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SEULEMENT UN JEU
traduit de Not Just a Game, de B. Kenneth Nelson, MD dans la revue FOCUS, Philadelphia's Independent Businessweekly — publié le 10 mai 1990 Ce texte a été traduit par Gilles Vinet |
Objectif(s):
Ce texte ne lie aucunement aucun groupe d'entraide à son contenu. Par contre l'appartenance à un tel groupe comme les Gamblers Anonymes peut vous aider à vous rétablir en partageant votre rétablissement avec d'autres personnes atteintes, comme vous, de la maladie du jeu compulsif, une forme de la maladie de l'EGO et des Émotions. |
| Introduction |
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Jouer, parier sont des formes de divertissement. Des milliers de personnes chaque année participent à un jeu de hasard, de chance. Les provinces une après l'autre ont instauré des loteries, font la promotion de leurs casinos et des organismes qui régissent le jeu et les paris comme Loto-Québec. Les personnes qui voyagent sur les bateaux qui croisent les grands lacs canadiens et le fleuve St-Laurent peuvent aussi s'adonner ainsi au jeu en toute quiétude. Les gouvernements puisent à ces toutes autres sources des revenus qui les empêchent d'augmenter les taxes. Pour quelques personnes cependant, le jeu n'est pas vraiment un jeu; c'est leur vie entière qui est centrée sur le jeu. Ces personnes ont perdu toute forme de contrôle personnel en ce qui concerne limiter la fréquence et l'étendue de leurs paris. Comme résultat, le jeu rend leur vie difficile à vivre, ruine leur carrière et en fin de compte leur prend toute leur existence, toute leur humanité. Ces gens sont les «gamblers», les joueurs compulsifs. Le
jeu compulsif est une maladie qui affectait en 1990 entre 4 à 6
millions d'américains. Multipliez cela par les effets sur la famille,
les amis et les employeurs, alors les chiffres deviennent ahurissants et
inquiétants.
Même
où de tels crimes, assez évidemment, n'ont pas été
commis ou encore découverts, l'absentéisme, les retards,
la dilapidation du temps de travail et des ressources humaines peuvent
créer des pertes financières assez considérables pour
des entreprises.
Bien
que le jeu compulsif ait été là depuis pas mal de
temps, son identification comme une maladie n'a été établie
que récemment. Ce n'est qu'après la fondation de «Gamblers
Anonymous» (Joueurs Anonymes) à la fin des années 50
et suite à l'ouverture du «National Council On Problem Gambling
Inc.» en 1972, que le public a été éveillé
et informé que ces joueurs compulsifs avaient besoin d'aide.
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| Profil typique d'un joueur compulsif |
| Qui est
un joueur compulsif? Une étude auprès de 100 joueurs compulsifs
traités dans un programme spécialisé au «Valley
Forge Medical Center & Hospital» décrit le profil d'un
patient typique: C'est un homme marié dans la trentaine avancée
qui joue depuis plus de vingt ans. Il est allé jusqu'au collège
et travaille dans le secteur tertiaire de la vente ou des services, gagnant
environ 40000$/an. Ses pertes à vie sont habituellement équivalentes
à quatre fois son salaire annuel, pouvant aller jusqu'à 160000$.
Les femmes joueuses compulsives, selon cette recherche, sont la plupart du temps célibataires; plusieurs sont séparées, attendent leurs divorces. Typiquement, la femme qui joue compulsivement est aussi dans la trentaine avancée et joue depuis au moins 12 ans. Les femmes constituent 11% de tous les joueurs qui ont été traités au «Valley Forge Medical Center & Hospital». Cependant les experts sont convaincus que le nombre de femmes qui vont chercher à entrer en thérapie va augmenter à cause de l'éveil de la population et de la compassion qui existe, en général, envers les joueurs compulsifs. Dans leur milieu de travail, les patients traités à «Valley Forge» sont typiquement des personnes ergomanes (workaholics), ayant des personnalités de type «A» qui doivent réussir plus que la moyenne et de très bons travailleurs. C'étaient des individus
très excitables et enthousiastes dont les emplois leur offraient
beaucoup de temps non supervisé au téléphone et des
blocs-horaires quotidiens où ils pouvaient agir complètement
à leur guise.
Les joueurs compulsifs souvent sont des personnes très intelligentes qui sont habituées à être à leur meilleur, de battre toute probabilité et remporter tous les défis qui leur sont présentés. Pour eux, parier ne représente qu'une autre partie à gagner, qu'un autre jeu d'adresse à maîtriser. Souvent, ils sont émerveillés de voir avec quelle facilité ils peuvent réussir à jouer sans que ça ne paraisse à leur milieu de travail ou combien c'est aussi aisé de détourner des fonds à cette fin. Plusieurs volent ainsi leur employeurs durant des années et, en même temps, ils sont très respectés et nous leur faisons confiance comme nous le ferions avec des employés de grande valeur et importance pour notre entreprise. Les joueurs compulsifs qui travaillent pour de très grandes entreprises ou corporations ne sont souvent découverts que par accident. Dans la plupart des cas, les joueurs compulsifs peuvent garder une bonne façade d'efficacité et une belle image de fonctionnement avec succès et même brio au travail, tandis que dans d'autres domaines de leurs vies, c'est la déconfiture totale. Signes
avertisseurs
Découvrir un joueur compulsif dans un milieu de travail, n'est pas évident et ça peut s'avérer une tâche assez ardue. Le joueur compulsif va prendre de grands détours pour cacher ses traces et éviter toute détection ou confrontation. Cependant, son désir impérieux de jouer est tellement fort que le joueur devient de plus en plus impulsif et désespéré et peut alors donner des signes avertisseurs qui nous laissent des indices de ces activités ludiques. Les employeurs et les professionnels
des PAE sont, eux aussi, de plus en plus conscients des signes avertisseurs
suivants tels qu'ils se présentent chez les joueurs compulsifs à
l'intérieur de leur entreprise:
Une fois que vous doutez qu'une personne s'adonne au jeu compulsif, une intervention peut alors être nécessaire pour permettre à cette personne de reconnaître le problème et d'aller chercher de l'aide. Les joueurs compulsifs peuvent se faire croire à eux-mêmes qu'ils ont encore le contrôle. Une confrontation bien structurée avec un intervenant habile, quelquefois un joueur en rétablissement qui comprend le problème et qui peut briser le déni à première vue, ça peut forcer la personne à accepter que son habitude de jeu est devenue pathologique et par ce fait, une dépendance. Une fois que le joueur compulsif a accepté qu'il avait besoin d'aide, un plan de traitement individualisé peut être établi en tenant compte de la gravité de la problématique et des besoins spécifiques de la personne. Les possibilités qui s'offrent comme traitement sont: une thérapie externe, du counseling familial ou une thérapie résidentielle. Chacune de ces options devrait obligatoirement inclure des meetings réguliers dans plusieurs groupes d'entraide comme Joueurs Anonymes (et dans GAM-Anon s'il y a lieu) même après la fin des autres formes de thérapie. Un suivi thérapeutique individuel ou de groupe peut ajouter une forme d'assurance que le joueur compulsif en rétablissement ne retourne pas à ses comportements compulsifs, toxiques et autodestructeurs. Le jeu est une forme de divertissement
qui peut à la fois procurer du plaisir et même être
profitable. Le jeu compulsif, lui, est mortel. L'information publique,
la prévention, l'éveil et le support peuvent nous aider à
empêcher que le sort de notre entreprise ne soit déterminé
par la petite boule qui roule et qui saute du rouge au noir, par les dés
de l'impair au pair et manque, par la couleur d'un jersey sur une fière
monture.
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