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| Les
suicidaires
Traduit par Gilles Vinet |
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Les suicidaires Tiré de la revue Clinical Cornerstone Sous le titre : Managing the Suicidal Patient Linda M. Nicholas, MD, MS, Assistant Professor of Psychiatry, and Robert N. Golden, MD, Professor and Chair of Psychiatry, University of North Carolina, School of Medicine, Chapel Hill, North Carolina Résumé
Introduction
70% des gens des gens qui se sont suicidés avaient rencontré leurs médecins dans la période couvrant six semaines avant leur décès. De tous ceux et celles qui tentent un suicide, 35% ont demandé de l'aide médicale durant la semaine précédant leur tentative. C'est assez important pour que tous les médecins de première ligne apprennent à reconnaître les facteurs de risque de suicide, soient en mesure d'évaluer le présent risque de leurs patients, soient capables de comprendre les différents diagnostics de troubles de l'humeur et de la personnalité, et de développer des approches efficaces et appropriés de traitement. Évaluation du risque
Il faut mettre un bémol
à cette différenciation entre les tentatives et les réussites,
puisqu'il faut reconnaître que plusieurs personnes après avoir
fait une tentative, et surtout si elles ne reçoivent pas une aide
adéquate, peuvent finir par se tuer même plusieurs années
après leur première tentative de suicide.
Facteurs épidémiologiques de risque Âge : En général, le risque de suicide augmente avec l'âge plaçant les personnes du troisième âge devant un risque significatif plus élevé. Les sommets statistiques pour les hommes âgés de > 45 ans et chez les femmes lorsqu'elles dépassent les 55 ans. Bien que le taux de suicide aux Etats-Unis, en moyenne au XXe siècle, a atteint12.5 personnes par 100,000 habitants, celui des hommes de > 65 ans est de 40 par 100,000 habitants; le taux de suicide des personnes de > 75 ans est encore plus haut. Les personnes âgées représentent 10% de la population en général mais nous y retrouvons 25% des suicides. La dépression et l'alcoolisme sont deux conditions médicales et psychiatriques qui sont le plus fréquemment associées au suicide chez les personnes du troisième âge. (Tableau I). Aux États-Unis, le suicide chez les adolescents a augmenté et la fréquence s'est multipliée par trois au cours des trente dernières années. Chez les 15 à 19 ans le suicide est la troisième cause en importance de décès suivant les accidents et les homicides de près. Plusieurs facteurs semblent mettre les adolescents plus à risque de mettre fin à leurs jours comme des comportements autodestructeurs et impulsifs, des troubles de l'humeur demeurés non soignés (spécialement la dépression et le trouble bipolaire), l'accès à des armes ou à des moyens létaux et l'abus de substances psychotropes (drogues). L'utilisation d'armes est la méthode la plus fréquente employée lors des suicides réussis chez les enfants et les adolescents : deux tiers des suicides des garçons et près de la moitié des suicides chez les filles. Sexe : Les hommes se suicident de 2.5 à 4 fois plus fréquemment que les femmes alors que les femmes tentent de se suicider deux à trois fois plus souvent que les hommes. Cependant, les tentatives des hommes peuvent passer pour d'autres actes autodestructeurs ou des accidents automobiles. La prédominance masculine dans la réussite des suicides vient du fait qu'ils utilisent des moyens plus létaux et violents et qu'ils sont plus souvent intoxiqués. Origine ethnique et rôle du milieu. . Aux États-Unis, le suicide est plus élevé chez les blancs, suivis des autochtones, des noirs, des Américains d'origine hispanique et asiatique. Cependant, le suicide a augmenté chez les jeunes hommes de race noire. Le suicide chez les jeunes vivant en milieu urbain est plus élevé que chez la population à travers le pays. Les immigrants sont aussi à risque puisque leurs suicides dépassent les taux de suicide tant ceux de leurs pays d'origine et que celui de leur terre d'adoption. État marital. Les personnes mariées ont le plus bas taux de suicide. Pour les célibataires, le taux est deux fois plus élevé, alors que le taux des personnes divorcées, séparées ou en veuvage est de quatre à cinq fois plus élevé.. Emploi. Le travail semble être un facteur protégeant contre le suicide, probablement à cause du sentiment d'avoir accompli quelque chose d'utile et de l'augmentation des interactions sur le plan social qu'un emploi procure. Le taux de suicide augmente avec la déconfiture sur le plan économique et un haut niveau de chômage. Aux États-Unis, les plus hauts taux de suicide furent enregistrés lors de la Grande Dépression Liens neurobiologiques. Les facteurs biologiques peuvent jouer un rôle en instituant un vestibule d'entrée pour la violence, les comportements impulsifs et le suicide. La recherche semble indiquer que divers groupes sous diagnostic des quantités moindres de sérotonine sont liés à des comportements suicidaires. De faibles concentrations d'un métabolite de la sérotonine (acide 5-hydroxy-indoleacétique — 5-HIAA) dans le fluide de la colonne cérébrale et un blocage des réactions de la prolactine devant une menace de fenfluramine ont été découverts chez des patients qui avaient fait des tentatives suicidaires. Et des études à la suite d'autopsie des personnes qui avaient réussi leur suicide ont démontré des changements significatifs aux niveaux pré synaptique et post synaptique des récepteurs de sérotonine lorsque comparés à des groupe de contrôle de personnes décédées d'autres causes. De plus, la recherche scientifique a démontré que de faibles concentrations de ce métabolite de la sérotonine (acide 5-hydroxy-indoleacétique — 5-HIAA) dans le fluide de la colonne cérébrale pourrait servir à anticiper de futurs actes suicidaires. De bas niveaux de sérums de cholestérol sont aussi liés au suicide et aux tentatives suicidaires dans bien des études. Les essais cliniques pour réduire le taux de cholestérol chez des patients souffrant de maladies coronariennes ont eu pour résultat une augmentation du taux de suicide. Facteurs individuels de
risque.
État mental actuel. Une évaluation approfondie de l'état mental est d'une extrême importance dans l'évaluation de chaque patient à risque potentiel de suicide. Il faudrait porter une attention toute spéciale aux idéations, aux humeurs, aux affects et facteurs qui prédisposent à des comportements impulsifs. Pensées suicidaires,
intentions et plans. Quand nous évaluons le risque pour un patient
de s'auto-mutiler ou de se suicider, c'est d'une extrême importance
de s'enquérir directement de ses pensées au sujet de la mort
ou du suicide. Les idéations suicidaires peuvent aller d'aléatoires
à persistants et envahissants. Quand des idéations suicidaires
sont présentes, tout intervenant ou professionnel de la santé
devrait aussi questionner la famille du patient et d'autres personnes significatives
dans sa vie s'il y a lieu, en ce qui concerne des messages leur faisant
part de ses intentions, de projets ou de desseins.
Affectivité/Humeur. La tristesse, le désespoir et l'isolement prédisposent un patient aux idéations suicidaires beaucoup plus que la colère. Le niveau de désespoir d'un patient doit être évalué. Le désespoir (la détresse, la lassitude, etc.) est le symptôme le plus lié au risque suicidaire qui perdure (à long terme). Ces patients qui ont baissé les bras et qui ne peuvent pas voir de lumière au bout du tunnel représentent un risque évident. La qualité de relation et de communication entre l'intervenant (le médecin, le professionnel de la santé, etc.) et son patient est aussi très importante. Le fait qu'un patient soit refermé sur lui-même et ne communique pas devrait indiquer à l'intervenant la détresse de ce dernier beaucoup plus qu'avec un patient chaleureux qui partage son vécu. Un autre drapeau signalant le risque devrait se dresser lorsque le patient parle de son désir de communiquer avec des défunts, des proches décédées. Anxiété. La présence de graves angoisses, d'agitations ou d'insomnies augmente les risques de suicide à court terme. Dans une recherche, la présence d'anxiété a été un indice fiable de suicides, 93% se produisant durant la première année du diagnostic d'un trouble majeur de l'affectivité, et le risque est proportionnel à la gravité de la condition (anxiété). Les troubles du sommeil sont un symptôme de troubles psychiatriques graves (particulièrement les troubles de l'humeur et de l'anxiété) et les personnes atteintes sont plus à risque de se suicider. L'agitation (surexcitation, tracas, soucis, inquiétudes) est un autre état qui semble augmenter le risque d'auto mutilation ou de suicide. Un effet secondaire fréquent de certaines drogues psychotropes dont les antipsychotiques et les antidépresseurs, l'acathisie (ou akathisie (impossibilité de rester immobile et de conserver d'une manière prolongée une position, même confortable, des membres inférieurs) est aussi une forme sérieuse d'agitation. Comportements impulsifs.
Les comportements impulsifs se voient souvent dans les cas de désordres
psychiatriques particulièrement dans le trouble bipolaire, certains
troubles de la personnalité et des troubles d'abus de substances
psychotropes augmentent le risque de suicide. Certains patients, spécialement
chez les femmes, peuvent hésiter à divulguer de tels comportements.
Psychose. La présence de symptômes psychotiques est un facteur de risque important de suicide. Certains patients atteints de psychose peuvent vivre des épisodes de délire de persécution desquels ils cherchent à sortir ou fuir, ou encore ils peuvent recevoir des ordres les enjoignant de se tuer eux-mêmes. Maladie physique. Les patients, qui vivent un trouble de l'humeur ou une psychose à cause de problèmes médicaux, sont plus à risque de chercher à s'estropier ou à mettre fin à leurs jours. Dans les cas de délire en phase aiguë, l'insight et le jugement sont typiquement affectés. Un traumatisme cérébral causé par une maladie comme un accident cardiovasculaire peut mener à la dépression et peut même endommager les régions du cerveau nécessaires pour mettre en oeuvre son esprit d'initiative, sa raison et son contrôle sur ses pulsions. Historique L'évaluation du risque
suicidaire doit nécessiter un historique du patient sur le plan
psychiatrique et médical, les tentatives antérieures de suicide
et un historique concernant les domaines familiaux et sociaux.
À un moment donné dans leurs vies, 25 % à 50 % des patients atteints de trouble bipolaire tentent de se suicider. Les patients bipolaires sont plus à risque durant les changements rapides de leurs humeurs au début ou à la fin d'un épisode de dépression et quand ils sont simultanément dépressifs et maniaques (périodes aux humeurs doubles). L'irritabilité, l'insomnie, l'agitation, le non respect des médications et la comorbidité par l'abus de substances psychotropes augmentent le risque de suicide durant les phases hypomaniaque, maniaque et double. L'anxiété et les troubles de panique sont aussi importants comme facteurs de risque à court terme de suicide. Ce qui nous inquiète le plus c'est lorsque les crises de panique sont associées à des sentiments de désespoir. Les données de "National Institutes of Health Epidemiologic Catchment Area" indiquent que 20 % des personnes avec des troubles de panique ont fait une tentative de suicide. Dans une autre recherche, 7 % des personnes atteintes de simples troubles de panique sans comorbidité ont tenté à leurs jours dans le cours de leur vie. Chez les patients atteints de troubles de panique sont aussi atteints de dépression (comorbidité), le risque augmentait jusqu'à 19 %. L'évaluation du risque suicidaire chez les patients atteints de troubles de l'anxiété devrait aussi inclure une vérification qui permettrait d'évaluer s'il n'y a pas une dépression qui ajouterait au risque. Chez les patients ayant un syndrome de stress post-traumatisme, la culpabilité du survivant est associée au suicide. Le suicide est la principale cause de décès prématuré (approximativement 10 %) chez les patients schizophrènes. Les suicides se produisent habituellement dans la première année de la maladie et les patients schizophrènes qui se suicident sont généralement plus jeunes que les autres groupes de suicidaires. Près d'un tiers des suicides des patients schizophrènes se produisent dans les deux premières semaines suivant leur sortie de l'hôpital et un autre tiers se produit durant sa période d'hospitalisation. Près de 75 % des personnes schizophrènes sont des hommes célibataires. Bien qu'un petit pourcentage seulement peut avoir un délire hallucinatoire comprenant des voix ou des ordres, le risque est plus élevé quand ces symptômes ne sont pas présents, révélant probablement la douloureuse reconnaissance de l'étendue de leur maladie. Les symptômes de dépression chez les patients schizophrènes sont étroitement liés au suicide. La présence soit d'abus d'alcool ou de drogues augmente le risque de suicide. La majorité des alcooliques et des dépendants ont des idéations suicidaires, et c'est plus fréquent à la fin de leur période d'intoxication quand ils relèvent de leur brosse. L'abus d'alcool et la dépendance aux substances psychotropes (ce qui inclut l'alcoolisme) sont associés à 25 % à 50 % des suicides et la dépression suit en deuxième position comme lien avec le suicide. La comorbidité de l'alcoolisme et de la dépendance avec tout autre trouble psychiatrique augmente grandement le risque suicidaire. Les comportements impulsifs, la "parasuicidalité" et le suicide sont caractéristiques des personnalités borderline et antisociale. Plusieurs individus s'auto-mutilent pour échapper aux éléments stressants de certaines situations. Bien que les personnes atteintes de troubles antisociaux ou de personnalité limite (borderline) soient plus souvent portés à devenir des personnes qui tentent des suicides à répétition plutôt que des gens qui les réussissent, le taux de décès par suicide de ces deux groupes se situe entre 5 % et 8 %, respectivement. Plusieurs recherches ont confirmé le fait que la présence d'une maladie physique augmente le risque de tentative suicidaire. Chez les personnes qui ont réussi leur suicide et qui étaient âgées de plus de 50 ans, la maladie physique joue un rôle prédominant dans leur motivation à commettre leur suicide. Les patients atteints du SIDA ont un taux de suicide supérieur de 20 % de celui de la population en général. Parmi les facteurs qui peuvent augmenter le risque suicidaire chez les patients atteints de maladies physiques nous pouvons retrouver tout maladie psychiatrique (comorbidité) ou toute dépendance aux substances psychotropes, des douleurs chroniques, la menace de pertes financières ou le sentiment d'être un fardeau. Les patients suicidaires ayant une maladie grave ou mortelle souffrent souvent d'un trouble de dépression qui peut se soigner efficacement. Souvent, chez les adolescents, le suicide se produit après un événement accablant. Ils peuvent avoir vécu un rejet (une séparation amoureuse), une situation où ils ne se sentaient pas acceptés, une crise disciplinaire ou un échec dans leurs études. Cependant, les individus en santé s'adaptent à ces éléments stresseurs et à ces déceptions sans pensées d'automutilation. Les personnes qui réagissent à ces événements avec des comportements suicidaires ont besoin d'être évaluées pour vérifier s'il n'y a pas de trouble psychiatrique latent et avec lequel nous pouvons intervenir. Historique de tentatives suicidaires. Un historique de tentatives suicidaires augmente de manière significative le risque de compléter un suicide durant le reste de la vie d'un patient. 60 % des suicides complétés sont précédés de tentatives et un tiers de ceux et celles qui font une tentative répètent leur tentative dans les deux ans qui suivent la première. Huit fois plus de personnes tentent un suicide plus que les personnes qui le réussissent. Les méthodes et moyens utilisés antérieurement peuvent nous donner des indices sur les intentions du patient et nous aide à prédire la létalité des futures tentatives. Historique familiale. Un historique familial de suicide augmente le risque de tentatives et de suicides à travers la panoplie des divers groupes de la population. Des groupes de jumeaux et de personnes adoptées nous démontrent la possibilité d'une transmission génétique de la suicidalité, indépendante de sa relation avec les maladies mentales. Cela peut dépendre du fait que la prédisposition génétique envers le suicide et les tentatives suicidaires est reliée à une inhabilité à gérer ses pulsions et comportements impulsifs. . Historique social. Les facteurs
sociaux qui prédisposent au suicide entre autres sont la mort récente
et subite d'un parent, des abus physiques et sociaux subis durant l'enfance,
et de l'isolement.
Approches de gestion de
cas et de traitement
Assurer la sécurité
Quand nous devons prendre la décision d'hospitaliser un patient suicidaire, nous devons prendre en considération non seulement les facteurs individuels mais aussi son système de support et de soutien, ses conditions d'hébergement et la faisabilité et la sécurité des autres membres de sa famille, comme un traitement en externe intensif en impliquant d'autres adultes parmi les êtres significatifs entourant le patient, des amis, de colocataires, un membre du clergé ou d'autres intervenants et professionnels de la santé). Cependant, nous devons nous rappeler cette règle d'or que peu importe les préférences du patient, les désirs de la famille ou des restrictions logistiques, c'est la sécurité qui doit passer en premier. Si c'est nécessaire et indiqué, nous devons considérer une hospitalisation forcée et contre son gré. Passons en revue et modifions ce que nous pouvons changer dans son environnement, réduisant l'accessibilité à des moyens létaux pour le patient. Faisons des arrangements pour le retirer de son appartement, de sa maison ou d'ailleurs les drogues ou les armes auxquels il peut avoir accès. Assurons-nous que le patient ne peut se procurer des armes à feu. Établissons des contrats ou pactes anti-suicide entre le patient et son intervenant primaire afin de prévenir toute tentative et que le patient puisse communiquer avec son intervenant s'il devait développer un plan ou des projets formels — ce stratagème est utile dans certaines situations où le patient a établi une alliance thérapeutique avec son intervenant, sans toutefois devenir soumis à ce dernier. De tels contrats ou ;pactes servent souvent à rendre l'intervenant de se sentir mieux plutôt qu'être vraiment utile au patient. Nous devons nous rappeler que le suicide est la plupart du temps un acte irrationnel. S'occuper du diagnostique
et traiter ce qui est encore latent .
Stabilisateurs de l'humeur.
Il y a de plus en plus de preuves établies concernant le lithium
et son action prophylactique contre le suicide dans les cas de dépression
et de syndrome bipolaire et de trouble schizoaffectif. Les effets anti-suicidaires
du lithium peuvent être un effet secondaire à l'activité
sérotonique et à la stabilisation de l'agitation et de l'agressivité.
Le traitement au lithium doit être supervisé attentivement
à cause de son faible écart thérapeutique et de la
difficulté des patients à se complaire de cette médication
et à suivre la dose prescrite.
Antidépresseurs. Les
inhibiteurs sélectifs de sérotonine (SSRI) sont efficaces
dans le traitement de la dépression et de certains troubles de l'anxiété,
et il y a des preuves de leur habileté à améliorer
l'impulsivité et l'irritabilité. Ces SSRI ont un excellent
profil de sécurité contrairement aux antidépresseurs
tricycliques et aux inhibiteurs d'oxidase monoamine. Cependant, n'oublions
pas que les effets secondaires initiaux peuvent inclure une augmentation
de l'agitation et de l'insomnie ; alors, il peut être sage de prescrire
une dose moins forte et d'ajouter un agent temporaire (ex.: trazodone)
pour améliorer le sommeil au début du traitement .
Antipsychotiques. Les médicaments antipsychotiques amènent des bénéfiques substantiels pour les patients qui requièrent leur utilisation mais leurs effets secondaires potentiels doivent être pris en considération. Le contrôle des symptômes psychotiques réduit le risque suicidaire. Cependant, certains de ces agents médicamenteux, tels que les plus vieux antipsychotiques, peuvent induire un état comme l'akathisie (impossibilité de rester immobile et de conserver d'une manière prolongée une position, même confortable, des membres inférieurs). La nouvelle génération d'antipsychotiques comme le clozapine, l'olanzapine, et le quetiapine sont préférables sous cet angle. Interventions psychologique et psychosociale. Quelquefois, la psychothérapie cognitive behaviorale ou la thérapie d'intervention de crise peuvent être un ajout très utile à toutes ces approches pharmacologiques. Il est important d'offrir une réadaptation d'hébergement et de préparation à l'emploi comme support psychologique pour les patients schizophrènes et pour les autres atteints de maladies psychiatriques chroniques. Ces interventions peuvent aider les patients à éviter le désespoir associé à la chronicité et à la progression de leur maladie. Prévention du suicide Malheureusement, bien que les données épidémiologiques aident à identifier les groupes présentant des risques suicidaires, c'est encore impossible d'anticiper ou de prédire le suicide chez les individus. Les campagnes publicitaires (incluant celles destinées aux adolescents), la formation des éducateurs et l'évaluation de la dépression et des troubles de l'anxiété sont utiles potentiellement comme mesures de prévention et peuvent servir à augmenter l'éveil de la population aux facteurs de risque suicidaire et aux symptômes des diverses maladies mentales. Limiter l'accès aux armes à feu est tout aussi important. En plus de se familiariser avec les risques de suicide, le public et les intervenants et professionnels de la santé doivent comprendre que des idéations d'auto-mutilation et des comportements suicidaires sont liés intimement à de graves maladies mentales. Les médecins devraient pouvoir reconnaître et promptement réagir en traitant ces divers troubles psychiatriques spécifiques. Rappelons-nous que la majorité de personnes qui se suicident ont visité un médecin durant les semaines avant leur décès. C'est assez important d'identifier les périodes les plus périlleuses comme (a) quand la dépression commence à s'améliorer; (b) quand des patients atteints de maladies chroniques reçoivent des nouvelles décourageantes concernant le pronostique de leur condition. (c) quand le fardeau financier d'une famille à la suite de problèmes psychiatriques ou médicaux augmente (d) quand le patient entre dans la phase post hospitalisation (e) quand la famille se disperse après s'être investi contre un grave problème et (f) après toute perte, deuil important ou événement tragique majeur. [Clinical Cornerstone 3(3):47-57, 2001 © 2001 Excerpta Medica, Inc.] Résumé et points importants C'est important que tous les professionnels de la santé deviennent habiles à reconnaître les facteurs de risque menant au suicide, à évaluer diligemment le risque d'un patient, à comprendre les différents diagnostics et à développer une approche de traitement. Bien que les facteurs de risque épidémiologiques soient certainement utiles pour cibler le potentiel suicidaire et la nécessité de faire de la prévention auprès de certains groupes de la population, les facteurs que nous savons influencer un individu sont les plus déterminants lorsque nous devons évaluer le risque suicidaire chez un patient en particulier. Le plus grand facteur de risque du suicide est la présence d'un trouble psychiatrique. Plusieurs recherches ont déjà confirmé l'hypothèse que la maladie physique augmente aussi le risque de tentative suicidaire. Les deux plus grandes considérations dont il faut tenir compte lorsque nous avons sous nos soins un patient suicidaire sont a) assurer sa sécurité et b) diagnostiquer et traiter le trouble psychiatrique sous-jacent. Les troubles psychiatriques devraient être traités agressivement toujours en gardant à l'esprit les limites thérapeutiques des agents psychotropes prescrits. Managing the Suicidal Patient
[Clinical Cornerstone 3(3):47-57, 2001 © 2001 Excerpta Medica, Inc.]
Question
: Quatre-vingt-dix (90)pour cent des gens qui ont réussi un
suicide sont atteints de problèmes psychiatriques graves. Qu'en
est-il des autres dix (10) %?
Question
: Comment le pronostic diffère-t-il entre les patients ayant de
graves troubles psychiatriques et ceux et celles qui n'en n'ont pas?
Question
: Pouvez-vous donner quelques exemples de comportements impulsifs de son
passé qui permettraient d'identifier une personne plus à
risque de se suicider?
Question
: Comment est-ce que le développement d'un état comme l'akathisie
(impossibilité de rester immobile et de conserver d'une manière
prolongée une position, même confortable, des membres inférieurs
par des médicaments) peut être significatif et déterminant
pour influer sur un risque suicidaire?
Question
: Est-ce que l'augmentation du risque suicidaire chez les patients parasuicidaires
se résorbe avec la répétition de ces gestes et rituels
suicidaires?
Question
: Quelle est la nature de la requête du patient qui pousse 35 % des
patients suicidaires à voir leur médecin de famille dans
la période de six semaines avant de passer à l'acte?
Malheureusement, même
aujourd'hui dans une société très éveillée
et informée, les gens sont encore gênés et honteux
de parler de maladie mentale et surtout très embarrassés
à ce sujet que de parler d'autres maladies. Cela m'invite à
supposer qu'après que ces patients sont entrés dans le bureau
du médecin, c'est dur pour eux d'amener ce sujet. Alors au lieu
de parler de symptômes spécifiques, ils présentent
des problèmes physiques non spécifiques comme la fatigue,
une baisse d'énergie ou encore la grippe et la vraie raison de leur
visite n'est pas abordée à moins que le médecin soupçonne
une dépression et s'informe si son patient a des idées suicidaires.
Question
: Sachant aujourd'hui que la peur d'une mort éminente est un signe
de crise de panique, il semble contraire à toute réflexion
intelligente de soutenir que de tels patients courent un risque suicidaire
plus grand que d'autres. Comment réconciliez-vous ce paradoxe?
Question
: Que devrait être le suivi idéal pour un patient suicidaire
qui ne requiert pas d'hospitalisation?
Question
: Qu'est-ce qui détermine le risque dans la période de suivi?
Question
: Pourriez-vous élaborer sur ce qu'est l'association familiale au
niveau du suicide?
Un
article à l'origine publié sous le titre MANAGING THE
SUICIDAL PATIENT
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