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Dossier traitement & rétablissement - Gilles Vinet |
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| Critiques contre le rétablissement
Par Dale S. Ryan - Traduits et adaptés par Gilles Vinet |
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Commençons par ce qui est évident. Les critiques les plus tenaces, les arguments les plus illogiques et les moins bien guidés contre le rétablissement ne viennent pas des autres mais de moi. Quand ça concerne mon propre cheminement de rétablissement, je suis la personne qui résiste le plus. Comme plusieurs d'entre nous, j'ai toujours été mon critique le plus sévère. Je peux facilement penser à 50 raisons pourquoi mon rétablissement est juste de la psychologie de 5-10-15 ¢, du nombrilisme, du faire-confiance-en-la-sagesse-des-hommes-plutôt-qu'en-la-sagesse divine, pourquoi les meetings ressemblent à des sessions d'apitoiement collectif. Je n'ai pas besoin d'animosité venant de l'extérieur envers mon propre rétablissement pour me rappeler combien je devrais être mieux aujourd'hui, de la manière que je devrais prier ou que je devrais faire confiance à Dieu. Ou encore comment je devrais passer plus de temps à aider les autres plutôt qu'à me concentrer sur des activités égoïstes et narcissiques. Je n'ai pas trouvé une seule critique que je n'avais moi-même ruminée de quelque façon que ce soit. J'ai récemment terminé la lecture d'une série de livres qui étaient assez critiques des mouvements d'entraide et de rétablissement, et bien sûr, j'y ai retrouvé quelques surprises pour les illustres membres du Grand Bureau de Mes Critiques Intérieurs. Ce conseil de Juges distingués avait quand même oublié quelques mauvaises herbes au jardin, quelques vertes réflexions sur mon propre rétablissement. Je suppose qu'il y a des raisons évidentes pourquoi nous résistons de manière si tenace à notre propre rétablissement. En voici trois :
Bien sûr, en tout premier lieu, nous allons vivre dans la négation, dans le déni et nous allons en tirer des bénéfices tangibles. Le déni est très attirant et attrayant — ça permet de croire que c'est moins douloureux ainsi, moins que de faire face à la vérité. Je me suis rendu jusqu'ici sans faire face à ça, pourquoi est-ce que je devrais adresser ce problème maintenant? L'authenticité en contraste a toujours l'air de la chose la plus difficile à maintenir. Alors, nous allons résister et ne pas nous rétablir puisque le déni semble plus séduisant. Voilà pourquoi si peu d'entre nous choisissons le rétablissement comme une activité de croissance personnelle — la plupart d'entre nous entrons en rétablissement que lorsque notre souffrance, notre mal d'être devient si intense que nous sommes forcés à prendre certaines mesures qu'en d'autres circonstances, nous aurions tout simplement évitées. Deuxièmement, se rétablir requiert que nous nous engagions à participer à des activités que peu d'entre nous trouvent drôles et amusantes. Faire des amendes honorables? Avouer? Persister? Dire la vérité ? Reconnaître son impuissance? Accepter de l'aide? Il doit y avoir une manière plus facile, plus douce. Ce ne sont pas des bonnes nouvelles dès le départ. Peu d'entre nous allons vivre cette expérience spirituelle, allons nous soumettre à l'aveu qui est un bon exemple de cette discipline, de cette occasion unique et merveilleuse de grandir personnellement. Au contraire cette confession apparaît comme la pire (et de plus quasiment impossible et imaginable) chose qui pourrait nous arriver. Nous résistons à nous rétablir parce que c'est un processus qui est exigeant. Et troisièmement, nous résistons à notre propre rétablissement parce que se rétablir nous demande de changer et le changement est ébranlant ; quelquefois, il est fragilisant. Changer souvent, ça veut dire nager à contre courant contre les pressions d'une dysfonction qui peut avoir survécue à plusieurs générations. Changer, ça veut dire être prêt à devenir malhabile et inexpérimenté à utiliser de nouvelles stratégies plus saines d'un nouveau mode de vie — par exemple, peu d'entre nous étaient des adeptes de l'honnêteté au point de dire la vérité initialement. Changer, ça veut dire de tolérer l'état de confusion, d'ambiguïté et de perte de maîtrise qui naît dans des moments de transition et de métamorphose. La plupart d'entre nous préfèrent la stabilité, le statu quo au changement et cela explique en quelque sorte notre résistance à nous rétablir. Alors je suis la personne la plus résistante à mon propre rétablissement et il y a ces trois bonnes raisons qui la justifient. La seule bonne chose qui me vient à l'esprit à propos de ma résistance, c'est que ça me permet de relaxer en ce qui concerne tous les genres de résistances des autres autour et des soucis qui peuvent en découler. Nous allons découvrir que certaines personnes vont nous dire que c'est un manque de foi en Jésus-Christ qui peut aller jusqu'à Le renier. Nous allons entendre des gens qui pensent que le rétablissement est une façon de fuir ses responsabilités en déversant trop de bonté vers soi. Mais nous n'allons probablement pas trouver de personne plus critique que nous le sommes. Dieu, bien sûr, est familier avec cette tendance à résister notre rétablissement. Et heureusement, Il va nous montrer clairement que peu importe notre acharnement et notre obstination à résister, Dieu va nous faire persister dans cette voie. Jean, un exégète qui répondait à une communauté qui se débattait, aux prises avec une ronde virulente d'analyse critique, leur dit : "Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et en vérité. Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et nous rassurerons nos cœurs devant lui : car si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses." (1 Jean 3:18 à 3:20) Comme la foule qui écoutait Jean, nous avons nous aussi l'œil très critique à notre égard. Mais à mesure que nous cheminons dans notre rétablissement (mettant de l'amour dans tous nos agissements et en disant la vérité), nous allons découvrir que nos critiques remplies de honte vont éventuellement nous laisser parce que Dieu est plus grand que notre déficience, la critique. Dieu qui connaît toutes choses est plus grand (plus rempli de grâce, d'amour, de bonté, plus engagé envers nous) plus que nos cœurs limités et gênés dans leurs battements par la honte ne peuvent l'imaginer. Nous pouvons laisser reposer nos cœurs parce que Dieu est plus débordant de grâce que nos cœurs meurtris par la honte et ça, ça fait toute la différence. Puissent vos racines plonger dans la terre riche de l'amour de Dieu . Dans la dernière édition du magazine STEPS, j'ai parlé d'une forme plus intransigeante, plus sérieuse et personnellement plus douloureuse de résistance au rétablissement — notre propre résistance. Nous avons tendance à être nos pires critiques. Nous résistons aux changements de façon très tenace. Dans la plupart des cas, nous nous battons, nous rejetons notre évolution, cette transformation, nous allons jusqu'à haïr ces bouleversements — probablement plus que toute autre personne. C'est souvent vrai que notre
cheminement en nous rétablissant nous amène à travers
des territoires ambigus, à travers des environnements carrément
hostiles même à notre rétablissement.
Des émotions désagréables qui étaient autrefois anesthésiées par des substances psychotropes ou par ces comportements toxiques peuvent être ressenties comme menaçants dans leurs relations aux quels ils s'étaient adaptés pendant les années folles de la dépendance active. Certaines personnes en rétablissement
rencontrent de l'hostilité quand elles commencent à dire
la vérité dans des systèmes sociaux qui ont été
contraints et réduits au silence depuis x générations.
D'autres ressentent de la honte et du rejet devant les réactions
des gens sceptiques ou sont simplement inconfortables devant ces changements
que le rétablissement amène ou procure.
Résistance et Rejet
J'ai découvert que c'était très aidant et apaisant pour moi quand je me retrouvais confus à une critique entendue contre le rétablissement ou contre le mode de vie des Douze Étapes de réfléchir et de répondre à ces questions concernant le contenu et le ton de la critique : Quel ton de voix est-ce que j'entends quand j'écoute ce jugement? Quelquefois, je peux identifier la voix d'une personne qui exprime des commentaires négatifs sur le rétablissement (sa voix et son ton quelquefois aussi son ressentiment). C'est important de pouvoir identifier cette voix et ce ton… ce ressentiment avant de réagir au contenu même de cette critique. Ricochet anti-rétablissement
Au cours de l'an passé, j'ai lu la plupart de la littérature populaire que nous pourrions classer dans la section "anti-rétablissement". La liste des 10 meilleures raisons pour ne pas s'engager dans le rétablissement est un bref résumé du genre de critiques générées par des gens hostiles au rétablissement. Ce n'est pas le but de cet article de nous fournir des réponses intelligentes à ces critiques. Nous espérons plutôt que vous passerez du temps comme nous à examiner ces avis et opinions critiques et qu'ainsi, par ce processus, vous puissiez comme nous apprendre à vous faire confiance lorsque vous rencontrez des critiques de ce genre. Nous espérons que vous allez apprendre comme nous à faire confiance à vos instincts profonds à propos du contenu (verbal) et surtout du ton (non verbal). De fait, nous ne sommes pas stupides. Nous pouvons en arriver à réfléchir à ces choses qui apparaissent confuses au départ ! Répondre à
la résistance
Premièrement, certaines critiques formulées contre le rétablissement, même lorsque publiées et signées par des gens distingués avec bien des diplômes pour certifier leurs connaissances, sont des tirs en l'air, des jugements sans fondement et sont mal informés en ce qui concerne le processus de rétablissement. Le meilleur exemple est ce dernier tiré de la Liste des 10 meilleures raisons : Le rétablissement, c'est pour les simples d'esprit. Nous pourrions oser aller jusqu'à dire que c'est probablement un simple d'esprit qui a formulé cette remarque. (Nous savons bien que ça ressemble à "Je sais ce que vous êtes alors qui suis-je moi?", et c'est quand même le fun d'écrire une telle riposte !!!) C'est vrai que plusieurs d'entre nous avaient désespéramment besoin d'apprendre à "Garder ça simple !" Une des façons que la dépendance utilise pour se maintenir en force, c'est de compliquer les choses au point que personne ne peut vraisemblablement deviner ce qui se passe réellement. Parce que ce genre de confusion est ainsi généré, le rétablissement va nécessairement impliquer un retour aux fondements, à la base. Martin Luther avait bien exprimé cela dans une causerie "Progresser, c'est de toujours recommencer — To progress is always to begin again." (Martin Luther, Lectures on Romans). Nous croyons que "dire la vérité" peut paraître "simpliste" pour certaines personnes. Ça peut paraître, en effet, très simple à première vue. Et en vérité, nous supposons que ça l'est théoriquement du moins. Notre expérience nous a démontré toutefois que de devenir une personne ouverte à la vérité est un processus assez compliqué et très difficile. Le rétablissement peut en fait être fait de choses très simples et cela ne fait pas du rétablissement une affaire pour les simples d'esprit. Deuxièmement, certaines
critiques mal éclairées contre le rétablissement sont
fondamentalement déguisées et sous le couvert de quelques
éléments de vérité. La plupart des gens en
rétablissement reconnaissent qu'il y a un danger à se vautrer
dans un travail exclusivement nombriliste. Voilà et nous croyons
que c'est pour cette raison que le travail de la Douzième Étape
des Douze Étapes des Alcooliques Anonymes exige une attention soumise
à transmettre le message à d'autres personnes qui souffrent
de cette maladie. La sobriété, comme tout cheminement de
rétablissement, ne peut être maintenue que s'il y a une centration
sur l'extérieur, un focus externe. Par contre, une approche utilisant
un narcissisme docile peut être un point important d'un plan de rétablissement
spécialement dans les cas d'abus et de traumatismes. Quelqu'un qui
a passé trente ans de sa vie à se soumettre à une
discipline sévère pour se soustraire à ses émotions,
pour chasser ses déboires de sa mémoire et pour ne pas écouter
les signaux de détresse que lui envoie son corps peut ne pas être
en mesure de casser ses habitudes sans une période d'exercice rigoureux
de regard sur lui-même. Ça se peut qu'au départ, ça
ne donne pas l'allure d'un équilibre sain de centration sur soi
et sur les autres. Le narcissisme n'est pas un des buts recherchés
par le rétablissement, mais un regard plongé sur soi, un
inventaire moral et minutieux de soi-même, peut être vital
et nécessaire au processus pour bien des gens.
Résistance chrétienne
Liste des 10 meilleures
raisons pour ne pas s'engager dans le rétablissement
1.— Le rétablissement, c'est pour les simples d'esprit. "Dieu s'attend à ce
que vous soyez déjà mieux et guéri aujourd'hui"
Dans le premier article sur
la résistance au rétablissement, j'ai insisté sur
la principale forme de résistance, la nôtre. Le rétablissement
n'est pas facile. C'est un processus difficile. Dire la vérité,
reconnaître nos besoins, faire des amendes honorables sont quelques-unes
des tâches ardues du rétablissement. C'est assez compréhensible
que nous soyons résistants devant un processus aussi exigeant. De
plus, le rétablissement réclame des changements. Nous avons
passé bien des années à pratiquer un mode de vie très
dysfonctionnel. Le chemin qui oppose le moins de résistance est
celui qui reprend des sentiers connus, nos vieux patterns et archétypes.
Le changement est difficile et c'est compréhensible que nous y résistions.
Nous croyons que c'est important de commencer à reconnaître combien c'est pénible de recevoir de la résistance de fervents chrétiens bien sincères, combien c'est douloureux lorsque cette résistance s'exprime en des termes théologiques ou vient de commentaires qui qualifient l'œuvre ou mesurent la grâce de Dieu. C'est difficile quand nous entendons " vous devriez être déjà bien mieux, vous devriez être guéri". Mais il tout aussi sinon plus difficile d'entendre Dieu s'attend à ce que tu sois guéri dès maintenant". C'est dur d'entendre : "Arrêtez d'être si égocentrique". Mais combien c'est encore plus pénible d'entendre : "Dieu haït ça quand vous êtes centrés sur vous-mêmes comme ça". Il a bien des raisons pourquoi c'est si désagréable et blessant d'écouter ce genre de résistances à notre rétablissement Premièrement, nous savons que notre rétablissement dépend d'avoir une Puissance supérieure qui veut nous aider à faire des choses que nous ne pouvons accomplir par nous-mêmes. Et si notre Puissance supérieure
n'est pas aimable, est impatiente, mal informée ou intolérante,
quel espoir pouvons-nous avoir de nous rétablir? Si Dieu est en
colère et fâché à la suite des changements que
le rétablissement provoque en nous, alors que faire? Si Dieu pense
que nous devrions être guéri par tout le temps que nous sommes
en rétablissement, alors que faire? La résistance quand
elle s'exprime dans un langage religieux, dans un discours chrétien
est plus douloureuse et irritante parce que nous savons que les enjeux
sont assez élevés merci. Si Dieu est vraiment le genre de
Dieu que décrivent ces formes de résistance alors nous devrions
tout aussi bien abandonner. C'est ainsi que nous nous sentons. Nous devrions
tout aussi bien déposer les armes.
Parce que la résistance venue enveloppée comme ça dans un discours chrétien peut être plus irritante, c'est important de remarquer que le fait de répondre à ces résistances n'est pas seulement un exercice intellectuel. Nous ne sommes pas aux prises avec seulement un conflit moral ou cérébral. Ne vous trompez pas, les idées sont importantes. Et ce qui se passe là est une situation vraiment très complexe sur le plan émotif. Supposons, par exemple, que vous êtes mariés et que quelqu'un, une figure d'autorité, vous dit "Je sais que tu crois que ta conjointe te supporte dans ce que tu fais présentement mais c'est toute une méprise, une erreur. Elle haït ce que tu fais et veut que tu arrêtes d'agir ainsi." La difficulté ne serait pas qu'un conflit factuel à propos des réflexions de la conjointe. La confiance serait le point le plus sérieux qui accrocherait. Vous finiriez par vous demander : Est-ce que ma conjointe est de mon bord ou non? et, Puis-je faire confiance aux dires de mon épouse quand elle me dit qu'elle m'aime et me supporte dans mon relèvement? Nous nous retrouvons devant
un dilemme semblable en ce qui concerne notre relation avec Dieu. Est-ce
que Dieu est de mon bord? Dieu dit qu'il nous aime mais pouvons-nous faire
confiance en ce qu'il dit? Cette complication soulevée par cette
forme de résistance chrétienne au rétablissement revient
à remettre en question notre confiance envers Dieu.
Le rétablissement
va nuire à notre réputation.
Maintenant, soyons sûrs d'une chose : ce n'est pas un problème difficile à résoudre du moins en principe. À propos de cela, Jésus a été très clair : "Si vous êtes bien, en santé, vous n'avez pas besoin d'un médecin." Jésus n'a jamais pensé que ses fidèles créeraient une communauté remplie de gens en santé qui seraient inquiets de voir inclure seulement des personnes qui ne nuiraient pas à leur réputation. Ce genre d'opposition aurait sûrement apparu bizarre pour Jésus. Nous ne parlons pas ici de discussion théologique de niveau universitaire — ni de débat sur quelque croyance ésotérique nébuleuse. Nous sommes dans une controverse d'un débat du niveau Christianisme 101. Si la question "Pourquoi devrions-nous vouloir que plus d'alcooliques viennent à l'église?" est difficile comme question alors nous avons besoin d'ouvrir la Bible et de renouer avec Jésus. La passion de Jésus s'est déroulée pour des "gens comme ça". Ce sont des "gens comme ça" qu'il a invité à joindre le coeur de son Église. Il savait déjà que l'avenir de son Église reposerait un jour à la fois sur la foi impassible de "gens comme ça". Maintenant, juste parce que
le problème théologique est clair et évident sur ce
sujet, ça ne veut pas dire que la résistance de ce genre
est facile à entendre. Même si les débats théologiques
sont élucidés et résolus dans nos têtes, nos
tripes peuvent encore entendre quelque chose comme "Dieu ne te veut pas
ici". Moi, c'est ce que j'entends dans ce discours.
Notre part est alors de nous
défaire de ces fers et de ces accrocs. J'ai besoin de prendre conscience
et de reconnaître mes crochets et mes éléments déclencheurs.
L'intensité de ma réponse émotive à une telle
résistance a un contexte, une histoire. Ce n'est pas la première
fois que j'ai l'intention de terminer et de quitter en divulguant mon impression
que je ne me sens pas et ne suis pas désiré.
Le rétablissement
est merveilleux mais inapplicable.
Et s'il y avait quelqu'un dans notre congrégation avec de tels problèmes, je suis sûr que nous nous presserions d'instituer un tel ministère." Ce genre de résistance est aussi très simple à comprendre. Ce n'est que de la pure et simple négation du problème, du déni. Il est enveloppé d'un beau discours supportant mais fondamentalement, c'est la même chose que toutes les personnes dominées par ce processus toxique qu'est la dépendance et qui disent : "Nous n'avons pas de problème". Je suppose que cette forme de résistance ne devrait pas nous surprendre. La plupart d'entre nous ont passé par ce chemin-là. "Je n'ai pas de problème" est un territoire qui ne nous pas inconnu. Comme résultat, ce genre de résistance n'est pas habituellement difficile à identifier comme ce que c'est vraiment: du déni. Mais même si cette résistance n'est pas particulièrement compliquée mentalement, elle peut accrocher et traîner derrière elle et en nous beaucoup de désolation. Nous pouvons être capables de comprendre ça intellectuellement mais nos tripes vont entendre "Dieu aimerait que tu fasses semblant." En terme de charges émotionnelles, le vrai problème c'est : Est-ce que je peux faire confiance à Dieu en lui révélant la vérité sur moi? Ou est-ce que Dieu pourrait agir plus efficacement si je refoulais toutes ces émotions et j'arborais mon visage d'un masque de joie et je commençais à compter les faveurs et bienfaits que j'ai reçus? Ça, c'est ce que ça déclenche quand je rencontre ce genre de résistance quant au ministère que je veux développer en ce qui concerne le rétablissement et mon ministère auprès d'alcooliques et de toxicomanes. La chance que j'ai de me
rétablir là-dedans avec ça, c'est de regarder une
autre fois ces déclencheurs comme "Nous n'avons pas de problèmes
de cette nature". Ce que j'entends dans ce discours : "De bons chrétiens
— probablement comme les gens dans notre congrégation — réussissent
habituellement à éviter ces embûches en restant dans
le droit chemin." Et je comprends quelquefois : Si vous aviez été
bons, vous n'auriez pas besoin d'aide aujourd'hui." Et encore une fois,
ma job à moi, c'est de recevoir ce qui agit comme un déclencheur
dans ce discours. Je suis prêt à 'entendre' certaines choses.
Mon 'radar' qui perçoit ce genre de choses est toujours à
l'affût et ouvert au maximum. Si j'accepte ces déclencheurs,
si je ressens ma peine, mon chagrin de ces deuils qui les ont fait naître
et puis si je passe à autre chose, mordre ainsi à l'hameçon
ou m'accrocher dans les griffes de tels déclencheurs ne devient
qu'un palier de mon processus de rétablissement, une passe dans
mon cheminement. Mais si je soutiens que toute cette crise est extérieure
à moi-même, je cours alors le risque de projeter sur les autres
mes propres angoisses même inconscientes — d'essayer de changer les
choses que je ne puis changer ou contrôler et ignorer en ce faisant
les choses sur lesquelles je peux agir.
Je dois revenir à
la base. Dieu vient me chercher au cœur de mes apparences pour me ramener
à l'honnêteté — loin de mon propre déni et de
retour vers l'aveu de mon impuissance, vers le déballage que certains
appellent la confession, d'autres le sacrement de pénitence. C'est
la vérité qui me permet et m'invite à aller chercher
de l'aide, à me faire soigner et à pardonner. Je crois que
je vais toujours en arracher quant à savoir si oui ou non, Dieu
va m'accueillir si je dis la vérité — mais je n'ai pas à
m'écraser ou à me brûler chaque fois que je me fais
prendre à ce piège. Je peux identifier ce qui se passe, et
me poser la question fatidique : Est-ce que je peux faire confiance à
Dieu en lui révélant la vérité? Et un jour
à la fois, je m'évertue à percevoir que ma confiance
en Dieu grandit.
Dale Ryan a publié
ces trois documents sur le site Christian Recovery Connection
Peele, Stanton, Diseasing
of America: Addiction Treatment Out of Control, Lexington Books(D.C.Heath
& Co) 1989
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