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Culpabilité vs Honte
About.com - traduit par Gilles Vinet

HONTE ET HUMANITÉ

En définissant la honte, nous pouvons considérer ce sentiment comme étant un manque de confiance en soi, l'expression d'une faible estime de soi. Il nous semble souvent que la honte est bien pire que ces deux déficiences. La honte nous force à évaluer comme négative notre estime de soi ou notre confiance en soi. 

Non seulement nous sommes déficients dans ces vertus, nous croyons avoir une estime de soi ou une valeur personnelle négative. Ça serait une croissance pour nous de juste revenir à zéro

Si nous nous voyons comme des enfants de Dieu puisque nous cherchions à juger notre estime ou notre valeur personnelle, nous allons nous apercevoir que notre évaluation dépend et est en relation directe avec notre lien avec notre Père céleste et avec notre façon de bien nous sentir comme Ses enfants. Être en contact conscient et en bons termes avec Dieu est représenté par la reconnaissance d'avoir toute l'estime de soi nécessaire que nous devrions pouvoir disposer. Et c'est la même chose, pour notre sentiment de valeur personnelle.

Puisque nous sommes tous des enfants de Dieu (ou que personne de nous l'est), il s'en suit que si nous avons foi en Dieu notre Père, nous devons aussi avoir foi en Ses enfants qui ne font que Sa volonté, qui n'agissent que selon Sa volonté. 

Puisque nous nous retrouvons dès le début de notre rétablissement avec ce sentiment de honte, nous n'avons pas la foi nécessaire pour abandonner tous nos problèmes et illusions de contrôle, notre désir de gérer chaque facette de nos vies, de notre univers, et de laisser la Bonté même de cet univers juger nos actions.

Ce qui est nécessaire pour se rétablir, c'est que nous observions comment le plus petit de tous les gestes spirituels que nous avons posés peut faire réagir favorablement à notre égard notre monde de lois irréfutables et peut nous apporter Ses bénédictions. Étape par étape, nous allons construire notre estime personnelle et notre valeur personnelle et de ce fait, nous allons faire de plus en plus des grands pas dans notre cheminement spirituel.

Si la honte et la culpabilité peuvent se vivre ensemble, nous devrions réagir et répondre premièrement envers la honte puisque c'est ce qui peut être le plus dommageable pour notre sobriété. C'est d'autant plus par la honte que par la culpabilité que l'alcoolisme cause le plus grand tort à notre personnalité et à notre identité.

Un des meilleurs aspects du relèvement dans le mouvement AA réside dans le fait que le programme ne se centre pas sur l'agir mais plutôt sur la personne. Le mode de vie AA nous enseigne à nous accepter, à reconnaître notre moi comme nous avions peur qu'il soit (notre faux moi, notre personnalité, notre enfant blessé) et en ce faisant nous devenons capables d'accepter comme il est (notre vrai moi, notre identité, notre enfant divin). Nous apprenons que notre principale barrière ne vient pas de notre maladie qu'est l'alcoolisme mais bien de notre entité comme être humain. Être humain, c'est avoir des limites.

Dans nos années d'abus, nous avons ressenti de la honte et essayé de la camoufler parce qu'elle éveillait nos limites et que nous prétendions ne pas avoir de limites. Nous buvions pour devenir plus que ce que nous étions. 

Nous buvions pour devenir plus sexés, plus riches, plus beaux ou plus jolis et plus encore… Nous buvions pour être plus puissants, sans douleur ni angoisse, comme des dieux.

À d'autres moments, nous buvions pour devenir moins qu'humains (comme dans nos émotions) pour ne pas avoir à subir les souffrances et les adversités de la vie. Nous ne voulions pas faire constamment des entorses ou des concessions et chercher à nous adapter aux feelings de nos pairs. Nous avons bu pour geler tant nos émotions que nos pensées et en ce faisant, nous sommes devenus comme la bête qui sommeillait en nous. 

AA nous enseigne à comprendre que pour être humains, nous devons avoir en nous tant les esprits de la bête que de la divinité. Un des paradoxes de la vie est que plus nous prétendons être des dieux, plus nous ressemblons à la bête ( à cause de tout ce que nous devrons faire pour cacher nos revendications). Plus nous partageons nos impressions de nous croire comme la bête, plus nous devenons comme Lui (chaque fois que nous partageons quelque chose, l'emprise de la bête sur nous diminue de moitié et "dès que deux d'entre vous êtes réunis en Mon nom, "Amour", là aussi, Je serai présent). 

 

Culpabilité
Honte
Résulte d'un manquement, d'une transgression ou d'une faute dans l'action Résulte d'un échec, d'un écart, d'une faute dans l'être, dans notre entité d'homme
L'exercice du pouvoir ou du contrôle Le manque de pouvoir ou de contrôle
Suit un sentiment d'avoir mal agi, une conscience de perfidie et de malice…
"J'ai agi mais j'ai mal agi." 
"J'ai mal fait."
"J'ai causé des torts."
Suit un sentiment d'inadéquation, de ne pas être un, complet "Je ne suis pas correct."
"Je ne suis pas bien."
"Je n'ai pas agi (ou trop peu)"
Me sentir coupable signifie que je ressens que quelqu'un a été blessé par moi et par ma volonté. Me sentir honteux signifie qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez moi comme personne humaine, que je me suis laissé blesser parce que je ne suis pas bien, pas gentil, parce que je n'ai pas de volonté.
Me sentir coupable concerne ce que j'ai fait. Me sentir honteux regarde ce que j'étais.
Me sentir mal à propos de mes faits et gestes décrit ma culpabilité. Me sentir tout croche à propos de moi-même est ma façon de vivre ma honte.
HONTE ET CE QUI NE PEUT ÊTRE ÉVALUÉ PAR LA MORALE : 

l'amour, la maladie, les actes involontaires et les banalités de tous les jours

La honte peut apparaître en présence d'un échec qui n'est pas lié à la moralité (comme c'est le cas avec nos déboires sur le 
plan moral) des échecs en affaires, dans nos amours, sur le plan de la santé, dans notre faible estime de soi, dans 
des peurs anormales, en nous trouvant trop petits, trop grands ou trop maigres ou avec quelques malformations quelconques. 

(2) la honte a tendance à se montrer à la suite de déficiences involontaires (J'ai essayé mais j'ai échoué ou j'ai passé à côté, je l'aimais mais elle en a choisi un autre. Je suis tombé malade et cela a coûté cher à ma famille et nous avons ainsi perdu beaucoup d'argent. Je suis né avec des anomalies et des difformités.)

(3) la honte est plus grande si la chose n'a pas vraiment d'importance ou est en quelque sorte banale (Mon chum a volé une banque et en est sorti avec des fusils automatiques en rafale alors lui c'est tout un gangster mais moi j'ai pris l'argent sonnant d'un camelot — Faut-il être peureux de s'en prendre à un tel innocent? 

La culpabilité est une désobéissance ou d'un bris de règle ou de loi volontaire — bien sûr, j'ai volé une banque et alors? 

La honte est un échec à l'action, ou une appréhension, une incapacité à agir d'une manière satisfaisante (Je les ai vus violer cette fille de ma fenêtre et je n'ai rien fait pour les arrêter et je n'ai même pas appelé la police.")

L'échec de ne pas avoir atteint un objectif ("J'étais dégagé et je me suis rendu devant le but et vite les autres m'ont rattrapé et écrabouillé." "J'ai essayé de gagner ma vie, mais j'ai fait faillite." " Ces hommes étaient pris dans leur auto après cette collision et je ne pouvais ouvrir la portière.") 

"Je n'ai pas réussi à arrêter de boire. J'ai tenté de limiter mes consommations sans succès. J'ai décidé que si j'allais boire, je resterais poli et respectueux — et j'ai manqué mon coup."

"J'ai eu beaucoup d'échecs dans mes relations parce que je buvais. Ma séparation était tellement inévitable que j'ai commencé à baisser le niveau de mes standards. J'ai commencé à m'habiller avec négligence et même j'ai laissé aller au diable mon hygiène personnelle tant et si bien que mon odeur était désagréable (tout cela fait partie de la déconfiture liée à ma honte)". 

J'ai échoué lorsque je me fixais des délais avant de boire ou de consommer. Certaines occasions exigeaient une sobriété stricte. Comme aux baptêmes de mes enfants mais j'étais saoul de toute façon. Combien rempli de honte je me retrouvais quand je savais que tout le monde pensait que j'aurais dû attendre après pour boire.

La culpabilité vient à la suite d'actes posés volontairement en faisant des choix, et en prenant une décision de faire le mal. Cela implique que la culpabilité est bien plus près du jugement de la moralité que la honte. Et il en suit que plus grande est la faute, la transgression, plus grande est la culpabilité. 

La honte est à l'opposé. La honte, étant involontaire en majeure partie, ne s'identifie pas au péché ou ne peut être jugé par aucun code de moralité et elle se lie à nos déficiences et à nos défauts de caractère qui nous viennent du fait d'être humains. 

Regardons ce qui se passe en amour et dans la maladie. 

L'AMOUR

Les échecs dans nos relations amoureuses sont la plus grande source de honte qui n'est pas liée à la moralité. Les désappointements, les frustrations, ou les revers éveillent tous la honte. 

Pourquoi cette jolie fille de mon choix ne m'aime-t-elle pas? Pourquoi je n'arrive pas à me faire aimer d'elle comme je désire être aimé? La conception même d'une échec virtuel crée de la honte. 

Les faits peuvent m'apprendre qu'elle est sortie avec un autre et est "tombée" en amour avec lui. Cet échec de la désirer ainsi, de la voir telle que je crois la voir sans ce défaut de caractère évident chez elle. Sa décision peut venir de la façon différente dont elle a été élevée. 

Son choix peut dépendre de plusieurs raisons, de beaucoup de raisons qui ne sont pas associées à ma capacité ou à mon habileté d'être désirable, à mon caractère ou à ma personnalité. Sa décision ne dit rien de ce qui ne va pas chez nous. Elle signifie seulement qu'elle voit les choses différemment de nous. Le même raisonnement s'applique à nos relations parentales et amicales. C'est simplement en dehors de notre capacité de se faire aimer de quelqu'un. Nous n'avons que la capacité, nous-mêmes, d'aimer, et non la capacité de nous faire aimer par quelqu'un.

LA MALADIE

Être malade ne signifie en aucune sorte que nous avons fait quelque chose de mal, que nous avons enfreint des lois, mais plutôt que nous avons perdu la santé. La maladie signifie ici une maladie longue, débilitante, chronique (et probablement fatale) qui rend celui qui en est atteint incapable de fonctionner comme une personne en santé peut le faire. En particulier les gens alités et ayant besoin de quelqu'un qui les soigne physiquement, ces gens sont souvent affectés par la honte. Ça démontre leur incapacité à être totalement indépendants, une perte d'autonomie, de pouvoir et de contrôle. La bonne santé est considérée comme la normalité. Si je suis malade, il y a quelque chose qui ne va pas avec mon entité d'être humain. 

Les personnes qui sont fortes ne tombent pas malades, elles? Les personnes qui sont braves ne tombent pas malades, non plus?

LA LIBERTÉ ET LA RÉALITÉ

Être vrai suppose d'être limité. Et reconnaître ses limites, c'est être vrai (être humain —pas dieu). Quand nous tentons de prétendre que nous n'avons pas de limites, nous essayons de jouer à être des dieux. Nous en arrivons à un sentiment d'échec devant ces fausses prétentions et cela nous porte vers la honte. 

Accepter nos limites est en fait accepter que nous sommes humains. 

La liberté aussi est l'affirmation de notre réalité. La liberté est vraie et aussi limitée. Par exemple, nous sommes libres d'aller boire, mais si nous buvons nous devrons laisser aller bien des choses comme peut-être notre emploi et notre famille. Alors notre liberté est limitée. Reconnaître que nous sommes des êtres limités , même dans notre liberté, est aussi la preuve que nous sommes vrais. 

LA HONTE ET CE QUI DÉPASSE LA VOLONTÉ

PROBLÈMES DE VOLONTÉ OU PROBLÈMES D'ESSAYER DE FORCER LES RÉSULTATS
La culpabilité implique un choix, le pouvoir d'être capable de prendre une décision et de la mener à terme. La honte implique l'absence de choix. Nous pouvons vouloir poser une action et ne pouvons en arriver à un tel résultat. Nous pouvons appeler notre parrain mais nous ne pouvons l'obliger à être là à la maison ou qu'il nous dise ce que nous désirons entendre. Nous pouvons volontairement nous rendre à un meeting mais nous ne pouvons volontairement demeurer sobres. 

Nous pouvons souffrir de ressentir de la honte en essayant et en échouant en tentant de forcer ce qui ne peut l'être comme les résultats. Nous pouvons désirer qu'une personne bien aimée nous aime en retour mais que cette personne désire nous aimer est en dehors du champ de notre volonté. Ça demeure sa décision. Nous pouvons prier pour espérer recevoir une réponse mais Dieu va décider quand et s'Il désire bien répondre à nos attentes et ce que sera en fait Sa réponse à nos espérances. La sobriété, la sagesse, l'humilité et le courage sont bien des exemples de ces choses qui dépassent notre volonté. Nous pouvons espérer agir d'une certaine manière, croyant que nos gestes (acrobaties, pirouettes et culbutes) peuvent nous rapprocher de cet idéal mais si nous tentons de les atteindre par notre seule volonté, c'est comme essayer de serrer dans notre main du sable. Nous allons à notre perte parce que nous essayons de volontairement réussir à partir d'une fausse prémisse ou hypothèse. 

CONTRÔLE LIMITÉ

Nous buvions pour avoir la maîtrise, le contrôle absolu sur nos émotions. Combien de fois avons-nous commencé à boire avant une confrontation ou avant une rencontre qui s'avérait menaçante? 

DÉPENDANCE LIMITÉE

En étant des humains, et non des dieux, notre indépendance est menacée. Par conséquent, nous sommes dépendants jusqu'à un certain point. Nous dépendons des autres pour leur amour, leur honnêteté et leur compagnie. Nous sommes indépendants dans notre décision de leur demander de répondre à nos besoins. Une interdépendance et une dépendance saine font toutes les deux parties de l'essence même de la vie. Être dépendants de l'alcool en prétendant ne pas l'être est une forme de "baiser de la mort" sur le plan spirituel. C'est ce que nous étions quand nous étions dépendants de l'alcool, qui a fait progresser la honte en nous. C'était notre besoin de prétendre d'être des dieux ou quelque chose que nous n'étions pas qui a amené la honte à prendre tant de place en nous. 

LA HONTE ET LES BANALITÉS DE LA VIE 

Plus grande est la transgression ou la faute, plus grande est la culpabilité. Si j'ai commis un vol dans une Caisse Populaire de 10 millions de dollars, je suis coupable d'un vol de 10 millions de dollars. La quantité de culpabilité est proportionnelle à l'ampleur du délit. Résoudre cette culpabilité implique de remettre les 10 millions et de m'excuser pour ce crime, mais au moins je suis fier d'un tel exploit, d'avoir décidé de faire un tel cambriolage, de réaliser une telle escroquerie par la force, et peut-être avec des mitraillettes en rafale.

La honte est plus grande quand la faute est très mineure. La banalité de ce méfait attire surtout l'attention non sur la faute en question mais sur la personne qui l'a commise. Quel genre de personne va voler un camelot pour se payer quelques verres au bar? Combien ce geste est considéré comme vulgaire et médiocre? Si "insignifiant" que ce geste est en réalité, il attire en fait l'attention non sur les sous volés mais sur le genre de personne qui va s'abaisser à chaparder une si petite somme. 

Puisque la société nous aide à nous empêcher de violer de telles règles ou de telles lois, en ne nous laissant pas commettre de tels actes criminels (qui génèrent en nous de la culpabilité) sans impunité, nous sommes moins enclins à perpétrer des infractions contre la personne auprès de nos pairs. Pour la honte, c'est bien différent. Nous pouvons causer des dommages monstres avec des actes qui paraissent sans importance ou même avec des omissions de poser certains gestes. Éviter d'agir quand ces petits gestes apporteraient tellement de bien à quelqu'un, peut provoquer la montée de beaucoup de honte en nous, peut aussi montrer notre manque de détermination et de dessein (savoir où est ce que nous allons) dans la vie

BÉNÉFICES ET DOMMAGES DISPROPORTIONNÉS 

La proportion (rapport…?) a une certaine importance. Si j'ai commis un délit envers une autre personne en lui causant des dommages beaucoup plus grands que j'en reçois de bénéfices, alors je me sens honteux. 

Le camelot par exemple avait travaillé fort pour ses sous qu'il avait ramassés dans sa tirelire. Cet argent représentait une plus grande part de labeur de sa part que cela pouvait représenter pour moi. Je lui ai causé bien plus de torts proportionnellement que j'en ai tiré de l'enrichissement. 

La même honte est ressentie par le vendeur de produits chimiques et d'engrais qui fraude ses clients d'une valeur de deux dollars de fertilisant à l'acre. Ce geste peut être la cause de bien des dommages comme une plus faible production pour le cultivateur. Ces dommages peuvent même être la cause de pertes beaucoup plus grandes que les bénéfices que le représentant peut en tirer. 

Cette même honte peut être vécue par un membre du personnel médical qui vole à un patient sa dose de médicament antidouleur (analgésique) pour le consommer lui-même. D'une façon générale, nous agissons tous un peu comme ça. Nous avons créé plein de souffrances autour de nous pendant longtemps quand nous buvions les quelques verres qui nous anesthésiaient et soulageaient notre mal de vivre. Ça, c'est de la honte…

LA HONTE ET LES BANALITÉS DE LA VIE 

Plus grande est la transgression ou la faute, plus grande est la culpabilité. Si j'ai commis un vol dans une Caisse Populaire de 10 millions de dollars, je suis coupable d'un vol de 10 millions de dollars. La quantité de culpabilité est proportionnelle à l'ampleur du délit. Résoudre cette culpabilité implique de remettre les 10 millions et de m'excuser pour ce crime, mais au moins je suis fier d'un tel exploit, d'avoir décidé de faire un tel cambriolage, de réaliser une telle escroquerie par la force, et peut-être avec des mitraillettes en rafale.

La honte est plus grande quand la faute est très mineure. La banalité de ce méfait attire surtout l'attention non sur la faute en question mais sur la personne qui l'a commise. Quel genre de personne va voler un camelot pour se payer quelques verres au bar? Combien ce geste est considéré comme vulgaire et médiocre? Si "insignifiant" que ce geste est en réalité, il attire en fait l'attention non sur les sous volés mais sur le genre de personne qui va s'abaisser à chaparder une si petite somme. 

Puisque la société nous aide à nous empêcher de violer de telles règles ou de telles lois, en ne nous laissant pas commettre de tels actes criminels (qui génèrent en nous de la culpabilité) sans impunité, nous sommes moins enclins à perpétrer des infractions contre la personne auprès de nos pairs. Pour la honte, c'est bien différent. Nous pouvons causer des dommages monstres avec des actes qui paraissent sans importance ou même avec des omissions de poser certains gestes. Éviter d'agir quand ces petits gestes apporteraient tellement de bien à quelqu'un, peut provoquer la montée de beaucoup de honte en nous, peut aussi montrer notre manque de détermination et de dessein (savoir où est ce que nous allons) dans la vie

BÉNÉFICES ET DOMMAGES DISPROPORTIONNÉS 

La proportion (rapport…?) a une certaine importance. Si j'ai commis un délit envers une autre personne en lui causant des dommages beaucoup plus grands que j'en reçois de bénéfices, alors je me sens honteux. 

Le camelot par exemple avait travaillé fort pour ses sous qu'il avait ramassés dans sa tirelire. Cet argent représentait une plus grande part de labeur de sa part que cela pouvait représenter pour moi. Je lui ai causé bien plus de torts proportionnellement que j'en ai tiré de l'enrichissement. 

La même honte est ressentie par le vendeur de produits chimiques et d'engrais qui fraude ses clients d'une valeur de deux dollars de fertilisant à l'acre. Ce geste peut être la cause de bien des dommages comme une plus faible production pour le cultivateur. Ces dommages peuvent même être la cause de pertes beaucoup plus grandes que les bénéfices que le représentant peut en tirer. 

Cette même honte peut être vécue par un membre du personnel médical qui vole à un patient sa dose de médicament antidouleur (analgésique) pour le consommer lui-même. D'une façon générale, nous agissons tous un peu comme ça. Nous avons créé plein de souffrances autour de nous pendant longtemps quand nous buvions les quelques verres qui nous anesthésiaient et soulageaient notre mal de vivre. Ça, c'est de la honte…

SE DÉVOILER, SE RÉVÉLER 
SE CACHER DES AUTRES VS SE CACHER DE SOI-MÊME 

Je cache ma culpabilité aux yeux des autres, Je la cache à mes yeux. Je peux aussi "absoudre" cette culpabilité assez facilement ou me sentir pardonner en faisant ma neuvième Étape. Ça prend beaucoup de partage de ma part et de mon vécu pour en venir par la cinquième Étape à me sentir acquitter en ce qui concerne ma honte. Je peux cacher ma culpabilité d'avoir bu en buvant seul mais en ce faisant, lorsque je bois seul, je cherche à me faufiler pour éviter ma honte, pour me cacher à moi-même. C'est impossible pour moi de m'imiter moi-même en train de vous mentir. En fait, soit je suis en train de dire la vérité soit je suis en train de mentir. C'est impossible pour moi de m'imiter moi-même en train de vous dire la vérité. C'est soit la vérité soit le mensonge. Alors il est impossible d'être honnête envers vous si je ne suis pas honnête envers moi-même. Vice-versa, il est impossible d'être honnête envers moi-même si je ne suis pas honnête envers vous. 

C'est dans la nature de tout être humain de demander aux autres de refléter leur façon de les percevoir. Le sentiment d'incomplétude (de séparation du divin) vécu par tous les êtres humains, et non seulement par les alcooliques, l'exige. Dieu nous a fait ainsi. Si nous croyons vraiment être des enfants de Dieu, alors tout ce que nous demandons c'est que les enfants de Dieu (Ses représentants) nous disent si nous sommes "ok". Et c'est seulement en étant honnêtes avec Lui, en étant honnêtes avec eux, que la réflexion va nous présenter la réalité de notre honnêteté. C'est seulement en étant honnêtes avec eux que nous recevons cette affirmation de complétude, de notre valeur personnelle, et ainsi accéder à l'acceptation complète que nous sommes Ses enfants et que nous méritons Son amour et Sa bonté. 

Paradoxalement, la divulgation de ce qui nous est arrivé, le partage de la personne que nous sommes, cette révélation qui était au départ notre plus grande peur devient notre plus grande façon de nous soigner. Au début, nous retrouvons notre identité (notre vrai moi) et notre personnalité ( notre faux moi) par la quatrième Étape et puis nous allons décrire qui nous sommes à d'autres par notre cinquième Étape. À un niveau beaucoup plus large et moins intime, nous allons partager notre expérience de vie dans des groupes de discussion et des partages. À mesure que nous nous ouvrons, notre honte va diminuer. 

LA HONTE ET LES ABUS 

Quand nous blessons quelqu'un, nous ressentons de la culpabilité. Quand nous sommes blessés, spécialement quand nous croyons avoir quasiment invité cette blessure, nous ressentons de la honte. Lorsque nous blessons quelqu'un, nous prenons une mesure, une action pour nous défendre, pour protéger notre ego. Ces gestes parlent de notre valeur personnelle comme individu, ça dépeint notre estime de soi, et ça décrit notre façon de nous voir nous-mêmes. Permettre aux autres de nous blesser est juste le contraire. Quand nous acceptons que les autres nous lèsent sans que nous cherchions à nous protéger nous-mêmes, c'est comme si nous disions : "je n'en vaux pas la peine… et même pas la peine d'être défendu. Allez-y, vous pouvez me blesser.". Et c'est aussi vrai sur le plan mental que sur le plan physique.

Note:
Texte traduit que vous pouvez retrouver avec un lien (site Alcoholism and AA Recovery) sur le site Alcoholism sur le réseau About.com : http://alcoholism.about.com/
Le site Alcoholism and AA Recovery est consacré au rétablissement des alcooliques et a pour but d'amener les visiteurs à passer de la maladie active à leur relèvement par le mode de vie des Douze Étapes.
 

Traduit et adapté par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
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