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La souffrance : chemin qui mène à la sagesse Revue de livre par Phylameana lila Desy: After the Darkest Hour : How Suffering Begins the Journey to Wisdom Auteur: Kathleen A. Brehony, PH.D. ISBN : 0805064354 Éditeur : Henry Holt & Company Ce livre est centré
sur nos attitudes et nos réactions dans des moments difficiles à
vivre que ce soit une maladie, un divorce, une perte d'emploi, et comment
elles peuvent renforcir ou affaiblir notre caractère. Finalement,
le message que le livre nous apporte est que nous devons choisir des affirmations
qui vont y mettre fin et nous permettre de progresser et d'atteindre un
niveau de sagesse et de grand bonheur.
À la page 164, Mme
K. Brehony décrit huit systèmes spécifiques de croyances
qui sont vécues à la suite d'une souffrance. Puis elle nous
aide à identifier nos propres croyances et nous donne des suggestions
sur la façon de changer notre vision, et par le fait diminuer notre
souffrance.
Je me suis vue en train de
hocher la tête en accord avec bien des idées exprimées
dans ce livre et je me suis surprise en train d'en intégrer une.
L'auteur Kathleen A. Brehony,
PH.D. une psychothérapeute qui semble être de l'école
de Jung.. est aussi l'auteur du livre Awakening at Midlife and Ordinary
Grace
adresse URL de cet article de Phylameana lila Desy : http://healing.about.com/library/weekly/aa001130a.htm Court extrait du livre
After the Darkest Hour
Le Changement : L'ordre naturel Le philosophe grec Héraclite
écrivait : "Il n'y a aucun homme qui met le pied dans la même
rivière deux fois, puisque ce n'est pas la même rivière
et il n'est plus le même homme." Comme les flots de la plupart des
rivières sont en constant mouvement et changement, nous le sommes
nous aussi. Ce n'est pas qu'une image ou une figure de style. Littéralement
presque toutes les cellules de notre corps vont être remplacées
par de nouvelles dans le courant de l'année. Les feuilles des arbres
tombent, les saisons nous montrent leurs visages colorés de neige
et de soleil. Les enfants deviennent de petites filles (et de petits garçons),
des femmes (des hommes) et de vieilles dames (de vieux bonhommes) et la
mort semble notre destination ultime. Voici l'aspect pervers de tous ces
changements.
Nous vivons aujourd'hui comme si nous n'allions jamais avoir l'obligation de quitter quoi que ce soit, comme si les choses étaient pour demeurer telles qu'elles sont là maintenant, pour toujours. Alors, quand nous faisons l'expérience, que nous appelons souvent négative, de la maladie, de la mort d'un être proche, d'un divorce, ou lorsque nous recevons une cessation d'emploi, lorsque nous vivons un recul sur le plan financier, nous ne pouvons croire que ça nous arrive vraiment à nous. Même si vous êtes en train de lire ceci (ou même pendant que je l'écris !) nous pouvons tous être en train de faire des compromis, des tractations avec les plus grandes puissances : "Bien, tout va bien à condition que cette perte de revenus ne dérange pas ma relation de couple que je vis avec ma bien-aimée." Que nous remplissions la ligne par notre conjointe bien aimée, par le nom d'un animal favori, notre statut financier ou notre sécurité sur le plan professionnel, nous pouvons avoir de la difficulté et nous refusons d'accepter la vérité à propos de cette perte et de la vie en général. Et nous nions et écartons
l'idée d'accepter cette non pérennité de toutes choses,
et c'est pourquoi nous nous sentons écrasés lorsque la vie
nous donne un de ses coups bas et inévitables. Ce n'est pas un hasard
que nous hurlions à chaque fois que cela se produit : "Pourquoi
moi?" Malgré toutes les grâces qui nous ouvrent à l'acceptation
de la vraie nature de notre réalité, plusieurs d'entre nous
désirent que la vie demeure "pareille comme avant", prédictible,
claire et sécuritaire. Comme les citoyens de la ville fictive de
Pleasantville dans de vieilles émissions télé des
années cinquante, nous allons résister à tout ce qui
est nouveau, qui n'a pas subi le test de l'usure du temps ou qui n'a pas
été prouvé. Nous ne voulons pas que nos vies subissent
quelques changements ou qu'elles soient menacées d'en subir dans
le futur. Nous supposons que les choses sont bien comme elles sont, surtout
si elles sont prédictibles et bien définies. En désirant
demeurer dans un terrain connu, sécuritaire, nous allons adhérer
à des patterns, des idées et des façons d'être
que nous allons trouvé, par la force des choses, difficiles à
abandonner malgré le fait que nous reconnaissons qu'ils ne peuvent
se plier à la réalité de nos vies. Certains d'entre
nous essayons d'anesthésier nos peurs avec des substances psychotropes,
de l'alcool ou des drogues, avec du travail, de l'argent ou une quelconque
vérité que nous érigeons en dogme : n'importe quoi
pour être sûr que nous soyons protéger de l'évidence
que nous sommes un être humain comme les autres. Nous fuyons notre
peur du changement en maintenant notre fausse croyance que ce changement
nous mène vers une perte et que cette perte provoque chez nous de
la souffrance. En faisant cela, nous tentons d'échapper à
cette expérience de vie que nous devions expérimenter dans
le court laps de temps qui était prévu à cet effet.
En vérité, nous allons souffrir d'un côté ou
de l'autre. Héraclite a encore mis ça en mots, bien honnêtement,
lorsqu'il a dit : "Rien n'est permanent, sauf le changement."
Changer veut dire Perdre Comme vous pouvez sans doute
l'imaginer, les hommes se battent depuis toujours avec l'idée de
l'imprévisibilité du changement dans leurs vies, depuis que
l'homme existe en fait. L'idée que la vie est en constante évolution
et une série de changements et d'expériences personnelles,
d'infortunes et de bonne fortune, fait partie de toutes les cultures du
monde entier. Les bouddhistes nomment cela "samsara" comme le cycle incontrôlé
de la naissance, de la vie et de la mort, cet océan virtuel de souffrances
dans lequel patauge la vie humaine.
Le philosophe romain Boethius,
qui a vécu au début du sixième siècle, a fortement
influencé les gens du Moyen Âge, à propos des vicissitudes
de la vie à travers ses écrits et offrait la plus populaire
interprétation de la Roue de la Vie.
Boethius a eu une carrière fabuleuse à la cour de Théodore le Grand, rois des Ostrogoths et maître de Rome. Il était connu comme un grand homme politique, érudit et orateur, et il jouissait d'une place respectable dans la société du temps. En fait, Boethius recevait autant d'attention que les vedettes d'aujourd'hui et stars du cinéma. C'était le Warren Beatty du sixième siècle. Il était marié et heureux et a eu des fils tout aussi brillants que lui, et qui furent nommés consuls à la cour. Comme Job, Boethius semble avoir vécu une vie très plaisante. Elle l'était, jusqu'à ce que certains conseillers du roi aient médit contre lui et aient suggéré au monarque nerveux et vieillissant, qu'il avait des ennemis haut placés. Boethius, ont-ils dit, faisaient partie de ceux-là. Sans avertissement, la vie entière de Boethius changea complètement. Sa brillante carrière s'est terminée là. Il a été mis en prison et inculpé de trahison. Et c'est là, pendant qu'il rageait contre les jambettes et les flèches de l'infortune, qu'il a rencontré l'Esprit de la Philosophie. Ce dernier a illuminé en lui l'idée que les plus beaux cadeaux de la vie ne sont pas le fruit de la bonne fortune, parce qu'elle est capricieuse et erratique dans tout ça. Plutôt, Boethius a été rassuré par le fait qu'il y avait des forces puissantes qui offraient des grands cadeaux pour l'humanité. Dans sa cellule d'une prison humide et froide, bien loin de la vie mondaine qu'il avait connue, Boethius en est venu à comprendre qu'il y a des choses qui ont plus d'importance dans la vie que son poste, la richesse que l'on possède ou sa situation près du pouvoir. Il a écrit alors : "L'honneur n'est pas accordé par simple vertu de détenir un poste important, c'est plutôt le poste qui incombe à celui qui a la vertu." Il démontra aussi qu'hormis la mort, le seul endroit dans la roue qui ne bouge pas ou ne change pas c'est le centre, le moyeu, la place où nous pouvons être vraiment à l'abri des aléas de Dame Fortune. Le centre est le réservoir de vérités bien plus profondes — les lois de Dieu et de la nature — qui demeurent intouchables même aux sautes d'humeur et aux altérations que nous fait vivre la bonne Fortune.
Ces grandes vérités
selon Boethius gravitaient autour d'une vision supérieure et transcendante
qui nous permet d'identifier ce qui a vraiment de la valeur dans la vie.
Dans son livre La Consolation de la Philosophie, qu'il a écrit sous
la forme d'un dialogue entre un personnage qui se nomme Boethius et l'Esprit
magique de la Philosophie, sous les traits d'une belle femme.
Dans son œuvre Inferno, il a écrit : "Aucune force mortelle ne peut ralentir la roue qui tourne. Les nations se développent et s'écrasent sous sa volonté. Personne ne peut prévoir où elle va poser son pied. Elle pose le talon et les choses changent. La raison humaine ne peut embrasser tout son poids. Elle gouverne sa sphère comme d'autres dieux régissent la leur. Saison après saison, les changements qu'elle inspire favorisent sans cesse d'autres changements. Et ceux dont le tour est venu de se faire presser sous son pied, elle sera rapide à les écraser par force de nécessité." Le symbole qui représente
la Fortune comme une femme qui tourne la terre avec ses pieds a donné
place à une image plus moderne au douzième siècle
(Fig.2-1). Dans cette image, la roue est tournée dans le sens des
aiguilles d'une montre par l'esprit de la Fortune, encore représentée
par une femme qui se tient debout près de cette roue mécanique
qu'elle contrôle avec un levier. Encore une fois, les dogmes ou les
vérités énoncées là sont simples : le
changement est un ordre naturel de l'univers et le changement comporte
toujours une perte en quelque sorte. Mais cette image nous parle aussi
du processus par lequel nos vies changent. Au-dessus de la roue se tient
une personne, un roi ou une reine, suggérant ainsi que personne,
peu importe son statut social, est exempt de tourner cette Roue de la Vie.
La position du haut sur la roue se nomme bonheur, bien que dans certaines
versions, il soit inscrit "regno", l'équivalent en latin de "Je
règne". Dans cet état, l'image nous montre ce qui se passe
normalement, quand tout va bien. Les enfants y sont en vie et vont très
bien, les animaux sont en santé et la terre est fertile.
Si nous sommes sages et forts,
et si nous désirons entretenir cet espoir, nous pouvons sortir transformés
psychologiquement et émotivement par nos expériences de vie
sur la Roue et des changements qu'elle impose. Les changements et les pertes
sont autant de portes pour atteindre des niveaux supérieurs de conscience.
Et comme la Roue tourne encore, nous revenons inévitablement à la position Bonheur au faîte de la Roue. Mais c'est une erreur de croire que c'est la même position que celle que nous avions quittée auparavant. Ça ne sera pas la bonne vieille position de "normalité". C'est plutôt un nouveau point d'équilibre. Nous aimerions penser que nous sommes revenus au point "Je règne", mais c'est illusoire car tout le cycle recommence. En 1992, six mois après que ma mère soit morte, mon père est venu me visiter et comme il en avait l'habitude, invita quelques-uns de mes amis intimes et Nancy et moi pour aller souper au restaurant. Mes deux parents appréciaient beaucoup rencontrer mes amis, apprendre à les connaître et attendaient agréablement ces rencontres à chaque fois qu'ils nous rendaient visite. Mes parents furent mariés pendant quarante-sept ans et mon père a pris soin de ma mère durant les deux ans où elle était atteinte assez gravement d'une leucémie et elle est en est décédée. Mais parce que mes parents étaient très intimes et qu'ils faisaient presque tout ensemble, chaque activité était teintée des souvenirs du passé. Un souper avec des amis évoquait bien des fois où mes parents venaient ensemble nous rendre visite, qu'avec des amis, nous faisions un BBQ ou que nous sortions chez O'Sullivans, un restaurant spécialité : fruits de mer, et notre endroit préféré pour une sortie. Je pouvais voir que Papa progressait dans son deuil mais je savais aussi, comme lui le savait aussi, que sa guérison serait longue. Même ce souper était parsemé des moments tristes — des souvenirs éveillés par des visages familiers, des rires et de la musique, même l'odeur des crevettes à la vapeur et de crabe farci. Durant le souper, ma bonne amie Kathryn, qui connaissait mon père depuis vingt ans, s'est approchée de lui et lui a demandé doucement comment il allait : "Jim, est-ce que les choses reviennent à la normale maintenant ? " Mon père a pris un long moment pour lui répondre : "Kathryn, tu sais, je vais mieux, mais je ne sais pas encore ce que sera la normalité." Mon père intuitivement savait ce que la Roue de la Vie devait nous enseigner et nous amener à cheminer vers de nouveaux endroits. Nous ne pouvons en fait retourner à ce qui était autrefois normal. Une fois que nous avons vu quelque chose nous ne pouvons ne pas avoir vu. Une fois que nous avons connu quelque situation, nous ne pouvons revenir en arrière et ne pas avoir connu cette situation. Et peu importe la quantité ou l'étendue de notre souffrance, la Roue va tourner. L'espoir apparaîtra loin à l'horizon, et nous allons retrouver une forme d'équilibre et d'harmonie : une nouvelle normalité. Et nous allons nous réjouir de ce moment jusqu'à ce que la Roue implacablement commence à prendre un autre virage auquel nous ne pouvons échapper. Après ce souper avec
mon père et mes amis, j'ai pensé à la Roue de Fortune
et je me suis demandé où il se trouvait dans ses rayons.
J'ai réalisé que cette métaphore médiévale
apportait de merveilleux insights sur les changements dans ma vie et dans
celles des gens que je connaissais, et avec ceux avec qui je travaillais
comme thérapeute. Il était clair pour moi que ce n'était
pas seulement une fable pour les bonnes gens du Moyen Âge. Cette
allégorie avait un véritable pouvoir pour expliquer et comprendre
les réactions psychologiques au changement dans nos vies trépidantes
de l'ère moderne dans laquelle nous vivons.
Copyright © 2000 Kathleen A. Brehony, Ph.D.
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