Je me présente «version 2009»
Janvier 2009
 
Que cette personne qui surconsomme porte les chaussures de
votre sœur, de votre frère, de votre fils, de votre mère, de votre père,
de votre oncle, de votre ami, de votre conjoint,
sachez qu’en dépit de votre bonne volonté,
vous risquez d’être confronté(e), tout comme moi, à votre impuissance et
aux bouleversements de vos émotions, si fragiles.
Un cv condensé

Je me nomme Lee. Je marche vers mes 54 ans. Je suis native de Montréal. Une grande ville localisée dans la province de Québec au Canada. Je suis née en 1956 dans une famille où la codépendance était au menu puisque notre mère était alcoolique et accro aux pilules. Auprès de mes deux frères et mes deux sœurs, j’ai passé mon enfance à lutter contre sa froideur, sa jalousie, son manque de valeurs, son absence affective et ses prouesses manipulatrices pour se réapprovisionner en pilules, en boissons et tant plus.

Je suis mère de deux filles.

Ma fille aînée est âgée de 33 ans. Elle a débuté sa descente vers la toxicomanie à l’âge de 17 ans. En janvier 1998, j’ai appris qu’elle était devenue dépendante à la cocaïne. Seringues en main, elle a crié son désarroi et son besoin de fuir devant son champ de ruines. Depuis, elle continue à consommer une panoplie de drogues, de pilules et d’alcool. Si bien que maintenant, elle lutte contre un panier de dépendances.

Mon autre fille cadette est âgée de 30 ans. En juillet 2005, elle s’est retrouvée à l’hôpital à l’étage des brisé(e)s. Elle était au prise avec un problème d’alcoolisme mêlé à une consommation démesurée de PCP et de pot.

* Il est à noter que celui ou celle qui a pris goût à la drogue, à la boisson, aux pilules, aux jeux, etc. doit apprendre à vivre avec sa (ou ses faiblesses) et à la ou (à les) surmonter quotidiennement.

Un retour en arrière, le décès de notre paternel

En 1965, notre père est décédé. Emporté par une maladie qui le déchirait depuis ma naissance. Il laissait derrière lui cinq enfants en quête de sécurité et de soutien. Il était bon, dévoué et il désirait nous donner le meilleur de lui-même. Après son départ, nous avons donner un nom à notre calvaire; l’enfer. 

Couper les liens

En 1995, j’ai fait parvenir à ma mère et à son conjoint abusif, une lettre dans laquelle je dessinais la couleur de mes blessures reliées à mon enfance. Dans le développement de ce document, j’ai versé un chapelet de larmes. Et à la fin de ce testament déchirant, ma plume leur annonçait que je fermais définitivement la porte à leur vie de déboires. Ma conclusion mentionnait qu’ils ne pollueraient plus les pages de mon livre d'histoire. Et je n’ai pas jamais mis en doute cette décision. Dix années se sont écoulées depuis cette rupture réfléchie.

Démarche de pardon

Dans ma préadolescence, Mère a touché le fond de l’abîme. Et nous l’avons accompagné dans sa descente aux enfers. Et en 2001, sur les pages de ce site, j’ai entrepris une longue et sérieuse démarche de pardon. Grâce à ce travail intérieur, je peux maintenant regarder ce passé avec équilibre et ce, sans ressentir de ressentiment et de rancœur. Ce retour en arrière m’a bel et bien confirmé que nous avions été élevé dans une famille dysfonctionnelle.

La descente de ma fille aînée

En janvier 1998, lors de l’épisode du verglas qui a touchée une partie du Québec, ma fille cadette m'a annoncé que sa soeur souffrait d'être piégée, elle était devenue une «cocaïnomane». Devant le miroir de cette première dépendance, j’ai vécu des périodes de désespoir et de culpabilité impitoyable.

Heureusement, qu’en décembre 1998, mon conjoint à accepter de créer ce site. Et ce, dans le but de me donner les ressources nécessaires pour entâmer un combat réel et habillé de victoires heureuses. Et le 31 janvier 1999, ce site voyait le jour. Et je remercie le Tout-Puissant car il m’a comblé par la présence de mon mari. Franck m’aide en m’écoutant. Il m’aime dans mes moments de lourdeur et dans mes instants de noirceur. Il m’accepte dans mes différences qui se font plus nombreuses et plus difficiles. Sans lui, sans l’apport de ce site qu’il a créé de toutes pièces, sans son enthousiasme positif et créateur, je ne sais pas si je marcherais avant autant de détermination et de force. Je ne sais pas si j’aurais cette liberté de croire en l’avenir… Merci à toi que j'aime!

Début de mes chroniques

En avril 1999, je commençais à présenter mes chroniques à côté de notre précieux collaborateur, feux Monsieur Ronald Toupin (1937-2004). Et peu à peu, j'ai commencé à répondre aux lettres des personnes en quête de pistes de solution et de soutien. Depuis, j’ai couché ma plume sur une base régulière et j’ai répondu à plusieurs centaines de lettres.

* Il faut mentionner que la plupart des lettres que nous avons reçues proviennent de mères qui souffrent de voir leur proche consommer. Mais j’avoue plusieurs nageaient dans l’impuissance et jouaient inconsciemment le rôle de facilitatrice. Elle essayaient d’endosser les responsabilités financières de leurs progénitures pour prévenir les coups durs et les protéger des conséquences de leurs actes. Et dans certains cas, elles luttaient espérant pour cesser leur consommation active et marier l'abstinence.. 

Et je suis une mère heureuse mais en devenir car je continue à embrasser le plancher de mon impuissance. À une étape ou à une autre de mon cheminement parental, je n’ai pas trouvé l’écoute de mon entourage immédiat pour croître et pour m’alimenter intérieurement. 

Les années ont passées, emportant avec elles cette naïveté que j’avais de croire à court terme.

La descente de ma fille cadette

En juillet 2005, ma fille cadette alors âgée de 26 ans a commencé à démontrer des signes inquiétants de fatigue, de pertes de poids, de manque de contrôle et de déni.

Et à travers ses mensonges, il m’a fallu apprendre à accepter que mes deux filles étaient devenues dépendantes. Ces produits ont fait leur chemin dans la vie de mes précieuses, d’une façon insidieuse.

Devant cette triste réalité, je suis tombée malade intérieurement. Un mal que l’on nomme la co-dépendance. Un mal de vivre qui nous brise moralement et qui dévore notre espoir en l’avenir.

Depuis, étant trop obsédée par leur consommation, j’ai dû prendre une distance. Et en décembre 2005, j’ai coupé temporairement les liens qui nous unissaient.

Mais qu’arrive t-il quand la maladie d’un proche nous tue intérieurement? Qu'arrive-t-il quand cette forte réalité nous obsède et nous brise en mille morceaux? Comment peut-on survivre à notre co-dépendance?

Étant consciente de mes faiblesses, j’essaie d'apprendre à vivre autrement sans espérer de les voir cheminer ou de voir mes petits-enfants briller dans mon univers. J’essaie d'évoluer à travers ce détachement d’amour. Il me permets de prendre un certain recul vis-à-vis leur consommation. Cette distance me donne une meilleure chance d’analyser objectivement le pourquoi de leurs fuites. 

Grâce à cet éloignement, j’ai donné à mes filles la liberté qu’elles désirent pour consommer à leur guise et répondre à leurs critères d’évasion. Le lâcher prise a été ma porte de sortie. J'avoue que ce cheminement est parfois parsemé de petites victoires de doutes mais il mène lentement vers une certaine sérénité.

Ma conclusion actuelle

Je n’ai pas à porter leurs fardeaux. Je n’ai pas à assumer leurs responsabilités. Je n’ai pas à vivre les conséquences de leurs actions.

Et je n’ai pas à sacrifier mon propre épanouissement.

Et je serai là quand elles seront prêtes à reprendre le contrôle du volant de leur vie…

Lee, auteure

QLDNP1J © Copyright 1999-2009