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Les
archives de Sophie Daout
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Vol.3
No. 41
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| Bienvenue à Cokeland
Je réagis aujourd’hui à
la lecture d’un dossier publié par la revue TECHNIKART
et consacré à la « nouvelle ère »
des « toxicos de la vitesse ». Le mensuel qui a couru
derrière les « marathoniens du tapis roulant »
et tenté de suivre les adeptes de la « « fast
culture » avec toujours plus de son, d'images et de sonneries de
portable. Il affirme que « la coke est devenue la drogue incontournable
des années speed ».
parisiens, sans enfant, dont le premier
est dessinateur et la seconde attachée de presse dans l'édition.
Panique soudaine de Bianca qui consulte elle aussi son portable « Faut trouver un plan B, le dealer, vient de nous planter ». D'après le journal, dès lors « quatre êtres humains se transforment instantanément en opérateurs téléphoniques » et « chacun attend un appel qui le ramène à la surface » jusqu'à ce que le fameux dealer, réapparaisse enfin mais avec des « cds » qui ont grimpé à 100 euros. Insultes envers le dealer, et départ en scooter pour le quartier République où « comme dans les mauvais films » attend une « BMW noire aux vitres teintées » avec un dealer au «physique de beau gosse des
cités » qui oblige ses clients à écouter sa
« dernière prod » une «version hip hop des magnolias
de Claude François ».
Le journaliste comprend alors un truc simple : « celui qui a la coke a le pouvoir ». « La meute » se jette
alors sur le sachet ouvert sur la table, puis un second paquet est ouvert,
et, la drogue faisant effet, Bianca décide d'aller à l'anniversaire
de Colette, une copine écrivain, dans une boîte de l'ouest
parisien. Dans la boîte "saturée", rencontre avec Amélie
surnommée « Truffe à coke » qui assure «
Je ne sors que s'il y a de la coke, sinon c'est pas la peine. Depuis cinq,
six ans, ce n'est plus le problème puisqu'il y en a partout. Même
dans les lycées, la coke a remplacé le bon vieux chichon.
En encadré le journal assure que « moins chère, plus pure », « la coke a fini par écraser les autres drogues ». Il se souvient : « Nos parents nous avaient pourtant prévenus : la drogue c'est de la merde ». Le mensuel observe « pourtant rien à faire depuis les années 60 chaque génération plonge dedans à tour de rôle ». Ainsi « 1967 fut l'année de l'acide et de l'exploration, 1977 celle de l'héro et de l'autodestruction, 1989 fut utopique et ecstasiée » et une chose est sûre « la coke est la drogue des années 00 ». Suivent les chiffres publiés par l'Office Français des Drogues et des Toxicomanies : 2,6% de consommateurs de cocaïne chez les 15-64 ans, 3,8% chez les 18-44 ans, une consommation qui se développe chez les jeunes dans un cadre festif urbain, mais aussi dans des milieux « devenus tellement larges et hétérogènes qu'il est difficile de dresser un portrait type du consommateur ». Notant une progression de 7,5% des saisies de cocaïne entre 2003 et 2004 (qui fut une année record), le journal souligne que l'Europe est le deuxième marché après les Etats-Unis, le prix de vente d'un gramme de cocaïne étant estimé « entre 50 et 80 euros selon la qualité », un prix divisé par deux depuis 1995. Tous éléments qui amènent Technikart à conclure :
Vous n’en êtes pas convaincus
?
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Sophie
Daout, le 19 octobre 2007
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Vol.3
No. 42
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| FEMMES ET DEPENDANCES
Cette semaine, le journal SANTE MAGAZINE
qui pose la question suivante: « Etes vous une femme addict
? ».
William Lowenstein, spécialiste des addictions, pour qui, « la dépendance est une maladie des émotions », affirme que les femmes sont entre 1,5 et 3 fois plus sujettes à l'angoisse que les hommes. Toutefois selon lui, « ces différences ne relèvent pas de distinctions « constitutives » mais « résident principalement dans nos comportements sociaux et culturels ». Le journal qui se penche sur le stress des femmes qui ont des responsabilités professionnelles, doivent s'occuper des enfants et accomplissent des tâches domestiques, avec aussi une peur de l'avenir liée aux représentations d'une jeunesse et d'une beauté idéales, précise que cet équilibre émotionnel devient fragile si un événement de vie vient perturber le quotidien. Laure Charpentier, ancienne alcoolique et présidente de l'association SOS Alcool femmes, s’exprime ainsi : « Un jour c'est la rencontre amoureuse avec une substance, comme moi avec l'alcool, et c'est la solution miracle à tous les soucis ». D'après W. Lowenstein, « la pharmaco dépendance et les troubles de comportement alimentaire touchent principalement les femmes ». Indiquant que depuis 1980, les femmes consomment deux fois plus de médicaments que les hommes, le magazine explique que ce sont elles qui font les courses et qu'un « petit détour par la pharmacie est plus aisé » mais aussi que « prendre une petite gélule est moins culpabilisant qu'ouvrir une bouteille d'alcool ». Elles savent que l'abus d'alcool « peut faire grossir, rendre le visage bouffi ». Notant que le diagnostic de dépendance est posé très tardivement chez les femmes, le mensuel rapporte ce témoignage de Christiane : «…Parce que je buvais du bon vin, dans un joli verre, dans ma grande maison, ce n'était pas de l'alcoolisme chez moi ».Dans une interview, Jean Claude Matysiak, chef de service d'addictologie à l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, en région parisienne, évoque l'addiction au travail, qui touche les hommes bien sûr, mais aussi et de plus en plus, les femmes. C’est une addiction « difficile à repérer car elle est assimilée à la performance et à la réussite ». Les signes en sont « le stress, mais aussi l'insomnie, l'anxiété, une perturbation des relations avec l'entourage, les idées noires ». Cela tient à la « détresse affective (le plus souvent), la faible estime de soi , une faille personnelle ancienne, une insatisfaction constante ». D'après le médecin, pour la femme, le danger consiste d'abord dans « un désintéressement de sa sphère privée : mari, enfants », sachant que « pour augmenter sa résistance au travail, elle peut prendre des produits stimulants et ensuite des médicaments pour dormir », ce qui a cette « conséquence grave pour les enfants de leur fait croire qu'il existe une solution chimique aux problèmes ». Estimant que « l'entourage doit se manifester sans relâche » sur le mode : « Tu en fais trop » ou : « Ton attitude n'est pas normale », il ajoute aussi « qu'une prise en charge médicale couplée d'une psychothérapie doit rendre sa juste place au travail ». Bien sûr, toutes les addictions
se conjuguent aussi au féminin, et l’addiction à la nourriture,
manifestée dans le cadre de l’anorexie ou de la boulimie est plus
fréquente chez les adolescentes que chez les garçons.
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Sophie
Daout, le 26 octobre 2007
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Vol.3
No. 43
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| Stars foudroyées en pleine
gloire
Une émission est programmée cette semaine à la télévision avec pour titre « L’étoile noire ». Elle retrace le destin de sept femmes, au destin extraordinaire et qui pourtant ont fini leur vie dans le drame. Elles étaient belles, elles faisaient la une de tous les magazines, elles étaient universellement connues. Mais derrière l’apparence, se cachaient des femmes fragiles et terriblement angoissées. On y rencontre Martine Carole, suppliant: « Enterrez-moi belle ! ». Pier Angeli, la « Garbo italienne » est morte d’une crise cardiaque à 39 ans. Nathalie Wood s’est noyée dans l’Océan Pacifique à 43 ans et les circonstances de son décès ne sont pas claires. Jane Mansfield s’est tuée dans un accident de la route à 34 ans. Françoise Dorléac, la sœur de l’actrice française Catherine Deneuve, est morte brûlée dans un fossé à 25 ans. Jean Seberg a été retrouvée morte à l’arrière d’une voiture enveloppée dans une couverture, à 41 ans. Et enfin on revoit la belle Romy Schneider emportée à 44 ans. Le film présenté s’efforce de trouver la faille derrière les paillettes. Car ces femmes qui font tant rêver leurs admiratrices et fantasmer leurs admirateurs, sont aussi des êtres humains. Elles sont en proie à toutes les tentations. Derrière l’argent facile, la gloire, le succès, se cachent aussi hélas souvent une grande solitude, l’alcool, la drogue, la dépression, les tentatives de suicide. Car il faut être solide pour résister aux pressions. J’ai vu hier, dans un reportage télévisé, Brigitte Bardot, notre BB nationale. Elle a choisi de quitter le monde du cinéma au sommet de sa gloire à 37 ans. Il faut beaucoup de courage et d’intelligence pour savoir se retirer avec grâce. Celles qui n’ont pas su ou pas pu le faire, avaient l’obligation de rester belles en dépit du temps qui passe. Et c’est difficile, voire impossible ! Bien vieillir aussi demande de la grâce ! Le monde du spectacle, vu de l’extérieur, est fascinant. Mais jouer la comédie, c’est aussi souvent douter, se remettre en question, avoir peur de l’avenir. J’ai lu récemment un livre sur Marylin Monroe. Elle a passé sa vie à se confier à des psychanalystes successifs pour tenter de vaincre ses démons. En vain. Les stars sont vulnérables, et c’est aussi ce qui fait leur talent. Elles sont les interprètes de toute la palette des sentiments humains, et doivent puiser dans leurs propres ressources pour que les personnages qu’elles incarnent nous émeuvent. Le grand public a tendance à les imaginer dans la vie tels qu’elles apparaissent à l’écran. Mais ce sont aussi ces êtres humains malades de trac, des hommes et ces femmes en quête d’amour, vivant aussi comme nous tous, des peurs et des doutes, des rencontres, des séparations et des deuils. Comme nous, ils pleurent et ils souffrent, mais ils n’exposent pas leurs chagrins, ce serait vraiment indécent, et malheureux, ils seraient des briseurs de rêve, et peut-être ne les aimerait-on plus… Le public veut pouvoir garder intactes ses idoles! Ces vedettes n’ont PAS LE DROIT de monter leur faiblesse. Elles sont constamment dans le jeu du paraître dans la lumière des projecteurs. On exige tout d’elles, elles n’ont pas droit à l’erreur. Et celui qui est aujourd’hui adulé, peut demain être oublié ou même détesté! Comme il doit être difficile le passage du soleil à l’obscurité totale. Certains ne l’ont pas supporté. J’ai lu le livre de la maman de Patrik Dewaere, Mado Maurin. Dans les années 70, Patrick était l’un des plus grands acteurs de sa génération. Il enchaînait les tournages de films. Sensible et talentueux, n’ayant pas supporté la trahison, il avait un jour donné un violent coup de poing à un journaliste, et fait alors l'objet d'un véritable boycottage de la presse et des médias. Dès lors, il n’avait plus été interviewé. Exemple sans précédent en France, les producteurs éprouvent des réticences à l'employer. Ce rejet, et un échec sentimental ont eu raison de lui. Le 16 juillet 1982, il met subitement fin à ses jours dans sa maison du XIVe arrondissement à Paris d'un coup de carabine 22 long rifle, offerte auparavant par Coluche, sans laisser un mot d'explication. Au moment de son suicide, il allait commencer le tournage d'Edith et Marcel de Claude Lelouch dans lequel il devait incarner Marcel Cerdan. Car existe l’envers du décor.
Derrière les paillettes se cachent aussi parfois le désarroi,
la désillusion, la solitude et l’envie d’en finir. Manquent les
mots pour dire le malheur. C’est ce que nous rappelle ce reportage.
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Sophie
Daout, le 2 novembre 2007
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Vol.3
No. 44
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| Sport et Mafia
Vous souvenez-vous de ma chronique numéro 33, que j’avais intitulée « Quand la Mafia s’invite autour des courts » ? J’y parlais de « l’affaire Davydenko ». Le joueur russe de tennis, Nikolaï Davydenko, n°4 mondial, disputait un match l’opposant à l’Argentin, Martin Vassallo Arguello, 83ème mondial, et avait préféré renoncer en raison « d’un pied douloureux » . Le déroulement du match avait éveillé bien des soupçons. Comme par hasard, les parieurs avaient brusquement misé pendant la partie, sur la défaite de Davydenco. L’ATP avait alors décidé d’ouvrir une enquête afin de déterminer le degré d’implication du joueur russe dans cette affaire de paris suspects. Or voici que notre joueur récidive. La presse reparle de lui, à l’occasion du deuxième tour du tournoi de Saint Petersbourg où il s’est incliné devant le joueur croate Marin Cilic sur le score de 1-6,7-5, 6-1. Il lui est infligé une amende de 2000 dollars pour absence d combativité L’ATP reproche à Davydenco de « n’avoir pas fourni tous les efforts possibles » lors de ce match. Après un premier set impeccable,
il a enchaîné les erreurs, en commettant dix doubles fautes,
quatre dans le second set et six dans le dernier. Au début du troisième
set, le juge le somme de faire plus d’efforts. Mais Davydenco déclare
après le match qu’il n’a absolument pas fait de cadeau à
son adversaire, classé 102ème à l’ATP. Il déclare
: « J’ai été choqué d’entendre l’arbitre me
dire cela ! Je trouve cela scandaleux ! J’ai été tellement
déçu que je me suis mis à pleurer ! »
Notre champion éploré a donc, outre ses problèmes de jambes, un mental bien fragile ! Mais, même s’il a écopé d’une amende, il n’est pas perdant financièrement, à mon avis. En lui infligeant une sanction, le tennis mondial veut se dégager du problème des paris véreux sur la toile, et tient à le faire savoir. Car, combien de matches et dans combien de tournois, les règles du jeu ont-elles déjà été dévoyées ? Et je repose encore une fois la question
qui terminait ma chronique sur ce sujet :
En êtes-vous si sûrs
?
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Sophie
Daout, le 9 novembre 2007
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Vol.3
No. 45
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| Les femmes battues
Cette semaine la télévision nous propose un reportage sur les femmes battues. Ce thème m’intéresse beaucoup. En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Le reportage nous présente des femmes chancelantes, qui tentent d’oublier la peur et s’efforcent encore de croire malgré tout en la vie. Elles racontent en termes voilés cette réalité si dure qui fait leur quotidien. Pudiques, elles ponctuent leur récit de silences, et des larmes parfois voilent leurs regards. Car les femmes battues sont des êtres blessés, le temps a chassé leurs illusions et englouti leur énergie. Il leur a fallu souvent du temps, beaucoup de temps pour comprendre et accepter qu’il n’est pas normal qu’un homme batte sa femme. Elles ont longtemps cru qu’elles étaient coupables et donc méritaient ce châtiment. Et elles ont espéré que la brute s’amenderait, et que cesseraient les coups si elles faisaient des efforts pour lui plaire, encore plus d’efforts. « J’ai toujours l’impression
que c’est de ma faute…Je ne réagis pas parce que j’espère
toujours un mieux ! »
Bizarrement, on entend aussi souvent
les mêmes discours de la part de ces victimes :
Pourquoi sont-elles ainsi dans le
déni ? Parce qu’elles sont idéalistes, qu’elles croient en
un avenir plus clément, qu’elles espèrent que les choses
vont s’arranger.
Dans ce reportage, on voit un visage,
celui d’Audrey, une charmante jeune femme poignardée par son compagnon.
Elle aimait la vie et on la voit chanter et rire sur un film tourné
par un proche. Sa mère parle d’elle ainsi :
La mère d’Audrey a ce commentaire
terrible : « Aujourd’hui, il est en prison, mais il est heureux,
il sait où elle est ! »
Est-il fier de sa « victoire » ? Est-il encore sûr qu’il a eu raison d’accomplir ce geste ? C’est possible. Parce que les hommes qui battent leurs femmes, les tyrans domestiques, sont en général des faibles qui tentent d’affirmer leur supériorité par les coups. Ils ne supportent pas qu’on leur résiste tant soit peu. Il suffit d’un rien, d’un regard, d’un sourire, ou même d’un silence pour qu’ils se déchaînent. En réalité ce sont des pleutres, qui à l’extérieur se comportent tout à fait différemment. Leur véritable personnalité, leur vrai visage, ils les gardent pour l’intimité de leur foyer. Pour lire les témoignages
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Sophie
Daout, le 16 novembre 2007
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Vol.3
No. 46
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| Campagne contre l'alcool au volant
Deux livres viennent de sortir traitant du même sujet, l’alcoolisme. Le premier a pour titre « Longtemps
j'ai vécu avec une bouteille » de Madeleine Melquiond
(éditions Albin Michel).
Le second livre « Les douleurs
fantômes », est signé par Philippe Cohen-Grillet (éditions
Le Bord de l'eau).
La sortie de ces livres coïncide avec une campagne contre l’alcool au volant chez les jeunes, lancée par la Prévention routière , campagne qui s'appuie sur une étude montrant la forte présence d'alcool dans les soirées des 18-24 ans. Cette campagne désigne comme « un super héros » le conducteur qui ne boit pas et ramène ses amis sains et saufs chez eux. Elle est lancée conjointement avec la Fédération française des sociétés d'assurance. Les deux associations avaient commandé une étude qui démontre que 68% des jeunes de 18 à 24 ans interrogés ont bu de l'alcool lors de leur dernière soirée, (dont 44% plus de trois verres). Un point positif cependant, la pratique du conducteur désigné est de plus en plus répandue : 72% des interviewés déclarent le faire souvent, alors qu’il y a 10 ans, elle n’était pas du tout dans les usages. Le conducteur sobre s'est autodésigné dans 36% des cas, et dans 26% des cas la désignation a lieu à tour de rôle. Le délégué à la Prévention routière se félicite : « celui qui reste sobre n'est plus le bonnet de nuit de service », et demande aussi que les contrôles d'alcoolémie soient renforcés à proximité des boîtes de nuit. Par ailleurs 86% des jeunes plébiscitent le développement des transports en commun pour les retours de soirée et 82% souhaitent une intensification des actions de communication et de sensibilisation. La peur de l'accident incite 91% des jeunes à être prudents sur la route, un jeune sur deux assurant que lui-même ou l’un de ses proches a déjà été victime d'un accident. Pour 63% le risque d'être contrôlé incite à faire attention à la consommation d'alcool. Jusqu'au 17 novembre, la campagne décline ce thème sur les radios écoutées par les jeunes, sur Internet et par voie d'affichettes, et le 17 novembre sera organisée la « 4ème nuit des capitaines de soirée » dans plus de 120 discothèques. « Nous voulons remettre le capitaine de soirée au centre du groupe, en en faisant quelqu'un doté du super pouvoir de ne pas boire ». Car l'alcool tue encore trop de jeunes sur les routes » puisque pour les 15-24 ans c'est la première cause de mortalité. Cette tranche d’âge représente 28% des tués, alors qu'ils ne sont que 13% de la population. Si la consommation d'alcool a baissé depuis 10 ans en France, elle a malheureusement augmenté de façon excessive lors des soirées. L'alcool est d'autant plus morbide qu'il se combine aux kilomètres, puisque près d'un jeune sur quatre en parcourt plus de 50 lors de ces virées de week-end, les trois quarts des soirées se déroulant dans deux endroits différents au moins.. Un journal, Le Parisien, a posé la question suivante : « Que prévoyez vous pour rentrer les soirs de fête ? », à cinq jeunes de 18 à 26 ans et voici leurs réponses :Les mentalités évoluent donc dans le bon sens mais il faut aussi lutter contre certaines pratiques très inquiétantes. Ainsi, le maire de Nantes, une grande ville française, a-t-il choisi de renforcer les mesures annoncées par la préfecture qui a lancé un plan anti-alcool. Il a interdit par arrêté « toute pratique visant à promouvoir la consommation d'alcool », une mesure qui concerne notamment la vente « à prix réduit des boissons alcoolisées dans le cadre d'une opération de promotion temporaire » (happy- hours ) ou la pratique consistant à « servir, moyennant un prix forfaitaire de départ, des boissons alcoolisées à volonté », (open-bar). Pour lire les témoignages
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Sophie
Daout, le 23 novembre 2007
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Vol.3
No. 47
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| Ma chronique m’emmène aujourd’hui
vers des horizons inhabituels.
Je reviens d’un voyage en Inde, dans l’une des provinces les plus riches, le Rajasthan, et je voudrais vous livrer quelques impressions de mon carnet de route. Je ne vous parlerai quasiment pas de la drogue aujourd’hui, même si l’Inde figure parmi les pays producteurs de l’opium: 300 tonnes par an contre 3000 tonnes pour l’Afghanistan , qui arrive en tête des pays producteurs dans le monde. Avant de le faire, j’ai rêvé ce voyage. Tous mes amis en revenaient enchantés. On me racontait le faste des palais des maharadjahs, la gentillesse et la douceur des Hindous, les couleurs chatoyantes des saris, la beauté des femmes et le regard pénétrant des enfants. On me décrivait les temples et la ferveur des croyants, les sites fameux comme le Taj Mahal, le fabuleux mausolée que l’empereur Shah Jahan fit construire pour sa deuxième épouse morte en couches. J’imaginais des palais au bord de lacs et les fresques peintes ornant les havelis, les riches maisons des marchands de Mandawa ou de Nawalgarh. Je rêvais de tout cela, et je n’ai pas été déçue. Je suis donc partie, et c’est vrai que j’ai été séduite. En croisant les mains, comme si je priais, j’ai salué les Indiens en leur disant « Namasté » . Ils riaient souvent aux éclats, surtout les jeunes, et me répondaient de même. Ils s’étonnaient de notre présence parmi eux, et nous demandaient l’autorisation de nous prendre en photo, nous, les touristes. Je suis descendue dans des palaces d’un luxe incroyable: j’ai même bénéficié pour une nuit d’une suite de 200 mètres carrés. J’ai vu un coucher de soleil dans le désert. J’ai assisté à des cérémonies très joyeuses et très fleuries dans des temples Jaïn. J’ai beaucoup marché, mais j’ai aussi voyagé à dos de chameau et à dos d’éléphant. J’ai assisté à plusieurs mariages. En effet, c’était la bonne période pour se marier, les horoscopes le prédisaient. Alors, dans les hôtels dans lesquels nous descendions, nous avons eu la chance de pouvoir les admirer, d’un luxe inouï. J’ai aimé la musique de ce pays: les musiciens jouent et chantent en se tendant tout entiers vers leurs spectateurs, avec des mimiques tout à fait étonnantes, comme pour les inviter à participer à leurs chants, dont les mélodies sont remarquables. Voilà, je suis revenue, des images plein les yeux, et des sons enchanteurs plein les oreilles. Et c’était un voyage magnifique. Et pourtant, je sais que je n’y retournerai jamais, et je ne me sens pas bien. Parce que, côtoyant l’opulence, j’ai vu la pauvreté extrême et même la misère. J’ai vu, couchés à même la route une femme dormant avec son bébé dans les bras. J’ai vu des enfants se battre pour un savon ou une pièce qui leur était lancée. J’en ai même vu un qui tentait de me vendre les bananes que je venais de lui donner. Côtoyant les couleurs chatoyantes des saris, j’ai vu des gens s’arrêter en pleine rue pour y satisfaire des besoins naturels. J’ai vu l’élégance et le manque d’hygiène. J’ai vu, j’ai vu… Mais je m’arrête là
avec cette interrogation. Que vais-je retirer d’un tel voyage ?
J’ai eu la chance de naître
femme et en France.
Voilà, je reviens du Rajasthan,
j’ai vu des princes enrubannés, mais aujourd’hui je suis malade.
On me dit que j’ai une rhinopharyngite, je veux bien croire mon médecin,
mais à mon avis, c’est un peu plus compliqué que cela: de
mon voyage, il me reste « quelque chose en travers de la gorge »
!
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Sophie
Daout, le 30 novembre 2007
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Vol.3
No. 48
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| Lionel,
Nous sommes tous réunis pour te dire au revoir. Tous, Christian et moi, bien sûr, mais aussi Sandrine la compagne de tes jeux d’enfance, ta complice, ta presque sœur, ta tante et ton oncle, tes cousines, nos amis. Quand Cricri, ma sœur, a appris la
nouvelle de ton départ, elle n’en a pas été étonnée.
Elle et moi, nous savions, alors que rien ne nous permettait d’avoir cette
certitude, nous savions que la date approchait. Elle m’a dit : «
Lionel, 16 ans de grand bonheur et 25 ans de galère ! Et aujourd’hui,
la paix »
Tu nous laisses le souvenir d’un petit garçon lumineux, créatif, très sensible et pétillant d’intelligence. Adolescent, tu étais charmant, et sociable. Tu semblais doué pour la vie et tout ce que tu entreprenais avec infiniment de grâce semblait te réussir…jusqu’à ta rencontre avec ELLE, la drogue, celle que j’appelle aussi la Mauvaise, l’imposteur, la tricheuse, la voleuse, la menteuse, et qui est devenue pour moi l’ennemie numéro un. Les 25 années suivantes sont celles de l’errance, de la solitude et de l’enfermement. Tu as connu des univers pour lesquels tu n’étais pas fait, auxquels nous ne t’avions guère préparés : la prison, l’hôpital, et la maladie. Ton parcours revêt pour moi l’image d’une quête spirituelle, d’une recherche d’absolu, mais tu t’es trompé de route. Tu as pris des chemins de traverse qui ne menaient nulle part, sauf dans des impasses. Curieusement, au cours de tous les épisodes douloureux de ta vie, tu as toujours gardé le contact avec nous, Christian et moi. Bien rares sont les années, où tu ne nous as pas souhaité notre anniversaire et où tu ne m’as pas appelée pour la Fête des Mères. La semaine dernière encore, en rentrant de voyage, j’ai trouvé sur notre répondeur téléphonique un message de toi. Tu m’appelais : « Maman, maman… », pour me demander un conseil. Souvent aussi tu souhaitais me parler pour simplement me remercier de t’avoir donné la vie que tu considérais comme un cadeau, un mystère et une merveille. Tu nous l’as dit et répété. Cela nous semblait toujours étonnant car nous voyions bien que l’existence que tu menais était dure, que ta solitude était immense, et que ta soif d’absolu ne trouvait pas d’écho. Tu resteras donc pour moi et en moi, cet enfant lumineux, et ce voyageur fatigué en quête de l’inaccessible étoile. Lionel, tu vas enfin pouvoir te reposer. Je suis croyante, je sais qu’une nouvelle vie commence pour toi. Je sais aussi que tu as très peur. Mais tu n’as plus rien à craindre. Là où tu vas, la Mauvaise n’a plus aucun pouvoir. Certains de ceux que tu aimais t’ont précédé au pays blanc, et t’y t’attendent. Ton père Marcel, mais aussi ton grand frère Gauthier, Gilbert, ton oncle qui a cherché à te sauver de tes démons. Je sais que Gauthier prendra soin de toi comme il l’a fait si souvent sur la terre. Quant à nous, nous penserons souvent à toi, mon petit bonhomme têtu et courageux !. Je vais continuer cette lutte que je mène à cause de toi contre la Voleuse, et tout enfant sauvé sera une belle revanche, TA revanche. Quand tu le pourras, aide-moi dans ce combat ! Pour t’accompagner une dernière
fois, je donne la parole à mon frère en écriture,
l’ami chanteur, Jacques Lebouteiller, qui a mis en musique l’un de mes
poèmes. Je te l’offre Lionel, c’est la chanson « Sans voix
qui tremble ».
L’air que nous chantonnions ensemble,
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Sophie
Daout, le 7 décembre 2007
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Vol.3
No. 49
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| TRAFIC de cannabis
Hélas, hélas, le marché de la drogue semble ne plus être aussi juteux, et nous allons bientôt avoir à réorienter de pauvres petits dealers obligés de se reconvertir à un autre métier! Quelle misère ! Voici les confidences d’un professionnel Jason ex dealer, à un journal français, « Le FIGARO » en date du lundi 3 décembre, qui s’est intéressé à « Ce que gagnent les 100000 dealers du cannabis ». Il raconte comment « la concurrence
entre petits malfrats a fait chuter les cours d'un marché autrefois
juteux ». Jason qui dit avoir connu « l'âge d'or du business
» : « Il m'est arrivé parfois de ramasser 1000 euros
par jour ». Pour lui, aujourd'hui la vente de cannabis « n'est
plus une bonne affaire » car n'importe qui peut s'improviser
revendeur. « Il suffit de claquer dans les doigts et c'est bon tu
es embauché » alors « qu'à mon époque,
il y avait plusieurs étapes avant d'être recruté. On
te faisait passer des tests pour voir si tu tenais la route. Au milieu
des années 90, le marché de ma cité se partageait
entre une dizaine de vendeurs. Ils sont aujourd'hui plus d'une cinquantaine,
et du coup « un dealer de haschisch gagne en moyenne 1000 euros par
mois ».
L’enquête rapportée par le Figaro, constitue la première « estimation des gains des dealers » remise à la MILDT, (Mission Interministérielle de Lutte contre les drogues et les Toxicomanies). Le journal note que selon cette étude, le cannabis rapporte jusqu'à 550 000 d’euros par an à un semi grossiste (1000 personnes environ), « soit le salaire moyen d'un patron d'une entreprise de plus de 2000 salariés ». Le président de la MILDT, Etienne Apaire, explique que « les enquêtes sont trop axées sur les actes et pas assez sur les bénéfices du trafic ». Le Président de la République, Nicolas Sarkozy « informé de cette étude » affirme que « l'économie souterraine est devenue une menace pour nos sociétés ». Il appelle à « lutter contre toutes les formes de criminalité organisée et notamment le trafic de drogue qui fait des ravages dans un certain nombre de quartiers ». Il réclame également un renforcement de la répression destinée à « frapper les trafiquants au portefeuille ». D'après le journal, avec 1,2 million d'usagers réguliers et 550 000 usagers quotidiens, le marché serait de 208 tonnes pour un chiffre d'affaire annuel de 832 millions d'euros. Considérant que sur cette base on peut affirmer que l'importateur s'appuie sur au moins 700 semi grossistes, et peut être même le double, qui gagnent chacun « de 253 000 à 552 000 euros annuels » en écoulant de « 132 à 308 kg » de drogue, le quotidien rapporte que le premier intermédiaire (entre 6000 et 13000 personnes ) diffuse environ de 16 à 35 kg pour gagner « entre 35 000 et 76 000 euros ». Selon le rapport, en dessous « le commerce de cannabis n'est que peu profitable » avec « entre 58 000 et 127 000 revendeurs » qui gagnent « entre 4500 et 10000 euros » annuels, distribuant au plus 3,6 kg de cannabis par an. Christian Ben Lakhdar, l’auteur de ce rapport, affirme que ce trafic « ne commence à être rentable qu'au delà de 10 kg » de cannabis, et Etienne Apaire constate pour sa part « qu'au bas de l'échelle la revente au détail rapporte finalement beaucoup moins qu'un honnête travail ». Considérant que « les risques du métier sont inclus dans le prix » et qu'ils représentent par exemple « 23,6% du prix final de la cocaïne », le quotidien souligne que selon l'auteur du rapport, la violence entre dealers compte quant à elle pour 33% dans le prix final, sachant qu'entre le semi grossiste et le consommateur le prix est multiplié par trois. Le Figaro signale que d'après le président de la MILDT, Rachida Dati, Ministre de la Justice, va présenter de nouveaux dispositifs visant à faciliter la confiscation des profits des dealers, l'argent saisi alimentant pour l'instant un fonds de concours de 1,8 million d'euros, géré par la MILDT. Etienne Apaire annonce : « Nous allons doubler cette somme pour la répartir à parts égales entre la justice, la police, la gendarmerie et le système de soins aux usagers de drogue ». Au « top des 5 articles le plus lus », d’après le FIGARO du mardi 4 décembre, la première place revient à « ce que gagne vraiment un dealer de cannabis » (voir revue de presse d'hier). Cela me rappelle les dernière strophes du poème que j’avais écrit autrefois à la gloire des dealers : « Le grand dealer, le vrai,
remplit son compte en banque,
J’apprendrai aux enfants à
savoir dire non,
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Sophie
Daout, le 14 décembre 2007
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Vol.3
No. 50
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| Chantal, le cannabis et moi !
Ce matin, en faisant mes courses,
j’ai rencontré Chantal.
Et voici ce qu’elle me dit : « Le cannabis, ce n’est pas grave ! Les autres drogues, l’héroïne et la cocaïne, oui voilà de belles saletés ! On peut en mourir, mais pas avec le shit ! » Bien sûr, je ne suis pas d’accord avec elle, moi qui prétends que toute consommation de drogue à l’adolescence est à bannir, quel que soit le produit, que le cannabis est devenu une drogue dure, et qu’il tue beaucoup plus qu’on ne le croit, surtout sur la route ! En rentrant chez moi, je tombe sur
un article dans le journal « La lettre de Saint Jean Espérance.
« Le cannabis, l’OFDT° tire la sonnette d’alarme ! En juillet
dernier, l’OFDT publiait une étude statistique sur la consommation
du cannabis en France. Voici quelques chiffres qui peuvent faire froid
dans le dos.
Le coût
social du cannabis est d’environ 919 millions d’euros. Presque autant que
les sommes dépensées pour l’acheter !
On note que le niveau d’expérience stagne. En effet, après le raz de marée de ces dix dernières années, le cannabis peut difficilement être plus présent et toucher plus de personnes ! Mais, parmi ceux qui expérimentent le cannabis pour la première fois, la proportion de ceux qui continuent est plus grande. Il ne s’agit donc plus pour les dealers d’envahir le marché, mais de faire en sorte que ceux qui y touchent continuent. La consommation de cannabis va donc en augmentant et le danger redouble, puisque le risque d’être accroché à cette drogue est en hausse. La consommation
de cannabis des jeunes Français est l’une des plus élevées
en Europe.
Bien sûr,
la plupart des fumeurs connaissent bien les dangers du cannabis, et cela
ne les empêche pas de consommer. Avertir des dangers est loin d’être
dissuasif. Ce qu’il faut monter aux jeunes, c’est que le cannabis est une
drogue hypocrite, c’est à dire une drogue qui détruira ce
que le jeune pense trouver en la fumant : un certain bien-être, des
amis, le bonheur.
Ceux qui me connaissent un peu à travers mes livres ou mon action ou encore notre site, comprendront pourquoi je suis plus proche des idées exprimées dans cet article que du discours de ma voisine Chantal ! °OFDT :
Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies
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Sophie
Daout, le 21 décembre 2007
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Vol.3
No. 51
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| Solange part en retraite ou votre
prénom a-t-il une importance sur le déroulement de votre
vie.
Solange, professeur de mathématiques, a réuni une soixantaine d’amis pour fêter son départ en retraite. Plusieurs d’entre eux ont choisi de préparer pour elle un numéro, soit une danse, soit un poème, soit une chanson. Pour ma part, je lui ai adressé un petit mot. Le voici : « Quand j’ai commencé à travailler sur ce petit mot pour Solange, j’ai été troublée et j’en suis venue à me poser des questions existentielles telles que : L’homme est-il vraiment libre face à son destin? Quand je dis « SOLANGE », j’entends d’abord « Sol ». N’est ce pas là, pour chacun de nous, une note de musique ? Quoi d’étonnant quand on sait à quel point notre amie aime chanter ! Et avez-vous déjà entendu son rire ? Ecoutez le bien ! C’est à lui tout seul déjà une chanson !Mais « Sol », c’est aussi en espagnol, le soleil. Et Solange, c’est véritablement un soleil, qui réchauffe tous ceux qui l’approchent !
C’est troublant, non ? Allez, ma copine, bon vent dans ta nouvelle vie ! Je suis sure qu’elle sera aussi remplie que la précédente. Et que toutes celles qui suivront. Des compétences, tu en as, et moi comme d’autres avons déjà commencé à les exploiter. En effet, tu as déjà accepté de lutter contre la drogue au sein du bureau de notre association « Pour Une Jeunesse Sans Drogue » . Merci Solange ! Et de ton côté,
tu peux compter sur mon amitié !
*Les Palmes Académiques
sont une décoration que décerne l’Education Nationale à
ceux de ses membres qu’elle souhaite distinguer. Elle comporte plusieurs
grades : Chevalier, Officier, et Commandeur. Pour ma part, je suis Officier
! Mais oui !!!
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Sophie
Daout, le 4 janvier 2008
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Vol.3
No. 52
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Dernière cigarette J’ai lancé, dans notre forum,
une discussion au sujet de l’interdiction de fumer dans les lieux publics
désormais en France. Un délai de 24 heures a été
accordé, et la loi n’a pris effet que le 2 janvier. J’ai fait un
peu de provocation, j’ai ironisé sur le thème, mais personne
n’y a répondu!
« Un grand soupir de soulagement a accompagné cette annonce: les fumeurs bénéficient d'un sursis de 24 heures: la loi qui interdit de fumer dans les lieux publics ne s'appliquera que le 2 janvier! Ouf! Sur mes cahiers d'écolier
Sur toutes les pages lues
Sur les images dorées
Sur la jungle et le désert
Sur les merveilles des nuits
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur les champs sur l'horizon
Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mousse des nuages
Sur les formes scintillantes
Sur les sentiers éveillés
Sur le fruit coupé en deux
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur toute chair accordée
Sur la vitre des surprises
Sur mes refuges détruits
Sur la santé revenue
Et par le pouvoir d'un mot
Paul Eluard Et, pour en revenir à mon thème d’aujourd’hui, je suis d’accord avec un journaliste qui s’est amusé lui aussi en écrivant son article : « L’ultime sursis de 24 heures accordé aux fumeurs publics après des décennies de laxisme gouvernemental, fait penser à la dernière cigarette offerte, avant son exécution, à un condamné dont on était assuré qu’il ne mourrait pas d’un excès de nicotine. A ceci près que cette fois, on espère prolonger la vie des délinquants tabagiques ainsi que celle des passifs indélicats qui inhalaient les vapeurs d’une drogue ne leur ayant rien coûté. Pour l’heure et dans l’attente sans doute longue des premières statistiques attestant les effets bénéfiques de la loi, force est de reconnaître qu’on entend davantage le bruit des lamentations issues des tiroirs caisses que les murmures de soulagement échappés des poitrines promises à une meilleure ventilation. Et ce n’est pas la moindre bizarrerie de cette guerre antipoison que, depuis vingt ans, les communiqués en provenance du front, aient plus souvent regretté les manque à gagner que les pertes humaines. »Sa réflexion me paraît tout à fait intéressante et je constate moi aussi, dans la lutte que je mène au quotidien que pour certains, l’argent est souvent plus important qu’une vie humaine ! Pour lire les témoignages
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Sophie
Daout, le 11 janvier 2008
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Vol.3
No. 53
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Amara et son plan anti glandouille Dans le paysage politique français actuel, il existe un certain nombre de personnalités atypiques. Fadela Amara est l’une d’elles. Le 19 juin 2007, elle a été nommée secrétaire d'État chargée de la politique de la ville sous la tutelle de la ministre du Logement et de la Ville. Cette semaine, la télévision lui a consacré une séquence. Qui est-elle ?
Très tôt, elle s’engage
dans l’action. Elle participe ainsi à la première marche
civique à Clermont-Ferrand pour l’inscription des jeunes sur les
listes électorales. Dès 16 ans quand la mairie de Clermont-Ferrand
décide de raser entièrement son quartier, elle décide
de faire du porte-à-porte pour en obtenir la réhabilitation.
Elle participe en 1983 à la marche des Beurs* et milite à
SOS Racisme à partir de 1986. Elle est élue en 2000 présidente
de la Fédération nationale des maisons des potes. En
1989, elle met en place la « Commission femmes » dont le principal
objectif est de faire un état des lieux sur les femmes des quartiers
défavorisés et d'entendre les demandes formulées par
la population vivant dans ces quartiers.
Elle est membre du comité
de parrainage de la Coordination française pour la Décennie
de la culture de paix et de non-violence.
Pour construire son plan, Fadela
Amara utilise des méthodes assez inhabituelles dans le monde de
la politique. Elle a en effet entamé une campagne de consultations
en organisant notamment "des réunions d'appartements" et en
"n'hésitant pas à consulter les gens dans les cages d'escalier".
"Salut, je m'appelle Fadela" leur dit-elle. Dis-moi, qu'est-ce que tu attends pour ton école, pour quoi tu galères? Comment tu construis ton quartier idéal?."Elle espère "établir un dialogue de confiance avec les jeunes. « Il faut libérer leur parole, il faut que les gens et notamment la jeunesse se sentent partie prenante de ce plan banlieue, affirme-t-elle,» On ne veut pas revivre les événements de l'automne 2005. On a trop longtemps subi les programmes de la politique de la Ville depuis vingt ans". La démarche me semble intéressante. Enfin, je vois une personnalité politique qui ne décrète pas du haut de son siège ministériel, mais qui va sur le terrain pour construire pour et avec les personnes concernées. Bien sûr, elle dérange. Elle dérange ses collègues qui ne sont pas habitués à un tel franc parler, à des manières et des méthodes aussi directes. Elle est même parfois mise à distance par le public dont elle défend les intérêts : les gens des cités ne la comprennent pas toujours, et en particulier les hommes qui ont du mal à accepter qu’une femme, une de LEURS femmes, prenne des initiatives en leur nom ! Pour moi, j’aime cette femme courageuse, et je souhaite qu’Amara réussisse dans sa mission. Salut, je m’appelle Sophie !
* « Beur » est un mot
désignant les jeunes issus de l’immigration et nés en France.
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Sophie
Daout, le 18 janvier 2008
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Vol.3
No. 54
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| « Sommes-nous «
accro aux accros » ?
Cette question qui peut paraître bizarre et qui pourtant me semble intéressante a été posée par le magazine féminin « Elle ». Les médias nous montrent constamment des stars qui s’autodétruisent, des mannequins qui sniffent un rail de cocaïne, des chanteurs qui titubent sur scène, des personnalités qui vont en prison… On pourrait penser que leur image va s’en trouver détruite et leur carrière brisée, et bien, pas du tout ! Et on pourrait même ajouter, « Au contraire », le public en redemande ! Quelle signification revêt donc cet engouement pour le trash ? En concert à Paris, on a vu la chanteuse Amy Winehouse, au patronyme tout à fait adapté à son cas, tituber, avoir du mal à jouer de la guitare et se servir à boire sur scène. Son plus gros succès l’année dernière a été « Rehab », une chanson dans laquelle elle explique qu’elle ne veut pas aller en cure de désintoxication. Kate Moss a, tout le monde le sait,
de gros problèmes de cocaïne! Son compagnon rocker, Pete Doherty,
étale ses problèmes de drogue à la une des journaux.
L’an dernier, les producteurs de Loft Story ont même proposé
de filmer la dernière en date de ses tentatives pour décrocher
!!
Le problème n’est pas nouveau,
les artistes ont eu parfois par le passé aussi, des comportements
marginaux. Je me référais, dans une chronique précédente,
à la chanson de Jane Birkin, « Ex fan des sixties »,
dont beaucoup d’artistes cités dans le texte sont morts de drogue
ou d’alcool. Mais leurs excès, leurs dérives restaient anecdotiques.
On retenait d’eux, en premier lieu, leur talent. Aujourd’hui c’est l’inverse,
on semble ne retenir avant tout que leurs frasques! « Autrefois,
on disait que les excès étaient la rançon du succès,
mais aujourd’hui c’est le succès qui est devenu la rançon
des excès », dit le journaliste du magazine.
Ainsi pour réussir, osez aller loin dans le trash, osez faire comme Pete Doherty, qui peint ses toiles avec son propre sang !! Mais pour quelles raisons le public
est-il fasciné par les excès ?
Ainsi, les médias jouent-elles
un rôle pédagogique !! Les histoires qui nous sont contées,
sont à la fois émouvantes et nous mettent en garde.
Bien sûr, cette conclusion
me laisse dubitative. S’il nous reste à (re)découvrir des
valeurs, en choisissant le trash, il me semble bien que nous nous trompons
de route. Le journaliste, Patrick Williams ne s’y est pas trompé,
qui avec humour , termine ainsi son article :
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Sophie
Daout, le 25 janvier 2008
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Vol.3
No. 55
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| Fumer un joint serait aussi dangereux
que 20 cigarettes
Je me rends souvent dans les classes pour faire de la prévention drogue. Ce fut encore le cas hier. Les enfants m’écoutent très attentivement, et je réponds à leurs questions. Je suis parfois très étonnée de voir comment se crée la désinformation et comment elle circule. Ainsi, après la diffusion par un magazine français de l’information selon laquelle fumer trois joints aurait le même effet que fumer un paquet de cigarettes, un élève m’avait dit avoir appris, grâce à l’un de ses camarades, « que fumer trois cigarettes équivalait à fumer vingt joints !!! ». Donc, bien sûr, le tabac lui semblait plus nocif que le shit ! En 2002, les journaux français s’étaient fait l’écho des propos de Lionel Jospin, alors Premier Ministre quand il avait déclaré : « Fumer un joint chez soi est certainement moins dangereux que boire de l’alcool avant de conduire, pour soi et aussi pour autrui ». Et bien, il semble qu’aujourd’hui, Le Ministre devrait corriger son discours, et la revue dont je parlais au début devrait revoir ses estimations à la hausse. En effet, selon une étude néo-zélandaise publiée mardi 29 janvier par le Journal Européen de Pneumologie, fumer du cannabis serait 20 fois plus dangereux pour la santé, à dose égale, que fumer du tabac. Le Professeur Richard Beasley et ses collègues de l’Institut de Recherche médicale de la Nouvelle-Zélande ont suivi pendant 5 ans 102 patients de moins de 55 ans et atteints d’une tumeur au poumon. Tous ont été interrogés par questionnaire sur leur consommation d’alcool et surtout, de cannabis. La fumée du cannabis serait deux fois plus concentrée en carcinogènes que celle du tabac. Concernant le risque de développer un jour un cancer, un joint serait 20 fois plus risqué qu'une cigarette. A partir des résultats de leur étude, les chercheurs lancent ce mardi une alerte à l'"épidémie" de cancers des poumons directement liés à la consommation de cannabis. Dans le groupe étudié, le risque de cancer des poumons était multiplié par 5,7 chez ceux qui avaient fumé plus d'un joint par jour pendant dix ans, ou deux joints par jour pendant cinq ans, « après ajustement des autres variables, dont le tabagisme » précise Richard Beasley, . Les auteurs de l'étude estiment qu'un cancer des poumons sur vingt en Nouvelle-Zélande pourrait être directement lié au cannabis. Au long cours, l’étude révèle que le risque de cancer du poumon augmente de 8% par joint-année. Et pour cause, la fumée de cannabis contient deux fois plus d’hydrocarbures cancérigènes que celle des cigarettes ! La façon de fumer accroît aussi le risque, « les joints étant généralement consommés sans filtre et presque jusqu’au bout, ce qui augmente la quantité de fumée inhalée ». Les dépôts de substances carcinogènes dans les bronches se trouvent donc facilités. Dernier point, « l’absorption de monoxyde de carbone dans le sang serait cinq fois plus importante après un joint qu’après une cigarette ». En France, 1,2 million de personnes fument régulièrement du cannabis, et 26,9% des adultes en ont déjà consommé, d'après les données 2005 de l'Ofdt (Observatoire français des drogues et des toxicomanies). Une proportion qui est nettement plus élevée chez les moins de 17 ans, les jeunes Français étant parmi les plus gros consommateurs de cannabis en Europe. C’est la première fois que le pouvoir cancérigène du cannabis est ainsi clairement mis au jour. Les quelques études épidémiologiques réalisées chez l’homme aboutissaient à des résultats contradictoires. Leur biais principal était la difficulté à séparer le pouvoir cancérigène du cannabis de celui de la cigarette, les deux étant souvent consommés ensemble. Pour Richard Beasley, il est primordial
que « les programmes de santé publique incluent aussi des
campagnes destinées à réduire l’usage du cannabis,
en particulier chez les jeunes ». Une logique bien éloignée
de celle qui avait cours dans les hautes sphères de l’Etat.
Parce que c’est ce qu’on se plaît
souvent à répéter, n’est-ce pas ?
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Sophie
Daout, le 1er février 2008
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Vol.3
No. 56
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| Drôle de dealer !!
Nous avons eu, cette semaine, en France un fait-divers pas comme les autres. Il s’agit pourtant, dans l’énoncé, d’une banale affaire de drogue et de la condamnation des pourvoyeurs. La différence tient dans la personnalité du dealer. Car il s’agit d’une femme, ce qui est assez banal encore, mais celle-ci est une grand-mère. Elle s’appelle Andrée, elle a 67 ans, et elle alimentait en cannabis les jeunes de sa cité. Mais en la voyant, qui l'eût cru ? Personne ! On la surnomme Mamie Nova en raison de sa ressemblance avec la vieille dame représentée sur les pots de yaourts. Haute comme trois pommes, les cheveux blancs, un visage joufflu encadré par des lunettes, Andrée, 67 ans, connaît les cités car elle y vit depuis très longtemps. Les circonstances de son arrestation
sont rocambolesques et assez amusantes. On peut imaginer aisément
la surprise des policiers du commissariat de Moissy-Cramayel qui l'ont
arrêtée fin 2006. Elle est en panne au beau milieu de
la route avec sa petite voiture, quand ils se mettent à son service.
Lorsqu'ils lui demandent où elle se rend, Andrée se met à
trembler. Et d'un seul coup avoue :
Son avocate tente de l’expliquer : « C'est une histoire dramatique. Son passé, ce sont des petits boulots à droite, à gauche. Elle a fait des ménages et a été concierge. Elle a vécu aussi dans des bidonvilles. Mère de cinq enfants, élevée à la dure, elle a assumé un mari violent, mais elle n'a pas l'habitude de se plaindre. Pourtant, sa santé n'est pas florissante. Elle est asthmatique et souffre de diabète. Avec ses 500 € de retraite, elle a du mal à joindre les deux bouts. Son fils, Jean-Michel, vit avec elle. Il est gravement malade. Leur logement est insalubre. Dans le même temps, elle voit
son fils aîné, Jean-François, arrondir ses fins de
mois en se livrant au trafic de cannabis. C'est lui qui l'initie en lui
disant bien que ça peut être dangereux. Et puis il part vivre
avec une amie. »
« Lorsque les clients frappaient
à sa porte, ma mère donnait les barrettes de cannabis et
leur recommandait de faire attention. Je lui ai dit qu'elle risquait de
faire de la prison si elle continuait le trafic », raconte son fils,
Jean-François.
« Andrée a un côté attachant parce qu'elle a un profil atypique. Ce n'est pas une délinquante habituelle. Elle a passé quatre mois en prison à Fleury-Mérogis et reste traumatisée par cet univers. Pendant longtemps, elle a perdu le sommeil et entend encore des bruits. On n'est pas près de la voir dans une enceinte judiciaire. Elle a pris conscience que tout cela était dangereux. Elle a des enfants et petits-enfants. Et, aujourd'hui, plus que tout, elle a peur de représailles. » Jeudi, le tribunal correctionnel
de Melun l'a condamnée à quatre ans de prison dont trois
avec sursis pour trafic de stupéfiants.
Et Andrée craint maintenant pour elle-même. Elle n’a pas tort ! Pendant ma vie professionnelle, j’étais conseillère d’orientation-psychologue et j’ai aidé des centaines de personnes à trouver leur voie. Mais je n’ai jamais orienté une grand-mère ! Et je n’ai jamais, au grand jamais,
conseillé le métier de dealer !!
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Sophie
Daout, le 8 février 2008
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Vol.3
No. 57
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| La vie, la drogue, notre forum...et
moi!
Notre association , « Pour
une Jeunesse Sans Drogue », JDS, est née voici plus de sept
ans. Nous l’avons créée pour venir en aide aux familles touchées
par ce problème.
Voilà sans doute ce que j’aurais pensé alors et ce que je continuerais à penser aujourd’hui ! J’aurais pris ma retraite de l’Education Nationale en pensant que j’avais bien accompli mon travail de professeur, puis de conseillère d’orientation psychologue, et que donc je méritais de couler des jours heureux dans ma maison du Midi de la France. Je partagerais mon existence tranquille entre les voyages, le sport, à côté de mon mari aimant, et je verrais aussi souvent que possible mes enfants et petits-enfants qui, naturellement pousseraient tout seuls et sans problème, et sans être confrontés à des problèmes de drogues, c’était évident. Mais voilà, la vie en a décidé tout autrement. La drogue est entrée chez
moi et j’ai compris alors qu’il ne fallait jamais porter de jugement sur
les autres, mais essayer de les aider. J’ai compris que l’amitié
était une valeur extraordinaire car elle m’a soutenue tout au long
de ces années noires. J’ai compris la compassion, la solidarité.
La vie, qui m’a tant donné, m’a aussi bien peu ménagée, et elle m’a blessée dans ce que j’avais de plus cher au monde, puisque mes deux enfants sont morts ! Je ne m’en remettrai jamais, je le sais ! Et pourtant, je suis toujours une femme debout, une femme qui lutte pour les autres, qui mène la guerre contre la drogue en faisant de la prévention auprès des enfants et de l’information auprès des parents. Ma retraite ne ressemble pas du tout
à ce que j’avais prévu.
Ma vie n’a donc pas pris la tournure que j’imaginais, mais elle est ô combien passionnante ! Je passe aussi beaucoup de temps
à gérer notre forum, sur notre site Internet. C’est un lieu
d’échange, de parole libre où chacun a le droit de s’exprimer,
mais dans le respect des autres. On y trouve des mamans surtout, qui vivent
très mal la toxicomanie de leurs enfants. Les pères sont
presque complètement absents. Car on sait que les hommes ont beaucoup
plus de mal à se dire que les femmes.
« Voici donc que ce soir, pour
la première fois depuis l'ouverture de ce forum, je me vois obligée
en tant qu'administrateur, de prendre une sanction.
Nous l'avons prévenu à
plusieurs reprises, il s'est calmé quelques jours, puis il a recommencé.
Ce n'est plus tolérable.
Nous ne refusons pas de répondre
aux messages d'UD,( usagers de drogues), qui demandent de l’aide et souhaitent
s’en sortir ! Ce qui n’est pas le cas de Samuel qui se dit très
heureux avec dans sa consommation.
Vous voyez qu’on ne s’ennuie pas
dans notre forum !
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Sophie
Daout, le 15 février 2008
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Vol.3
No. 58
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| A Rio, le carnaval danse au rythme
des sambas, mais il a, cette année, commencé
sur fond de scandale. Une enquête policière a démarré
concernant les liens supposés entre le trafic de drogues et la Mangueira,
la plus célèbre école de samba du Brésil, de
celles qui tiennent le haut du pavé lors des défilés.
La crise a éclaté en décembre, quand les policiers découvrent que le président de la Mangueira, s’était rendu, quelques semaines plus tôt, au mariage du plus important narcotrafiquant du pays. Il était accompagné de douze danseurs de la Mangueira, qui se sont produits pour l’occasion, moyennant un cachet d’environ mille euros. Une vidéo le montr en train de rendre un vibrant hommage aux nouveaux mariés. Il déclare même : «C’est un jour heureux pour toute la Mangueira ». Ce scandale découvert, le directeur démissionne, mais l’affaire continue. Au début de l’année, on apprend que l’un des auteurs de la chanson que la Mangueira a lancée pour l’actuelle édition du carnaval n’est autre qu’un certain « Tuchinha », accusé d’être le principal caïd de la favela qui jouxte l’école. Aujourd’hui en fuite, il a déjà purgé dix-sept ans de prison pour trafic de drogue, homicide et hold-up. Comment l’école de la Mangueira
a-t-elle pu accepter sa collaboration ?
Lors d’une incursion dans la favela
en question, le 8 janvier, la police trouve une tonne de haschich, un kilo
de cocaïne, des armes et un charnier… mais aussi, un passage secret
reliant le bidonville à l’un des locaux de la Mangueira. La
nouvelle présidente de l’école, affirme ignorer l’existence
même de ce tunnel, alors que les enquêteurs pensent qu’il
a été creusé pour faciliter la fuite des caïds.
Elle répète que la Mangueira «n’a rien à voir
avec le narcotrafic». Mais les écoutes téléphoniques
révèlent que Tuchinha donnait rendez-vous à ses «clients»
dans les locaux mêmes de la Mangueira, où affluent touristes
et jeunesse dorée pour danser la samba et où il réalisait
60 % de son chiffre d’affaires (près de 390 000 euros par semaine).
Les relations entre les écoles de samba de Rio et le crime organisé ne sont pas nouvelles. Les enquêteurs cherchent désormais à savoir si elles sont aussi utilisées à des fins de blanchiment d’argent. La plupart des écoles sont financées et dirigées par les barons des loteries clandestines. Trois d’entre eux, dont le président de la Ligue des écoles de samba de Rio, ont été arrêtés l’an dernier. La Mangueira, elle, s’était toujours prévalue de n’avoir aucun lien avec les jeux clandestins. Pour mieux succomber aux caïds de la drogue ? «Nous percevons, de plus en
plus clairement, que le trafic de drogue se rapproche des écoles
de samba», a déploré le chef de la police de Rio. Alarmé,
le gouvernement du président Lula a décidé, début
décembre, d’allouer 4,6 millions d’euros à ces écoles,
afin de tenter de les soustraire à l’influence du crime organisé.
Concernant ce fait-divers, un lecteur
donne le commentaire suivant :
Et un autre :
Eh oui, les maîtres du crime
organisé savent même danser au rythme de la samba ! La drogue
infiltre le sport, elle infiltre la danse, l’argent qu’elle produit est
« blanchi » dans des activités plus recommandables.
J’ai fait un rêve….. Pour lire les témoignages
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Sophie
Daout, le 22 février 2008
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Vol.3
No. 59
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Ma chronique numéro 17 était intitulée « Cannabis et suicide ». Je ne vais pas vous la redonner une seconde fois. Mais d’autres études font établissent elles aussi un lien entre consommation de produits psycho actifs et suicide. Première cause de mortalité chez les 35-44 ans, le suicide a entraîné 10.713 morts en 2005, selon les chiffres de l'Inserm cités par Michel Debout, président de l'Union nationale pour la prévention du suicide et médecin légiste. L'UNPS, qui organise les Journées
de prévention, a souhaité cette année alerter sur
les liens entre suicide et addiction, en partenariat avec l'Association
nationale des intervenants en toxicomanie (Anit) et l'Association nationale
de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa).
Une conduite addictive peut aussi être le signe du mal-être d'une personne, quel que soit son âge et son statut. Si l'on pense en priorité aux adolescents, le Professeur Debout souligne que les adultes sont aussi touchés, quant à la consommation excessive d'alcool ou de médicaments. "Il y a un dopage au travail", dit-il, dénonçant "l'utilisation de drogues à des fins de performance". Les derniers chiffres montrent une
augmentation du nombre de suicides chez les adultes de 30 à 59 ans,
qui avec 6.478 décès, représentent plus de 60% du
total des suicides. Les plus de 60 ans représentent 34% (3.639).
Le suicide est aussi la deuxième cause de décès chez
les 15-24 ans (567).
Françoise Facy, vice-présidente
de l'Anpaa et directeur de recherche à l'Inserm, souligne pour sa
part le parallélisme entre les inégalités régionales
observées en matière d'alcoolisation et de suicide: le nord,
l'ouest et une partie du centre de la France sont davantage touchés.
"Pourquoi n'arrive-t-on pas à faire pour le suicide ce qui a été fait pour les accidents de la route en matière d'analyse toxicologique?", s'interroge Françoise Facy. Les 12èmes Journées de prévention ont eu lieu à Paris et en région et ont été marquées par une quarantaine de conférences-débats, ouvertes par la projection de deux films décrivant les parcours addictifs et suicidaires d'un cadre en proie à des difficultés professionnelles et d'une adolescente confrontée à la difficulté de sa construction personnelle. En partenariat avec la Macif, l'UNPS a aussi installé des espaces "Envie de la vie" dans quatre points de passage de la capitale (Gare du Nord, Beaubourg, Cité des Sciences, Auber) et à l'Université de Brest. Dans quelques années, lorsque les études sur les produits toxiques seront mieux connues, je suis sure que les générations à venir ne comprendront pas la banalisation actuelle et la bonne image dont bénéficient les drogues. Au vu des dégâts constatés,
nous dirons alors, avec le recul :
Pour lire les témoignages
du forum et y participer, en voici l’adresse de notre site Internet :
Sophie
Daout, le 29 février 2008
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Vol.3
No. 60
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La cocaïne se démocratise En écrivant cette rubrique, j’écoute la radio. Le journaliste choisit quelques faits de l’actualité et propose aux auditeurs de se prononcer. Aujourd’hui il réagit à un article paru dans le journal « Le Monde » qui nous signale la dernière plus grosse prise jamais réalisée: 3,2 tonnes de cocaïne, trouvées le 7 février sur un bateau battant pavillon panaméen arraisonné au large de Conakry en Guinée. Destination prévue, l'Europe, et notamment le territoire français. Autrefois drogue de la jet-set, la cocaïne bénéficie d'un véritable effet de mode, au point que des spécialistes évoquent désormais une épidémie. De plus en plus abordable sur le marché, elle se démocratise en France. "C'est le tsunami de demain", pronostique le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. L'ancien profil type du consommateur, qu'il soit un mondain survolté ou un marginal usager de crack, a volé en éclats. L'usage occasionnel de la cocaïne se répand dans toutes les couches sociales et touche de plus en plus les employés, les salariés et les jeunes. En 2006, selon les chiffres de l'OCRTIS, sur 2 900 personnes interpellées, 43 % étaient au chômage ou au RMI. Le nombre de jeunes de 18 à 20 ans, lui, a bondi de 10 % entre 2005 et 2006. Aux questions d'ordre public générées par cette consommation massive s'ajoutent de nouveaux problèmes sanitaires. "La cocaïne devient la drogue de M. Tout-le-Monde", résume le président de la MILDT. "Le sniff se banalise et se systématise dans les soirées, acquiesce le professeur Michel Reynaud, chef du département de psychiatrie et d'addictologie de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne). La cocaïne bénéficie de l'image d'une drogue correspondant à notre époque, avec une recherche de plaisir, de valorisation sexuelle et de plus grande performance dans tous les domaines." "La consommation débute souvent dans un contexte festif, en association avec d'autres produits, comme l'alcool, le cannabis ou l'ecstasy", explique le docteur Agnès Cadet-Taïrou, responsable du programme "phénomènes émergents" à l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). "Le problème vient quand les usagers s'installent dans la consommation." Car "les consommateurs s'accrochent vite à son effet "high", euphorique, stimulant, et le recherchent de nouveau, constate Laurent Karila, psychiatre à l'hôpital Paul-Brousse. C'est sournoisement que s'installe une consommation moins récréative : les gens commencent à acheter seuls, et ils consomment seuls." Le produit provoque une euphorie immédiate, un sentiment de puissance intellectuelle et physique et une indifférence à la douleur et à la fatigue. Il entraîne une forte dépendance psychologique, qui pousse l'usager à vouloir sans cesse en consommer. Les auditeurs qui participent à l’émission sont presque tous d’anciens cocaïnomanes. Ils relatent l’euphorie de leurs années de consommation, leur sentiment d’invulnérabilité et de toute puissance : « On se sent le plus fort, le plus beau, on est performant au travail, toujours en forme, on dort peu », explique Philippe. Certains comme Maxime qui a 25 ans aujourd’hui et s’en est sorti depuis trois ans, ont « commencé à 15 ans en traînant dans les milieux techno dans la teuf ». Tous deux racontent comment s’installe
la dépendance et les problèmes d’argent : « J’en ramenais
de Paris pour en avoir plus et moins cher, j’en vendais à des chefs
d’entreprise », dit le premier et le second : « Puis ça
m ‘a coûté de l’argent dès que j’ai eu le permis j’allais
en Hollande pour en acheter et revendre ».
Le journaliste de radio signale par l’exemple d’un écrivain en renom qui connu qui fait de la pub pour un grand magasin parisien, a été pris en train de sniffer de la cocaïne dans la rue. Le produit est donc associé à l’homme d’affaires bien dans sa peau qu’il est censé représenter . Quand des adultes bien intégrés font de la pub pour ces produits, il y a danger ! Le produit jouit donc d’une image favorable contre laquelle il faudra lutter. Actuellement, les semi-grossistes de haschich, implantés dans les quartiers populaires, ont ajouté la cocaïne à leur offre ou se sont reconvertis. Conséquence: le prix du gramme (dix sniffs) a été divisé par deux depuis les années 1990. Il se situe en moyenne à 60 euros. Mais on trouve de la cocaïne en "deal de rue" à 30 ou 40 euros. La disponibilité de la cocaïne
s'est fortement accrue depuis 2002. Selon l'Office central pour la répression
du trafic illicite des stupéfiants, le nombre de consommateurs interpellés
a doublé entre 2002 et 2006, passant de 1 576 à près
de 3 000. Plus d'un million de Français en auraient déjà
consommé au moins une fois, soit 2,6 % des 15-64 ans en 2005, selon
les derniers chiffres disponibles. Parallèlement, le nombre de saisies
a explosé, 5 tonnes en 2005, 10 tonnes en 2006, 9 tonnes en 2007.
Note: Des troubles psychiques (instabilité
d'humeur, délires paranoïdes, crises d'angoisse) sont observés
en cas de consommation abusive. La cocaïne peut provoquer des accidents
cardio-vasculaires graves. Le sniff peut entraîner une nécrose
des cloisons nasales, ainsi qu'une transmission des virus des hépatites
et du sida par échange de pailles.
Pour lire les témoignages
du forum et y participer, en voici l’adresse de notre site Internet :
Sophie
Daout, le 7 mars 2008
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