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Les archives de Sophie Daout

Vol.1 No. 21

Voici le mail que m'envoie ce ,matin le Président de l'association " Parents Contre La Drogue":

ÇA SUFFIT

Gaëlle, une adolescente française de 17ans est morte est en se jetant d’un pont à Amsterdam. Elle venait d’absorber des champignons hallucinogènes.

Quand un jeune achète un produit en vente libre aussi facilement qu'un paquet de bonbons ou qu'un baril de lessive, il peut croire qu'il est inoffensif... C'est dans ce piège que Gaëlle est tombée...
La jeunesse est précieuse, protégeons-la !

Pour cela, en tant que citoyens européens, réclamons l'arrêt immédiat de la vente des champignons hallucinogènes en Hollande.
Rejoignez les nombreuses personnes qui en France, en Europe et dans le Monde depuis 48heures signent et nous laissent de nombreux témoignages.
Signez la pétition sur le site de l’Association :
http://www.parentscontreladrogue.com...

Pour ma part, j'ai bien sûr signé tout de suite cette pétition et  j’ai invité mes amis à en faire autant.

Quelques réponses n’ont pas tardé à me parvenir et la toute première est celle de Nicolas.

Je connais bien Nicolas.  C’est d’ailleurs lui qui a fait tous les dessins de mon dernier livre « Jamais douces les drogues ! »

Je l’ai rencontré pour la première fois à Toulon où je faisais une information pour les parents. Il s’est présenté comme un ancien toxicomane, désireux de m’aider dans mon combat, en apportant son témoignage, quand et où je voudrais. C’est ce que nous avons fait d’ailleurs par la suite plusieurs fois. Mais lors de notre première rencontre, j’avais du mal, en voyant ce beau jeune-homme sérieux, à me l’imaginer en toxicomane paumé ! Et pourtant !

Chère Sophie,

J'ai signé la pétition et voici ce que j'ai ajouté en commentaire: "J'ai consommé des champignons hallucinogènes au Québec quand j'avais 25 ans. Je me suis retrouvé à courir de toutes mes forces sur la margelle du pont Champlain qui enjambe le fleuve Saint-Laurent. La mort n'a pas voulu de moi ce jour-là. Gaëlle n'a pas été épargnée, elle. Aujourd'hui, je suis père de quatre enfants et je ne veux pas que de tels produits circulant librement risquent d'empoisonner et de tuer l'un d'eux. "

Je rajouterai que je ne connais aucun parent* qui ne soit prêt à se battre par tous les moyens contre un virus mortel libre dans la nature et de ce fait, représentant une menace pour son enfant. Un champignon est plus de mille fois plus gros qu'un virus, mais plus facile à "empêcher de nuire". Alors pourquoi tous n'oeuvreraient-ils pas pour la santé de leurs enfants ?

* A moins que le parent ne soit drogué lui-même, évidemment son entendement et sa capacité à envisager le bien de son enfant seraient alors altérés et inefficaces.
Nicolas

J’ai publié la réponse de Nicolas sur le site, comme je continuerai de le faire pour les autres réactions !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

« Jamais douces les drogues » Sophie Daoût Editions Le Sarment, Le Jubilé.
Les réponses seront publiées dans le forum du site :
www.jeunessesansdrogue.com


Sophie Daout, le 20 avril 2007
HAUT DE LA PAGE































Vol.1 No. 22

Débats passionnés autour du cannabis

J’ai participé vendredi 22 avril à l’enregistrement d’une émission de télévision dont le thème était « Une drogue douce peut-elle être dangereuse ? »
L’émission elle-même, qui pose des problèmes de société, est très polémique, dans sa conception et même dans sa forme. En effet, elle oppose deux camps qui sont séparés et se font face sur le plateau. Le public est invité par sondage à répondre à la question par oui ou par non au début de l’émission, puis à la fin, après plus de deux heures de débats.

Pour ce qui est de la question posée vendredi et à mon grand étonnement, une majorité de oui s’est dégagée dès le début de l’émission, un peu plus de 80%, et s’est maintenue à la fin, un peu moins de 80%. Les gens pensent donc majoritairement qu’ «  une drogue douce peut être dangereuse ».
J’ai posé moi aussi la question dans notre forum…et je me suis attirée des foudres !

Tout d’abord, c’est un ancien toxicomane qui nous reproche de ne pas parler de l’alcool comme d’une drogue, et qui est persuadé que « en réalité le problème n’est pas le produit, mais l’éducation qui va avec ».

Puis c’est le tour d’un autre jeune homme, consommateur régulier de cannabis, qui nous demande de ne pas confondre un usage récréatif et un usage problématique :
 « J’'aurais aimé exprimer l'exaspération que je ressens face aux personnes clamant tout haut CANNABIS = DANGER . J'ai un emploi je travaille plus de 40 heures pas semaine , je suis entourés d'amis qui me sont très chers , et je ne reste pas enfermé chez moi pour me droguer ! J'ai avoué en toute honnêteté a mes parents que je fume des pétard . Et face au fossé qui sépare les générations le débat est lancé. Mais les idées formatées par une prévention excessive portée le plus souvent par des absurdités ou des faits concernet une infime minorité de consommateurs. Je fume le soir après le boulot avec un peu de musique pour me détendre ou avec des amis pour favoriser l'interactivité , les relations et le partage, quoi de meilleur qu'une guitare et un peu de beuh pour passer les meilleures soirées de sa vie !…. »

Tous les deux, dans leurs messages, sont extrêmement violents dans le ton et dans le choix des mots. Et c’est en effet ce que je constate chaque fois que l’on débat de cette question .

Naturellement, je suis intervenue dans le forum, mais immédiatement des mamans et aussi des jeunes, en particulier d’anciens toxicomanes ont renforcé mes propos. Nous avons expliqué à ces deux jeunes gens que nous ne nous prononcions pas sur la consommation des adultes, mais que nous faisions de l’information auprès des adolescents et des enfants pour les protéger. Nous ne sommes ni des policiers, ni des censeurs.
Je pense qu’ils ont compris parce qu’ils se sont excusés tous les deux.

« C’est vrai que je suis peut-être un peu agressif, mais bon, contrairement a toi je ne fais pas du tout de prévention, mais du soin… » écrit le premier.

Et l’autre :  «  J'aurais aimé m'excuser, le but n'étant pas de vous choquer mais d'ouvrir le débat sur une consommation maîtrisée chez l'adulte. Effectivement ce forum n'est certainement pas le meilleur endroit pour cela, je m'en excuse encore »

Si nous nous sommes compris, nous n’aurons plus à nous opposer mais bien à unir nos forces pour agir auprès des plus jeunes.

Rappel de l’adresse du site où se tient notre forum :
www.jeunessesansdrogue.com


Sophie Daout, le 4 mai 2007


 

HAUT DE LA PAGE


































Vol.1 No. 23
Le forum, encore !
J’ai donc, comme je l’avais dit précédemment, participé à une émission de télévision dont le thème était, je le rappelle, : « Les drogues douces peuvent elles être dangereuses ? ». Nous avons eu deux heures et demie de débats. Dans le camp des « non », se trouvaient un avocat célèbre qui prône depuis des années « une légalisation encadrée », le Président d’une association de défense de la légalisation des drogues, un musicien compositeur et chanteur de reggae, un vendeur de cannabis suisse et un biologiste.

En face, dans le camp où je me trouvais, il y avait un toxicologue, un neurobiologiste, et un psychiatre.

Des témoins, appartenant alternativement à l’un ou l’autre camp,  passaient et étaient interrogés par l’animateur.

 Bien sûr, les deux parties se sont affrontées en particulier sur la dangerosité du cannabis, les fumeurs voulant défendre leur consommation, et les médecins parlant des dernières découvertes sur le produit. Quant à moi, j’avais un discours un peu marginal, puisque mon seul combat est la défense des plus jeunes, et ma seule action,  l’information et la prévention auprès des adolescents….si bien que même les partisans du « non » respectaient mes prises de parole.

A la suite de cet échange dont tout le monde sort un peu frustré, forcément, car on a souvent envie de prendre la parole pour défendre son point de vue ou répondre à ce qui vient d’être dit, et on ne le peut pas pour respecter le timing de l’émission, à la suite de cet échange donc, la polémique a continué dans le site Internet de la chaîne de télévision, et j’ai moi-même recueilli quelques témoignages et les ai portés dans notre propre forum. Un par un, je les reprendrai dans mes prochaines chroniques.

Le problème des vertus thérapeutiques du cannabis a été posé en troisième partie de l’émission, et dans le blog, à la question «  Doit-on se méfier de l’usage médical du cannabis ? », 84% de personnes répondent « Non ». Personnellement, et je l’ai exprimé dans l’émission, cette question ne me pose absolument pas de problème. En effet puisqu’on sait que le cannabis est un bon antidouleur, un bon moyen de lutter contre certaines maladies, pourquoi en effet, se priverait-on de ces bénéfices ? Pourquoi ne pas l’utiliser dans un médicament , en prenant soin d’en éliminer les effets secondaires ? Mes élèves, quand ils avancent cet argument, sont surpris par mon attitude, mais très déçus quand je leur dis que le médicament en question se présenterait sans doute comme une pilule à avaler et non pas sous la forme d’un joint.

Curieusement, dans notre forum, personne ne s’est attardé sur cette question.

Pour lire les témoignages du forum et y participer, en voici l’adresse de notre site Internet :
www.jeunessesansdrogue.com


Sophie Daout, le 18 mai 2007
 
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Vol.1 No. 24

Éducation et consommation de drogues :
Voilà un témoignage que je retranscris tel quel, et qui me donne envie de réagir très fort surtout des phrases comme celles-ci: " les soi disan bien pensan ne save pa eduker informer proteger leur enfan". Je suppose que, dans l'esprit de ce monsieur, je fais partie, comme tous les parents dont les enfants consomment, de ces "soi disan bien pansan!"

Voici donc le texte en question :

"jai 39an je consom du cana depui plus de 25an jai apri un metier passer mon permi fonder une famille. je ne me sen pas feler juste un poil parano kan je pense a se k prevoi la loi . mai il ai clair k le cana nai pa bon pour tou le monde ya des gen ki ne suporte pa ceu la finisse en psy .je sui contre le fait  k le cana condui sistematikemen a la poudre. sai fo.si des gen on la faiblesse de se laisser unfluencer  kes  peu nou simple fumeur ki voulon vivre en paix. leur paren pour les rendres si faible.l autruche .certainemen la loi protege no enfan ,mai la realiter ai toute autre no enfan son confronter tou les jour a des dealer peu scupuleu ki coupe et recoupe leur produi avec des produi plus dangereu ke le cana ils en son a couper leur produi avec de l ero render vous!!perso je ne suporte pa l alcool alor j en boi pa !!! sai aussi simple ke sa.alor oui je sui pour une legalisation je pense ke l eta doi prendre le control de se marcher sa limiterai la casse.la prohibition coute une fortune a l eta donc a nou.kel son les resulta??ya t il moin de drogue dan no rue.non ya t il moin de toxico.non.sai surtou un probleme d education.mai les soi disan bien pensan ne save pa eduker informer proteger leur enfan.ses gen se cache deriere la loi aussi tordu soi t el.kel exenple pour mes enfan?1 homme libre dan sa tete en accor avec lui et je sai kil ni toucheron pa pour la seul bonne raison kil on eter informer des leur plus jeune age des danger,et ke si malgres tou l envie d essayer les prenai il pourai le faire avec moi avec l assurence de fumer un produi de kaliter a la maison et non cacher o fon d une cave ou d une allee a fumer je ne sai koi avec tou les risk ke sa conporte .education imformation et non repression ki a des efai enkor plus pervers ke le cana!!! "

Bien entendu, sur notre site, il y a eu des réactions immédiates, de mamans en particulier dont certaines s’expriment couramment dans notre forum :

Maryse :
«  J'ai envie de dire une seule chose: désolant!!!
Ne serait ce pas lui, le "bien pensant" qui se permet de "bien penser" et de juger. Arrêtons de culpabiliser les parents qui vivent déjà l'enfer. Personne n'a de recette miracle ni de vaccin contre cette cochonnerie de cannabis. Et puis les enfants ne sont pas isolés dans le milieu familial. Il y a tout un tas de facteurs et d'influences extérieurs, les copains, les connaissances... et ce passage à l'adolescence qui est toujours difficile, même avec la meilleure éducation, la meilleure écoute, les meilleurs parents, les meilleurs amis, et la meilleure vie.. Les tentations sont nombreuses. Le hasard joue aussi son rôle. les parents sont aussi des victimes. arrêtons de tirer sur l'ambulance!!! »

Chantal :
«Si une bonne mère se doit d'initier son enfant au drogues ou à l'alcool en l'aidant à différencier le bon produit du mauvais, alors j'avoue être une mauvaise mère ! »

Sylvie :
«  C'est consternant de dire autant de bêtises avec un tel aplomb.
Je n'ai pas le même âge, je suis une Maman plus âgée (avec un fils de 30 ans )et mes certitudes sont simples :  il n'y a pas de recette miracle pour élever ses enfants. Lorsqu'ils sont épargnés par la drogue, il faut simplement avec beaucoup d'humilité, se dire que l'on a eu de la chance.
Pourquoi culpabiliser des parents qui culpabilisent déjà et sont désespérés?.

Je crois qu'un peu plus d'humanisme , de générosité et de tolérance seraient appréciés aussi par nos jeunes qui ont besoin avant tout d'aide ainsi que par les parents qui ont avant tout besoin de soutien plutôt que de jugements aussi stupides qu'inutiles.
Il vaut mieux agir que réagir. De mon côté je préfère soigner que perdre mon temps à juger ».

Et Diane :
« Le jour où les gens arrêteront de mettre la faute sur les autres, prendront en main chacun leur vie et seront conscients du pouvoir qu'ils ont alors, ces gens auront une évolution intérieure qui leur permettra d'avancer et de voir que la vie est belle. Beaucoup trop facile de rendre l'autre coupable et ne pas être responsable soi-même, et surtout beaucoup moins d'efforts à faire » !
Un père réagit lui aussi : « Je ne sais pas qui est l'auteur de ce post mais plutôt que de fumer du cannabis il aurait mieux fait d'apprendre à écrire sans fautes ...ou peut-être l'a t'il écrit juste après un pétard !

 J'ai une fille de 15 ans, à ma connaissance elle ne fume pas et j ‘espère qu'en voyant les dommages que les drogues ont fait subir à son père, elle ne s'aventurera pas dans cette voie ... il faut être un bien piètre père pour initier ses enfants au cannabis .
CE GARS NE SAIT PAS DE QUOI IL PARLE ! »

Un jeune papa pose le problème des limites que doit fixer l’éducation:

« En lisant cette réaction très mal écrite de ce père de famille, et les vôtres, une question m a traversé l’esprit : n’y aurait-il pas un lien entre l’éducation de « l’ enfant roi", et le plaisir et les drogues ? Autrement dit, les vrais espaces de liberté ne se trouvent-ils pas dans les contraintes ?

Depuis les années 70, une nouvelle vague éducative nous dit avec insistance : " l’enfant a un savoir inné, il ne faut pas le contrarier, c’ est un être à part entière et la relation à établir est de rester en permanence dans le plaisir avec lui.
Est-ce que, à n’avoir pas à conquérir sa liberté, on s’emprisonne soit même ? »

Voici un échange que je trouve extraordinairement émouvant, de deux jeunes hommes, tous deux toxicomanes, mais qui tentent de sortir de leur dépendance et savent à quel point c’est difficile. Ils sont aujourd’hui pères de famille et, pris entre leur responsabilité de parents et leur consommation de drogues, nous font part de leur difficulté :

« Je suis papa et si un jour, je m aperçois que ma fille fume ou qu elle se tourne vers moi car elle veut faire l’expérience, je ne sais vraiment pas comment je me comporterai ce jour là et comment je vais gérer ça.
Comment interdire ce que l’on fait soit même?

Et le second lui répond :
« Je pense qu'il faut informer son enfant des risques qu'il encourt et ne pas "consommer" avec lui ... comme mon père l'a fait : j'ai fumé mes premiers joints avec lui à l'âge de 14 ans ... et cela a radicalement changé ma façon de le voir ...

Mais tu as raison quand tu dis qu'on ne peut pas interdire de faire à ses enfants ce que l'on fait soi même .... un sujet très, très épineux ... »

D’ailleurs la question vient d’être posée à nouveau aujourd’hui dans notre forum
Site de notre forum : www.jeunessesansdrogue.com
N’hésitez ni à le consulter, ni à vous y exprimer !

Sophie Daout, le 1er juin 2007


 

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Vol.1 No. 25

Faut-il règlementer la vente du cannabis

Dans le forum de notre site Internet, nous avons quelques habitués. Pierre est l’un d’eux. C’est un ancien toxicomane, actuellement sous méthadone et aujourd’hui père d’une jeune fille de 15 ans. Il nous apporte souvent des informations fort intéressantes et lance le débat. Il a relevé un article écrit par Agnès Piernikarch, pédo-psychiatre en banlieue parisienne. Il pose le problème de la réglementation de la réglementation de la vente du cannabis en France, problème souvent soulevé chez nous.

Voici cet article :
« Peu de candidats se risquent à proposer la réglementation de la vente du cannabis ; il s’agit de développer l’idée d’une réglementation et pas d’une vente libre: interdire la vente aux mineurs, et maintenir l’interdit de la conduite sous l’emprise du cannabis. Proposition réaliste, car elle prend en compte la réalité quotidienne de l’expansion de la consommation. La banalisation de fait du produit, malgré l’interdit, induit une multitudes de phénomènes calamiteux.

Les usagers, en premier lieu, ignorent la composition du produit qu’ils achètent, et peuvent être victimes de produits frelatés ou absorber un produit dont la concentration en substance active est particulièrement nocive. Les usagers sont au contact des dealers qui peuvent soit les entraîner dans des circuits de délinquance plus grave, soit les agresser. Les pré-adolescents sont sollicités, de plus en plus jeunes, et les enquêtes officielles ont toujours de 2 à 3 ans de retard sur la réalité ; ces enquêtes ne prennent pas en compte l’impact réel de la consommation cannabique chez les moins de 15 ans. Si les consommateurs sont minoritaires, ils ne sont pas catalogués consommateurs d’habitude, lorsqu’ils fument deux joints par semaine. Cette quantité suffit pourtant dans le cas des moins de 15 ans pour qu’ils soient en état d’ébriété du lundi au vendredi.  Les résultats scolaires vont s’en ressentir. Il n’y a pas d’étude sérieuse effectuée sur les effets du cannabis chez les moins de 15 ans. On extrapole les effets connus chez l’adulte aux adolescents, sans doute sensiblement égaux pour les plus de 15 ans. Cliniquement l’observation montre des effets prolongés chez les moins de 15 ans.

Le deuxième effet très pernicieux est la « réussite sociale », du petit dealer qui devient le modèle d’une minorité d’enfants et d’adolescents dans les banlieues ; toute une stratégie est mise en oeuvre afin d’étendre leur pouvoir sur des territoires de plus en plus vastes. Tout attitude pédagogique de respect de la loi est vaine si au vu et au su de tout le monde, les dealers ont pignon sur rue ; qu’elle le veuille ou non, la police n’y peut rien. Les banlieues sont le centre d’un commerce très lucratif ; pour l’exercer, les bandes sont capables d’assurer leur pouvoir par la menace et les exactions sur les habitants qui ne peuvent pas se plaindre ; une chape de plomb vient camoufler ces activités.

Rien ne peut changer dans les banlieues, si cette activité n’est pas éradiquée. A l’évidence, la réponse répressive ne le permet pas. Il n’y a pas lieu de persister dans l’erreur. La vente du tabac et de l’alcool est réglementée. Il s’agit de produits nocifs. On peut se demander pourquoi ce sujet est à ce point tabou. Ne pas en parler, c’est permettre que le trafic continue. Sans doute, à l’origine de ce silence, il y a plusieurs facteurs :  la sous-évaluation de la dangerosité du produit, séquelle des représentations de « drogue douce », la position largement répandue des « pas de vagues », le problème n’existe pas si on ne le voit pas et si on n’en parle pas.

Reste la question de la corruption qui favorise la non-intervention. Il va bien falloir s’y atteler pour traiter le problème des banlieues, car l’absence de traitement de cette question induit la persistance des attitudes maffieuses et de son cortège de nuisance. Cette nuisance a un coût social qui n’a jusqu’à présent pas été réellement évalué ».

« J'ai vécu dans un quartier où la drogue coulait à flot ... peut-être que si j'avais vécu à la campagne ma "destinée" en aurait été complètement modifiée .... ou peut-être pas ... qui peut savoir ? » ajoute notre informateur.

Et voici ma réponse, qui n’a été suivie d’aucune autre pour relancer le débat. C’est un peu dommage !

« Dans l'émission de l'Arène de France à laquelle je participais, le Père Guy Gilbert demandait pourquoi les candidats à la présidentielle n'avaient pas eu le courage, (lui ne dit pas "le courage", il l'exprime en termes plus colorés...) d'aborder le problème de la drogue pendant la campagne électorale. Tout le monde répète que la loi de 1970 n'est plus adaptée, mais personne ne s'attaque à sa réforme.

Je reconnais à l'article que nous propose Pierre plusieurs mérites, le premier étant d'avoir le courage de parler franchement, de soulever le problème. Il faut sortir d'un silence inacceptable, qui s'explique, selon Agnès Piernikarch,  par "la sous-évaluation de la dangerosité du cannabis qui n’est plus du tout une drogue douce, la politique de l’autruche et le problème de la corruption qui explique l’immobilisme.

Je suis entièrement d'accord avec l'analyse de la situation telle que la fait l’auteur de l’article.

C'est vrai qu'il est urgent de s'attaquer au trafic de cannabis ( et autres drogues),dans les banlieues. Les jeunes consommateurs achètent leur produit à des dealers "qui peuvent soit les entraîner dans des circuits de délinquance plus grave, soit les agresser"

Je suis encore d'accord avec elle quand elle dit qu'il faut parler des effets du cannabis. Certes, on manque un peu de recul pour réaliser une enquête sur " les effets du cannabis chez les moins de 15 ans", car le phénomène massif du rajeunissement de l'âge des usagers me semble assez récent. Cependant, les observations des personnes de terrain, professeurs, éducateurs et parents, personnes que je rencontre très souvent, permettent de montrer effectivement "des effets prolongés chez les moins de 15 ans".

Agnès Piernikarch évoque ensuite " la réussite sociale »,du dealer, et le terrorisme exercé par des " bandes", capables d’assurer leur pouvoir par la menace et les exactions sur les habitants qui ne peuvent pas se plaindre." Il faudra, oui, il faudra s'attaquer un jour à cette situation qui pourrit la vie à des familles entières et fait de certains endroits de notre pays, des zones de non-droit où des petits caïds font régner la terreur et où la police ne peut plus intervenir!

C'est seulement au niveau de la solution que je me différencie du Docteur Piernikarch. Je ne suis pas sure en effet que la légalisation du cannabis soit la panacée. Certains pays l’ont essayée et en sont revenus !

Ce que je sais, c’est qu'il faut renforcer le pôle de la prévention auprès des jeunes et l'accompagnement médical des drogués. Je sais aussi qu'il faut s'attaquer sans pitié au trafic, s’en prendre aux gros dealers. En revanche, pénaliser les usagers en les envoyant en prison ne me paraît pas être une bonne solution.
Alors, parlons de tout cela, plus nous oserons en parler et plus des solutions pourront être envisagées! »

Adresse du site Internet : www.jeunessesansdrogue.com
N’hésitez ni à le consulter, ni à vous y exprimer !


Sophie Daout, le 8 juin 2007


 

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Vol.1 No. 26
Mon ami Alain Belle,

Il a un très joli nom, il s’appelle Alain Belle.

Il écrit et il a beaucoup de talent.

Il est devenu mon ami, et j’en suis très fière.

Notre rencontre a tout d’abord été virtuelle. « Je vous ai connue, car depuis 3 jours je ne cesse de me promener sur les forums, j'ai eu pas mal de réponses, et de fil en aiguille, je suis tombé sur les sites des associations, et sur le vôtre », m’explique-t-il.

Arrivant dans le forum du site Internet de notre association « Jeunesse Sans Drogue », il y laisse le mot suivant :
« Mon dernier shoot, c'était au printemps 1990. Depuis, il y a eu des hauts et des bas, de l'alcool, de la codéine, des médicaments, l'hépatite C et le traitement, la méthadone et un psy. J'ai écrit un livre sur deux des pires années que j'ai passées à Amsterdam. Je suis en train de le rééditer moi-même et j'en profite pour demander à ceux qui seraient intéressés de me passer un petit e /mail. Je serai heureux si cette lecture évite à quelques gosses de mettre les pieds dans cette merde.
D'autre part je créée un site www.intraveneneuse.com qui sera opérationnel d'ici 15 jours, où on pourra trouver mon livre, et sur lequel je souhaite apporter des témoignages et créer des liens avec les organisations telles que la vôtre. Je désire également m'impliquer personnellement dans la lutte et je serai heureux de participer à des actions en tant que témoin. Si cette proposition vous intéresse, je vous remercie de me le faire savoir par mail. Précision : j'habite près de Chambéry en Savoie, je suis disponible pour vous rencontrer ».

Evidemment, je ne pouvais que répondre aussitôt à un tel message. J’ai donc écrit à Alain, en lui demandant de m’envoyer un exemplaire de son livre. Et pour me faire patienter, il m’en a proposé deux extraits.

Extrait n°1 : le dealer

Envolée la grande forme qui te fait sauter au plafond dix secondes après avoir retiré l'aiguille de la veine. Et ça fait mal de ne pas avoir la force de poser un pied devant l'autre, on se réveille la vessie pleine de toute la flotte bue la veille, on attend une heure, on se rendort un moment pour s'éveiller de nouveau une demi-heure plus tard, mais on n'a pas envie d'ouvrir les yeux, faire durer le plus longtemps possible, tu sais que ça va être terrible rien que pour repousser la couverture, le froid, même si la pièce est surchauffée, et puis la sensation d'avoir une gueule infernale, de ne ressembler à rien, de n'être rien, alors vient la déprime, surtout ne pas s'affoler sinon tu vas arracher les lattes du parquet jusqu'à la dernière pour tenter de trouver un paquet de came, ne pas essayer de s'imaginer l'effet qu'un shoot produirait à ce moment précis, folie garantie, là il faut trouver de la came à tout prix, le fric pour la came, tu commences à pleurer, tu demandes, puis tu supplies « s'il te plaît, juste une petite dose, pour faire passer le mal  », le dealer est arrivé, c'est un copain, il va te faire crédit, t'es un bon client, non « pas de fric, pas de came », les amis c'est quand t'as la monnaie, merde il va repartir « prends mon blouson en cuir, il est neuf », il va sortir, non il s'arrête, il se retourne, sort un paquet de sa poche, il regarde le blouson, le tâte, il fait durer le plaisir, il branle la tête, sort un deuxième paquet, il te regarde comme une merde de haut en bas avant de te jeter tes doses, il part avec ton cuir mais t'es sauvé, t'as la came dans le creux de ta pogne, tu vas pouvoir vivre, revivre, survivre, et puis refaire du fric, que ça n'arrive plus, ne plus être malade, jamais, ne plus être comme ça, Dieu c'est trop dur, pourquoi tu laisses faire ça, c'est trop douloureux, trop mal dans la tête, j'ai cru que je mourrais ».

Je lis encore aujourd’hui le premier extrait à mes auditeurs quand je parle du monde du deal, si impitoyable.

Extrait n°2 : jeune fille fontaine Bruxelles

Un peu plus loin, en descendant une jolie place pavée, mon regard fut accroché par un autre groupe de jeunes agglutinés autour d'une fontaine. L'endroit était adorable, l'envers me donna envie de dégueuler. Les yeux de la gamine se plantèrent dans les miens au moment où je passais. « Oh non. Merde de merde de saloperie de came, c'est pas vrai » pensai-je en secouant la tête. Encore et toujours et partout, je n'en sortirai jamais. Ils sont partout, ils vivent leur mort tout doucement, et celle-là est en train de me regarder tranquillement dans les yeux en pensant que tout ce qu'il y a autour c'est chouette et qu'elle va se réveiller dans mille ans, toujours aussi belle, avec sa jeunesse et son sourire. Mais casse-toi donc de cet enfer. Cours, va chercher ton bonheur ailleurs, un truc qui te fasse battre le cœur, pas les veines »

Alain me faisait part aussi de son souhait de « se déplacer en France pour parler avec des parents, des usagers, des associations, etc. afin qu'on fasse quelque chose ».

J’ai dévoré le livre d’Alain, j’ai adoré à la fois sa sincérité et sa façon de raconter son histoire, j’ai admiré son style imagé. Mais cette lecture m’a laissée frustrée : j’aurais bien voulu connaître la fin de l’histoire et surtout la façon dont il s’en est sorti !

Alain et moi, nous nous sommes rencontrés, et nous sommes devenus amis.  Et, je le répète, j’en suis très fière !

Alain n’a pas réussi à faire publier son livre par un éditeur. Il ne dispose pas de revenus suffisants pour continuer à nous faire entendre sa petite musique. Or je suis sûre, moi, que son message est important car il aiderait certains jeunes, tentés par les paradis artificiels, à y renoncer.
Allez, Alain, vas-y mon frère, continue à écrire quand même ! Pour toi, pour moi, pour tous ceux qui aiment ce que tu leur donnes, et aussi pour l’enfant perdu qui un jour, aura la chance de lire tes mots qui délivrent.

Car, oui, tes mots délivrent.
Tes mots des livres.
Les mots de tes livres !

Adresse du site Internet : www.jeunessesansdrogue.com
N’hésitez ni à le consulter, ni à vous y exprimer !


Sophie Daout, le 15 juin 2007


 

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Vol.1 No. 27
Carton rouge pour Jeunesse Sans Drogue,

C’est en pianotant sur Internet que je découvre, dans une revue suisse intitulée « Chanvre Info »,
un article qui nous décerne un carton rouge. Le voici :

«Je ne vous conseille pas de perdre trop de temps sur le site français de l’association pour une jeunesse sans drogue. Elle fait partie d’une nébuleuse de groupuscules proches des milieux néo-conservateurs qui copie la propagande américaine, théorise l’abstinence comme unique solution et veut imposer la croyance comme unique substitution. Ces organisations ont une grosse influence sur les élus de droite et même de gauche. Voilà pourquoi je voulais montrer le niveau du débat lamentable qui agite leur forum.

Morceaux choisis en mars 07. « Je propose d’attribuer un carton rouge à ceux qui banalisent la drogue en les nommant sur le site, samedi dernier(chez Ruquier) Bruno SOLO et Yvan LEBOLLOCH "légalisent" le cannabis, ils ont mérité le carton rouge, nous ferons une liste négative des gens à ne pas fréquenter ou à éviter pour leurs propos, ils sont inconscients de tenir ces raisonnements qui influencent les jeunes... »
« Dans le film "Le petit Lieutenant", on voit Nathalie Baye qui incarne un officier de police, sortir et fumer un joint comme si c’était la chose la plus naturelle qui soit. Ce type de comportement ne peut être que préjudiciable pour un adolescent qui voit ce film. Ou bien c’est un ado "normal" un peu contestataire qui pourra alors penser que fumer un joint n’est pas grave puisque même les policiers le font ou bien il s’agira d’un ado révolté qui en profitera pour exprimer son opposition à toute forme d’autorité. Il sera dans tous les cas bien difficile de lui rappeler que la consommation de cannabis est interdite en France et tombe sous le coup de la loi. Je trouve qu’il s’agit là d’un type de manipulation extrêmement subtil que je dénonce dans mon dernier livre "Jamais douces les drogues !" Quand notre société sera-t-elle plus cohérente ? »

La chasse au sorcières ne finira donc jamais. Il y a toujours des humains qui se croient tellement supérieurs qu’ils veulent imposer à l’humanité ce qu’il faut croire, penser, faire et dire sous peine d’expulsion.

S’ériger en censeur, interdire le débat, cacher la réalité, dénoncer les différences, travestir les faits, détourner la science... ces pratiques ancestrales des églises et des sectes ne changeront donc jamais. Votre analyse est uniquement passionnelle, rien de raisonnable ne peut vous atteindre. Alors, je vous laisse à votre croisade. Depuis l’Antiquité vous utilisez la haine et la frustration des aigris pour lutter contre la raison et l’hédonisme des sages.

"Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.". J’ose citer un mécréant comme Voltaire pour un site de bigots. Trouveront-ils dans leurs penseurs un pareil exemple de tolérance ? Nom de Dieu, tolérance ? Encore un blasphème !
Laurent AppelIl

Il est évident que je ne pouvais pas ne pas réagir à cet article et ce, d’autant plus qu’étant l’auteur du deuxième post ( dans le film « Le Petit Lieutenant » ), je me suis sentie personnellement visée. J’ai donc envoyé une réponse, la voici :
« Je m’appelle Sophie Daoût, et je fais partie du bureau de l’association "Pour une Jeunesse Sans Drogue", à laquelle vous décernez un "carton rouge".

D’après vous, nous faisons partie "d’une nébuleuse de groupuscules proches des milieux néo-conservateurs avec une grosse influence sur les élus". Je vous conseille de revoir et de citer vos sources, car nous sommes en réalité une association de type 1901, et dans nos statuts, nous déclarons n’appartenir à personne, et n’avoir aucune obédience, qu’elle soit politique ou religieuse.

Notre but est de protéger les jeunes. Que les fumeurs de cannabis fassent ce que bon leur semble, ce n’est pas notre problème, nous, nous ne voulons pas qu’on s’attaque aux enfants.

J’étais, en face de Bernard Rappaz, le cultivateur suisse de cannabis, sur le plateau de télévision de l’émission, "L’Arène de France". Je suppose que c’est la raison pour laquelle vous vous êtes intéressés à nous. Je vous signale que jamais, au cours de l’émission, Bernard Rappaz ne m’a agressée comme vous l’avez fait !Vous avez relevé dans notre forum deux messages dont l’un est de moi, en les détachant de leur contexte. Je disais que je trouve, oui, je trouve que banaliser la consommation d’un produit qui fait des ravages chez les ados, ne permet pas aux jeunes et à leurs parents de s’y retrouver.

Bien sûr, c’est facile, vous affirmez quelque chose et vous n’étayez rien ! Vos méthodes me déçoivent, mais c’est ainsi !
Je me tiens à votre disposition pour vous donner tout détail complémentaire !

Je ne suis pas arbitre, et ne vous décernerai donc pas de "carton rouge". En revanche, je conseillerai à ceux de vos lecteurs qui le souhaitent de se rendre dans le forum de notre site où chacun a le droit de s’exprimer librement. En voici l’adresse :www.jeunessesansdrogue.com

Je vous signale que c’est par hasard que j’ai découvert votre article. Moi, je vous envoie le mien. Ainsi je suis sûre que vous en aurez connaissance».

Je ne m’attendais pas à ce que ma réponse soir publiée. Mais, et je dois en rendre hommage au journal, elle l’a été.
 
 

Adresse du site Internet : www.jeunessesansdrogue.com
N’hésitez ni à le consulter, ni à vous y exprimer !


Sophie Daout, le 22 juin 2007


 

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Vol.1 No. 28

Le cannabis en question !

Notre forum nous ayant abandonnés, nous venons d’en mettre un autre en place. C’est là que maintenant, je puiserai les thèmes qui alimentent ma chronique hebdomadaire.
Cette semaine, j’ai retrouvé le témoignage ancien d’une maman dont le fils est mort dans la drogue. Nicolas avait 17 ans, et j’ai connu Chantal, sa maman parce qu’elle m’avait «écrit après avoir lu l’un de mes premiers livres. Elle m’avait particulièrement émue.
Voici un extrait de ce témoignage :
 

« Bonjour Sophie,

Tu connais bien mon histoire ! Voici un petit témoignage, s'il pouvait aussi aider. Je vis en Suisse où la consommation du cannabis se généralise et se banalise ce qui me dégoûte et me révolte, il y a tellement de jeunes et d'adultes qui fument du cannabis qu'on préfère s'occuper d'autre chose... on ferme les yeux.
Mais la drogue a tué mon Nicolas il y a 6 ans, il avait 17 ans 1/2, il a commencé par fumer un joint pour faire des expériences me disait il, il pouvait s'arrêter quand il voudrait.. . Le cannabis a été plus fort que mon amour pour lui, il ne lui a pas résisté. J'aimais mon enfant, je fusionnais avec lui, il m'avait dit lorsqu'il avait 12 ans environ que s'il m'arrivait quelque chose, il se suiciderait, il est parti avant moi... 2 copains de Nicolas même âge (Loris et Grégory )sont partis aussi de la même manière. tous trois étaient des garçons intelligents, aimés mais trop sensibles. Perdre son enfant est la pire des tragédies et le perdre à cause de la drogue alors qu'on bâtissait tant d'espoir pour lui n'a pas de nom. Aujourd'hui je veux être à tes  côtés pour t'aider dans ton combat pour les jeunes, pour leur futur, je ne peux pas rester sans rien faire, mon Nicolas ne doit pas être parti pour rien, de la haut m'aide.  j'en suis sûre.
Je t'embrasse »

Immédiatement après nous avons eu la réaction d’un jeune-homme:
« Je ne vois pas en quoi la drogue a quelque chose a voir avec ce décès, si ce n’est une personne qui l’affirme et puis la mort ne fait elle pas partie du cycle de la vie même si c’est toujours un drame de devoir enterrer ses enfants ».
Devant mon étonnement, il persiste et signe :
« Je ne  comprend pas ce que la drogue a  à voir dans ce décès aussi douloureux soit il.
Je sais que ça peut paraître méchant mais, je ne comprends pas ce qui permet d’incriminer un produit. dans cette histoire. Je suis juste un peu sceptique, et je pense aussi que souvent la douleur, fait que l’ on doit se trouver un responsable au drame qui nous touche. Le cannabis n’a jamais tué personne, il fait juste un coupable idéal ».
Bien sûr, une discussion passionnée s’en est suivie, en particulier de mamans. Viviane, tout d’abord qui se bat au quotidien contre la consommation de cannabis de son fils :
« Mon fils est en train de tuer sa vie à petit feu, et moi chaque matin, je me demande si je ne vais pas en finir. Si un jour je passe à l'acte, C'EST LE CANNABIS QUI EN SERA LA CAUSE! »
Et Maryse :
Tu es froid ! comment peux tu te permettre ainsi de juger, condamner. As-tu la science infuse ? un peu d'humilité et d'empathie ne te feraient pas de mal. et de respect. tu ne te places pas du côté des parents qui souffrent et donneraient leur vie pour sauver leur enfant. Tu raisonnes comme le gamin en question, de façon complètement immature et égoïste. Bien sûr que le cannabis est dangereux; il est une étape sur le chemin de l'enfer de la drogue. Comment peux tu dire que l'alcool ne tue plus depuis qu'il n'y pas plus de prohibition???
Là, en plus d'être méchant, tu deviens carrément bête. je souffre pour ces mamans qui cherchent de l'aide, du soutien, et qui se ramassent les gifles qui tu leur envoies. Elles ne méritent pas ça; et elles valent mieux que toi.

Bien sûr, la discussion ne s’arrête pas là…et les mamans et Samuel ne s’entendront jamais.
Mais les choses ont au moins le mérite d’avoir été dites !

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Sophie Daout, le 13 juillet 2007
 
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Vol.1 No. 29
Dialogue avec Ange

Non, il ne s’agit pas ici d’une réédition des « Dialogues avec l’ange », recueillis par Gitta Mallasz, mais d’une rencontre bien réelle entre un Ange et moi !.

Tout a commencé par un coup de téléphone. Dernièrement, j’ai été contactée par un monsieur que je ne connaissais pas, qui se disait Président d’une association dont je n’avais jamais entendu parler, « Hébévolution ». Le monsieur m’avait vue dans l’émission de télévision à laquelle j’ai participé au mois de mai, L’Arène de France », et avait été très touché par les messages que je délivrais. Il me demandait s’il pouvait me rappeler.
Peu de temps après, je recevais un second coup de téléphone, d’un autre monsieur prénommé Ange, qui, de passage sur la Côte D’Azur, demandait si nous pouvions nous voir. J’ai dit oui, bien sûr, car comment refuserais-je de rencontrer un Ange ?

Et voilà!

Ange Gravelot est venu chez moi, avec Maguy, sa belle compagne et nous avons beaucoup parlé. Tous les deux avaient regardé l’émission et avaient pensé que nous avions un langage et des objectifs communs, et que nous pourrions nous unir pour les mettre en place.

Ange m'a longuement parlé de son association "Hébévolution". Dans la Mythologie grecque Hébé, fille de Zeus et Héra, est une déesse personnifiant la jeunesse, la vitalité et la vigueur. Le but de l'association est de proposer aux jeunes des découvertes bien plus "stupéfiantes " que celles que permet la drogue.

Car un jour d’août 2005, Ange a vu devant la poste de Perpignan, un gosse de 12 ans en train de fumer de l'herbe. Bouleversé, il est allé à la rencontre du gamin pour lui parler du golf, qu'il lui a fait découvrir ensuite à Saint Cyprien (tiens un saint! Après un ange!!) Et c'est ainsi qu'est né le slogan: "Meilleur que l'herbe, le green!".

Il y a bien longtemps que, lorsque je joue au tennis, j'arbore parfois un tee-shirt, que m’a offert le collège Anne Franck de Dourges ( une petite ville du Nord de la France), dans lequel j'avais fait de la prévention, t-shirt sur lequel est écrit: "Ne te trompe pas d'herbe!" Ce qui me vaut souvent des dialogues intéressants avec des jeunes!

Ange fonde alors son association. Il croit aux vertus de golf et pense que ces valeurs sont transmissibles si on en facilite l’accès aux jeunes des milieux urbains ou des banlieues défavorisées. « A mes yeux, dit-il, le golf est un sport qui inculque convivialité, équité. Nous devons, avec toute l’équipe de l’association, être des acteurs majeurs pour combattre ce fléau qu’est la drogue. »

Dès février 2007, une séance de golf est organisée dans un gymnase de Colombes avec le soutien de deux partenaires. Pour 80 jeunes ce fut l’occasion de découvrir le golf pendant une semaine à travers un simulateur. Le retour a été excellent.

La suite logique a été un premier contact avec un parcours de golf à Saint Cloud pour plus d’une vingtaine de jeunes, en présence de l’une de leurs idoles, le footballeur international William Gallas.

Ange était venu me demander si j'étais d'accord pour soutenir son action.

Que croyez-vous qu'a été ma réponse?

C'est oui, bien sûr, un oui sans réserve,. Je me suis mise à la disposition de l'ange! Quoi qu'il arrive, il pourra compter sur moi!

http://www.hebevolution.org/html/william_gallas.htm

http://www.ibeecom.com/hebevolution/html/photos.htm
 
 

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Sophie Daout, le 20 juillet 2007
 
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Vol.1 No. 30
Vaut-il mieux s'appeler rachida ou Sophie

J’ai lancé dans notre forum, une réflexion dont je ne savais pas qu’elle allait m’entraîner aussi loin dans la discussion.
En préambule, je voudrais expliquer à mes lecteurs Québécois qu’après les élections présidentielles en France, sont entrées au Gouvernement un certain nombre de personnalités inconnues auparavant. Parmi elles, Rachida Dati une jeune femme de parents d’origine algérienne, établis en France. Pour bien situer le problème, je réagis dans mon post au fait que, dans la presse française, certains journalistes ont volontairement associé Rachida, ministre de la Justice à ses deux frères qui comparaissent actuellement devant les juges pour trafic de drogues. Personnellement, j’ai horreur qu’on fasse porter aux familles le poids de la faute de l’un de leur membre et par ailleurs  toute forme de racisme me révolte. J’interviens donc sur ces deux points dans le message posté que voici :
« Vaut-il mieux s’appeler Rachida ou Sophie ?
On entend beaucoup parler de Rachida Dati en ce moment. Dans plusieurs directions:
D'abord elle est notre actuel(le) Ministre de la Justice et Garde Des Sceaux.

 "Mais enfin, comment peut-on confier une telle charge à une femme, et qui plus est à une femme "issue de l'immigration"? On est inconscient en France!"  ( Je précise, au cas où certains des lecteurs de ce forum se méprendraient, que ce n'est pas moi qui m'exprime ainsi, bien sûr, mais que j'ai entendu ce discours plus d'une fois!)

Il se trouve par ailleurs, la famille Dati a quelques démêlés avec la justice puisque deux des frères de notre ministre comparaissent aujourd'hui devant les tribunaux pour trafic  de drogue!
J'ai, à ce sujet, deux remarques à faire.

1)Tout d'abord, je tiens à dire que pour en arriver au poste qu'elle occupe actuellement, Rachida  a dû se battre. Pour réussir, il vaut mieux s'appeler Sophie Daoût que Rachida Dati, je le sais pour l'avoir vécu. Quand j'étais prof de math, j'exerçais dans une banlieue dite difficile, et je vivais moi-même dans une cité HLM. Je demandais à avoir les classes d'élèves en difficulté, j'adorais, et il m'est arrivé à maintes reprises de m'impliquer dans l'orientation ou la recherche d'emploi de plusieurs de mes élèves. Et, croyez-moi, c'était beaucoup plus facile avec Sophie qu'avec Rachida. J'ai mis quelque temps avant de comprendre. Un peu plus tard, à Fréjus, j'ai fait de l'alphabétisation des femmes, Maghrébines pour la plupart, et j'en ai eu un plaisir formidable. Je leur ai même consacré un poème qui commence ainsi:
Avec vos beaux prénoms commence le voyage..."

J'ai entendu ces femmes, je les ai accompagnées, souvent et longtemps, je sais quels obstacles elles doivent franchir, quelles difficultés elles doivent surmonter pour vivre tout simplement.

2) Et c’est surtout sur ce point que je voudrais insister :
Je trouve odieux qu'on associe Rachida aux actes de ses frères. Je connais, et je la raconte souvent, en particulier dans mon dernier livre "Jamais douces, les drogues", mais aussi à chacune de mes conférences, oui, je connais la souffrance des frères et sœurs des toxicomanes, qui assistent à des scènes de violence et enferment ces souvenirs en eux, comme une honte. Chacun est responsable de ses actes et je ne vois pas en quoi on me jugerait moi pour les actes de mon fils ni en quoi Rachida pourrait être inquiétée pour les délits commis par ses frères. Alors pourquoi encore une fois tout mélanger?

Je ne te connais pas, Rachida, mais je te souhaite bonne chance! Nous n'avons pas forcément toi et moi les mêmes références, mais je te respecte et t'encourage. Mais, bien sûr, cela, tu ne le sauras jamais!
Ceci dit, qui donc a intérêt à tout mélanger? »

Immédiatement je me suis attirée une réplique à laquelle j’ai tout aussi vite répondu.
J’ai choisi quelques extraits du débat passionné qui s’en est suivi .
« Je trouve que tu t’avances beaucoup dans une affaire ou l’on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants. Un rapport d’écoute des Renseignements Généraux  prouve qu’ elle a eu beaucoup plus de contacts avec ses frères qu’elle veut bien l’admettre,

Sincèrement, à ce niveau de responsabilité, on doit être plus qu’irréprochable ou être assez doué pour que les infos ne sortent pas !

Et crois tu que dans un pays musulman, des catholiques seraient acceptés dans un gouvernement?….

….et je trouve tout a fait normal que le public soit informé des dérives de ses frères, elle a voulu le feu de la rampe, à elle d’ en supporter les conséquences ! Si elle ne savait pas que ça allait remonter, c’est qu’ elle est biens naïve. La politique est quand même un milieu de requins, ou tout est bon pour déstabiliser l’autre ».

Ma réponse :
« Je ne vois pas en quoi je m'avance beaucoup en parlant de Rachida Dati. Je ne me suis pas du tout placée sur un plan politique. Je constate simplement que parce qu'elle est une femme d'une part, et d'autre part une femme issue d'une famille d'émigrés, sa tâche lui est rendue plus difficile.
Et je trouve INADMISSIBLE qu'on lui renvoie les fautes de ses frères! Quoi, chacun de nous devrait donc toute sa vie porter le poids des erreurs de tous les siens?

Et par ailleurs, je répète que, lorsqu'il y a un problème de drogue dans une famille, tout le monde souffre: le toxicomane, oui, bien sûr, et sa souffrance à lui est visible, palpable, mais il en est d'autres qui se voient moins: celle des parents et celle des frères et sœurs que l'on oublie trop souvent et qui sont parfois amenés à jouer un rôle qui n'est pas le leur.
Et croyez-moi, je sais de quoi je parle! »
 

Mais mon interlocuteur ne lâche pas prise :
« Bon je vois rien de très choquant là-dedans, c’est pas le fait quelle soit une femme issue de l immigration qui fait ça , mais juste sa fonction….Cela étant, je trouve de très mauvais goût un ministre de la justice , avec DES frères dealers… »,
et un peu plus loin : Elle doit sûrement être douée , on n’arrive pas à son poste sans raison, ni sans écraser d’orteils non plus, donc comme tous elle a des ennemis et notre société étant encore misogyne et raciste, il y a sûrement un paquet de gens qui lui tireraient volontiers dans le dos, pour moult raisons….

Et enfin :… « auriez vous oublié le vieil adage « "si ce n’est toi , c est donc ton frère ?"

D’autres personnes ont été de mon avis, et puis, j’ai souhaité clore un débat qui n’aboutissait pas :
« …voici une autre morale tirée d'une autre fable de la Fontaine:
"Qui veut noyer son chien, l'accuse de la rage!"
Pour moi, je dis et je répète que les frères et sœurs des drogués souffrent bien assez pour qu'on ne les associe pas aux problèmes du toxicomane. Et qu'il ne faut pas jeter la pierre aux parents, mais les aider, de toutes nos forces.
Ne pas juger, ne pas condamner.
Et moi, je continuerai à me battre pour tous les enfants de France, qu'ils se nomment Lionel, Dorian ou Mohamed ».
 
 

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Sophie Daout, le 27 juillet 2007
 
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Vol.1 No. 31
sport et dopage

Dans ma chronique numéro 30, intitulée « Dialogue avec Ange », je vous expliquais
que, d’accord avec Ange Gravelot, je pensais qu’intéresser les jeunes au sport  était une bonne solution pour leur permettre de se réaliser de façon autrement plus profitable qu’en se tournant vers la drogue. En effet, la pratique du sport nécessite l’adhésion à un certains nombre de valeurs : le goût de l’effort, le respect de l’adversaire, l’obéissance aux règles du jeu et à la décision de l’arbitre, la maîtrise de soi et bien d’autres encore. Le slogan : « Mieux que l’herbe, le green », pour présenter le golf, ou même la mise en garde « Ne te trompe pas d’herbe ! », emportent, je l’ai dit, toute mon adhésion.

Faut-il alors opposer sport et drogue ?
Ce serait l’idéal, mais hélas, de plus en plus le sport est associé au dopage. J’ai consacré tout un chapitre à ce problème dans mon dernier livre « Jamais douces, les drogues ». Et il est de nouveau dans l’actualité  comme en témoignent les commentaires après le Tour de France qui vient de se terminer.

Aux lecteurs Québécois, je veux expliquer ce que représente le « Tour de France Cycliste » pour mes compatriotes. Les cyclistes, au sein de différentes équipes de pays différents, parcourent la France pour tenter de gagner la maillot jaune de la victoire. Chaque étape est suivie de très près et retransmise et commentée par les médias, télévision, radio et journaux. Sur le bord des routes, une foule bienveillante encourage les coureurs. L’arrivée se fait à Paris, sur les Champs-Élysées.

Malheureusement, « Le Tour » avait été entaché les années précédentes par des histoires de dopage et le Tour de France 2007 devait être celui de la "reconquête". Et, sur le terrain, l'épreuve a gardé toute sa popularité, tant au départ prestigieux de Londres, devant une foule record, qu'en fin de parcours, où le public a prononcé un acte d'amour envers le Tour. Cette année,  c’est un coureur espagnol quasiment inconnu, Contador qui a  été sacré pour 23 petites secondes d'avance sur l'Australien Cadel Evans. Pourtant, après un périple de 3.570 kilomètres entre Trafalgar Square (Londres) et les Champs-Elysées (Paris), cette course restera comme l'une des plus indécises depuis de longues années. Car en effet, le

succès final de Contador est venu en conclusion d'une course marquée par de nombreux cas de dopage et surtout le départ de son maillot jaune, le Danois Michael Rasmussen, chassé par sa propre équipe Rabobank. Par ailleurs, le Kazakh Alexandre Vinokourov,  l’un des principaux animateurs de la première partie du Tour a été déclaré positif au contrôle antidopage qui avait suivi l'étape du contre-la-montre et a quitté le Tour avec, dans la foulée, son équipe Astana.

Contador est lui-même l’objet de suspicions. Et un journal pose la question : Quel est le dernier vainqueur propre ?
Tous les vainqueurs du Tour de France, sans exception, ont été confrontés au dopage. Le Danois vainqueur du Tour 1996, surnommé «Monsieur 60 %» pour son taux d’hématocrite anormalement élevé, a avoué avoir gagné à l’EPO, lui valant de se faire rayer du palmarès. Jan Ullrich, lauréat en 1997, a été contrôlé positif aux amphétamines en 2001 avant que des analyses ADN réalisées cette année ne prouvent son implication dans l’affaire Puerto. Son successeur, Marco Pantani a été exclu du Tour d’Italie en 1999 pour un taux d’hématocrite trop élevé avant de mourir, seul, dans une chambre d’hôtel en 2004, suite à une overdose de cocaïne. Lance Armstrong, roi de 1999 à 2005, a été confondu à l’EPO en 2005, en rapport à sa première victoire. Enfin, Floyd Landis, contrôlé positif à la testostérone sur le Tour de France 2006, attend toujours le verdict de la Cour d’arbitrage américaine qui instruit son dossier.

Pour l’an prochain, le Directeur du Tour de France, Christian Prudhomme veut prendre les choses en main et a appelé à une "révolution" pour 2008. Pour Patrice Clerc, président d'Amaury Sport Organisation, l'organisateur de l'épreuve, l'avenir passe par un changement radical. "Le pilotage de la reconstruction d'un nouveau modèle (de cyclisme) ne peut pas être confié à l'Union Cycliste Internationale. Nous devons le faire avec tous ceux qui rejettent le système actuel afin de retrouver nos valeurs: coureurs, équipes, sponsors, fédérations, pouvoirs publics, instances internationales, ils auront tous à unir leurs forces", a-t-il dit samedi à Angoulême.

"Nous prendrons l'initiative de ce débat et nous communiquerons le résultat de nos travaux le 25 octobre lors de la présentation du Tour 2008 à Paris", a-t-il dit.
Parmi les pistes envisagées, figure l'idée d'un passeport éthique, qui pourrait être demandé à toutes les équipes souhaitant s'engager sur le Tour de France, avant même d'évoquer leurs qualités sportives.
Le cyclisme n’est certes pas le seul sport confronté au dopage. Le sport spectacle et l’argent ont envahi ce domaine autrefois épargné. La drogue est utilisée pour permettre à des athlètes d’obtenir des scores de plus en plus élevés.

Et peu importe ce que devient l’être humain !

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Sophie Daout, le 3 août 2007
 
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Vol.1 No. 32
Un petit tour aux fêtes de Bayonne

Je voudrais vous emmener cette semaine dans l’une des plus jolies régions de France, au Pays Basque. En fait le Pays Basque n’est pas, comme pourrait le laisser croire son nom, « un pays », mais une région culturelle, dont le territoire s'étend de part et d'autre des Pyrénées occidentales sur plusieurs régions administratives de la France et de l'Espagne.

La communauté autonome basque (souvent également dénotée « Pays Basque »), est composée de sept provinces, dont quatre en Espagne. En fait,  l'expression « Pays Basque » utilisée en langue française désigne la partie nord des terres basques, ce qu'on appellera le Pays Basque français.
C’est une région très chère à mon cœur puisque c’est là que je suis née et que j’ai passé mon enfance et mon adolescence. Puis-je dire pour autant que je suis basque ? Eh bien non, car un Basque  (euskaldun) est la personne qui possède la langue basque (euskara) Et pour qui n’a pas entendu cette langue depuis sa naissance, il est très difficile de l’apprendre. On ne retrouve, dans cette langue, aucune racine commune avec le français. Ainsi en basque bonjour se dit « Agur » et la maison « etche » !

La capitale de la partie française du Pays Basque est Bayonne . C’est une ville attachante dans laquelle se côtoient des gens de cultures différentes : entre autres des Gascons, venus des départements voisins, des Espagnols, venus s’y réfugier en 1936 au temps de la dictature de Franco lors de la guerre civile en Espagne, une colonie juive, et des Basques. La ville est animée, joyeuse, la nature de la région est très belle, entre océan tumultueux et montagne altière, le climat océanique y est doux et agréable. Les différentes communautés cohabitent la plupart du temps de façon pacifique. Les Basques ont aussi gardé intactes leurs traditions dont ils font largement profiter les nombreux touristes. Et le sens de la fête se traduit dans des manifestations populaires comme les fêtes traditionnelles de Bayonne, début août.
Je me souviens avec émotion de MES fêtes de Bayonne. La ville nous était livrée symboliquement à nous, les jeunes dans une cérémonie publique au cours de laquelle le Maire nous lançait les clés du haut du balcon de l’Hôtel de Ville. Et la fête commençait pour une semaine. Nous chantions, nous dansions, nous constituions des  bandes de jeunes, les « bandas » et nous mettions un point d’honneur à ce que la nôtre soit meilleure que celle du quartier voisin.

Depuis mes 15 ans, le temps a passé, hélas, et les fêtes de Bayonne, si elles existent toujours,  sont aujourd’hui tous les ans marquées par des accidents liés à l’alcool et à la drogue !

Pourtant cette année, la Presse s’est fait l’écho d’une initiative originale en ouvrant un bar où l’on ne boit pas d’alcool. Voici ce qu’en dit l’article d’un journal :

« A Bayonne, on remplace la sangria par le judas

Blessés, bagarres, arrestations... Baignée d'alcool, l'édition 2007 des fêtes de Bayonne, qui s'achève dimanche, a maintenu la tradition. Jeudi, deux jeunes très imbibés ont été grièvement blessés en chutant du haut des remparts du château. Un troisième s'est fait écraser le pied par un bus et a dû être amputé. Plus d'une vingtaine de « fêtards » ont été placés en garde à vue après des bagarres. Sans oublier les blessures consécutives à l'absorption massive d'alcool, et les cas de coma éthylique. Une violence qui pourrait menacer l'événement lui-même.
Depuis cinq ans, un prêtre-cafetier se bat contre l'alcool et la violence, fléaux des fêtes annuelles.

VALÉRIE, 16 ans, et ses copines se demandent si l'endroit va être sympa. « Vu qu'il n'y a pas d'alcool, ça risque d'être un peu triste », lance la lycéenne à Fabien, 17 ans, qui a absolument tenu à emmener le groupe au « bar du curé ». Cette « bodega » du vieux Bayonne, donnée en exemple par la municipalité a été ouverte il y a 5 ans par le père François de Mesmay, alors aumônier des lycées. C'est Fabienne, une jeune experte-comptable de 24 ans, qui les accueille, comme des milliers d'autres chaque année, sous les notes de Caravane, la chanson de Raphaël que diffuse le lecteur CD qui trône derrière le bar, juste à côté d'une photo de Benoît XVI, alors cardinal, en train de boire une grande chope de bière.
Valérie et ses amies ne tardent pas à éclater d'un rire franc en lisant la carte des cocktails (de 0,50 centime à 1 euro). On est loin du calimoucho (ricard-coca), de la sangria et du champagne qui coulent à flot partout dans les rues. Entre le sacristain (orange, pêche, abricot, ananas et sirop de fraise), le judas (kas citron, sirop de menthe et Schweppes), le diablotin grenadine ou la coupe du Vatican il y a, c'est sûr, comme une invite à vivre la fête autrement. « Nous voulons montrer, surtout aux jeunes, que l'on peut s'amuser sans se saouler et se mettre en danger », explique le prêtre qui tient cependant à préciser qu'il n'est pas, et l'Église non plus, « contre une consommation d'alcool raisonnable ».
Vers 21 heures, jeudi soir, François et Kevin, deux Bretons d'une vingtaine d'années, se présentent à la porte du bar. Difficile de ne pas remarquer que le second est ivre comme un cochon. Il a d'ailleurs à la main une bouteille d'eau minérale remplie de whisky-coca. Marc, le portier, du haut de son 1,85 m, lui explique qu'ici on ne boit pas et l'invite à laisser sa bouteille dans le hall. Il s'exécute non sans avoir tout d'abord un peu protesté. Une fois à l'intérieur, il n'en revient pas : « C'est dingue de voir tous ces mecs et toutes ces meufs qui s'amusent sans boire. » Après s'être avalé un « benedictum fraise » il se dirige, intrigué, vers le bar. À Hélène, la serveuse, il demande : « Il y a une autre salle derrière ? » « Oui », lui répond la jeune experte-comptable, « c'est la salle de prière ». Beaucoup des « festayres » d'un soir reviennent l'année suivante. « Ici, on sait que ça ne dégénérera pas en bagarre et que l'on ne manquera pas de respect aux filles », assure Bénédicte, une lycéenne de Bordeaux.

Eh oui, on peut faire la fête sans se saouler et sans se droguer !

J’ai parfois du mal à faire comprendre cela aux jeunes que je rencontre, car hélas, bien souvent, ils ne le conçoivent pas ainsi…
Et c’est bien dommage !

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Sophie Daout, le 10 août 2007
 
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Vol.1 No. 33
Un article dans le journal intitulé « Quand la Mafia s’invite autour des courts », attire ce matin mon attention :

Si l’atmosphère n’est pas encore aux règlements mafieux avec Al Capone comme parrain, « l’affaire  Davydenko », sortie la semaine dernière, a délié quelques langues sur une possible présence bien embarrassante au bord des courts.
Comme dans les bons romans !

« L'affaire » est partie d’un pied douloureux, la semaine dernière, en Pologne, a rebondi avec des paiements de paris suspendus à Londres avant de se retrouver sur les courts de tennis à Montréal. Le tout arrosé d’une conférence « secrète » d’un repenti en mars à Miami.

Jeudi dernier, le Russe Nikolaï Davydenko, n°4 mondial, dispute le deuxième tour du tournoi de Sopot en Pologne. Face à l’Argentin, Martin Vassallo Arguello, 83ème mondial, Davydenko remporte la première manche aisément (6-2). Mais la suite est plus difficile avec la perte de la deuxième manche,6-3. Et à 2-1 en sa défaveur, Davydenko préfère renoncer en raison d’un pied douloureux. Le lendemain, le site de paris en ligne Betfair, décide de suspendre les paiements relatifs au match, obligeant l’ATP qui gère le circuit professionnel masculin, à ouvrir une enquête officielle.

Selon Betfair, environ 3,4 millions de livres (5 millions d’euros) auraient été misées avant la rencontre et durant le premier set, soit dix fois le montant total des paris en temps normal pour un match de ce type.

Et alors même que le Russe menait, les paris continuaient à monter en faveur d’une victoire de son adversaire.
En halte au Québec cette semaine, l’ATP concentre évidemment l’attention autant suer le retour du duel entre le Suisse Roger Federer et l’Espagnol Rafael Nadal que les matches truqués.

Et les suiveurs du circuit ont tous leur histoire à raconter. Tel joueur aperçu en train de faire copain-copain avec un mafieux notable lors d’un tournoi, un autre qui perd des matches sans donner l’impression de vouloir gagner…Mais que des rumeurs sur des faits passés !
Par contre le Tchèque Tomas Berdych, n°10 mondial, a été bien plus précis, avec des faits concrets, sur les craintes de l’ATP.
Fin mars, à Miami, l’ATP a donc « loué » les services d’un repenti notoire de la mafia new-yorkaise Michael Franzese  , pour mettre les joueurs en garde.

« Nous étions assis, il (Franzese) nous a parlé de sa vie, de toutes ces mauvaises choses qui lui sont arrivées avec les gens de la mafia » a ainsi conté Bredych lundi.

« Imaginez la situation où ils (la mafia) viennent vous voir et vous proposent de l’argent pour perdre. Vous vous dites, ok, c’est un tournoi de merde. Et là, ça commence à être vraiment mauvais. S’ils reviennent lors d’un autre tournoi, et que vous dites non, là, les problèmes commencent », explique-t-il.

Federrer, lui-même, a été invité à s’exprimer dimanche. »Parfis des histoires sortent des vestiaires. Davydenko ne me semble pas le genre de garçon à faire cela. J’espère qu’il pourra prouver son innocence, a expliqué le n°1 mondial, qui reconnaît que les « dérives » sont toujours possibles dans les sports individuels. »

Nous sommes bien loin ici des problèmes de dopage, c’est sans doute ce que vous pensez. Bien loin aussi de la drogue !
En êtes-vous si sûrs ?
Moi pas !

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Sophie Daout, le 17 août 2007
 
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Vol.1 No. 34

L'alcool défonce chronique

Un article, paru dans notre journal local du 18 août, m’interpelle. Il s’intitule : « Les jeunes de plus en plus touchés par « l’alcool défonce ».
En voici quelques extraits :L’alcool fait actuellement des ravages avec l’apparition d’un nouveau phénomène : « l’alcool défonce ».
Cela nous vient, dit-on, de Grande Bretagne, où les ados boivent un maximum d’alcool en un minimum de temps. C’est la recherche d’un effet drogue, un effet massue très inquiétant.

Perte de connaissance, coma éthylique…les conséquences sont graves et résultent de cette volonté « de perdre pied vite et fort ». On est passé de l’alcool convivial à l’alcool drogue. Récemment, des jeunes ont raconté avoir absorbé, à quatre et en deux heures, deux bouteilles de vodka, quatre packs de bière et d’autres substances. Cette initiation à l’alcool commence parfois dès 13 ans et continue longtemps. Il faut aussi parler de l’association alcool-cocaïne, alcool-cannabis…Autant de mélanges qui décuplent les effets et les séquelles à terme.

On peut également citer les boissons de type « energy drinks » qui, accompagnées de vodka ou de gin, sont redoutables. Elles ont un effet psycho stimulant qui empêche le consommateur de sentir qu’il est ivre. Cette consommation s’assimile à un jeu : c’est à celui qui tombera le plus vite.
L’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies le constate : «  Le nombre de patients ne cesse d’augmenter. Ils sont de plus en plus jeunes et associent souvent la cocaïne à l’alcool.

Dans notre département du Var, les délits liés à une alcoolémie massive sont en hausse et les tribunaux croulent sous le nombre de procédures. « L’ivresse publique et manifeste » reste un délit dans le code pénal français. Elle est punie de 150 euros d’amende. Mais dans la pratique, l’ivresse sur la voie publique n’est plus vraiment sanctionnée. Ce qui le reste, ce sont les actes commis sous l’empire de l’alcool : dégradations publique ou privées, agressions, violences…Cependant, l’alcool n’est pas une circonstance aggravante dans le cas d’un piéton. Pour la conduite d’un véhicule, c’est l’inverse.

Dans tous les cas, l’alcool s’ancre chez les jeunes générations qui l’assimilent à une drogue légale, moins chère et aux effets tout aussi rapides. »
Dans le courant de la semaine encore, un adolescent a été pris en charge aux urgences de l’hôpital de sa ville. Il avait ingurgité une dose massive d’alcool et perdu connaissance.
Le médecin urgentiste déclare :

« Depuis deux ou trois ans, le phénomène est croissant et l’état de santé de ces patients nécessite souvent des mesures de réanimation lourdes. Ils mettent leur vie en danger.
Outre les comas éthyliques, ces adolescents peuvent aussi vomir et s’étouffer, s’ils sont seuls.
Quelles explications donnent-ils à leur geste, quand ils sont rétablis,
« J’ai bu pour oublier la réalité, fuir la société, m’abandonner ! »


Cet article recoupe certains des récits que m'ont confiés certains ados, et j’ai demandé ce qu’ils en pensaient aux fidèles de notre forum . Voici ce qu’en disent deux mamans, Algiz et Sylvie.

Algyz :

« C'est terrible de voir tous ces jeunes s'auto-détruire et de plus en plus tôt. Il y a un mal être ambiant évident non seulement chez les jeunes mais aussi chez les adultes. L'échec scolaire, la fracture sociale, l'éclatement des familles avec des recompositions parfois difficiles ou chacun a du mal à trouver sa place, représentent en grande partie l'origine du mal être. Pour s'euphoriser, on boit ou on se shoote. S'il n'y a pas d'écoute, d'aide ou d'amour c'est la catastrophe assurée bien que même lorsque l'ensemble de tous ces éléments est réuni on ne peut éviter parfois la dérive. Qu'est ce que l'on ne ferait pas parfois pour fuir la réalité ? Dur dur de résister face aux difficultés quotidiennes. Il faut avoir une sacrée résistance physique et morale. L'envie de baisser les bras est quelquefois plus forte que l'envie de se battre. Qui n'a pas une fois dans sa vie bu ou fumé pour oublier ? On ne peut qu'être triste devant tout ce gâchis, l'impuissance est le plus terrible mais dans tous les cas on ne doit juger on doit juste aider lorsque cela est possible ».
Et Sylvie :
 « Je partage complètement le point de vue d'Algiz devant tout ce gâchis et souvent notre impuissance....mais notre devoir à tous est d'aider nos jeunes et leurs parents car comme tu le dis " dur dur de résister aux difficultés quotidiennes " mais on sait aussi que la fuite en avant, qu'elle soit dans l'alcool ou dans la drogue, (ou dans les deux) n'est surtout pas la solution, c'est au contraire le piège dans lequel il ne faut pas laisser tomber les jeunes.
Quand Sophie intervient devant des jeunes elle les interpelle en leur disant " qui peut vous garantir et vous affirmer que vous n'aurez jamais un moment difficile à traverser, une situation difficile à affronter ? " mais il faut tenir bon dans la tentation de noyer ses problèmes dans la drogue ou dans l'alcool. Les problèmes vont disparaître de façon éphémère mais ils vont s'accroître avec la dépendance en plus !
Et surtout comme le dit Algiz " il ne faut surtout pas juger mais aider " comme on le peut, comme on le sent mais aider! »
C’est ce que, ensemble, nous tentons de faire !
 
 
 
 
 
 

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Sophie Daout, le 31 août 2007
 
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Vol.1 No. 35
JE SUIS LA DROGUE...

Depuis longtemps, dans mes interventions auprès des  jeunes, je personnifie la drogue. Je la vois comme une femme, séduisante et séductrice, prête à tout pour vous conquérir. J’imagine la rencontre avec elle comme une rencontre amoureuse. Elle est douce, elle vous promet le plaisir, la volupté même, elle vous laisse envisager la vie commune comme une succession de joies, elle vous assure qu’elle vous fera oublier tous vos problèmes. Et, dans la première partie de la relation, elle tient à peu près ses promesses. Puis, quand elle est sûre de vous tenir dans ses griffes, elle montre son vrai visage.  Oubliées les promesses de vie heureuse, vous êtes parti dans les galères. Maintenant, elle vous fera souffrir sans aucune pitié, elle vous humiliera. Pour elle, vous serez capable de faire n’importe quoi, mais elle ne vous en saura pas gré, il faudra que vous alliez de plus en plus loin, jusqu’au bout souvent, jusque trop loin parfois.

Cette semaine, j’ai retrouvé un texte que m’avait remis une élève il y a une dizaine d’années. C’est une lettre signée par « la drogue ».
Laissons-la parler :
 
 

JE SUIS LA DROGUE...

Salut! Je suis la drogue, mon nom vous fait frémir n'est ce pas? Je suis l'amie fidèle de l'alcool et tout comme lui, je vous déteste au plus haut point, surtout les jeunes. Je vous hais d'être beaux, intelligents et en santé; heureusement, plusieurs d'entre vous sont déjà mes esclaves et sont beaucoup moins reluisants maintenant.

Pour ceux qui ne le savent pas, mon travail à moi, c'est l'abrutissement du cerveau : C'est ma spécialité. J'aime les débiles, les névrosés, les drogués, les amorphes...enfin...je n'aime pas la beauté. Je trouve les arbres laids et j'ai une sainte horreur des fleurs. La nature que votre Dieu a créée...Je la trouve affreuse : C'est pourquoi j'expédie les gens qui me consomment dans des pays d'épouvante et de désolation d'ou, très souvent, on ne revient jamais. J'aime quand les gens s'entre-tuent pour m'obtenir...J'aime les gros trafiquants...Les gens sans morale...La saleté, le désespoir et la mort. Je suis mondialement connue. Je traverse les continents à la vitesse de l'éclair et aucune frontière ne me résiste. Je suis partout à la fois...Je me fous des lois et des principes...Et je laisse sur mon passage la destruction et la folie.

Merci! De me vendre, de me consommer, de me cacher : Votre aide m'est infiniment précieuse pour anéantir ce qui reste d'amour sur terre.

Si vous aimez les films d'horreur, si vous voulez connaître l'angoisse et la peur et si vous êtes comme moi, l'ennemi juré du bonheur alors, consommez -moi sans réserve. Vous n'aurez aucune difficulté de me trouver...Je suis partout dans la poche du petit pusher; Dans les bars et les brasseries, enfin, partout ou mes services sont requis, vous pouvez même devenir un de mes vendeurs...Je suis toujours à la recherche de sang nouveau...Tel un vampire. Je n'ai qu'un seul ami au monde, et c'est l'alcool; Il m'aime et me respecte. Il sait très bien que je suis encore plus dangereux que lui : Ensemble nous faisons une belle paire de salauds, nous vivons le parfait bonheur...Le nombre de nos victimes augmente sans cesse...Que pouvons-nous demander de plus?

Jeunes ou moins jeunes, voulez-vous me confier vos cerveaux? Je vous promets de les détraquer à tout jamais et je vous promets aussi par la même occasion, de faire de vous les loques humaines, dans les meilleurs délais : Avec un peu de chance, vous pourriez peut-être vous suicider ou terminer votre vie à l'asile ou en prison.

Je vous laisse réfléchir...Il faut que je vous quitte, je suis débordée de travail : Des millions de gens naïfs m'attendent avec impatience.

POST-SCRIPTUM

Excusez-moi, mais je n'aurai pas de temps à perdre pour assister à votre déchéance ou à vos funérailles.

Sans remord aucun,

La drogue.

Ce texte est assez terrible, et quand il m’arrive de le lire tout haut, personne ne bouge dans le public.
Quant à moi, j’y reconnais cette femme, séductrice, manipulatrice et sans scrupules, celle dont je vous parlais plus haut ! Elle ne connaît aucune frontière, elle ne respecte rien ! Elle s’attaque aux jeunes et aux plus démunis. C’est contre elle que je me bats depuis quinze ans maintenant.

C’est mon ennemie !
 

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Sophie Daout, le 7 septembre 2007
 
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Vol.1 No. 36

Rallye de Béthune

Un fait-divers défraie aujourd’hui la chronique en France et relance le débat sur le sujet : cannabis et conduite.

Lors du Rallye de Béthune, (Béthune est une ville du nord de la France), un pilote  a été mis en examen pour homicide involontaire après la mort d'un enfant. Le  samedi 8 septembre, vers 18 heures, alors qu'il est en tête du 32e rallye de Béthune, une épreuve comptant pour la Coupe de France, un pilote de 35 ans a perdu le contrôle de sa Toyota Corolla WRC dans un virage en épingle. Il est sorti de la route et a percuté un enfant de cinq ans qui décédait quelques minutes plus tard des suites de ses blessures. Le pilote a été mis en examen lundi à Arras pour homicide involontaire .

"C'était à la fin du parcours et le pilote a fait un tout droit sur une trentaine de mètres. L'enfant était derrière une zone délimitée avec des rubans. Un groupe de spectateurs a réussi à s'écarter, sauf malheureusement ce jeune garçon", explique le responsable du service de presse du rallye, qui assure que les mesures de sécurité ont été bien respectées. .

"Les analyses d'urine du pilote ont révélé des traces de consommation de cannabis", avait indiqué le procureur de la République d'Arras. Des analyses de sang vont être effectuées pour confirmer ou non les traces du stupéfiant retrouvées dans les urines, a indiqué le procureur. Le Procureur  de la République demandait une mise en examen pour "homicide volontaire aggravé par la consommation de cannabis" et réclamait une interdiction de conduire.

Le juge d’instruction n’a pas suivi le Procureur. Le pilote a été laissé libre sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention.  "Il n'y a rien dans le dossier, en l'état actuel des choses, qui puisse permettre de penser qu'il (le pilote) était sous l'emprise de produits stupéfiants au moment de l'accident", a affirmé le juge, en précisant que "les analyses sanguines, nous les attendons".
Chacun défend son point de vue :