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Les liens de nos relations

Les liens
Nous établissons des liens personnels pour ne pas trop flotter dans l'incertain de la vie et aux confins d'un univers incompréhensible. Nos liens s'articulent sur un monde intérieur de désirs, de manques, de peurs, de besoins et d'attentes. Tout cela apparaît si labyrinthique qu'il semble habituellement impossible de comprendre vraiment les enjeux d'un lien. Nous voyons simplement qu'un lien est un organisme vivant qui naît, évolue et se dissout en gardant son mystère. Il peut être blessé, se porter bien ou mal, dépérir. Un lien qui semble mourir ne disparaît cependant pas totalement ; il s'endort, se dépose et repose dans les mémoires ou les inconscients qu'il a marqués.  C'est la trame du meilleur de l'autre en nous qui constituera autant de fondations et d'ancrages à l'aventure de la vie.

Le lien, organisme vivant, structure subtile qui nécessite quantité d'énergie et d'information, fonctionne comme un tiers entre deux ou plusieurs personnes. Chacun entretient et nourrit un aspect de la relation.
Ce lien se nomme : notre amour, notre amitié, notre relation, notre attachement, notre groupe...
Si nous prenons l'exemple de la vie conjugale, nous remarquons que toute l'histoire d'une relation de couple réside dans la difficulté de passer du un (union-fusion) au deux (différenciation dans le nous) puis au trois (elle + lui + relation qui relie).
Un je + un je ne font pas seulement deux mais aussi trois en devenant quelquefois un nous. Pas un nous au sens fusionnel du terme mais plutôt l'expression d'un ensemble différencié de chacun des je de la relation réunis par un lien.

Cet ensemble, qu'il soit fiction, métaphore ou substance vibratoire mystérieuse, fera l'objet d'une parole, comme un être en soi, un être objectivé.

«Notre amour a changé de nature.»

«Notre relation était faite pour résister pendant des siècles.»

 «La qualité de notre relation aurait mérité des égards et des choix, mais tu l'as maltraitée en t'éparpillant.»

 «Notre amour était unique; peu de femmes ont été aimées comme moi.»

La relation phagocyte parfois les individus. Nous avons vu des êtres totalement aliénés, non par l'autre, mais par la relation qui était l'objet de soins, de préoccupations, de rituels, de ménagements incroyablement complexes.

«L'union de la famille est plus importante que les intérêts individuels de chacun de ses membres. Les réunions de Noël pèsent à tout le monde mais, si elles ne sont pas maintenues, l'esprit de famille se perdra.»

Le fonctionnement du système semble là avoir priorité sur les besoins et les désirs des personnes.

«Il ne s'agit pas de chercher ce que tu veux et ce que je veux, il faut à tout prix réussir notre couple.»

Parfois c'est l'un des deux seulement qui nourrit de son énergie un lien qui n'est pas bidirectionnel, un nous usurpé.

Cette femme raconte l'incroyable dévouement, l'abnégation tout terrain qu'elle a développé envers son mari : «J'ai payé ses études, je l'ai aidé financièrement à s'installer, je n'ai jamais pris de vacances; j'ai servi d'intermédiaire entre sa mère et 1ui et, aujourd'hui, il me quitte brusquement en me laissant dans le besoin. Je ferai tout pour sauver notre amour.»

«Notre amour» semble être une construction imaginaire de cette femme, un circuit intérieur qu'elle ne peut se résoudre à nommer «mon amour pour cet homme» et qui ne rencontre plus que la double culpabilité de son mari: celle de lui devoir tout et celle de l'abandonner.

À l'opposé, nous avons constaté que nombre de personnes accordaient peu d'importance à la relation. En particulier dans certains couples, le fait d'avoir concrétisé l'engagement par le mariage ou par une cohabitation leur semblait suffire à maintenir l'existence de la relation. Et dans ces derniers cas, ne faisant l'objet d'aucun entretien, d'aucune «alimentation», elle se dégradait, se dévitalisait. Il suffit parfois de regarder autour de nous pour constater que de certaines relations conjugales ou parentales ne restent que la forme, l'enveloppe ou l'apparence institutionnelle, le corps de la relation étant vide.

Que ce soit en thérapie ou en formation, nous avons été conduits à considérer la relation comme un tiers qui vit ses propres besoins, ses exigences, ses mouvements. Si une relation est importante pour moi, je me dois d'en prendre soin, de la respecter, de faire quelque chose pour elle (et non seulement pour moi ou pour l'autre).

Ainsi chacun d'entre nous engagé dans une relation peut?il s'interroger sur sa capacité à prendre en charge la vitalisation de cette relation.

À ce propos, nous savons combien tout organisme vivant produit des déchets, sécrète des scories, des résidus. Si une relation est vivante, et justement parce qu'elle est vivante, elle va aussi produire des déchets, ce que nous appelons la pollution relationnelle. Si nous ne prenons pas en compte cette pollution (et les moyens de l'évacuer), elle encombrera la relation qui, semblable à un tuyau bouché, obturé par des sédiments, ne laissera plus rien passer, quelles que soient les intentions et la bonne volonté des protagonistes.

Nous voyons ainsi des êtres engagés, profondément attachés l'un à l'autre, qui sont incapables de rester reliés de façon «vivable» parce qu'ils ne peuvent plus «mettre en commun»; la «tuyauterie relationnelle», trop encombrée ou poreuse, ne laisse plus rien passer de l'un à l'autre.

«Je l'aime, mais tant de ressentiment, de petits malentendus, d'humiliations fugaces et de non?dits m'empêchent de le recevoir en entier. J'ai pour lui une tendresse encombrée des colères rentrées.»

Rien n'est plus difficile que de trouver un accord sur la définition d'une relation proche, sur une description commune de ce tiers né de deux personnes, secrété par elles, qui semble avoir une existence et une puissance propres, mais qui est inséparable de ses géniteurs.

D'autres relations semblent au contraire prendre toute la place, avoir presque une existence autonome, indépendante des protagonistes. Toute leur activité se réduit à «alimenter» la relation comme un objet mythique.

Qu'est ce qui fait que je vais me lier, m'attacher, me perdre parfois, m'engager follement ou me désengager d'une relation qui, quelque temps auparavant, m'apparaissait vitale, essentielle?

Texte de Jacques Salomé et de Sylvie Galland, 
Si je m'écoutais, je m'entendrais, Éd. de l'homme, 1990, pp.37-40

 

Les liens toxiques

Lorsqu'il y a partage d'énergie entre individus, la plupart des thérapeutes appellent ça l'établissement et le maintien de liens entre ces personnes. Ces liens sont quelquefois décrits ou représentent un réseau de tubulures comme ceux des appareils de réanimation et de ventilation mais cette fois ils ne sont pas reliés à un appareil mais plutôt liant deux personnes. Les bébés naissent attachés à leur mère par un lien naturel, le cordon ombilical. Mais il vient un temps où la mère doit couper aussi les cordeaux de son tablier ou de sa jupe pour que son enfant puisse de lui-même aller coudoyer ses pairs et se cogner au monde qui l'entoure. Ça, c'est approprié. Si la mère échoue dans la coupure de ce lien, l'enfant va éventuellement chercher lui-même à couper ce lien. . Ça aussi, c'est adéquat. 

Nous ne sommes pas créés avec l'intention de vampiriser l'énergie des autres. Nous ne voulons pas être la cible permissive des incisives assoiffées de certains de ces goules qui nous entourent. Sortons les gousses d'ail !!!

Le monde qui nous entoure est plein de relations toxiques, malsaines et quelquefois morbides. Dans ces relations de couples, de vie professionnelle ou autre, les individus s'accrochent les uns aux autres permettant à ces entraves ou carcans de s'installer entre eux. L'investissement et le partage sur le plan énergétique sont rarement équivalents et équitables. Il est assez évident de constater aussi que si la mise de fonds et l'investissement quotidien de chacun étaient identiques, le besoin d'un tel lien ne serait pas nécessaire. C'est possible de vivre une relation sans munir et retenir l'autre avec de telles chaînes et c'est préférable de s'abstenir de vivre sous un tel joug. Les couples qui ne partagent pas équitablement leur énergie vitale se retrouvent déséquilibrés et un individu devient apparemment fort et l'autre semble s'affaiblir. La personne ainsi débilitée se sent écrasée parce qu'elle se sent comme si son énergie vitale lui était enlevée ou siphonnée. La personne qui est forte se sent rassasiée un moment et son appétit augmente désirant toujours contenter sa faim insatiable.

Dans la vie, nous allons rencontrer différents types de relations qui s'avèrent difficiles. Mettre fin à une relation est une des tâches ardues à accomplir dans la vie. Ce n'est pas important de savoir qui a quitté qui, si vous avez laissé quelqu'un derrière ou si vous avez été abandonné, un tel deuil affecte les deux personnes impliquées. C'est de fait plus pénible et douloureux à vivre si la relation n'a pas passé par un processus de clôture. Malheureusement, souvent les personnes qui se séparent ne réalisent pas qu'il y a encore bien des liens qui restent noués entre eux. Le lien intact garde un canal ouvert par lequel chacun joue avec les émotions de l'autre, alimentant en retour les anxiétés de l'autre et devenant ainsi toxique.

Visualisation pour couper les liens toxiques

 Visualisons une passerelle dans notre esprit. Imaginons que nous sommes debout à un bout de cette passerelle. Maintenant imaginons la personne avec laquelle nous voulons couper un ou plusieurs liens, toxiques ou non, à l'autre bout de cette passerelle. Quand nous sommes prêts à établir une connexion énergétique avec cette personne, elle se dirige lentement vers le milieu de la passerelle. Marchons aussi vers elle pour la rencontrer à mi-chemin. Une fois que nous avons établi un contact visuel, nous pouvons commencer à communiquer par un dialogue intérieur. 

Disons à cette personne ce que nous ressentons émotionnellement. Ce n'est pas le temps de déverser notre colère ou de nous accrocher à nos rancunes, à nos rancoeurs, à nos conflits, à nos ressentiments de tout acabit — nous devons délier ces chaînes par en mettre d'autres par-dessus. 

Disons à cette personne que nous avons des regrets pour tout ce que nous avons pu lui dire ou fait pour la blesser.

Disons à cette personne que nous lui pardonnons toutes les choses déplaisantes et blessantes qu'elle a pu dire ou faire dans notre relation. 

Faisons nos adieux, souhaitant que chacun des deux puisse être bien, chacun de son côté. 

Pivotons sur nous-mêmes et marchons vers notre bout de la passerelle pour enfin la quitter. 

Note : C'est ok pour cette personne de rester sur la passerelle puisqu'il se peut qu'elle ne soit pas prête à vivre cette séparation. Et ça peut lui prendre du temps pour s'ajuster à cette nouvelle situation et mettre une distance entre les deux entités et énergies maintenant distinctes et séparées.

Visualisation pour clôturer une relation

Ce deuxième exercice peut aussi être fait avec une autre personne. Si cette personne avec qui nous voulons couper les liens toxiques est prête à participer, l'exercice prend alors toute une signification.
Sinon nous pouvons prendre une autre personne qui est disposée à servir de substitut à la personne avec laquelle nous désirons couper. 

Les deux personnes se tiennent debout à quelques mètres l'une de l'autre. Visualisons le symbole de l'infini (un gros huit sur le côté) tracé de manière continue. Chaque fois que le symbole est retracé et passe entre nous et cette personne, c'est comme si le lien toxique qui nous empêchait de vivre nos émotions sainement était sabré. L'illusion de  ce lien toxique maintenait notre relation en vie.

Cet exercice peut être fait dans le silence ou avec un discours de pardon ou de clôture. Nous pouvons signifier chaque nouveau passage d'une trace de couleur différente appropriée à l'émotion qui nous étreint durant le moment : rouge pour les élans de colère, rose ou vert pour calmer notre cœur brisé, etc.

Répétons cet exercice jusqu'à ce que nous croyions que la séparation est maintenant effective, que la relation est maintenant scindée ou sectionnée. 

Ces deux exercices viennent du site About.com 
et ont été traduits et adaptés par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
Cutting the Cords - Breaking The Ties That Bind
http://healing.about.com/library/weekly/aa000526a.htm
 

Traduit et adapté par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
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