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Les surplus de nourriture
qui font actuellement partie de plusieurs cultures, en particulier aux
États-Unis d'Amérique, représentent un phénomène
assez récent dans l'histoire mondiale. Le luxe d'avoir tellement
de quantités énormes et tant de différentes sortes
d'aliments à choisir a provoqué l'apparition de deux patterns
d'alimentation qui se retrouvent à des pôles carrément
opposés : La consommation rapide à haute valeur calorique,
des repas à haute teneur en graisses, uniformisés et célèbres
par l'industrie du service rapide d'aliments et la mode des aliments
'diètes' poussée par plusieurs écoles rivales de «
Ce qui est bon pour vous », moteur de l'industrie des aliments naturels.
Les frites sont l'article
le plus vendu dans tous les services d'alimentation aux États-Unis.
La production des pommes de terre en forme de frites surgelées est
devenue une affaire énormément sujette à la concurrence,
contrôlée par trois gigantesques compagnies qui ne requièrent
qu'une faible marge de bénéfices. Sur $1.50 dépensé
pour une portion des frites, seulement deux cents vont au fermier qui a
récolté les pommes de terre. Les entreprises des producteurs
de pommes de terre de l'Idaho doivent devenir plus démesurées
et plus automatisées ou quitter le marché. Les fermes
familiales ont cédé la place aux fermes corporatives qui
s'étendent sur des milliers d'acres. Schlosser décrit
une usine à Aberdeen dans l'Idaho, où les bandes rouges des
corroyeurs s'entrecroisent à l'entrée et à la sortie
de machines qui lavent, classent, épluchent, découpent, blanchissent,
sèchent, font frire, et surgèlent des millions de kilos de
pommes de terre en tranches par jour.
Chacun de nous reconnaît que la nourriture est intimement liée à la santé, mais ce qui est sain ou même permis de manger est sujet à des contraintes de coutume, de tradition, et de religion. Récemment, les regards scientifiques de la nutrition ont pénétré dans ce fief, mais la physiologie et la biochimie humaines sont de tels domaines complexes que les nouvelles théories en science de la diététique, et qui sont souvent contradictoires, apparaissent constamment propulsées des médecins, des gourous, et des pigistes de tout acabit — en fait n'importe qui peut publier un livre ou un article dans une revue. Puisque aucune de ces diètes alimentaires ne soulève d'enthousiasme pour bien longtemps, il y a toujours un marché ouvert pour de nouveaux engouements. Dans son livre Health
Food Junkies (Broadway Books, 2000), Steven Bratman, qui se décrit
comme médecin à pratique alternative, a posé un regard
courageux sur une partie des habitudes américaines de consommation
qui pourrait s'appeler la « nation de l'alimentation lente »
(Slow Food Nation). Autrefois il a été partisan de
l'école de pensée qui proposait de soigner tous les maux
qui affectent les êtres humains par une alimentation saine, il admet
aujourd'hui qu'il n'y croit plus vraiment. De sa propre expérience
et de celle de ses patients, il conclut que la recherche d'un traitement
en modifiant son alimentation a créé maintenant des difficultés
pires que le problème original suscitait.
Bratman avait découvert l'orthorexia nervosa avant qu'il ne devienne médecin. Il était cuisinier et horticulteur biologique dans une commune du nord de l'état de New York. Il a dû préparer plusieurs menus différents à chaque repas : pour les mangeurs de viande, pour les végétariens, pour les végataliens pour qui le fromage est un poison, pour les adeptes de sectes indoues qui évitent de manger des oignons et de l'ail de peur qu'ils réveillent leur désir sexuel. Il y avait aussi les friands de crudités d'un côté, et les disciples de la macrobiotique qui condamnent les aliments crus de l'autre groupe précédent. Il y a ceux qui croient que les pelures des fruits et des légumes contiennent la plupart des éléments nutritifs et qui affrontent ceux qui ont évité les pelures car elles auraient concentrés la plupart des polluants environnementaux. Pour chaque théorie en nutrition, il y en a d'autres qui naissent pour la contredire. L'une des choses que toutes ces familles alimentaires ont en commun c'est leur dédain pour les citoyens ignares des villes environnantes, qui avalent des burgers, des frites et des biscuits aux brisures de chocolat. Comme médecin à pratique alternative, Bratman a été consulté par des centaines de patients affligés d'orthorexia. Une d'elles souffrait d'asthme chronique. Elle s'est améliorée avec un régime alimentaire sans produits laitiers, sans blé, soja ou maïs. Mais elle n'était satisfaite, et a aussi éliminé les oeufs, l'avocat, les tomates, l'orge, le seigle, le poulet, le boeuf, la dinde, le saumon et le thon. Finalement, les seuls aliments qu'elle pouvait tolérer étaient de l'agneau et du sucre blanc, avec une rotation complexe de certains autres aliments. Elle amène ses propres mets partout où elle va et, inutile de le dire, on ne l'invite pas beaucoup. Bratman note que lorsqu'elle prenait des médicaments, elle n'avait pratiquement aucun symptôme d'asthme, et elle avait une vie. Maintenant tout qu'elle a, c'est un menu. Un autre de ses patients,
qui cherchait la vie éternelle, mangeait jusqu'à douze petits
repas par jour, chacun se composant d'un seul aliment, et il ingurgitait
80 suppléments alimentaires achetés dans des magasins d'aliments
naturels.
Les participants du premier groupe ont été parcimonieusement injectés avec des extraits de nourriture. Ceux de l'autre groupe ont été injectés avec de la solution saline. Ni les médecins ni
les patients ne connaissaient la véritable nature de l'injection.
Les réactions allergènes telles que une respiration bruyante,
un pouls rapide et des douleurs abdominales étaient tout aussi fréquentes
dans le groupe 'salin' que dans le groupe 'substrat d'aliment'. Pratiquement
aucun des sujets n'a réagi franchement à un substrat des
aliments auxquels ils étaient censés être allergiques.
(voulant être probablement mince sans pouvoir l'admettre) Entre ces deux extrêmes,
les dépendants aux aliments préparés et servis rapidement
et les junkies des aliments naturels, une pratique existe toujours que
nous pouvons appeler une alimentation réellement saine. Un
tel menu consiste principalement d'un grand nombre de portions de fruits
et de légumes, un petit peu de poisson ou viande, pas trop de gras
et pas trop de calories. Notre espèce a bel et bien été
florissante sur ce régime pendant 99,9 pour cent de son existence
sur cette planète, mais c'est absolument trop simple pour la plupart
des Américains de nos jours. Nous sommes éblouis par
les options culinaires aujourd'hui disponibles, les revues de gastronomie,
la publicité à la télé et la tapage des champions
de régimes alimentaires nous obnubilant des avantages de leur diète.
En outre, si nous suivions tous un tel programme avec rigueur, imaginez
alors les conséquences économiques ! Les vastes complexes
industriels établis autour des chaînes et franchises de restaurants,
des ranchs de bétail, des imposants champs et entrepôts frigorifiques
de pommes de terre frites surgelées, les suppléments d'aliments
naturels et les nouveaux régimes alimentaires révolutionnaires
qui vous annoncent comment manger tout ce que vous voulez et continuer
à perdre le poids que vous voudriez voir fondre durant la nuit,
s'éclipseraient rapidement, augmentant ainsi la récession
mondiale.
Jerold M. Lowenstein est
professeur de médecine à l'Université de la Californie
à San Francisco.
Au beau milieu des broussailles
de l'Ouest américain, il y avait là un ours brun qui pouvait
soit en prendre soit s'en abstenir. Il entrait dans un bar où
ils vendaient de l'hydromel, une boisson fermentée à partir
du miel, et alors, il prenait seulement deux verres. Puis il mettait
une certaine somme d'argent sur le bar et disait : « Demandez aux
ours dans la salle arrière ce qu'ils veulent prendre ! » et
il s'en retournait à la maison. Mais un jour il s'est mis
à boire tout seul la majeure partie de la journée.
La nuit, il titubait en se rendant à la maison, donnait en entrant
un coup de pied sur le support à parapluies, jetait par terre les
lampes dans le hall, et défonçait les fenêtres avec
ses coudes. Puis il s'écrasait sur le plancher et dormait
là jusqu'à ce qu'il aille se coucher dans son lit.
Son épouse a été énormément déchirée
par cette situation et ses enfants en étaient très inquiets.
Morale: Vous pourriez tout aussi bien tomber face contre terre en essayant de trop vous pencher par en arrière. James Grover Thurber (1894-1961)
In the woods of the Far West there once lived a brown bear who could take it or let it alone. He would go into a bar where they sold mead, a fermented drink made of honey, and he would have just two drinks. Then he would put some money on the bar and say, "See what the bears in the back room will have," and he would go home. But finally he took to drinking by himself most of the day. He would reel home at night, kick over the umbrella stand, knock down the bridge lamps, and ram his elbows through the windows. Then he would collapse on the floor and lie there until he went to sleep. His wife was greatly distressed and his children were very frightened. At length the bear saw the error of his ways and began to reform. In the end he became a famous teetotaler and a persistent temperance lecturer. He would tell everybody that came to his house about the awful effects of drink, and he would boast about how strong and well he had become since he gave up touching the stuff. To demonstrate this, he would stand on his head and on his hands and he would turn cartwheels in the house, kicking over the umbrella stand, knocking down the bridge lamps, and ramming his elbows through the windows. Then he would lie down on the floor, tired by his healthful exercise, and go to sleep. His wife was greatly distressed and his children were very frightened. Moral: You might as well fall flat on your face as lean over too far backward. James Thurber From Fables For Our Time.
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