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Le tabagisme augmente les dommages au cerveau chez les alcooliques. 
Communiqué de l'Université de la Californie — San Francisco 

Une recherche du Centre Médical de l'Administration des Vétérans de San Francisco (CMAVSF) affirme que le cerveau des alcooliques semble perdre du volume dans une proportion plus grande chez les alcooliques qui fument comparativement à la masse du cerveau des alcooliques qui ne fument pas.  Des études ont déjà démontré que les cerveaux des alcooliques ayant bu pendant une longue période s'atrophient et se rétrécissent, mais les résultats de ces nouvelles recherches donnent la première confirmation que le tabagisme pourrait contribuer à cette atrophie, en particulier au niveau de la matière grise des lobes pariétaux et temporaux.  50 à 90 pour cent des alcooliques sont également des fumeurs, selon Dieter Meyerhoff, PhD, un chercheur en radiologie au CMAVSF et le chercheur principal qui dirige cette étude scientifique.  «Juste à observer la quantité de tissus perdus en raison de la consommation d'alcool ou de nicotine, les alcooliques qui fument comparativement aux alcooliques qui ne fument pas s'exposent à une plus grande perte au niveau de la masse totale de certaines régions du cerveau» a affirmé le docteur Meyerhoff, également professeur en radiologie au campus de San Francisco de l'Université de la Californie,.  La recherche, qui a été éditée dans l'édition d'août 2005 de la revue Alcoholism : Clinical and Experimental Research, une revue de recherche clinique et expérimentale, a comparé 37 alcooliques en rétablissement entre 26 et 66 ans à un groupe de contrôle de 30 buveurs légers en bonne santé. 

Les chercheurs ont employé la résonance magnétique, une technique sûre et non envahissante, pour mesurer les volumes des cerveaux des participants à cette recherche.  

Ils ont découvert que plus la dépendance à la nicotine est grave, plus les dommages au cerveau sont grands. Selon les résultats de cette étude scientifique, «Chez les individus dépendants de l'alcool et de nicotine, le fait de se retrouver avec un plus petit volume dans ces régions du cerveau est lié à une plus grande sévérité de leur tabagisme» (La sévérité a été mesurée en déterminant le niveau de la dépendance à la nicotine, en dénombrant les cigarettes fumées à chaque jour, et en calculant le nombre d'années de tabagisme.  Les alcooliques (24 fumeurs et 13 non-fumeurs) buvaient en moyenne autour de 400 verres par mois pendant les trois années précédant la recherche ;  les consommateurs modérés (7 fumeurs et 23 non-fumeurs) buvaient en moyenne entre 4 et 11 verres par mois avant cette étude et n'ont eu aucune historique d'abus ou de dépendance à l'alcool.  Les alcooliques sont demeurés sobres pendant approximativement une semaine avant que l'étude ne débute.  

La recherche n'a découvert aucune différence apparente entre le volume du cerveau d'un fumeur et d'un non-fumeur chez les buveurs à consommation légère.  

Une autre conclusion importante de cette étude a été de réaliser que chez les alcooliques non-fumeurs, il existait un rapport direct entre le volume du cerveau et sa fonction cognitive : plus le volume est grand, plus le fonctionnement cognitif est meilleur.  Cependant, un tel rapport n'était pas évident chez les alcooliques fumeurs, selon le co-auteur Timothy Durazzo, PhD, chercheur associé en radiologie au CMAVSF : « Une telle conséquence n'a jamais été mesurée dans d'autres études précédentes portant sur l'abus d'alcool et le volume du cerveau. »  

«Et ceci nous fait nous demander si tout ce qui a été documenté dans la littérature publiée sur l'alcoolisme pourrait avoir été brouillé ou faussé en combinant des fumeurs et des non-fumeurs dans la même recherche» a ajouté le docteur Durazzo.  

Dans leur rapport, les chercheurs spéculent que le tabagisme «perturbe ces rapports et liens entre la structure et le fonctionnement du cerveau» probablement par ses effets néfastes sur le volume de cerveau ou sur la chimie du cerveau.  

L'analyse des volumes des cerveaux 

Le docteur Meyerhoff et ses co-auteurs soulignent que ces résultats sont apparus en révisant leurs données — c'est-à-dire, ils ont découvert les effets apparents du tabagisme en analysant les données statistiques des participants à une étude qu'ils avaient entreprise plus tôt sur l'alcoolisme et ses effets sur le cerveau.  Ils ont alors retourné à leurs résultats initiaux, et ont reclassé chaque participant à cette recherche antérieure comme fumeur ou comme non-fumeur, et ils ont analysé les volumes des cerveaux par la suite.  

Les auteurs ont révélé que si ces résultats se répétaient dans d'autres études scientifiques, leurs résultats soulèveront alors plusieurs questions potentiellement très sérieuses.  La première de ces questions est de savoir si les alcooliques en réadaptation devraient également être traités pour leur tabagisme — et si oui, jusqu'à quel point durant leur thérapie. Les chercheurs soutiennent qu'actuellement, les programmes de traitement en réadaptation de l'alcoolisme tels que les Alcooliques anonymes n'encouragent pas leurs participants à cesser de fumer ou même dans la plupart des cas, n'abordent même pas la question.  

Dysfonction sur le plan cognitif 

Au-delà de ces considérations, nous indique le docteur Durazzo, il y a ce potentiel d'effet néfaste sur le dysfonctionnement cognitif à cause du tabagisme, qui est retrouvé fréquemment chez les alcooliques plus âgés qui ont bu sur une longue période.  Il note aussi : «En ce moment, nos participants dans notre recherche sont relativement jeunes ( autour de 50 ans )».  Mais ça pose cette question sur la combinaison du tabagisme et de la dépendance à l'alcool, ou cette autre sur la persistance du tabagisme pendant la durée de l'abstinence chez l'alcoolique, si cette dépendance à la nicotine les met à plus grand risque de dysfonctionnement cognitif en vieillissant?

En conclusion, dit le docteur Meyerhoff, il y a aussi une question qui est soulevée à savoir si le tabagisme a un effet nuisible sur le rétablissement au niveau physiologique de l'alcoolique.  
«Chez les alcooliques qui cessent de boire, nous savons qu'il y a un rétablissement qui se produit au niveau de certaines séquelles au cerveau. Mais est-ce que ce rétablissement peut être affecté par le tabagisme?»  Le docteur Meyerhoff et son équipe ont entrepris présentement une recherche pour explorer cette question.

Texte original : Smoking Increases Brain Damage in Alcoholics
Publié par UCSF School of Medicine - News
www.medschool.ucsf.edu/news/news/20050930_Meyerhoff.aspx
Traduit par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie

Traduit et adapté par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
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