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Alcool et Tabac NIAAA — Institut national sur l'abus d'alcool et l'alcoolisme No 39 de janvier 1998 De vastes recherches scientifiques
soutiennent ce que la plupart des gens ont toujours remarqué : "les
fumeurs boivent et les buveurs fument". De plus, les plus forts consommateurs
d'alcool sont aussi les plus forts consommateurs de tabac. L'utilisation
simultanée de ces drogues pose une menace sérieuse pour la
santé publique. Une enquête sur des personnes traitées
pour l'alcoolisme et d'autres toxicomanies a révélé
que 222 de 845 sujets étaient morts au cours d'une période
de 12 ans ; un tiers de ces morts a été attribué à
des causes concernant l'alcool et la moitié a été
liée à la consommation de nicotine (1).
La co-occurrence de l'alcoolisme et du tabagisme Entre 80 et 95 pour cent des alcooliques fument la cigarette (2), un taux qui est trois fois plus haut que dans l'ensemble de la population. Approximativement 70 pour cent des alcooliques sont des grands fumeurs (c'est-à-dire, fument plus qu'un paquet de cigarettes par jour), comparé avec 10 pour cent de la population en général (3). Boire pousse les gens à fumer plus que le fait de fumer influence le goût de boire. Néanmoins, c'est aussi 1.32 fois plus plausible pour les fumeurs de consommer de l'alcool que ce ne l'est pour les non-fumeurs (4). La plupart des consommateurs adultes d'alcool ou le tabac ont d'abord essayé ces drogues pendant les premières années de leur adolescence (5). Chez les alcooliques fumeurs, le début de leur consommation régulière de cigarette précède typiquement le début de leur alcoolisme de plusieurs années, bien que ces données apparaissent inconséquentes (6). Les adolescents qui commencent à fumer sont 3 fois plus portés de commencer à boire de l'alcool (7) et il est vraisemblable que l'alcoolisme se développe chez les fumeurs 10 fois plus que chez les non-fumeurs (6). Pourquoi l'alcool et le tabac sont-ils consommés ensemble? Les hypothèses concernant les mécanismes qui se produisent lors de l'utilisation simultanée d'alcool et de tabac tombent de vastes catégories mais non exclusives : chacune des drogues peut augmenter les effets désirables de l'autre, ou chacune peut diminuer le toxique ou les effets désagréables de l'autre. Ces interactions impliquent les processus de renforcement ou de tolérance, comme c'est décrit ci-dessous. (Une troisième possibilité - une drogue peut modifier le métabolisme de l'autre, affectant ainsi son absorption, distribution, ou son élimination du corps - n'a pas été établie de manière convaincante [8].) Renforcement. Le renforcement se réfère aux processus physiologiques par lesquels un comportement - comme la consommation d'une drogue - devient une habitude. Un processus clé dans le renforcement pour quelques drogues se produit quand les cellules nerveuses sécrètent de la dopamine comme messager chimique dans un secteur du cerveau appelé le noyau accumbens à la suite de consommation de drogue (9). La nicotine est l'ingrédient primaire du tabac qui déclenche le renforcement. Après avoir atteint le cerveau, la nicotine active un groupe de protéines appelées des récepteurs nicotiniques. Ces protéines que nous retrouvons à la surface de certaines cellules cérébrales, règlent normalement une série de fonctions physiologiques, dont certaines peuvent contribuer à certains aspects du renforcement. En fin de compte, la nicotine provoque l'excrétion de dopamine dans le noyau accumbens (5). La consommation d'alcool mène aussi à l'excrétion de dopamine, bien que le mécanisme par lequel l'alcool produit cet effet ne soit pas complètement saisi (10,11). Tolérance. La tolérance est la sensibilité diminuée à un effet donné d'une drogue (ou d'un médicament) et une augmentation des doses est nécessaire pour atteindre le même effet. L'administration à long terme de nicotine chez les animaux peut porter vers la tolérance à certains effets de renforcement de l'alcool et l'abus chronique d'alcool augmente la tolérance à plusieurs effets de nicotine (8). Une telle tolérance mutuelle pourrait mener à une augmentation du niveau de consommation des deux drogues pour essayer de retrouver les anciens niveaux de récompense ou de gratification. De plus, la tolérance mutuelle peut se développer aux effets désagréables ou aversifs de ces drogues. Par exemple, les fumeurs peuvent couper dans leur consommation de tabac quand ils commencent à ressentir ses effets désagréables (par exemple, lorsqu'il y a élévation du taux de pulsations cardiaques, de la nervosité). Les effets sédatifs de l'alcool peuvent atténuer ces effets de nicotine, facilitant l'utilisation continue de tabac (12). Au contraire, les effets de stimulation de la nicotine peuvent atténuer la perte de vigilance incitée par l'alcool (8). Les études sur les
animaux soutiennent de telles conclusions concernant ces interactions.
Par exemple, l'alcool semble inciter la perte de coordination physique
chez les souris en bloquant les récepteurs nicotiniques au niveau
du cervelet, partie du cerveau responsable de la coordination du mouvement
et de l'équilibre.
Quel est le risque de cancer lié à la consommation d'alcool et de tabac? Fumer et boire abusivement de l'alcool sont deux facteurs de risque pour des problèmes cardiovasculaires, des maladies du poumon et pour plusieurs formes de cancer. Les risques de cancer de la bouche, de la gorge ou de l'œsophage pour un buveur-fumeur sont plus élevés que la somme des risques posés par ces deux drogues individuellement (2). Par exemple, comparés avec le risque pour des personnes abstinentes non-fumeurs, les risques relatifs approximatifs pour le cancer de la bouche et de la gorge de se développer sont 7 fois plus grands pour ceux qui emploient du tabac, 6 fois plus grands pour ceux qui emploient de l'alcool et 38 fois plus grands pour ceux qui emploient et du tabac et de l'alcool (16). Comment la consommation d'alcool et de tabac augmente-t-elle le risque de cancer? Environ 4,000 substances chimiques sont produites par les réactions chimiques qui se produisent sous la chaleur intense d'une cigarette brûlante (17). Un groupe de ces produits chimiques, collectivement connus sous le terme goudron, est porté jusqu'aux poumons par l'inhalation de la fumée de tabac. Le système sanguin distribue ensuite ces diverses composantes du goudron partout dans le corps. Certaines enzymes qui se trouvent principalement dans le foie (c'est-à-dire des enzymes des microsomes) convertissent quelques ingrédients de goudron en produits chimiques qui peuvent causer le cancer. La consommation d'alcool à long terme peut activer quelques enzymes de ces microsomes, augmentant énormément leur activité et contribuant aux formations cancéreuses liées au tabagisme (18,19). Ces enzymes des microsomes
se trouvent non seulement dans le foie, mais aussi dans les poumons et
le tube digestif, qui sont les portes d'entrée principales de la
fumée de tabac. L'œsophage peut être notamment susceptible,
parce qu'il manque d'un mécanisme efficace pour se débarrasser
de ces substances toxiques produites par des enzymes activées par
les microsomes (20). Compatibles avec ces observations, on a démontré
que l'alcool pouvait promouvoir des tumeurs œsophagiennes chez les animaux
de laboratoire exposés simultanément à ces composantes
spécifiques de goudron (18,19).
Traitement de l'alcoolisme pour les alcooliques fumeurs Jusqu'à récemment, les professionnels de traitement d'alcoolisme ne se posaient généralement pas la question de la cessation de la nicotine, en grande partie à cause de la fausse croyance que le stress supplémentaire de cesser de fumer mettrait en danger le rétablissement d'un alcoolique (21). La recherche n'a pas confirmé
cette opinion. Une étude a évalué le progrès
des résidants dans un centre de traitement en réadaptation
d'alcooliques qui subissaient concurremment le programme normal et un programme
de cessation de la nicotine (le groupe expérimental) (6). Un groupe
de comparaison d'alcooliques fumeurs a participé au même programme
de traitement de l'alcoolisme, mais sans subir le programme de cessation
de fumer. Un an après le traitement, les résultats ont indiqué
que le programme de cessation de fumer n'avait aucun effet sur l'abstinence
de l'alcool ou d'autres drogues. De plus, 12 pour cent des sujets dans
le groupe expérimental avaient arrêté de fumer, mais
aucun des sujets n'avaient cessé dans le groupe de comparaison.
Après ces progrès
significatifs enregistrés par d'autres programmes de traitement
en réadaptation, beaucoup d'équipes de traitement de diverses
dépendances ont opté pour des programmes sans fumée,
qualifiés d'"expérience naturelle". Des évaluations
initiales sur l'efficacité de programmes de rétablissement
doubles. suggèrent que la politique sans fumée est faisable
dans ce type de traitement en réadaptation (24). Cependant, aucune
étude de résultat n'a été exécutée
et des recherches complémentaires sont nécessaires.
Alcool et Tabac - Commentaires par le directeur de la NIAAA, Enoch Gordis, M.D. L'alcool et le tabac sont
fréquemment consommés ensemble, peuvent partager des certaines
aires cérébrales où la dépendance a pris naissance
et se maintient en vie. C'est ce qui amène de nombreuses conséquences
sociales et concernant la santé, séquelles et répercussions
qui sont une source ininterrompue de débat de politique publique
et nationale.
Finalement, la société
a essayé de réduire au minimum les conséquences d'utilisation
de l'alcool ainsi que celles liées au tabac par des gestes concrets
de politique publique, y compris des étiquettes avertissant les
fumeurs des risques inhérents, des restrictions sur la publicité
et des restrictions concernant l'âge de consommation. Contrairement
au tabac, cependant, l'utilisation modérée d'alcool a fait
partie des recommandations concernant le traitement de certaines maladies.
Les implications de ce boire modéré sont discutées
dans Alcohol Alert No. 16, "Moderate Drinking" qui peut être trouvé
sur le site Web de la NIAAA http://www.niaaa.nih.gov
Références (1) Hurt, R.D.; Offord, K.P.;
Croghan, I.T.; et al. Mortality following inpatient addictions treatment:
Role of tobacco use in a community-based cohort. JAMA 275(14):1097-1103,
1996.
L'original en anglais est
disponible sur le site de la NIAAA : http://www.niaaa.nih.gov/
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