ne penserez pas même à être en accord avec le reste du monde.  À partir de ce moment, vous ne regarderez plus passer la vie, vous en ferez partie.»

  • «Ô merci», dit la dame, comme le vieil homme se dirigeait vers la rue. L'autre homme resta juste là, en silence.  
À ce même moment malgré un peu de maladresse, la femme et l'homme âgé ont tendu une main l'un vers l'autre et se sont donné la main.  
Ensemble ils dirent : « Heureux de vous avoir rencontrer ».  Et puis, tout aussi simultanément, ils dirent : « Passez une belle journée ! » Et les deux s'en allèrent dans différentes directions.  Sachant très bien que pour chacun, c'était une rencontre qu'ils n'oublieraient jamais.   

Auteur inconnu
 

Texte original paru sous le titre "I Don't Fit In"   http://rfhadley.com/dontfitin.htm

Traduit et adapté par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
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