Objectifs :
- Aider les personnes qui
souffrent de compulsion alimentaire.en rétablissement dans OA à
briser les patterns de comportements compulsifs, malsains et toxiques et
à apprendre à satisfaire toutes leurs faims (physique et
émotionnelle)
- Illustrer comment pour
les outremangeurs compulsifs il y a une relation entre l'alimentation et
l'intimité et comment les régimes et les excès alimentaires
sont des substituts à l'intimité
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Ce texte est une traduction
de When Food is Love, exploring the relationship between eating and intimacy,
de Geneen Roth publié chez Plume par le Groupe Penguin
en 1992.
Ce texte ne lie aucunement
aucun groupe d'entraide à son contenu. Par contre l'appartenance
à de tels groupes comme les Outremangeurs Anonymes peut vous aider
à vous rétablir d'une maladie comme la compulsion à
outremanger.
Quand
la nourriture est devenue un amour
traduit de When Food is
Love, exploring the relationship between eating and intimacy de Geneen
Roth, Plume, 1992
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DERNIÈRE MISE À
JOUR 08/02/2002
REMERCIEMENTS
J'ai beaucoup de gratitude
d'avoir des amis qui sont prêts à prendre le temps de comprendre,
de questionner et d'approfondir mon écriture. Pour avoir accueilli
chaque chapitre dès que je le terminais et pour m'avoir collé
à la vie, je remercie Sara Friedlander. Pour sa superbe lecture
de mon manuscrit, remplie d'insights et de remise en question, je remercie
Laura Davis. Pour m'avoir offert son intelligence, son travail impeccable
d'édition et la perspective d'un demi siècle d'amitié,
je remercie Jace Schinderman. Pour m'avoir donné la perspective
d'un romancier et de m'avoir écrit une lettre que je vais garder
précieusement pour toujours, je remercie Eddie Lewis. Pour m'avoir
obligé à me remettre en question et à réécrire
plusieurs chapitres, je remercie Cliff Friedlander. Pour m'avoir soutenu
dans ce que je croyais être vrai, je remercie Katy Hutchins. Pour
le plaisir glorieux d'écrire ensemble et pour avoir révélé
mon âme d'écrivaine, je remercie Natalie Goldberg.
Je voudrais aussi remercier:
Maggie Phillips, pour m'avoir
enseigné tout sur le contenu de ce livre en m'encourageant à
parler de sujets dont on ne parle pas et pour être un modèle
d'amour qui perdure; Sil Reynolds, pour avoir été mon assistante
dans les ateliers, une co-enseignante et une soeur pour moi; Ruth Wiggs,
ma mère pour m'avoir appris le courage, la force d'âme et
la guérison en venant en Californie pour lire ce livre avec moi;
Karen Russell, pour sa bonne volonté qu'elle a eu en me partageant
ses joies et ses tristesses, et pour l'exemple qu'elle nous donne d'une
vie remplie de passion et de grâce; Maureen Nemeth, pour son efficacité
dans sa gestion du bureau de Breaking Free et pour la liberté que
cela me donne de pouvoir écrire; Nancy Wheeler, pour ses conseils
rassurants et sages; Michaela Hamilton, Elaine Koster, Alexia Dorszynski
et le groupe de vente de Dutton, pour leur confiance et leur engagement
à m'appuyer dans mon travail; Angela Miller, pour sa persévérance
et à cause de tout ce que nous avons traversé ensemble; la
dame de l'atelier Omega 1988, pour m'avoir suggéré le titre
de ce livre; les participants de mes ateliers, pour m'avoir émue
et inspirée avec leur amour et leur désir ardent de me voir
réussir; Jack Kornfield, Joseph Goldstein, Stephen Levine et Emmanuel
pour m'avoir gracieusement donné des enseignements qui ont ouvert
mon coeur et m'ont rappelé où se trouvait mon chez-nous.
Peg Parkinson — ma première
éditrice, mon amie et mon maître — est décédée
après avoir éditée le manuscrit et peu avant sa publication.
Son esprit est tissé à travers les pages de ce livre et m'habite.
Fragment en retard
Et as-tu eu ce que
tu désirais dans cette vie, malgré tout?
Je l'ai eu.
Et qu'est ce que tu désirais?
De pouvoir m'appeler bien-aimé,
de me sentir aimé sur cette terre.
— Raymond Carver
HAUT DE PAGE
INTRODUCTION
Quand j'avais onze ans,
je me suis mise au régime, et pour les dix-sept années suivantes,
j'ai passé la majeure partie de mon temps à rêver de
manger que je ne devais pas et à penser à ce que je devais
manger que je n'aimais pas. Progressivement, je me suis retrouvé
sur une planète où il n'y avait que deux habitants, la nourriture
et moi, et ma capacité à être émue par les autres
a grandement diminué. Lorsque je suis arrivée à vingt-huit
ans, il n'y avait plus rien qui comptait pour moi qu'être mince.
Après mes premiers
livres Feeding the Hungry Heart et Breaking Free, après avoir atteint
mon poids-santé et que m'y suis maintenue, j'ai découvert
que ce n'était pas être mince que je désirais mais
bien de le devenir. Tant que mon attention était centrée
exclusivement sur ce que je mangeais, quelle grandeur de vêtements
que je portais, combien de cellulite il y avait au revers de mes jambes
et ce que serait ma vie si je perdais finalement tout ce poids, je ne pouvais
être blessée profondément par une autre personne. Mes
obsessions avec mon poids furent plus dramatiques et plus présentes
dans ma vie que rien de ce qui pouvait se produire entre moi et un ami
ou avec un amoureux. Quand je me suis enfin sentie rejetée par quelqu'un,
j'ai rationalisé ça en me disant que cette personne rejette
mon corps, pas moi, et puis quand je serais redevenue mince, les choses
seraient alors différentes.
Je pensais que je voulais
être mince; j'ai découvert que ce que je désirais vraiment
c'était de devenir invulnérable.
Puis j'ai rencontré
Matt, un homme avec lequel je voulais passer toute ma vie. Après
les premiers moments d'extase lorsque l'on tombe en amour, je suis tout
à coup arrivé face à face avec moi-même et j'ai
découvert que j'étais comme une enfant dans une monde de
fantaisie et que je ne savais pas jouer avec les autres enfants. je ne
savais pas comment m'engager sérieusement avec une autre personne,
seulement avec la nourriture.
J'au eu des amis, de bons
amis et un meilleur ami. J'ai eu des amants; j'ai vécu en couple
pendant sept ans. Mais je ne parle pas de mes amis et de mes amoureux.
Je parle d'intimité, d'abandon, de confiance et le désir
de faire face, plutôt de fuir, le côté sombre de moi-même.
La chose la plus merveilleuse
de la nourriture, c'est qu'elle ne vous quitte pas, elle ne réplique
pas et n'a pas un cerveau qui pense par lui-même. La nourriture a
été mon amant pendant dix-sept ans et ne demandait rien en
retour. Et c'est exactement comme ça que je désirais que
ça se passe.
Il y a quelques années,
le magazine Glamour a fait une enquête auprès de 33000 femmes
intitulée ("Feeling Fat in a Thin Society" — se sentir grosse dans
une société pour les minces) Soixante-quinze pour-cent
des répondantes ont dit qu'elles se sentaient trop grosses. Les
femmes ont été questionnées pour savoir si leurs poids
affectaient leurs sentiments à propos d'elles-mêmes; quatre-vingt-seize
pour-cent ont répondu par l'affirmative.
Si elles avaient le choix
entre perdre du poids, vivre le bonheur dans une relation amoureuse, avoir
du succès dans leur emploi ou retrouver un vieux copain, presque
la moitié des femmes ont répondu que perdre du poids les
rendraient plus heureuses que toute autre chose.
Le problème est le
même et en même temps différent pour les hommes. La
plupart des hommes se préoccupent moins de leur poids que les femmes,
mais il y a beaucoup d'hommes chez qui des jugements énoncés
concernant leur poids les forcent douloureusement à vivre avec peu
de confiance en eux-mêmes. Ces hommes portent un fardeau très
différent de celui des femmes, parce qu'il est difficile pour eux
d'exprimer ou de recevoir une forme de support quand ils souffrent — surtout
si c'est un problème qui concerne les femmes. Pour les hommes et
les femmes, se préoccuper ou se centrer sur la nourriture procure
une forme de distraction de problèmes plus profonds de confiance
et d'intimité. Nous aimons plus perdre du poids que de nous rapprocher
d'un autre être humain. Nous aimons plus nous centrer sur l'aspect
de nos corps que d'aimer ou être aimé. C'est plus sécurisant:
nous savons d'où vient la douleur, nous croyons alors avoir une
forme de contrôle.
Pendant les deux premières
années que j'ai passé avec Matt, je me suis battue avec les
mêmes patterns que je croyais avoir résolu des années
avant même que je me lance dans les excès alimentaires.
Pire que ça, je me sentais à nouveau comme une enfant, réagissant
à des peurs que je croyais depuis longtemps oubliées: peur
d'être rejetée, peur de ne pas être aimée, peur
de la folie. Comme c'était très difficile pour moi de vivre
mon instant présent et de me rappeler que j'avais trente-cinq ans
et non cinq et que cette personne était bien Matt, non ma mère
ou mon père, je me suis aperçue des ressemblance qu'il y
avait entre manger et aimer.
Manger est une métaphore
qui décrit la façon dont nous vivons; elle est aussi une
métaphore qui décrit tout aussi bien notre façon d'aimer.
Déborder dans les fantasmes, créer autour de soi des états
de crise, notre besoin impérieux de tout contrôler et notre
désir insatiable de ce qui est interdit sont des comportements qui
nous empêchent d'être heureux en nous alimentant et dans nos
relations. Et certaines des lignes directrices qui peuvent nous aider à
nous libérer de l'esclavage de la compulsion alimentaire — apprendre
à vivre notre moment présent, commencer à croire que
nous en valons la peine, donner à notre enfant intérieur
affamé une voix au chapitre, faire confiance à nos faims
physiques et émotives, et nous apprendre à accueillir le
plaisir — ça nous permet de nous engager dans une relation intime
avec une autre personne.
Durant les douze dernières
années, j'ai donné des conférences et des ateliers
dont le thème principal était la libération de la
compulsion alimentaire, et récemment à propos de des rapports
entre l'alimentation et l'intimité. J'ai travaillé avec quelques
milliers de personnes chaque année. Dans mes ateliers, deux participantes
sur quatre avaient été abusées durant leur enfance;
plus de la moitié des participants étaient des enfants adultes
de parents alcooliques. La plupart des gens venaient de familles dysfonctionnelles
et en crise. Malgré tout ça, ils croyaient que la nourriture
et leur poids étaient les problèmes les plus importants.
Ils croyaient que s'ils perdaient
du poids, ils iraient mieux, et ce malgré le fait que la plupart
d'entre eux avaient perdu abondamment de poids cinq, dix ou vingt fois
dans leurs vies — et ils n'allaient pas mieux.
Les américains dépensent
33 milliards chaque année pour perdre du poids. 20 million de femmes
souffrent de troubles de l'alimentation. "5 pour-cent de tous les hommes
sont au régime, 50 pour-cent de toutes les femmes aussi. Et neuf
personnes sur dix qui perdent du poids en suivant un régime le reprennent
tout de suite. Pour ceux qui échouent dans leur tentative de suivre
un régime cette année, ils auront à choisir parmi
les 30000 nouveaux plans alimentaires qui vont sortir l'année prochaine.
Les régimes ne fonctionnent
pas parce que la nourriture et le poids sont les symptômes et non
pas le véritable problème. Se préoccuper de son poids
procure une belle distraction, commode et culturellement acceptable des
vraies raisons pour lesquelles tant de gens mangent quand ils n'ont pas
faim. Ces raisons sont plus complexes que, et ne seront pas résolus
avec de la volonté, en comptant les calories et en faisant de l'exercice.
Ç'a plus trait à avoir subi de la négligence, manquer
de confiance, d'amour, des abus sexuels, des sévices corporels,
de la rage refoulée, des deuils, être objet de discrimination,
et chercher de se protéger contre toute autre blessure. Les gens
abusent d'eux-mêmes avec de la nourriture parce qu'ils ne savent
pas qu'ils sont dignes de mieux que ça. Les gens abusent d'eux-mêmes
parce qu'ils ont été abusés. Ils ont de l'aversion
et de la répugnance envers eux-mêmes, et deviennent des adultes
malheureux non parce qu'ils ont vécu des traumatismes mais bien
parce qu'ils les ont refoulés parce qu'ils ont réprimé
les émotions désagréables dès lors et depuis
ce moment-là.
Quand la nourriture est
devenue un amour parle doucement au coeur des gens et leur décrit
pourquoi certains d'entre eux se tournent vers la nourriture. Ce livre
explore les messages que nous avons reçu durant notre enfance, comment
nous les avons traduits en messages de haine retournée contre nous-mêmes.
Et ce livre explore l'importance de prendre ses responsabilités
pour les changements qui s'opèrent dans le présent plutôt
que continuer à être la victime des blessures du passé.
Parce que nos patterns d'alimentation ont été modelés
à partir de patterns d'amour, c'est nécessaire de comprendre
et de travailler tant la nourriture que l'amour pour nous sentir satisfait
dans l'une ou l'autre d nos relations.
Ce livre est personnel. J'ai
grandi avec une mère qui abusait de moi physiquement, qui était
dépendante d'alcool et des drogues; mon père était
souvent absent ou non disponible émotivement . Ce livre parle beaucoup
de mon passé et comment il a affecté ma façon de manger
et d'aimer; c'est aussi raconter le présent et apprendre à
partager mon intimité avec Matt, après avoir moi-même
vécu si longtemps absorbée par le monde de ma compulsion.
C'est le moment de raconter ce qui ne pouvait être raconté,
de soigner nos blessures et de passer à autres choses, et c'est
une occasion de célébrer la plénitude, la complétude.
Ce livre est aussi à
propos des gens avec qui j'ai travaillé et de qui j'ai reçu
des lettres. Avec leur permission, je vais raconter aussi leurs histoires,
leurs luttes et leurs victoires.
Quand la nourriture est devenue
un amour est un livre qui parle d'intimité telle qu'elle est vécue
à travers la brume de la compulsion. Et c'est un livre qui raconte
les peurs et les joies de sortir de cette brume. Ce n'est pas un livre
typique d'entraide dans ce sens qu'il ne dresse pas une liste d'exercices
spécifiques ou de lignes directrices à suivre chaque jour
de notre vie. L'information nous est révélée comme
dans un conte. C'est un livre qui je l'espère va vous inspirer pour
vous permettre de reconnaître les morceaux de votre vie que vous
avez minimisés ou oubliés. Ces morceaux ont affecté
énormément votre façon de manger et d'aimer, et vous
ont faits vivre sans la créativité, la passion, le respect
de soi et sans cette croyance en votre propre efficacité.
Dans mes livres précédents,
j'ai écrit sur le processus de libération de la compulsion
— spécifiquement de la compulsion alimentaire. Mais le rétablissement
de la compulsion alimentaire n'est pas suffisant. Le prochain pas nous
peut amener à nous engager profondément en nous et avec les
autres. À ouvrir nos coeurs et à laisser l'amour entrer.
Ce livre raconte comment faire ce pas.
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