La filière - INFO 2002
QLDNP1J
gilles.vinet@quandladrogue.com
©2004-1999

 
Index

OBJECTIVES

L'AGRESSEUR PÉDOPHILE
L'INCESTE
DYNAMIQUE DE L'INCESTE
RESSEMBLANCES & DIFFÉRENCES ENTRE LE VIOL ET L'INCESTE
PROCÉDURES DANS LE CAS D'AGRESSION SEXUELLE D'UN ENFANT
GRILLE DE DIVULGATION D'INCESTE

ÉMOTIONS PRÉSENTES CHEZ LES SURVIVANT(E)S D'INCESTE
PROCESSUS DE L'ÉVEIL MÉMORIEL

LA CONTROVERSE DES SOUVENIRS ERRONÉS
DÉFINITIONS DE TOUTES SORTES DE SOUVENIRS
COMMENT EST-CE QUE LA MÉMOIRE FONCTIONNE?

AFFIRMATIONS DE MES DROITS PERSONNELS

BIBLIOGRAPHIES

Objectif(s):

S.V.P. faites parvenir vos commentaires par courriel :
Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
gilles.vinet@quandladrogue.com

 
 
AGRESSIONS SEXUELLES (ENFANTS) & INCESTE

L'AGRESSEUR PÉDOPHILE

Selon N. Groth, il y a deux types d'agresseurs pédophiles

1. l'agresseur qui a une fixation : une personne qui depuis son adolescence a toujours été préoccupée par les enfants comme objets sexuels

2. l'agresseur en régression : une personne qui s'est tourné vers les enfants à la suite de complications et de graves difficultés dans ses relations avec des adultes

Il y a deux types de pressions ou de manipulations utilisées pour forcer un enfant à participer à une activité sexuelle :
1. pressions psychologiques : Ce sont les moments où le charme, la séduction et la capture sont utilisés. Des appâts, des récompenses pour de l'attention, de l'affection, l'utilisation de bonbons et friandises sont fréquents. Si l'enfant refuse, l'agresseur pédophile se souciera beaucoup de l'enfant et se sentira plus en sécurité en sa présence. (L'enfant est initié à la sexualité adulte trop tôt et cela cause de la confusion surtout s'il y ressent du plaisir. L'enfant peut être soumis à un pacte secret qui engendre un fardeau de culpabilité et de peurs.

2. pressions physiques : Ce sont les moments où les menaces, les blessures physiques, les contraintes et la violence physique sont utilisées. En beaucoup d'occasions, l'intention est de contrôler, non d'occasionner des torts et de léser physiquement — mais des blessures se produisent malgré tout. Elles démontrent combien l'agresseur n'a pas de respect pour ce qui arrive aux autres.

Le comble de ces pressions physiques: le sadique qui aime se faire plaisir en faisant mal aux autres. (Dans ce cas, l'enfant perd totalement tout sens de contrôle, de protection et de sécurité. Le monde magique de l'enfance est mis en pièces et désormais l'enfant passe à la vie adulte.)


L'INCESTE

Évidemment, une dysfonction familiale d'un genre ou l'autre est présente. Le conjoint peut être en relation d'un type  avec son épouse plutôt qu'entre partenaires égaux. L'enfant peut alors devenir aisément une épouse-substitut. Quelquefois, l'épouse est soumise et de peur de représailles, de sévices corporels, de perdre sa sécurité, elle ne va pas rapporter le délit. À peu près, 1% de la population est impliquée dans une forme d'inceste familial.


DYNAMIQUE DE L'INCESTE

Le sujet de l'inceste est compliqué et couvre plusieurs domaines. L'abus est beaucoup plus qu'un abus d'un adulte sur un enfant. Le problème n'est pas seulement dans ce qui est arrivé à l'enfant mais aussi dans ce qui n'est pas arrivé à l'enfant. L'inceste n'est pas un processus marqué dans le temps. Ça grandit dans le système familial. Cette dynamique se construit à l'aide d'expériences, d'habiletés, de besoins, d'apprentissages, d'une vision de l'estime de soi dans le couple — une paire d'adultes qui se sont rencontrés et ont décidé de partager une forme d'unité. Selon tous ces facteurs, leur niveau de santé globale, comment leur identité et leur personnalité se sont développés, comment est forte leur estime de soi, et comment leurs propres relations dans leurs familles d'origine étaient saines, ces deux personnes vont développer une relation saine. Si ces deux adultes n'ont pas été  — et s'unissent pour former une famille — leur relation de couple va échouer. Ces deux adultes vont apporter avec eux des besoins énormes, non comblés et vont s'attendre à ce que leur conjoint, leur partenaire sexuel satisfasse leurs besoins. Ce sont des attentes irréalistes et impossibles. Leur échec n'est pas seulement dû à ces attentes irréalistes mais aussi parce que chaque adulte apporte à la relation un secret. Ce secret, c'est que chacun croit qu'il n'est pas aimable, qu'il n'en vaut pas la peine, qu'il n'est pas , en d'autres mots qu'il est rempli de honte. Avec l'échec, la colère, le sentiment d'être blessé et le silence s'ajoutent pour donner un mélange très toxique. Voilà les assises de cette dynamique qui prend forme. Il y a ces fondations construites avec la honte sur lesquelles va s'édifier cette dynamique, elle aussi toxique, qui va chercher par la suite à protéger, à défendre, et à nier la souffrance et la douleur qu'entraîne déjà la honte au départ.

L'inceste est génératif. Ce qu'une personne vit dans son enfance à l'intérieur du cadre familial, sa réalité et ses apprentissages, sont en partie responsables de son développement, le modelant et le façonnant pour devenir la personne qu'elle est. Ce sont les morceaux du puzzle de la réalité de chaque adulte et que chacun amène dans sa nouvelle relation. Toute la dynamique du système familial se développe sur les fondations que le couple y apporte. C'est ce qui forme la base de l'inceste. Ils établissent la base de ce qui n'est pas arrivé à l'enfant. Le système incestueux est dysfonctionnel; il est rigide, fermé, s'isole et se ferme sur lui-même de l'intérieur chaque membre étant isolé l'un de l'autre et de l'extérieur le système lui-même des autres systèmes. 

Les règles sont inhumaines empêchant tous et chacun de saisir, de voir, de parler, d'échanger ou de composer avec ce qui est vrai et réel. Les rôles ont tendance à être inversés entre les enfants et les parents. Ce sont des systèmes fermés. Les comportements sont des réactions.  Les gens ne sont pas accueillis dans ce qu'ils sont. Les gens dans ce système ne sont pas importants comme personnes, comme individus. Le pouvoir est par ordre de priorités N°1.

La performance, avoir l'air Ok, la façade, ça, c'est important. Et c'est pourquoi tout comportement est une réaction à quelque chose, à quelqu'un ou à quelque endroit.

À la base de cette dynamique se retrouve la honte et le fait de ne pas savoir autrement comment agir ou entrer en relation. Le couple a amené son expérience, ses apprentissages, ses habiletés (ou ses déficiences de ce côté-là). L'inceste est un comportement spécifique et appris. Dans un système familial où il y a inceste ou l'inceste a déjà eu lieu, la mère, si nous vérifions son historique de vie, est habituellement une victime d'inceste elle-même. Les mères typiquement sont de deux types :
 

  •   la  victime, dépendante, honteuse, très souvent battue et abusée    physiquement. Elle est intellectuelle, agit avec soumission et est passive.   Quand elle doit choisir entre son mari/conjoint ou sa fille, elle prend pour   son conjoint et le défend. Leur négation de cette réalité en ce qui concerne   l'abus est un gros investissement de leur part dans leur protection    commune ; ils sont dépendants l'un de l'autre. Le déni concerne aussi leur   propre doute à propos d'eux-mêmes et un bon moyen de défense contre   leurs propres expériences d'inceste, ces blessures du passé qui font encore   mal.
  • Le second type est la mère forte, contrôleuse, distante et pas affectueuse. Elle est très puissante et a le contrôle sur tout ce qui se passe   dans l'univers familial.

RESSEMBLANCES & DIFFÉRENCES ENTRE LE VIOL ET L'INCESTE

Le viol et l'inceste, tous les deux, sont :

a. un abus, une forme d'agression, de profanation envers une autre personne
b. une violence physique réelle, potentielle ou virtuelle
c. une rupture du sentiment de bien-être et de la capacité de composer avec le monde
d. une confusion règne désormais en ce qui concerne la valeur personnelle et l'estime de soi, à ses yeux et aux yeux des autres et plus spécifiquement aux yeux des hommes


L'inceste, contrairement au viol, prend ces formes tordues et peut perdurer pendant plusieurs années, de l'enfance à la puberté jusqu'à la vie adulte:

a. une menace constante et continuelle ou virtuelle de violence sexuelle ou physique
b. une interruption, scission ou distorsion dans le développement et l'intégrité d'un individu dans tous les domaines: psychologique, physique, émotionnel et sexuel.
c. une interruption, scission ou distorsion du rôle de support, de soutien, d'éducation des parents
d. une fausse conception du monde extérieur et de sa capacité de composer avec la honte

PROCÉDURES DANS LE CAS D'AGRESSION SEXUELLE D'UN ENFANT

1. Il y a deux types de divulgation :

  a.)  active: une relation incestueuse a présentement lieu
  b )  inactive: une relation incestueuse maintenant terminée
Les relations incestueuses peuvent être de forme brutale causant une terreur constante et quotidienne d'abus sexuel et/ou physique ou peuvent être vécues remplis d'amour, de douceurs et d'attentions...un abus sexuel sans violence physique mais tout de même un abus sexuel. Le problème n'apparaît souvent que lorsque l'enfant, l'adolescent ou même l'adulte s'aperçoit qu'il n'y a pas de relations sexuelles dans d'autres familles que la sienne ou qu'il n'y a pas de vraiment chez d'autres familles de variations entre les deux extrêmes.

Rappelez-vous : ne présumez de rien !

2. Sources de divulgation :

a.)  la victime
b ) intervenant(e)s scolaires
c ) La mère, un membre de la famille
d ) un témoin (ami(e), proche)
3. Comment composer avec la divulgation :
a.)   intervenir comme si c'était un viol...support, accueil inconditionnel
b )  écouter, ne donner pas de conseils
c )  essayer d'établir un climat de confiance. Vous pouvez être la seule personne à qui la personne a parlé ou peut parler de cette agression. Vous pouvez être la seule personne qui puisse la convaincre d'aller chercher de l'aide: légale, psychologique, etc.
d )  Les enfants ont peu de droits légalement parlant. Ils sont sous la tutelle de leurs parents.

Si vous intervenez contre leurs désirs, vous pouvez rendre la situation intolérable. Cela ne vous empêche pas de    prendre les mesures qui s'imposent

4. Caractéristiques d'une divulgation d'inceste :
a.)  Les familles où il y a de l'inceste sont entremêlés et isolés.
b )  Il n'y a pas de limites ou de frontières.
c )  Le toucher incestueux fait partie d'un processus continu.
d )  L'inceste est un acte sexuel et d'abus de pouvoir, de contrôle.
e )  C'est une période intense de crise.
f )  Les caractéristiques principales des agresseurs: ont un besoin intense de pouvoir, des personnes ayant peu de sens de contrôle, peu de confort ou    d'habiletés sur le plan social.
g )  Les caractéristiques principales des victimes sont des, des personnes qui ont des comportements autodestructeurs.
h )  Les caractéristiques principales des mères sont dépendantes, immatures, piètre sentiment de compétence
i )  La relation entre le père et sa fille (la mère et son fils) est trop intime.
j )  La relation entre la mère et sa fille (le père et son fils) est trop pauvre.
k )  La relation entre les conjoints est très pauvre.


GRILLE DE DIVULGATION D'INCESTE
Relations entremêlées chez les familles incestueuses : Toucher incestueux, un processus continu :
Absence de limites, de frontières :  Inceste est un abus sexuel, de pouvoir et de contrôle :
C'est une période intense de crise: Caract. des agresseurs : besoin extrême de pouvoir, sens peu développé de contrôle, peu de confort ou d'habiletés sociales
Caract. des mères: dépendantes, immatures, peu de compétence Caract. des victimes : sauveurs, comp. autodestructeurs
Pauvre relation dans le couple :  Relation fille/père, fils/mère trop proche:
Relation fille/mère, fils père très pauvre : 


ÉMOTIONS PRÉSENTES CHEZ LES SURVIVANT(E)S D'INCESTE

La plupart des gens croient que les enfants ne sont pas en danger et vulnérables devant un abus sexuel et que les abus sexuels ne se produisent jamais entre membres de la même famille. Il y a beaucoup de gens qui croient que si un enfant est agressé. sexuellement, que c'est un étranger, que c'est arrivé sur la rue., ce n'est pas un membre de la famille, surtout pas un ami ou la gardienne, ce qui est souvent le cas. L'enfant ne peut en parler pour une myriade de raisons et peut même entrer dans la vie adulte en portant le fardeau de son secret et toutes les émotions qui pèsent lourd à l'intérieur.

PEUR

  • Peur que la famille sera déchirée s'ils en parlent à quelqu'un (L'enfant se voit retiré du foyer familial, placé en famille d'accueil et les parents séparés.)
  • Peur que les menaces qui ont été faites se réalisent s'ils en parlent (L'agresseur peut avoir menacé de blesser ou tuer un autre membre de la famille ou un animal favori.)
  • Peur que personne ne les croient parce qu'ils sont des enfants et que l'agresseur est plus vieux
  • Peur que le membre de la famille qui est l'agresseur ne les aime plus s'ils se refusent à ses attouchements.
  • Peur que s'ils disent non, l'agresseur va abuser d'autres membres de la famille
CULPABILITÉ
  • Je le dis à quelqu'un et que mon abuseur est envoyé en prison, ça sera de ma  faute.
  • Plusieurs enfants croient qu'ils auraient dû savoir dès le départ que ce n'était pas bien, même si personne ne leur avait parlé de sexualité ou d'abus sexuels auparavant.
  • Se sentir coupable à propos de la colère et des ressentiments envers l'agresseur parce qu'il est un membre de la famille et qu'il y a quelque chose qui a provoqué cet abus: par exemple, l'alcool, les drogues,...(Vous devez vous rappeler que ce sont des excuses, des rationalisations et non des causes.)
DÉRANGEMENT, GÊNE
 
  • Plusieurs personnes peuvent avoir grandi en croyant que leurs corps et leurs activités sexuelles sont privés, intimes et ne devraient pas être sujets de conversation. Parler ou partager son vécu, l'abus sexuel peut être embarrassant et même une expérience très douloureuse.
  • L'embarras des autres autour dans la communauté environnante lorsqu'ils vont découvrir, être étonnés et réagir négativement envers la victime fait que plusieurs victimes sont isolés ou s'isolent de leurs pairs.
COLÈRE
  • Colère parce qu'ils ne peuvent rien faire à propos de la situation.
  • Colère parce que s'ils le disent à quelqu'un, ils ne seront probablement pas crûs.
  • Colère envers l'agresseur parce qu'il disait qu'il aimait l'enfant bien qu'au contraire il lui cause beaucoup de souffrances.
  • Colère envers eux-mêmes pour ne pas avoir pu mettre un frein à l'abus sexuel.
La colère peut prendre la forme de toute réaction allant d'une légère irritation jusqu'à la rage. Le degré de l'émotion que vous éprouvez n'a pas d'importance. Vous deviendrez de plus en plus conscient qu'un petit soupçon d'agacement n'est rien d'autre qu'un voile baissé sur une colère intense. 
Cours sur les MIracles, leçon 21
 
 

AFFECTION ENVERS L'AGRESSEUR

  • Ce sentiment monte parce que l'agresseur est un membre de la famille et que l'enfant a de l'affection, de l'amour pour cette personne.
  • Ce sentiment monte aussi parce qu'il y a eu des bons moments dans tout ça,   même s'il y a eu des durs passages et des événements pénibles à vivre.


Ce texte sur les émotions des survivant(e)s d'inceste provient du :
Rape and Abuse Crisis Center, PO Box 1655, Fargo, ND 58107
(701) 293-7273)


PROCESSUS DE L'ÉVEIL MÉMORIEL

1. Tout choc important, traumatisme ou situation où notre vie semble menacée dont nous vivons l'expérience, se doit d'être regardé, compris de quelque façon et accepté par nous.

2. Pour être en mesure de faire cela, nous devons vivre le choc, le nier temporairement, laisser monter la colère à cause de l'outrage, de la profanation de votre personne, être déprimé à cause de la perte de ce qu'il y a de plus beau dans notre être, comprendre la vraie nature de cette expérience et finalement l'accepter.
de la profanation.

3. Si au moment de cette expérience, nous étions incapables de passer à travers un tel processus de deuil et d'acceptation, notre esprit va mettre tout ça de côté jusqu'au moment où nous serons prêts et capables de composer avec cette expérience. Cela s'appelle du refoulement.

4. Quand nous sommes enfin capables, et pas avant, notre esprit va tranquillement nous rappeler des brides de cette expérience par le langage même du cerveau: les symboles.

5. Ces symboles peuvent apparaître comme des hallucinations, bien qu'ils n'en sont pas.

6. Quand nous traduisons ces symboles en mémoires vraies, nous traversons une ouverture, une brèche dans ce mur autrefois infranchissable. Nous allons sentir ces émotions qui montent, surtout la terreur, et visiblement, vivement voir, entendre, toucher, goûter et sentir les odeurs qui ont été refoulés.

7. Nous ne sommes pas dans cette expérience bien que nous croyons y être, nous sommes en train de la revivre, de nous en rappeler pour la première fois.

8. Nous ne sommes pas en train de devenir fous, folles et nous n'allons pas rester là dans cette expérience. Si c'en est trop pour composer avec, notre cerveau va refouler le tout encore une fois. Un refoulement par dessus un autre refoulement est habituellement une surcharge émotive.

9. Dans la mesure où nous allons nous rappeler entièrement de cette expérience, nous pouvons en faire ce qui nous plaît. Ça ne nous contrôle plus avec la terreur qui nous assaillait, nous pouvons lâcher prise et la laisser aller.

10. Dans la mesure où nous brisons le mauvais sort, le sceau magique du refoulement, nous pouvons nous libérer de cette cage de terreur.
 
 

SYNDROME DES SOUVENIRS ERRONÉS**

Plusieurs clients toxicomanes sont aussi survivants d'abus physiques et sexuels qui ont eu lieu dans leur enfance ou dans leur vie adulte. C'est possible que jusqu'à 40 à 50 % de ces clients vivent des symptômes d'un trouble qui se nomme le Syndrome de Stress Post-Traumatisme (SSPT) à la suite de ces abus. La recherche nous suggère que lorsque des problèmes sont bien traités en thérapie, le taux de réussite en rétablissement est meilleur. Lorsque nous ne tenons pas compte de ces problèmes, le nombre de rechutes augmente (James 1993). • À mesure que les intervenant (e)s deviennent plus conscients de la fréquence assez élevée d'abus physiques, d'abus sexuels, et de SSPT, ils peuvent plus répondre aux besoins de leurs clients en suivant des formations spécifiques à ces problématiques: la visualisation guidée, l'hypnose et la reconstruction mémorielle. Ainsi, il est important pour ces intervenant (e)s de savoir qu'il existe toute une controverse entourant l'utilisation de ces techniques de reconstruction mémorielle, le syndrome de faux éveil mémoriel (éveil mémoriel à retardement).

Glossaire
La controverse suscitée par les souvenirs erronés (à retardement) tourne autour de questions à savoir si oui ou non les souvenirs d'abus physique ou sexuel qui font surface durant la thérapie après de longues périodes d'amnésie sont authentiques, à savoir si oui ou non de faux souvenirs ou des souvenirs déformés peuvent être créés chez des clients à la suite de certaines procédures cliniques. Beaucoup de gens préfèrent utiliser le terme de controverse des souvenirs à retardement parce qu'ils croient que cela décrit beaucoup mieux le problème des personnes qui font la découverte de souvenirs d'abus dont ils étaient au préalable incapables de se rappeler

Lorsque des clients sont identifiés comme ayant des, souvenirs erronés, ils ne sont pas accusés d'être malhonnêtes ou de mentir. Ils croient vraisemblablement que ces expériences leur sont arrivées et rapportent des détails de ce qu'ils croient s'être passé. Comme résultat de ces techniques, ils disent la vérité comme ils la croient être. En contraste, lorsque quelqu'un invente délibérément une histoire et des événements et qu'il sait très bien que ces choses ne se sont pas passés ainsi, cette personne n'a pas un souvenir erroné. Elle ment.


La controverse des souvenirs erronés
Le terme  (Syndrome de Souvenirs Erronés) a été introduit par la False Memory Foundation à Philadelphie en Pennsylvanie (Peck 1993) en vue de décrire une collection de symptômes que la Fondation croit pouvoir se développer chez des clients qui sont exposés...

...à des techniques de reconstruction mémorielle durant une thérapie pour un trouble  comme le Syndrome de Stress Post-Traumatisme, diagnostiqué à la suite d'abus physiques et sexuels durant l'enfance. Ce syndrome (FMS) se produit quand un client, à la suite d'hypnose, de visualisation guidée et de suggestions développe des souvenirs erronés, grossièrement déformés d'abus physiques et sexuels dans leur passé et que ce client ait été encouragé à croire que ces souvenirs erronés sont authentiques, quand en fait ils ne le sont pas. Le client est aussi conseillé à poursuivre et à prendre des mesures contre les agresseurs.

La controverse des souvenirs erronés gravite autour du problème à savoir si des clients présentement en psychothérapie et counseling peuvent créer des souvenirs erronés d'abus physiques et sexuels. La controverse est prise très sérieusement parce que beaucoup plus de gens divulguent des souvenirs remontant à leur enfance d'abus physiques et sexuels durant leur thérapie. Selon un article dans la revue TIME (12-1-90), en 1976, 6000 cas ont été rapportés; en 1988, il y a eu environ 350000 cas divulgués.

La controverse des souvenirs erronés vise des clients qui sont entrés en thérapie sans souvenirs clairs d'abus qui tout à coup montent de façon spontanée. Beaucoup de gens entrent en thérapie pour traiter un trouble de SSPT lié à des abus physiques et sexuels et le font parce que des souvenirs de leurs abus commencent à faire surface spontanément. D'autres peuvent avoir des souvenirs d'abus qui remontent loin dans le temps et dont ils ont gardé le secret. Les défenseurs de chaque camp dans ce conflit philosophique reconnaissent que les souvenirs qui datent de très longtemps et qui peuvent spontanément faire surface sans questions qui mènent à ce processus et sans interventions cliniques formelles sont habituellement reconnus comme authentiques. Il est aussi reconnu que les souvenirs refoulés qui font surface spontanément à la suite d'éléments déclencheurs qui se produisent sans intervention clinique formelle sont probablement aussi authentiques.

Plusieurs clients qui font la découverte de souvenirs d'abus posent des gestes légaux basés sur le fait qu'ils croient que leurs souvenirs sont vrais. Ces actions intentées peuvent avoir des conséquences sévères pour autant le client que le présumé agresseur qui est l'accusé, par exemple des dommages irréparables à la famille et aux relations entre les membres de cette famille. Plusieurs clients vont poursuivre au criminel des parents, des membres de leur famille en se basant seulement sur les souvenirs refoulés antérieurement et qui font surface durant la thérapie. Ces accusations, même si plus tard elles sont répudiées, peuvent détruire la vie de l'accusé et l'obliger à subir un procès criminel et de la prison.

Les intervenant(e)s doivent réaliser que des suggestions subtiles peuvent influencer le fonctionnement de l'imaginaire chez leurs clients.
C'est important de ne pas emmener le client dans de tels chemins,
et de ne pas lui implanter de telles suggestions.
 

Polarisation sur des fronts extrêmement séparés
Fondée en 1990, la  croit que les souvenirs erronés ou déformés peuvent être dû à l'application de techniques et procédures thérapeutiques comme la visualisation guidée, l'hypnose et d'autres méthodes suggestives et que les cliniciens peuvent réagir inadéquatement à de tels souvenirs. L'objectif primaire de la Fondation consiste à en apprendre plus sur les raisons que ces fausses accusations se produisent et d'avertir les intervenants (es) et professionnels de ce problème spécial.

Il va sans dire que l'émergence de la Fondation a provoqué toute une controverse qui a le potentiel de polariser les membres de la communauté professionnelle. Les lignes de feu sont en place et tous les professionnels sont invités à se choisir un camp d'extrémistes. D'un côté se retrouvent les sceptiques des souvenirs erronés, et de l'autre, les défenseurs de la théorie des souvenirs erronés.

Les sceptiques des souvenirs erronés ne croient pas que l'on peut créer des souvenirs erronés. Ils prétendent que tous les souvenirs d'abus qui font surface en thérapie doivent être acceptés comme authentiques, même s'il n'y a pas de preuves corroborant les incidents. Toute personne qui s'oppose de quelque façon à cette perspective est identifiée comme se plaçant contre les personnes en rétablissement de traumatismes de l'enfance et comme protégeant délibérément ou sans le savoir vraiment les auteurs de tels crimes, de tels abus contre les enfants. Les sceptiques croient que toute reconnaissance que des souvenirs erronés ou déformés peuvent être créés en thérapie va excuser les agresseurs et faciliter la continuation des abus envers les femmes et les enfants par les auteurs de ces agressions.

Les défenseurs de la théorie des souvenirs erronés, d'un autre côté, croient que c'est possible de créer des souvenirs erronés en thérapie, ce qui va être la cause que des clients vont croire qu'ils ont été abusés physiquement et sexuellement quand en réalité, ils ne l'ont pas été. Certains extrémistes de cette position vont jusqu'à affirmer que des souvenirs refoulés, ça n'existe pas et que tout souvenir refoulé qui fait surface en thérapie est probablement faux ou déformé. Ce camp prétend que seuls, les souvenirs qui peuvent être corroborés par d'autres sources et preuves peuvent être authentiques.

Plusieurs cliniciens reconnaissent les dangers de telles positions extrémistes et ont commencé à explorer la question systématiquement. Ils ont découvert un terrain situé au milieu de ces deux positions où se retrouvent les croyances qui suivent:

  • Plusieurs survivants d'abus peuvent oublier et en fait oublient ou refoulent des souvenirs d'événements traumatisants. C'est aussi possible que ces événements montent à la surface même après plusieurs années, à la suite de la présence d'éléments déclencheurs qui les réactivent dans la mémoire.

  •  
  • Des souvenirs erronés ou déformés peuvent être créés par certains types de clients en utilisant de façon non compétente diverses techniques et procédures cliniques.

  •  
  • Les clients peuvent avoir autant des souvenirs authentiques refoulés que des souvenirs déformés par l'utilisation non compétente de diverses techniques et procédures cliniques.

  •  
  • En absence de corroboration d'un tiers, c'est difficile de faire la différence entre des souvenirs authentiques et des souvenirs erronés ou déformés.

  •  
  • Les thérapeutes doivent être conscients qu'il y a des motivations conflictuelles tant chez les survivants que chez les agresseurs. Les survivants cherchent à se rétablir en affirmant leurs croyances que leurs abus sont réels ; les agresseurs cherchent à éviter toute découverte en niant que l'abus s'est produit. Comme résultat, il est difficile de trouver une forme de corroboration et de preuve de l'abus.

  •  
  • Les thérapeutes, utilisant certaines techniques cliniques de reconstruction mémorielle, doivent prendre des décisions éclairées et judicieuses à propos des techniques qu'ils choisissent d'utiliser et des précautions qu'ils devront prendre pour éviter de créer des souvenirs erronés ou déformés chez leurs clients.

  •  
  • La controverse des souvenirs erronés ne doit pas servir d'excuse pour retourner en arrière dans le déni de cet important problème que sont les abus physiques et sexuels.

  •  
  • C'est important de procéder par une enquête rigoureuse et scientifique plutôt que par des raisonnements dont l'origine émane de charges émotives lorsque nous explorons les dimensions de ce syndrome des souvenirs erronés. Les thérapeutes devraient cesser de mettre des étiquettes sur les chercheurs et cliniciens qui vont chercher à percer ce qui a amené cette controverse, des étiquettes comme "extrémistes", parce qu'ils poussent leur investigation de façon objective dans ce domaine.
Techniques thérapeutiques

Il est conseillé de faire attention lorsque nous travaillons avec des techniques de reconstruction mémorielle. De véritables souvenirs d'abus peuvent être l'objet de discrédit. Les gens peuvent refouler des souvenirs, qui, une fois qu'ils y gagnent accès, si ces souvenirs sont critiqués, contestés ou freinés par l'intervenant (e), le client peut alors vivre de sérieux problèmes. Un thérapeute qui a des préjugés contre les souvenirs refoulés peut emmener un client à ne pas reconnaître ces souvenirs qui montent chez lui. De plus, un thérapeute peut guider un client à créer des souvenirs d'abus qui n'ont jamais eu lieu ou de déformer des épisodes réels. Même avec une formation adéquate, les intervenants (es) doivent réaliser que des suggestions subtiles peuvent influencer l'imaginaire. C'est important de ne pas mener le client dans une telle voie ou de planter des suggestions le long de cette route.
 

Les intervenants (es) doivent reconnaître que des images qui émergent de la mémoire peuvent être accueillies à deux niveaux: le niveau factuel ( -  et le niveau symbolique (). La psychothérapie est principalement centrée sur le niveau symbolique tandis que les cours de justice sont centrées sur le niveau factuel. Comme la décision de passer d'une série de sessions en thérapie à celle d'une cour de justice est très importante, les cliniciens doivent aider leurs clients à peser les bénéfices et les risques de prendre une action en justice contre leurs agresseurs.

C'est aussi le travail du clinicien d'être objectif et d'aider le client à regarder consciemment ses souvenirs, valider ces images et explorer tant sa véracité sur le plan factuel que sa signification sur le plan symbolique. Nous devons nous rappeler que l'image perçue par le client est réelle et a de l'importance pour le client. Lorsque nous avons à faire avec des souvenirs d'abus, c'est très important de procéder lentement. Les souvenirs d'abus physiques et sexuels sont très réels et sont des problèmes majeurs et très sérieux.

Depuis qu'il y a cette possibilité que des techniques cliniques induisent de nouveaux refoulements de souvenirs authentiques ou peuvent créer des souvenirs erronés, certaines précautions devraient être d'usage. Les intervenants (es) devraient enregistrer toutes les sessions où il y a reconstruction mémorielle. Cela peut permettre une audition objective à une date ultérieure afin de s'assurer que les bonnes techniques furent employées. De plus, une supervision clinique peut assurer l'intervenant (e) qu'il garde ses questions dirigées et ses suggestions au minimum ou évite complètement de les utiliser. La reconstruction mémorielle est une toute partie du processus de rétablissement pour les survivant (e)s (Covington, 1991; Trotter, 1992; Kritsberg, 1985). Les intervenants (es) devraient ne pas mettre trop d'emphase sur le rôle de la reconstruction mémorielle au détriment des autres types d'interventions thérapeutiques. La première foulée de ce cheminement thérapeutique consiste à créer un climat de confiance et un environnement sécurisant où le client peut se rétablir de son expérience traumatisante, apprendre à vivre avec et à composer avec les symptômes du SSPT, et développer des habiletés de croissance lui permettant d'évoluer et de grandir tant dans sa personnalité que dans son mode de vie. Se centrer sur la mémoire seulement peut garder les client enfermer à un stade du processus de rétablissement et les empêcher de progresser.

Les intervenants (es) doivent se rappeler que chaque reconstruction mémorielle doit être suivie par un recadrage cognitif pendant lequel les souvenirs qui ont fait surface sont révisés consciemment dans un état d'éveil normal. La plupart des clients vont vivre des conflits internes quand les souvenirs d'abus font surface. Un intervenant (e) doit demeurer objectif et aider le client à examiner ce conflit.
 

Si le client vit un tel conflit interne, une réaction adéquate serait : «Parle-moi de ce conflit que tu vis présentement. Parle-moi de cette partie de toi qui croit que ce souvenir est authentique. Parle-moi de cette partie de toi qui croit que ce souvenir n'est pas vrai. Qu'est-ce que tu peux gagner et perdre si ce souvenir est vrai ? Comment te sentirais-tu si ce souvenir n'est pas vrai ? Quelles étapes vas-tu entreprendre pour te faire une idée à savoir si ce souvenir est entièrement vrai, partiellement vrai, ou pas vrai du tout ?

Les intervenants (es) ne doivent pas forcer leurs propres points de vue sur leurs clients. Ils ne devraient pas partir avec des idées préconçues que le souvenir est faux ou véritable. Ils devraient l'accepter pour ce qu'il est: une image qui fait surface qui peut être plus précisément définie et classée par le client. Les cliniciens devraient explorer le souvenir objectivement sans guider le client dans une direction ou une autre. C'est le travail du thérapeute d'agir comme un miroir objectif et rempli de compassion et d'aider les clients à prendre des décisions par eux-mêmes en ce qui concerne le sens et l'authenticité du souvenir.

Les professionnels devraient confirmer l'expérience subjective du client. Si un client déclare que quelque chose s'est passé, un intervenant (e) devrait accepter cette expérience comme valide. Les intervenants (es) devraient demander à leurs clients pourquoi ils croient que ces choses leur sont arrivées. Ils ne devraient pas essayer de convaincre leurs clients de recevoir ou de rejeter ce souvenir.

Si un client a des doutes, les intervenants (es) doivent honorer ses doutes. Les cliniciens devraient laisser leurs clients savoir que c'est possible que leurs souvenirs soient déformés et les encourager à trouver des moyens pour explorer plus à fond leurs souvenirs pour qu'ils puissent prendre une décision par eux-mêmes.

Les intervenants (es) devraient reconnaître que ses souvenirs qui émergent ainsi sont soit véritables soit déformés. Les intervenants (es) doivent faire une recherche ou une enquête pour déterminer si c'est l'un ou l'autre et souvent il n'y aura pas moyen de savoir sûrement. La thérapie devrait demeurer centrée sur la libération des blessures du passé pour aujourd'hui, enfin, vivre une vie satisfaisante. Le processus thérapeutique est construit de manière à aider les clients à se libérer de leur passé pour leur permettre de vivre heureux pendant le moment présent. Le but d'explorer en thérapie des tels souvenirs est de procurer à la personne la liberté, le mieux-être dans l'ici et le maintenant, pas de développer des fixations comme le blâme et la vengeance.

Explorer la controverse des souvenirs erronés ne doit pas excuser
les abus, ni protéger les agresseurs, ni leur éviter de
subir les conséquences de leurs actions.
 

Explorer la controverse des souvenirs erronés ne doit pas en aucune façon excuser les abus, ni empêcher les agresseurs de subir les conséquences de leurs crimes. Les abus physiques et sexuels sont des actes criminels, et les agresseurs devraient souffrir le plein courroux de la justice, conséquence de leurs actions. Les sceptiques des souvenirs erronés sont préoccupés pour deux raisons : 1) ils ont peur que de véritables divulgations d'abus vont être découragées ou discréditées et 2) que les agresseurs coupables d'abus chez d'autres personnes, souvent des femmes et des enfants, vont se servir de la théorie du syndrome des souvenirs erronés comme base pour se défendre en cour afin d'éviter d'être punis et de continuer leurs abus.

Les défenseurs de la théorie des souvenirs erronés sont préoccupés par le fait qu'ils croient que dans certains cas, il y a là un potentiel pour causer des blessures graves à d'innocentes personnes qui seront accusées faussement d'être des agresseurs, accusations basées seulement sur des souvenirs erronés ou déformés. À cause du potentiel que de terribles conséquences s'abattent sur des personnes innocentes, ça devrait être impératif que des cliniciens se penchent sur cette controverse et poussent la recherche dans ce domaine.
 


DÉFINITIONS DE TOUTES SORTES DE SOUVENIRS

Souvenir authentique
C'est l'habileté de se rappeler quelque chose qui s'est vraiment produit. Ces souvenirs peuvent être rappelés avec trois niveaux d'intensité sur le plan personnel: au niveau cognitif, lorsqu'une personne se souvient intellectuellement que quelque chose est arrivé et peut expliquer cet événement, mais ne peut visualiser les détails de ce qui s'est passé; au niveau de l'imagerie mentale où une personne se rappelle un événement et visualise les détails; et au niveau sensoriel, niveau où la personne peut se souvenir des détails et recréer les réactions physiques et émotives que son corps a vécu au moment de l'événement.

Souvenir erroné
C'est la croyance consciente que quelque chose est arrivé, accompagnée par l'habileté de construire des images et des détails de ce qui est arrivé, ce qui par moments peut inclure des réactions physiques et émotives, quand en réalité, l'événement n'a jamais vraiment eu lieu. Les souvenirs erronés peuvent aussi se produire aux niveaux cognitif, de l'imagerie mentale et sensoriel de la mémoire.

Souvenir fabulé
Cela se produit quand une personne inconsciemment produit des brides d'information et des détails dans sa mémoire pour remplir les  qu'elle ne se rappelle pas. Par exemple, une personne peut se souvenir d'avoir dîner avec un copain mais ne se rappelle pas ce qui était au menu. Lorsque questionnée, cette personne, peut de façon créative remplir les espaces vides par un repas qui n'a pas digne des circonstances.

Souvenir déformé ou contaminé
Cela se produit quand il y a des informations factuelles dans la mémoire, mais après des questions répétées et la présentation d'informations détenues sur ce qui s'est passé après, le contenu de la mémoire semble se transformer pour ajouter de nouvelles informations ou pour satisfaire la direction que les questions ou les suggestions prennent.

Souvenir refoulé
Ca veut dire soit l'une soit l'autre de ces possibilités: une personne fait l'expérience d'un événement et elle est incapable de se rappeler ce qui est arrivé; ou une personne fait l'expérience d'un événement, au départ s'en souvient, puis pousse cet événement comme hors de son esprit et refuse de penser à cet événement jusqu'à ce qu'un élément déclencheur le lui rappelle. 

Souvenir secret
C'est quand un souvenir est gardé secret mais non refoulé et ça se produit quand une personne a un souvenir très clair de l'événement mais choisit de le garder secret et de ne pas en parler à personne.


COMMENT EST-CE QUE LA MÉMOIRE FONCTIONNE?

C'est accepté par la plupart des chercheurs sur la mémoire que la mémoire est un processus complexe qui peut être divisée en trois stades (Loftus, (1991) : le stade d'acquisition, au cours duquel la perception de l'événement original est mis en mémoire; le stade de rétention au cours duquel le souvenir est entreposé, stocké ou retenu alors que la conscience, elle, se centre sur d'autres activités; et le stade de rappel au cours duquel la personne se rappelle l'information emmagasinée dans la mémoire.
La controverse du syndrome des souvenirs erronés a été soulevée sur la façon dont la mémoire fonctionne dans chacun des trois stades. En étant plus éclairés sur ces deux explications des camps opposés dans cette controverse, les intervenants peuvent alors prendre une décision judicieuse, s'ils le désirent, concernant le modèle de mémoire auquel ils veulent adhérer et planifier leurs interventions cliniques en accord avec cette prise de position.

Les sceptiques des souvenirs erronés croient que le processus d'acquisition, de stockage et de rappel des souvenirs de traumatismes est différent des souvenirs d'événements non traumatisants. Durant le stade d'acquisition, il y a 100% de stockage de toutes les perceptions sensorielles, informations qui peuvent être retrouvées par la visualisation guidée et l'hypnose. Durant le stade de rétention, la mémoire enregistre comme en audio ou en vidéo. Ainsi, la précision de l'image peut être conservée durant des années, et même des décennies. La mémoire revient spontanément intacte durant le stade de rappel. La thérapie ne crée pas ou ne déforme pas les souvenirs ; elle fait la mise au point et précise les perceptions.

Les défenseurs de la théorie des souvenirs erronés croient que le mécanisme d'acquisition, de stockage et de rappel des souvenirs est le même pour les souvenirs d'événements traumatisants ou non. Durant le stade d'acquisition, il y a seulement ce qui est perçu qui peut être rappelé et que la perception est limitée à ce qu'une personne porte consciemment attention. Durant le stade de rétention, la précision et la clarté perdent de la qualité avec le temps. Plus le délai est long entre l'acquisition et le rappel, plus les souvenirs seront déformées. Durant le stade de rappel, les souvenirs ne sont pas disponibles. Ils sont reconstruits. Durant ce processus, les souvenirs peuvent être affectés par des processus internes (ex.: lier deux souvenirs qui se ressemblent) ou des processus externes (ex.: suggestions et questions directives). 

AFFIRMATIONS DE MES DROITS PERSONNELS

FRONTIÈRE PHYSIQUE

  • Bulle qui protège mon corps
  • J'ai le droit de déterminer quand, où, comment et qui va me toucher et à quelle distance, les autres peuvent s'approcher de moi.
FRONTIÈRE SEXUELLE
  • Bulle qui protège ma vie sexuelle
  • J'ai le droit de déterminer quand, où, comment et qui je vais être sexuel(le).
FRONTIÈRE ÉMOTIVE
  • Bulle qui protège mes émotions
  • Ma réalité (ce que j'ai l'air, ce que je pense, ce que je ressens, fais ou ne fais pas) est beaucoup plus relative à ce que je suis et mon historique de vie que tout ce que d'autres personnes peuvent dire ou avoir dit, peuvent faire ou avoir fait.
FRONTIÈRE INTELLECTUELLE 
  • Bulle qui protège mon pensée
  • J'ai le droit de penser ce que je veux penser. Je ne dois faire face qu'aux conséquences de ma propre pensée. 
  • J'ai le droit de décider si l'information est vraie, fausse ou ambiguë et de choisir d'agir ou de ne pas agir à la suite de ma propre décision. 
  • Je ne dois faire face qu'aux conséquences de mes choix et de mes actions.
FRONTIÈRE SPIRITUELLE
  • Bulle qui protège ma vie spirituelle
  • J'ai le droit de penser et de croire en une Puissance supérieure, un Dieu tel que je Le concevais. Je sais que ma foi ou mon manque de foi m'appartient et que je n'ai pas à justifier mes croyances à qui ce soit. 
  • Je suis responsable de vivre dans les limites de mes croyances spirituelles et accepter les conséquences lorsque je ne vis plus ainsi. 
  • J'ai une relation personnelle avec mon Dieu d'amour, et en même temps impersonnelle.

  • FRONTIÈRE ÉCONOMIQUE

    • Bulle qui protège ma vie financière
    • Je suis responsable de mes affaires. 
    • Ma valeur personnelle n'a rien à voir avec combien d'argent ou de biens je possède Ma relation avec l'argent est seulement comme un médium d'échange, un véhicule d'énergie. 
    • Je sais que je ne manque de rien, qu'il y en a toujours assez. Je m'aime pour ce que je suis plutôt que pour ce que je possède.



    BIBLIOGRAPHIES

    Covington, S (1991) Awakening Your Sexuality: A Guide for Recovering Women and Their Partners, New York, Harper Collins.

    Gorski, TT (1993) Keeping the Balance: A Psychospiritual Model Of Growth and Development, Independence, MO, Herald House Independence Press.

    James, SE (1993) The Secret — Evaluating for Sexual Abuse, Addiction and Recovery, 13(3), pp.11-13.

    Kritsberg, W (1985) The Adult Children of Alcoholics Syndrome: From Discovery To Recovery, Pompano Beach, FL. Health Communications.

    Leif, H (1993) Confronting The False Memory: An Interview, Addiction and Recovery, 12(3), pp 20-21.

    Peck, R (193) The FMS Foundation: Fighting The False Memory, Addiction and Recovery, 13(3), pp 18-19.

    Trotter, C (1992) Double Bind: Recovery and Relapse Prevention for the Chemically Dependent Sexual Abuse Survivor, Independence, MO, Herald House Independence Press.
     


    Traduits et adaptés par Gilles Vinet, Au Centre de la Vie
    Envoyez vos commentaires par courriel : gilles.vinet@quandladrogue.com
    Au Centre de la Vie : www.centredelavie.qc.ca
    © Copyright 2004-2002 AU CENTRE DE LA VIE