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Dossier inseste - Gilles Vinet |
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AGRESSIONS SEXUELLES (ENFANTS) & INCESTE |
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L'AGRESSEUR PÉDOPHILE Selon N. Groth, il y a deux types d'agresseurs pédophiles 1. l'agresseur qui a une fixation : une personne qui depuis son adolescence a toujours été préoccupée par les enfants comme objets sexuelsIl y a deux types de pressions ou de manipulations utilisées pour forcer un enfant à participer à une activité sexuelle : 1. pressions psychologiques : Ce sont les moments où le charme, la séduction et la capture sont utilisés. Des appâts, des récompenses pour de l'attention, de l'affection, l'utilisation de bonbons et friandises sont fréquents. Si l'enfant refuse, l'agresseur pédophile se souciera beaucoup de l'enfant et se sentira plus en sécurité en sa présence. (L'enfant est initié à la sexualité adulte trop tôt et cela cause de la confusion surtout s'il y ressent du plaisir. L'enfant peut être soumis à un pacte secret qui engendre un fardeau de culpabilité et de peurs.Le comble de ces pressions physiques: le sadique qui aime se faire plaisir en faisant mal aux autres. (Dans ce cas, l'enfant perd totalement tout sens de contrôle, de protection et de sécurité. Le monde magique de l'enfance est mis en pièces et désormais l'enfant passe à la vie adulte.) Évidemment, une dysfonction familiale d'un genre ou l'autre est présente. Le conjoint peut être en relation d'un type avec son épouse plutôt qu'entre partenaires égaux. L'enfant peut alors devenir aisément une épouse-substitut. Quelquefois, l'épouse est soumise et de peur de représailles, de sévices corporels, de perdre sa sécurité, elle ne va pas rapporter le délit. À peu près, 1% de la population est impliquée dans une forme d'inceste familial. Le sujet de l'inceste est compliqué et couvre plusieurs domaines. L'abus est beaucoup plus qu'un abus d'un adulte sur un enfant. Le problème n'est pas seulement dans ce qui est arrivé à l'enfant mais aussi dans ce qui n'est pas arrivé à l'enfant. L'inceste n'est pas un processus marqué dans le temps. Ça grandit dans le système familial. Cette dynamique se construit à l'aide d'expériences, d'habiletés, de besoins, d'apprentissages, d'une vision de l'estime de soi dans le couple — une paire d'adultes qui se sont rencontrés et ont décidé de partager une forme d'unité. Selon tous ces facteurs, leur niveau de santé globale, comment leur identité et leur personnalité se sont développés, comment est forte leur estime de soi, et comment leurs propres relations dans leurs familles d'origine étaient saines, ces deux personnes vont développer une relation saine. Si ces deux adultes n'ont pas été — et s'unissent pour former une famille — leur relation de couple va échouer. Ces deux adultes vont apporter avec eux des besoins énormes, non comblés et vont s'attendre à ce que leur conjoint, leur partenaire sexuel satisfasse leurs besoins. Ce sont des attentes irréalistes et impossibles. Leur échec n'est pas seulement dû à ces attentes irréalistes mais aussi parce que chaque adulte apporte à la relation un secret. Ce secret, c'est que chacun croit qu'il n'est pas aimable, qu'il n'en vaut pas la peine, qu'il n'est pas , en d'autres mots qu'il est rempli de honte. Avec l'échec, la colère, le sentiment d'être blessé et le silence s'ajoutent pour donner un mélange très toxique. Voilà les assises de cette dynamique qui prend forme. Il y a ces fondations construites avec la honte sur lesquelles va s'édifier cette dynamique, elle aussi toxique, qui va chercher par la suite à protéger, à défendre, et à nier la souffrance et la douleur qu'entraîne déjà la honte au départ. L'inceste est génératif. Ce qu'une personne vit dans son enfance à l'intérieur du cadre familial, sa réalité et ses apprentissages, sont en partie responsables de son développement, le modelant et le façonnant pour devenir la personne qu'elle est. Ce sont les morceaux du puzzle de la réalité de chaque adulte et que chacun amène dans sa nouvelle relation. Toute la dynamique du système familial se développe sur les fondations que le couple y apporte. C'est ce qui forme la base de l'inceste. Ils établissent la base de ce qui n'est pas arrivé à l'enfant. Le système incestueux est dysfonctionnel; il est rigide, fermé, s'isole et se ferme sur lui-même de l'intérieur chaque membre étant isolé l'un de l'autre et de l'extérieur le système lui-même des autres systèmes. Les règles sont inhumaines empêchant tous et chacun de saisir, de voir, de parler, d'échanger ou de composer avec ce qui est vrai et réel. Les rôles ont tendance à être inversés entre les enfants et les parents. Ce sont des systèmes fermés. Les comportements sont des réactions. Les gens ne sont pas accueillis dans ce qu'ils sont. Les gens dans ce système ne sont pas importants comme personnes, comme individus. Le pouvoir est par ordre de priorités N°1. La performance, avoir l'air Ok, la façade, ça, c'est important. Et c'est pourquoi tout comportement est une réaction à quelque chose, à quelqu'un ou à quelque endroit. À la base de cette
dynamique se retrouve la honte et le fait de ne pas savoir autrement comment
agir ou entrer en relation. Le couple a amené son expérience,
ses apprentissages, ses habiletés (ou ses déficiences de
ce côté-là). L'inceste est un comportement spécifique
et appris. Dans un système familial où il y a inceste ou
l'inceste a déjà eu lieu, la mère, si nous vérifions
son historique de vie, est habituellement une victime d'inceste elle-même.
Les mères typiquement sont de deux types :
RESSEMBLANCES & DIFFÉRENCES ENTRE LE VIOL ET L'INCESTE Le viol et l'inceste, tous les deux, sont : a. un abus, une forme d'agression, de profanation envers une autre personne
a. une menace constante et continuelle ou virtuelle de violence sexuelle ou physique PROCÉDURES DANS LE CAS D'AGRESSION SEXUELLE D'UN ENFANT 1. Il y a deux types de divulgation : a.) active: une relation incestueuse a présentement lieuLes relations incestueuses peuvent être de forme brutale causant une terreur constante et quotidienne d'abus sexuel et/ou physique ou peuvent être vécues remplis d'amour, de douceurs et d'attentions...un abus sexuel sans violence physique mais tout de même un abus sexuel. Le problème n'apparaît souvent que lorsque l'enfant, l'adolescent ou même l'adulte s'aperçoit qu'il n'y a pas de relations sexuelles dans d'autres familles que la sienne ou qu'il n'y a pas de vraiment chez d'autres familles de variations entre les deux extrêmes. Rappelez-vous : ne présumez de rien ! 2. Sources de divulgation : a.) la victime3. Comment composer avec la divulgation : a.) intervenir comme si c'était un viol...support, accueil inconditionnel4. Caractéristiques d'une divulgation d'inceste : a.) Les familles où il y a de l'inceste sont entremêlés et isolés.
La plupart des gens croient que les enfants ne sont pas en danger et vulnérables devant un abus sexuel et que les abus sexuels ne se produisent jamais entre membres de la même famille. Il y a beaucoup de gens qui croient que si un enfant est agressé. sexuellement, que c'est un étranger, que c'est arrivé sur la rue., ce n'est pas un membre de la famille, surtout pas un ami ou la gardienne, ce qui est souvent le cas. L'enfant ne peut en parler pour une myriade de raisons et peut même entrer dans la vie adulte en portant le fardeau de son secret et toutes les émotions qui pèsent lourd à l'intérieur. PEUR
Cours sur les MIracles, leçon 21 AFFECTION ENVERS L'AGRESSEUR
1. Tout choc important, traumatisme ou situation où notre vie semble menacée dont nous vivons l'expérience, se doit d'être regardé, compris de quelque façon et accepté par nous. 2. Pour être en mesure
de faire cela, nous devons vivre le choc, le nier temporairement, laisser
monter la colère à cause de l'outrage, de la profanation
de votre personne, être déprimé à cause de la
perte de ce qu'il y a de plus beau dans notre être, comprendre la
vraie nature de cette expérience et finalement l'accepter.
3. Si au moment de cette expérience, nous étions incapables de passer à travers un tel processus de deuil et d'acceptation, notre esprit va mettre tout ça de côté jusqu'au moment où nous serons prêts et capables de composer avec cette expérience. Cela s'appelle du refoulement. 4. Quand nous sommes enfin capables, et pas avant, notre esprit va tranquillement nous rappeler des brides de cette expérience par le langage même du cerveau: les symboles. 5. Ces symboles peuvent apparaître comme des hallucinations, bien qu'ils n'en sont pas. 6. Quand nous traduisons ces symboles en mémoires vraies, nous traversons une ouverture, une brèche dans ce mur autrefois infranchissable. Nous allons sentir ces émotions qui montent, surtout la terreur, et visiblement, vivement voir, entendre, toucher, goûter et sentir les odeurs qui ont été refoulés. 7. Nous ne sommes pas dans cette expérience bien que nous croyons y être, nous sommes en train de la revivre, de nous en rappeler pour la première fois. 8. Nous ne sommes pas en train de devenir fous, folles et nous n'allons pas rester là dans cette expérience. Si c'en est trop pour composer avec, notre cerveau va refouler le tout encore une fois. Un refoulement par dessus un autre refoulement est habituellement une surcharge émotive. 9. Dans la mesure où nous allons nous rappeler entièrement de cette expérience, nous pouvons en faire ce qui nous plaît. Ça ne nous contrôle plus avec la terreur qui nous assaillait, nous pouvons lâcher prise et la laisser aller. 10. Dans la mesure où
nous brisons le mauvais sort, le sceau magique du refoulement, nous pouvons
nous libérer de cette cage de terreur.
SYNDROME DES SOUVENIRS ERRONÉS** Plusieurs clients toxicomanes sont aussi survivants d'abus physiques et sexuels qui ont eu lieu dans leur enfance ou dans leur vie adulte. C'est possible que jusqu'à 40 à 50 % de ces clients vivent des symptômes d'un trouble qui se nomme le Syndrome de Stress Post-Traumatisme (SSPT) à la suite de ces abus. La recherche nous suggère que lorsque des problèmes sont bien traités en thérapie, le taux de réussite en rétablissement est meilleur. Lorsque nous ne tenons pas compte de ces problèmes, le nombre de rechutes augmente (James 1993). • À mesure que les intervenant (e)s deviennent plus conscients de la fréquence assez élevée d'abus physiques, d'abus sexuels, et de SSPT, ils peuvent plus répondre aux besoins de leurs clients en suivant des formations spécifiques à ces problématiques: la visualisation guidée, l'hypnose et la reconstruction mémorielle. Ainsi, il est important pour ces intervenant (e)s de savoir qu'il existe toute une controverse entourant l'utilisation de ces techniques de reconstruction mémorielle, le syndrome de faux éveil mémoriel (éveil mémoriel à retardement). Glossaire
Lorsque des clients sont identifiés comme ayant des, souvenirs erronés, ils ne sont pas accusés d'être malhonnêtes ou de mentir. Ils croient vraisemblablement que ces expériences leur sont arrivées et rapportent des détails de ce qu'ils croient s'être passé. Comme résultat de ces techniques, ils disent la vérité comme ils la croient être. En contraste, lorsque quelqu'un invente délibérément une histoire et des événements et qu'il sait très bien que ces choses ne se sont pas passés ainsi, cette personne n'a pas un souvenir erroné. Elle ment.
...à des techniques de reconstruction mémorielle durant une thérapie pour un trouble comme le Syndrome de Stress Post-Traumatisme, diagnostiqué à la suite d'abus physiques et sexuels durant l'enfance. Ce syndrome (FMS) se produit quand un client, à la suite d'hypnose, de visualisation guidée et de suggestions développe des souvenirs erronés, grossièrement déformés d'abus physiques et sexuels dans leur passé et que ce client ait été encouragé à croire que ces souvenirs erronés sont authentiques, quand en fait ils ne le sont pas. Le client est aussi conseillé à poursuivre et à prendre des mesures contre les agresseurs. La controverse des souvenirs erronés gravite autour du problème à savoir si des clients présentement en psychothérapie et counseling peuvent créer des souvenirs erronés d'abus physiques et sexuels. La controverse est prise très sérieusement parce que beaucoup plus de gens divulguent des souvenirs remontant à leur enfance d'abus physiques et sexuels durant leur thérapie. Selon un article dans la revue TIME (12-1-90), en 1976, 6000 cas ont été rapportés; en 1988, il y a eu environ 350000 cas divulgués. La controverse des souvenirs erronés vise des clients qui sont entrés en thérapie sans souvenirs clairs d'abus qui tout à coup montent de façon spontanée. Beaucoup de gens entrent en thérapie pour traiter un trouble de SSPT lié à des abus physiques et sexuels et le font parce que des souvenirs de leurs abus commencent à faire surface spontanément. D'autres peuvent avoir des souvenirs d'abus qui remontent loin dans le temps et dont ils ont gardé le secret. Les défenseurs de chaque camp dans ce conflit philosophique reconnaissent que les souvenirs qui datent de très longtemps et qui peuvent spontanément faire surface sans questions qui mènent à ce processus et sans interventions cliniques formelles sont habituellement reconnus comme authentiques. Il est aussi reconnu que les souvenirs refoulés qui font surface spontanément à la suite d'éléments déclencheurs qui se produisent sans intervention clinique formelle sont probablement aussi authentiques. Plusieurs clients qui font la découverte de souvenirs d'abus posent des gestes légaux basés sur le fait qu'ils croient que leurs souvenirs sont vrais. Ces actions intentées peuvent avoir des conséquences sévères pour autant le client que le présumé agresseur qui est l'accusé, par exemple des dommages irréparables à la famille et aux relations entre les membres de cette famille. Plusieurs clients vont poursuivre au criminel des parents, des membres de leur famille en se basant seulement sur les souvenirs refoulés antérieurement et qui font surface durant la thérapie. Ces accusations, même si plus tard elles sont répudiées, peuvent détruire la vie de l'accusé et l'obliger à subir un procès criminel et de la prison. Les intervenant(e)s doivent
réaliser que des suggestions subtiles peuvent influencer le fonctionnement
de l'imaginaire chez leurs clients.
Polarisation sur des fronts
extrêmement séparés
Il va sans dire que l'émergence de la Fondation a provoqué toute une controverse qui a le potentiel de polariser les membres de la communauté professionnelle. Les lignes de feu sont en place et tous les professionnels sont invités à se choisir un camp d'extrémistes. D'un côté se retrouvent les sceptiques des souvenirs erronés, et de l'autre, les défenseurs de la théorie des souvenirs erronés. Les sceptiques des souvenirs erronés ne croient pas que l'on peut créer des souvenirs erronés. Ils prétendent que tous les souvenirs d'abus qui font surface en thérapie doivent être acceptés comme authentiques, même s'il n'y a pas de preuves corroborant les incidents. Toute personne qui s'oppose de quelque façon à cette perspective est identifiée comme se plaçant contre les personnes en rétablissement de traumatismes de l'enfance et comme protégeant délibérément ou sans le savoir vraiment les auteurs de tels crimes, de tels abus contre les enfants. Les sceptiques croient que toute reconnaissance que des souvenirs erronés ou déformés peuvent être créés en thérapie va excuser les agresseurs et faciliter la continuation des abus envers les femmes et les enfants par les auteurs de ces agressions. Les défenseurs de la théorie des souvenirs erronés, d'un autre côté, croient que c'est possible de créer des souvenirs erronés en thérapie, ce qui va être la cause que des clients vont croire qu'ils ont été abusés physiquement et sexuellement quand en réalité, ils ne l'ont pas été. Certains extrémistes de cette position vont jusqu'à affirmer que des souvenirs refoulés, ça n'existe pas et que tout souvenir refoulé qui fait surface en thérapie est probablement faux ou déformé. Ce camp prétend que seuls, les souvenirs qui peuvent être corroborés par d'autres sources et preuves peuvent être authentiques. Plusieurs cliniciens reconnaissent les dangers de telles positions extrémistes et ont commencé à explorer la question systématiquement. Ils ont découvert un terrain situé au milieu de ces deux positions où se retrouvent les croyances qui suivent:
Il est conseillé de
faire attention lorsque nous travaillons avec des techniques de reconstruction
mémorielle. De véritables souvenirs d'abus peuvent être
l'objet de discrédit. Les gens peuvent refouler des souvenirs, qui,
une fois qu'ils y gagnent accès, si ces souvenirs sont critiqués,
contestés ou freinés par l'intervenant (e), le client peut
alors vivre de sérieux problèmes. Un thérapeute qui
a des préjugés contre les souvenirs refoulés peut
emmener un client à ne pas reconnaître ces souvenirs qui montent
chez lui. De plus, un thérapeute peut guider un client à
créer des souvenirs d'abus qui n'ont jamais eu lieu ou de déformer
des épisodes réels. Même avec une formation adéquate,
les intervenants (es) doivent réaliser que des suggestions subtiles
peuvent influencer l'imaginaire. C'est important de ne pas mener le client
dans une telle voie ou de planter des suggestions le long de cette route.
Les intervenants (es) doivent reconnaître que des images qui émergent de la mémoire peuvent être accueillies à deux niveaux: le niveau factuel ( - et le niveau symbolique (). La psychothérapie est principalement centrée sur le niveau symbolique tandis que les cours de justice sont centrées sur le niveau factuel. Comme la décision de passer d'une série de sessions en thérapie à celle d'une cour de justice est très importante, les cliniciens doivent aider leurs clients à peser les bénéfices et les risques de prendre une action en justice contre leurs agresseurs. C'est aussi le travail du clinicien d'être objectif et d'aider le client à regarder consciemment ses souvenirs, valider ces images et explorer tant sa véracité sur le plan factuel que sa signification sur le plan symbolique. Nous devons nous rappeler que l'image perçue par le client est réelle et a de l'importance pour le client. Lorsque nous avons à faire avec des souvenirs d'abus, c'est très important de procéder lentement. Les souvenirs d'abus physiques et sexuels sont très réels et sont des problèmes majeurs et très sérieux. Depuis qu'il y a cette possibilité que des techniques cliniques induisent de nouveaux refoulements de souvenirs authentiques ou peuvent créer des souvenirs erronés, certaines précautions devraient être d'usage. Les intervenants (es) devraient enregistrer toutes les sessions où il y a reconstruction mémorielle. Cela peut permettre une audition objective à une date ultérieure afin de s'assurer que les bonnes techniques furent employées. De plus, une supervision clinique peut assurer l'intervenant (e) qu'il garde ses questions dirigées et ses suggestions au minimum ou évite complètement de les utiliser. La reconstruction mémorielle est une toute partie du processus de rétablissement pour les survivant (e)s (Covington, 1991; Trotter, 1992; Kritsberg, 1985). Les intervenants (es) devraient ne pas mettre trop d'emphase sur le rôle de la reconstruction mémorielle au détriment des autres types d'interventions thérapeutiques. La première foulée de ce cheminement thérapeutique consiste à créer un climat de confiance et un environnement sécurisant où le client peut se rétablir de son expérience traumatisante, apprendre à vivre avec et à composer avec les symptômes du SSPT, et développer des habiletés de croissance lui permettant d'évoluer et de grandir tant dans sa personnalité que dans son mode de vie. Se centrer sur la mémoire seulement peut garder les client enfermer à un stade du processus de rétablissement et les empêcher de progresser. Les intervenants (es) doivent
se rappeler que chaque reconstruction mémorielle doit être
suivie par un recadrage cognitif pendant lequel les souvenirs qui ont fait
surface sont révisés consciemment dans un état d'éveil
normal. La plupart des clients vont vivre des conflits internes quand les
souvenirs d'abus font surface. Un intervenant (e) doit demeurer objectif
et aider le client à examiner ce conflit.
Si le client vit un tel conflit interne, une réaction adéquate serait : «Parle-moi de ce conflit que tu vis présentement. Parle-moi de cette partie de toi qui croit que ce souvenir est authentique. Parle-moi de cette partie de toi qui croit que ce souvenir n'est pas vrai. Qu'est-ce que tu peux gagner et perdre si ce souvenir est vrai ? Comment te sentirais-tu si ce souvenir n'est pas vrai ? Quelles étapes vas-tu entreprendre pour te faire une idée à savoir si ce souvenir est entièrement vrai, partiellement vrai, ou pas vrai du tout ? Les intervenants (es) ne doivent pas forcer leurs propres points de vue sur leurs clients. Ils ne devraient pas partir avec des idées préconçues que le souvenir est faux ou véritable. Ils devraient l'accepter pour ce qu'il est: une image qui fait surface qui peut être plus précisément définie et classée par le client. Les cliniciens devraient explorer le souvenir objectivement sans guider le client dans une direction ou une autre. C'est le travail du thérapeute d'agir comme un miroir objectif et rempli de compassion et d'aider les clients à prendre des décisions par eux-mêmes en ce qui concerne le sens et l'authenticité du souvenir. Les professionnels devraient confirmer l'expérience subjective du client. Si un client déclare que quelque chose s'est passé, un intervenant (e) devrait accepter cette expérience comme valide. Les intervenants (es) devraient demander à leurs clients pourquoi ils croient que ces choses leur sont arrivées. Ils ne devraient pas essayer de convaincre leurs clients de recevoir ou de rejeter ce souvenir. Si un client a des doutes, les intervenants (es) doivent honorer ses doutes. Les cliniciens devraient laisser leurs clients savoir que c'est possible que leurs souvenirs soient déformés et les encourager à trouver des moyens pour explorer plus à fond leurs souvenirs pour qu'ils puissent prendre une décision par eux-mêmes. Les intervenants (es) devraient reconnaître que ses souvenirs qui émergent ainsi sont soit véritables soit déformés. Les intervenants (es) doivent faire une recherche ou une enquête pour déterminer si c'est l'un ou l'autre et souvent il n'y aura pas moyen de savoir sûrement. La thérapie devrait demeurer centrée sur la libération des blessures du passé pour aujourd'hui, enfin, vivre une vie satisfaisante. Le processus thérapeutique est construit de manière à aider les clients à se libérer de leur passé pour leur permettre de vivre heureux pendant le moment présent. Le but d'explorer en thérapie des tels souvenirs est de procurer à la personne la liberté, le mieux-être dans l'ici et le maintenant, pas de développer des fixations comme le blâme et la vengeance. Explorer la controverse des
souvenirs erronés ne doit pas excuser
Explorer la controverse des souvenirs erronés ne doit pas en aucune façon excuser les abus, ni empêcher les agresseurs de subir les conséquences de leurs crimes. Les abus physiques et sexuels sont des actes criminels, et les agresseurs devraient souffrir le plein courroux de la justice, conséquence de leurs actions. Les sceptiques des souvenirs erronés sont préoccupés pour deux raisons : 1) ils ont peur que de véritables divulgations d'abus vont être découragées ou discréditées et 2) que les agresseurs coupables d'abus chez d'autres personnes, souvent des femmes et des enfants, vont se servir de la théorie du syndrome des souvenirs erronés comme base pour se défendre en cour afin d'éviter d'être punis et de continuer leurs abus. Les défenseurs de
la théorie des souvenirs erronés sont préoccupés
par le fait qu'ils croient que dans certains cas, il y a là un potentiel
pour causer des blessures graves à d'innocentes personnes qui seront
accusées faussement d'être des agresseurs, accusations basées
seulement sur des souvenirs erronés ou déformés. À
cause du potentiel que de terribles conséquences s'abattent sur
des personnes innocentes, ça devrait être impératif
que des cliniciens se penchent sur cette controverse et poussent la recherche
dans ce domaine.
Souvenir authentique
Souvenir erroné
Souvenir fabulé
Souvenir déformé
ou contaminé
Souvenir refoulé
Souvenir secret
C'est accepté par
la plupart des chercheurs sur la mémoire que la mémoire est
un processus complexe qui peut être divisée en trois stades
(Loftus, (1991) : le stade d'acquisition, au cours duquel la perception
de l'événement original est mis en mémoire; le stade
de rétention au cours duquel le souvenir est entreposé, stocké
ou retenu alors que la conscience, elle, se centre sur d'autres activités;
et le stade de rappel au cours duquel la personne se rappelle l'information
emmagasinée dans la mémoire.
Les sceptiques des souvenirs erronés croient que le processus d'acquisition, de stockage et de rappel des souvenirs de traumatismes est différent des souvenirs d'événements non traumatisants. Durant le stade d'acquisition, il y a 100% de stockage de toutes les perceptions sensorielles, informations qui peuvent être retrouvées par la visualisation guidée et l'hypnose. Durant le stade de rétention, la mémoire enregistre comme en audio ou en vidéo. Ainsi, la précision de l'image peut être conservée durant des années, et même des décennies. La mémoire revient spontanément intacte durant le stade de rappel. La thérapie ne crée pas ou ne déforme pas les souvenirs ; elle fait la mise au point et précise les perceptions. Les défenseurs de la théorie des souvenirs erronés croient que le mécanisme d'acquisition, de stockage et de rappel des souvenirs est le même pour les souvenirs d'événements traumatisants ou non. Durant le stade d'acquisition, il y a seulement ce qui est perçu qui peut être rappelé et que la perception est limitée à ce qu'une personne porte consciemment attention. Durant le stade de rétention, la précision et la clarté perdent de la qualité avec le temps. Plus le délai est long entre l'acquisition et le rappel, plus les souvenirs seront déformées. Durant le stade de rappel, les souvenirs ne sont pas disponibles. Ils sont reconstruits. Durant ce processus, les souvenirs peuvent être affectés par des processus internes (ex.: lier deux souvenirs qui se ressemblent) ou des processus externes (ex.: suggestions et questions directives). FRONTIÈRE PHYSIQUE
Covington, S (1991) Awakening Your Sexuality: A Guide for Recovering Women and Their Partners, New York, Harper Collins. Gorski, TT (1993) Keeping the Balance: A Psychospiritual Model Of Growth and Development, Independence, MO, Herald House Independence Press. James, SE (1993) The Secret — Evaluating for Sexual Abuse, Addiction and Recovery, 13(3), pp.11-13. Kritsberg, W (1985) The Adult Children of Alcoholics Syndrome: From Discovery To Recovery, Pompano Beach, FL. Health Communications. Leif, H (1993) Confronting The False Memory: An Interview, Addiction and Recovery, 12(3), pp 20-21. Peck, R (193) The FMS Foundation: Fighting The False Memory, Addiction and Recovery, 13(3), pp 18-19. Trotter, C (1992) Double
Bind: Recovery and Relapse Prevention for the Chemically Dependent Sexual
Abuse Survivor, Independence, MO, Herald House Independence Press.
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