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Les archives de Sophie Daout

Vol.7 - No. 121

Pots au travail : qui trinque ?

Un article du journal « Le Figaro », aborde cette semaine le problème des fêtes organisées sur le lieu du travail sous forme de « pots ».

Quelle est la fonction de telles réunions ?

Je donne la parole à Virginie, une lectrice du journal : "
Je travaillais dans une entreprise jeune. On organisait des pots pour les anniversaires de collègues, le départ de l'un d'eux ou une embauche. Au départ assez sommaires, les pots sont devenus progressivement des apéritifs dînatoires . Selon le déroulé de la soirée, on rachetait des boissons. Il y régnait une ambiance assez potache, mais je n'ai jamais subi de choses désagréables. Ces pots ont joué un rôle fédérateur en aidant à ce que les gens se connaissent vraiment, au-delà des relations professionnelles. »
Naissance, promotion d'un cadre, repas de Noël, signature d'un contrat ou simple apéritif, les occasions de déboucher une bouteille entre collègues ne manquent pas. Ces pots grisants constituent de bons moyens de détendre l'atmosphère.
D’après le journal et selon un sondage mené en décembre dernier par l'association Promotion et suivi de la sécurité routière en entreprise (PSRE), 92% des salariés affirment participer à des pots dans leur travail. Et dans 68% des cas, ceux-ci sont alcoolisés. »

Cependant, dans certains cas de pots alcoolisés, il y a parfois des dérapages. En effet 19% des salariés disent avoir été confrontés à des incidents. Il s’agit le plus souvent d’échanges verbaux agressifs.
«Les femmes, en particulier, sont victimes d'incivilités ou de mains baladeuses. Voilà pourquoi nombre d'entre elles disent ne pas s'y éterniser», confie Jean-Claude Robert.

Mais parfois, c’est encore plus grave. Ainsi que le signale l’article, « Parmi les incidents survenus à la suite de pots alcoolisés, dans 22% des cas, il s'agit d'accidents de la route qui se sont produits sur le trajet du retour au domicile. »
Et la responsabilité du dirigeant peut alors être engagée

Compte tenu de cette situation, des modifications ont été souvent apportées à ces rencontres, la majorité et parfois même la totalité des boissons étant sans alcool.
«  La situation varie fortement selon le secteur d'activité. L'alcool est en recul dans les usines où l'on buvait allègrement auparavant. Il est notamment proscrit pour les métiers du transport et dans les secteurs où des accidents graves pourraient se produire. »

Il faut savoir que les alcools forts sont proscrits du monde professionnel par le Code du Travail. Or, dans 28% des pots alcoolisés, ces boissons illicites (Whisky, Porto, Vodka, etc.) sont justement consommées . Si l'employeur laisse un collaborateur en état d'ébriété prendre le volant et que celui-ci est l'auteur ou la victime d'un accident de la route, ces faits risquent d'être qualifiés de «non assistance à personne à danger». Il encourt alors une amende de 75 000 euros et cinq ans de prison ferme. Ce risque ne suffit pas, semble-t-il, à les persuader de prononcer une interdiction : si 42% des chefs d'entreprise affirment avoir adopté des dispositions pour sensibiliser leurs employés, ils sont encore 91% à ne pas envisager d'interdire l'alcool lors de ces réunions. «C'est une question culturelle», relève Jean-Paul Janin, auteur de l'ouvrage «Accepterait-on en France de travailler sous l'emprise du cannabis ?
L'alcool en entreprise est davantage toléré simplement parce que c'est notre drogue à nous». Une drogue largement acceptée donc.

Est-il possible de trouver une solution qui permettrait de se rencontrer dans la joie et la convivialité et en évitant la prise de risque ?
C’est ce qu’a tenté l’entreprise dans laquelle travaille Bertrand, un lecteur du journal.
PDG de la société Baobaz, spécialisée dans le Web marketing, il a interdit les pots alcoolisés à la suite d'un incident.
"Nous sommes une société jeune où les employés se connaissent bien. Ils sont amis et collègues: la frontière entre travail et loisir n'est pas nette. D'où des moments de convivialité qui se prolongent le soir. J'ai interdit l'alcool à la suite de l'excès d'un collaborateur. Un manager a dû gérer cette personne ivre toute une nuit après un pot qui s'était poursuivi en dehors de nos locaux.
Par la suite, c'est l'entreprise qui supervisait l'achat de boissons. Depuis quelque temps, la bière a été réintroduite lors de pots mensuels car cet interdit a rempli son rôle de sensibilisation. Mais pour mieux contrôler la situation, ces pots ne durent pas très longtemps et une heure limite est fixée par avance".

Personnellement si, dans ce type de réunion, l’alcool était remplacé par de l’eau ou des jus de fruits, cela ne me dérangerait en aucune manière. Je serais tout aussi heureuse de partager le bon moment que représente pour moi la présence de mes amis !

Sophie Daout, le 14 août 2009

HAUT DE LA PAGE

















Vol.7 - No. 122

Très souvent, je parcours la presse internationale dans le but de recueillir un article concernant la drogue. C’est ainsi que j’ai pu lire un journal s’intitulant « La Gazette de Tahiti ». Le journaliste parlait de l’action d’une association, “Vivre sans drogues”, pour laquelle un médecin, le Dr Belharizi, psychiatre spécialiste en addictologie, organisait une conférence-débat dans les jardins de l’Assemblée de Polynésie française sur les dangers du cannabis.
« Des informations souvent précieuses pour les parents confrontés au problème et qui ne savent souvent pas quelle attitude adopter, entre sévérité et laxisme » disait le journal.

Si ma chronique du jour est un peu plus longue aujourd’hui, c’est parce que j’ai eu envie de partager ceci avec vous.

Voici un extrait de cet article :

«  …Car le cannabis, drogue numéro un en termes de consommation par les jeunes en Polynésie, véhicule encore souvent une image festive et conviviale. Une vision qui peut parfois s’avérer très loin de la réalité, plus proche elle, de l’échec scolaire, de la désocialisation voire même de la délinquance, et jusqu’à la folie schizophrénique, selon le Dr Belharizi ! Et ne lui parlez surtout pas de drogues douces : “Le cannabis est une drogue au même titre que toutes les autres substances chimiques illicites. Cela dépend bien sûr des conditions psychologiques de chacun, mais les critères de dépendance, qui font augmenter les doses pour plus d’effets, commencent dès les premières prises de cannabis. Et plus on fume jeune, plus c’est catastrophique, car l’adolescence est l’âge où la matière grise se développe. Or le cannabis l’empêche de se développer”. Et tout cela sans parler des effets sur l’organisme : augmentation des risques de cancer du poumon, trouble de fonctionnement des organes sexuels, altération du cerveau…

Mais le problème principal qui se pose pour les parents est bien celui des solutions à offrir aux jeunes consommateurs de cannabis. Car si l’association “vivre sans drogues” essaie de faire de la sensibilisation de proximité, les moyens manquent énormément pour assurer un service adéquat dans les quartiers et les communes éloignées de Papeete. Le service d’addictologie du ministère de la Santé, seule structure capable d’accueillir et de soigner les usagers dépendants, est bien souvent saturé et difficile d’accès. “Il n’y a quasiment pas de structure à part l’hôpital pour s’occuper des consommateurs de cannabis”, dénonce Jacqueline Lienard, présidente de l’association. “Il faudrait mettre en place un tissu associatif plus important et surtout former des spécialistes et des éducateurs pour faire de la prévention et de la sensibilisation. Il y a encore une grande culture du tabou, qui empêche les gens de parler de ces problèmes-là.

Mettre les jeunes en confiance, en parler librement, sans être moralisateur, voila qui serait déjà un bon début.” Elle-même directement confrontée au problème de la consommation de drogues chez les jeunes, elle préfère néanmoins rester optimiste : “L’amour peut sauver beaucoup de choses…” »

Comme toujours, les lecteurs étaient invités à réagir dans un forum, et quelques fumeurs de shit se sont manifestés en termes virulents :

« Vous vous adressez à une population qui se passait le XXXXX dans le truck et qui forniquait en rigolant bien sitôt arrivé à leur fare ! Essayez toujours de leur faire transmettre le message aux enfants comme quoi ce n'est pas bon !

Oeuvrez plutôt contre l'alcoolisme qui rend les gens violents, le psy qui a rendu ma mère Lexo-dépendante et zombie H24, le tabac contenant juste assez de nicotine pour faire user 1 paquet/jour et cancérer à coup sur les poumons, bref contre ces saloperies légales, qui, elles, ne causent pas préjudice à la société, mais en enrichissent tellement !

Si "Vivre sans drogues" est au pluriel c'est que cet association est contre toutes les drogues, même légales ? BRAVO »

Ou bien :

« bande de jobards au service du lobby des pseudo bien-pensants ! pour devenir schizo, suffit d’allumer la télé ou de lire le journal !!! malade, ce mec !!! »
ou encore :
« ah ben si on éradique la seule culture qui marche bien ici, depuis la production jusqu'à la distribution... c'est pas Oscar qui voulait qu'on plante....? j'ai pas tout compris alors... c'est qu'elle est forte, la locale.... »

Bien entendu, je n’ai pas pu m’empêcher de me mêler au débat, tout en sachant que j’allais me faire étriller !: «  Comme le Docteur Belharizi, je vais dans les classes pour expliquer aux jeunes que, sous des allures conviviales, le cannabis cache une face beaucoup moins séduisante, et que plus la consommation commence jeune, plus elle est dangereuse. Comme lui, j'évite de faire de la morale.

Je sais tout cela parce que j'ai consacré ma vie aux ados, et parce que je n'ai pas vu venir l'ennemie quand elle s'est attaquée à mon propre fils!
Je l'ai payé très cher!

La réaction de "T"ne m'étonne guère, les fumeurs de cannabis deviennent méchants quand on s'attaque à leur produit chéri. Ils se déchaînent alors contre les autres produits qui sont, bien sûr tout aussi dangereux. Mais à quoi sert de tout mélanger? A dire "il y a bien pire', on ne règle aucun problème. Et on laisse filer, on ne fait rien! Facile, non? Ce monsieur, raciste montre un mépris envers les populations locales qui ne me plaît guère. Et il affiche aussi une méconnaissance du cannabis qu'il devrait combler en particulier en se documentant sur les effets cancérigènes du cannabis, puisqu'il semble regretter ceux du tabac. Qu'il lise par exemple les conclusions de la thèse du docteur Chamayou!

Je souhaite à ce monsieur un peu plus de sérénité! »

J’ai fait immédiatement fait suivre ce message par un autre car je pensais que mon commentaire n’avait pas été enregistré :

« Je m'appelle Sophie Daoût, je suis écrivain et l'intervenante d'une association de lutte contre la drogue, ici dans le Midi de la France, "Jeunesse sans Drogue", dont j'ai donné l'adresse du dite ci-dessus. Nous avons aussi un forum, dans lequel s'expriment surtout des mamans dans la rubrique "témoignages", des mamans en souffrance parce que la drogue, et en particulier le cannabis quand il s'agit d'ados, oui la drogue pourrit leur vie: celle du jeune bien évidemment, mais aussi celle des parents et encore celle des frères et sœurs, que l'on a trop souvent tendance à oublier Oui, et n'en déplaise à monsieur Don Quichotte, le cannabis est dangereux au même titre que les autres drogues. Si je l'avais compris plus tôt, mon enfant ne serait pas là où il est aujourd'hui. Vous vous révoltez, monsieur, mais gardez votre énergie pour des causes plus nobles! Lutter contre toutes les formes de racisme en est une. Mais compte tenu de vos propos, je suppose que vous ne seriez pas un bon militant dans ce combat là !... Evidemment, je n’ai pas tardé à obtenir des réponses, je vous en livre quelques-unes :

« Encore un qui veut se faire dorer la pilule au soleil ! C’est de quelle origine son nom ? Il ne viendrait pas des pays arabes ou quelque chose comme ça ? Où la production du shit serait le produit intérieur brut su pays ? Pour qui il se prend ? Qu’il aille déjà interdire la production chez lui avant de venir le faire chez les autres !.. A bon entendeur !  Concernant les jeunes, c’est la faute des politiciens et non de la fume. Ils auraient le choix, sûrement la mentalité changerait ! »

Ou encore :

«  Qui et d'où que tu sois je ne te permet pas de m'insulter, ni de vouloir donner des leçons, toi qui ne semble rien connaître à notre pays ! Tu as du trop pomper sur le XXXXX pour voir du racisme dans mon texte !
Tu serais donc écrivain sans savoir lire, mais tes phrases incohérentes et creuses mettent même en doute ton titre autoproclamé d'écrivain, certainement "à compte d'auteur".
M'étonnerait pas que tu sois psychanalyste ou genre embrumée des boyaux de la tête pour être si donneuse de leçons !
Ce sont des gens comme toi dont notre pays est saturé, reste là-bas s'il te plaît, même avec ta plume .»

Heureusement, un lecteur a pris ma défense :

« J'ai l'impression en lisant comment certains se sentent agressé d'être sur le forum de cultivons notre paka.com ou quoi ?

Se mettre sur la défensive alors que Soluda, Sophie Daoût n'a fait que défendre son point de vue c'est montrer à quel point ce qu'elle dit du cannabis vous a atteint meama ma. Ca vous fait vous si sentir mal et vous culpabilise à ce point ?

S'en prendre aux origines de cette dame, ce n'est ni galant ni ne t'honore Hans ; a moins que ça ne t'intéresses pas d'être pris en considération ? Tiens c'est pas germanique et nazi comme prénom ça Hans ? Je suis ton mode de pensée ou plutôt de délire devrait-je dire. Et retournes donc t'occuper de ta plantation et de tes buds puisque l'opinion des personnes qui s'en prennent à ton business ne t'intéresse pas. C'est vrai des jeunes qui ne sont plus dépendant du paka ça fait pas les affaires des planteurs, des grossistes et des dealers.. pas bon pour le business, non ?

Bref je m'égare, mais le fond du problème dans tout ça est :

que voulons nous pour notre jeunesse ? facile de dire que c'est la faute du gouvernement, la faute de la France, la faute d'un tel.....
si on en arrive à fumer pour "décompresser" en tant qu'adulte soit disant responsable de ses actes, c'est qu'à la base on est tout simplement pas bien dans sa tête et dans sa peau, on a quelque part un problème de vécu et de mal être par rapport à son présent.
Le paka ou l'alcool ne sont que des exutoires pour fuir la réalité, c'est ce que font ces adultes et les ados aussi hélas.

Le cannabis et l'alcool sont un fléau pour la jeunesse de notre pays, que l'on me prouve point par point et médicalement le contraire et je veux bien écouter ce qui me sera dit et me prouvera que ce produit n'es pas cancérigène.
Défendez votre peau si vous en avez envie encore, mais laissez les plus jeunes et leur famille sauver la leur svp !

Il n'empêche que pendant que certains se défendent ou d'autres attaquent leur position car ils se sentent agressés dès qu'on touche à leur ganga et bien la santé de beaucoup se dégradent, voilà la réalité il faut arrêter de se voiler la face.

Alors plutôt que de critiquer gratuitement et rejeter la faute sur les autres, proposez et prouvez nous que vous êtes vraiment à l'écoute de ces personnes... mais ça c'est moins facile bien sûr car là il faut réfléchir au lieu de critiquer ».

Bien sûr, j’ai répondu à mon « agresseur » en ces termes :

« Qui et d'où que tu sois je ne te permet pas de m'insulter, ni de vouloir donner des leçons, toi qui ne semble rien connaître à notre pays !"
C'est vrai, je ne connais pas Tahiti et je le regrette!
"Tu as du trop pomper sur le XXXXX pour voir du racisme dans mon texte"
Si j'avais "trop pompé", comme vous le dites, peut-être n'aurais-je pas relevé des propos tels que les vôtres:
"et vous vous adressez à une population qui se passait le XXXXX dans le truck et qui forniquait en rigolant bien sitôt arrivé à leur fare !"
Mais non, je ne "pompe" pas!

" mais tes phrases incohérentes et creuses mettent même en doute ton titre autoproclamé d'écrivain, certainement "à compte d'auteur".
Je suis écrivain non auto proclamée, et pas à compte d'auteur, désolée! Incohérentes mes phrases? Apparemment, elles ont été comprises par certains, pas par vous, j'en suis encore une fois désolée!

"M'étonnerait pas que tu sois psychanaliste ou genre embrumée des boyaux de la tête pour être si donneuse de leçons !"
Des boyaux dans la tête? Pouah!

Donneuse de leçons, non. Mais incapable de laisser passer certains propos
"Ce sont des gens comme toi dont notre pays est saturé, reste là-bas s'il te plaît, même avec ta plume !"
Merci pour votre invitation à venir vous rendre visite! Pourtant vous semblez me connaître puisque vous me tutoyez!
Soluda est un pseudo ainsi composé: SO (Sophie) LU (la première syllabe de mon nom de famille), DA (Daoût).
Je suis ce qu'il y a de plus Française, mais si j'avais été issue d'un autre pays, j'en serais fière! Un peu bas et un peu facile d'attaquer quelqu'un sur ses origines.
Ce n'est pas du racisme, ça?

Je savais bien qu'en m'exprimant ici, j'allais m'attirer les foudres de personnes comme vous. C'est fait! »

Comme quoi, les discussions sur le cannabis sont toujours animées ! 

Sophie Daout, le 21 août 2009

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Vol.7 - No. 123

Un parfum pour homme inspiré des senteurs du cannabis

L’imagination des marchands ne connaît pas de limites. La presse s’est récemment fait l’écho d’un événement présenté comme révolutionnaire dans le monde des parfums, la création d’un parfum pour homme inspiré des senteurs du cannabis.
Le créateur s’appelle Alessandro Gualtieri, C’est un Italien, il est présenté comme « un nez de métier », et il souhaite « lancer son propre concept olfactif : Nasomatto. Son but : s'exprimer librement, sans contrainte et créer des parfums à son image, sans concession, pointus et innovants. Son premier jus, Black Afgano s'annonce déjà comme « un Ovni olfactif .»

Comment définir Nasomatto ?
D’après Alessandro Gualtieri son « Black Afgano » (Afghan Noir) la nouvelle senteur de la collection exotique de Nasomatto, est décrit comme « fumé, sirupeux, cru, fort et masculin et contenant des ingrédients interdits et difficiles à importer. »

L’histoire des origines mystérieuses de ce parfum laisse entendre que l’ingrédient secret, le hachisch, a été sorti clandestinement du Yémen et travaillé pendant plus de quatre ans en laboratoires. Black Afgano est vendu dans un flacon corpulent, son arôme entêtant présente des senteurs de cèdre et de musc, une touche rappelant quelque peu les feuilles de tabac mais aussi la vanille, le café, l’ambre et le patchouli.
Il peut rappeler les qualités enivrantes des drogues, mais certains le comparent plus à l’odeur de l’encens que les fumeurs utilisent pour cacher l’odeur de la marijuana.

Dans la collection Nasomatto on retrouve aussi d'autres parfums aux noms évocateurs comme Narcotic Venus (Vénus Narcotique) qui suggère la force sexuelle de la femme, Hindu Grass (Herbes Hindue) pour atteindre l'amour universel et Absinth qui provoquerait un comportement hystérique.

Alessandro Gualtieri a travaillé par la passé avec Versace et Helmut Lang, ainsi que pour Diesel plus récemment. Mais il essaie de partager sa passion pour les odeurs non conventionnelles avec des adeptes en quête d'un parfum drôle, fou ou même parfois dégoûtant.

Distribué par Intertrade Europe, cette collection est disponible chez Barney aux Etats-Unis, sur le site internet de Lucky Scene et First-in-Fragrance en Allemagne pour 98 euros pour 30ml, ou 6 euros pour un échantillon.

Ca fait cher le gramme !

« Pour ce prix-là, autant en fumer réellement, on aura les effets en plus de l'odeur... » signale un lecteur qui a de l’humour!

Ce parfum au goût d’interdit aura-t-il du succès ?
Je n’en sais rien, mais il y a déjà eu une précédent, un parfum de femme qui s’appelait « Opium ». Personnellement, et par principe, j’ai toujours refusé de le porter. Bien heureusement, son odeur ne me plaisait pas.

Voilà une occasion de plus de banaliser un produit dont on connaît pourtant les effets désastreux chez les jeunes !
Une de plus, dis-je, car nous assistons en ce moment à une offensive de choc.

Je vous en parlerai la semaine prochaine !

Sophie Daout, le 28 août 2009

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Vol.7 - No. 124

Cannabis et violence

Je lis ce soir une étude se référant au site Internet Psychod-France qui a la soutien de l’INSERM, (l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et le soutien de la Direction
Générale de la Santé. Le contenue en est donc sérieux..
Le titre en est « Cannabis et violence ».

« Tandis qu’un débat agite la Californie sur une éventuelle légalisation du cannabis, le lien entre l’augmentation des violences et celui de la consommation de drogues, est avancé par de nombreux chercheurs. Bien mal nommé « drogue douce », le cannabis entraîne son consommateur vers la violence et parfois la folie. La conférence de consensus de psychiatrie analyse son effet sur les schizophrénies débutantes.
L’augmentation des violences parmi les jeunes en France à partir de la fin des années quatre-vingt-dix s’est opérée parallèlement à une augmentation de la consommation des drogues illicites et notamment du cannabis.

Beaucoup de spécialistes pensent qu’il existe entre le développement des violences et l’abus de psychotropes comme le cannabis, non seulement une concomitance temporelle mais aussi un lien qui donne lieu à plusieurs interprétations. Pour certains, il s’agit d’un mal-être adolescent qui penche du côté de la dépression, et pour d’autres l’origine se trouve dans une attitude compulsive et une sociabilité intense, sans qu’il soit exclu qu’une forte impulsivité ou la recherche de sensations ne soit le masque d’une expression dépressive.
D’autres travaux évaluent l’impact des addictions aux substances psychoactives, dont le cannabis, chez les personnes hospitalisées en psychiatrie pour un autre motif que celui de l’addiction. Il en ressort que les patients dépendants du cannabis respectent moins bien le traitement médicamenteux, ont des problèmes pénaux plus fréquents, et souffrent globalement de difficultés dans leur adaptation sociale (ce dernier point est partagé par les personnes addictives à l’alcool).

La Fédération française de psychiatrie qui réunissait en janvier 2003 une conférence de consensus sous la présidence du professeur Michel Marie-Cardine, psychiatre et spécialiste du  traitement psychothérapique des psychotiques, relève un certain nombre d’observations sur les substances psychoactives et les schizophrénies débutantes.
Il ressort des différentes études que parmi les substances psychoactives, le cannabis constitue un des facteurs de risque les plus significatifs. Or, plus de la moitié des adolescents ont consommé au moins une fois du cannabis. La consommation régulière de cannabis chez les personnes hospitalisées pour un épisode psychiatrique varie entre 23% et 50%.

Sur les personnes ne souffrant d’aucune maladie psychique, les substances psychoactives entraînent l’apparition de troubles d’allure psychotique. Chez ces mêmes personnes, la prise de cannabis induit des manifestations psychotiques aiguës dans 15% des cas. Elles régressent généralement.

Le syndrome amotivationnel (indifférence affective, inhibition, pauvreté intellectuelle,  ralentissement de la pensée) est lié à une imprégnation cannabique importante, évoquant une forme déficitaire de schizophrénie. Il régresse en quelques semaines d’abstinence.

Chez les personnes déjà diagnostiquées comme schizophrènes, les substances psychoactives sont susceptibles de majorer les symptômes psychotiques. Le cannabis en particulier provoque un début plus précoce de la maladie, l’augmentation des rechutes, une plus grande sévérité des épisodes, et une moindre adhésion aux soins.

Les recherches récentes convergent pour insister sur le rôle probable du cannabis dans l’émergence de troubles psychotiques pouvant évoluer jusqu’à une schizophrénie chez les personnes vulnérables. Le risque est proportionnel à l’augmentation de la consommation, même sans aller forcément jusqu’à un usage intensif ou une dépendance (il est vraisemblable que l’ecstasy présente des risques similaires).

La conférence conclut sur la nécessité de ne pas banaliser l’usage du cannabis, et de revenir sur sa banalisation antérieure ; d’informer largement le public et les professionnels des risques de psychose induits par le cannabis et les autres substances psychoactives (particulièrement l’ecstasy dont la consommation augmente dans la population adolescente) ; et de poursuivre les études sur la population générale dans ces domaines.

Ces études montrent que les drogues douces n’existent pas ; elles attentent toutes durement à la vie.

Il m’est souvent arrivé d’entendre affirmer que le cannabis ne provoque pas la schizophrénie, mais la « révèle ». Ce qui sous-entend que si un épisode psychotique apparaît chez un adolescent après avoir fumé un joint, c’est qu’il avait cette fragilité en lui auparavant.

Mais de quel droit peut-on affirmer cela ? car après tout, s’il n’avait pas consommé de shit, peut-être n’aurait-on jamais parlé de cette maladie pour lui ?

Qui peut, qui veut encore parler de « drogue douce » ?
Pas moi !

Sophie Daout, le 11 septembre 2009

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Vol.7 - No. 125

Les Pays-Bas veulent réserver le cannabis aux Hollandais

Comme tout le monde le sait, les Pays Bas ont, vis à vis du cannabis, une politique de « tolérance », qui est citée en exemple par tous les amateurs de joints en Europe. En Hollande, le produit n’y est pas « légalisé », mais simplement « toléré ». Depuis 1976, la vente de petites quantités de cannabis pour l’utilisation personnelle dans les coffee shop y est acceptée. En revanche, la culture du haschich et son commerce y sont interdits. Le pays est donc coincé dans une contradiction : on autorise la vente et la détention de petites quantités de cannabis mais on interdit d'en planter pour alimenter ces boutiques. Cette "politique de tolérance" envers les drogues douces est devenue un véritable casse-tête pour les autorités. La culture et la vente en gros de cannabis, interdites mais nécessaires pour approvisionner les coffee shop, sont aux mains de groupes criminels et rapporteraient deux milliards d'euros par an, selon la police.
Si bien que, si l’on en croit les amoureux du cannabis, logiquement, la prochaine étape devrait être la légalisation totale.

Or, ce n’est pas du tout ce qui se joue actuellement dans ce pays. Car il s’y est créé un narco tourisme qui est très préjudiciable et dont découlent criminalité et nuisances diverses. Les coffee shop proches de la frontière, en particulier, sont inondés de fumeurs de cannabis venant des pays voisins, dont les politiques en la matière sont plus répressives. Ces « hordes » de touristes ont conduit à des plaintes des voisins concernant aussi bien les «  embouteillages engendrés, que le fait de voir des gens pisser dans la rue ou dealer. »

Les Pays-Bas veulent combattre les dérives de leur politique de tolérance envers les drogues douces en limitant la vente de cannabis à une clientèle locale, alors que deux communes à la frontière belge vont l'interdire dès mercredi.

Cette mesure controversée et sans précédent aux Pays-Bas, qui prend effet mercredi, avait provoqué un vif débat sur les dérives du modèle de tolérance.
« Il faut, avaient expliqué les maires, mettre fin aux ballets incessants de voitures étrangères, aux rassemblements de centaines de jeunes devant les coffee shop les week-ends et à l'activité des rabatteurs qui vendent de la drogue dans la rue en toute illégalité ». Les exploitants des coffee shop, qui ont été autorisés à transformer leurs établissements en bars, ont demandé vendredi à un juge des référés de suspendre l'ordre des maires. Le jugement sera rendu mardi.
Une campagne d'information destinée aux jeunes de 18 à 30 ans a été lancée par les deux mairies. Des tracts sont distribués à Anvers (nord), la plus grande ville flamande à proximité, et un clip de trois minutes, intitulé "C'est fini", va être projeté dans un cinéma de cette ville.
Le spot sera également diffusé sur Internet et une projection en avant-première est organisée lundi à Anvers en présence des deux maires.
Le film montre sur un ton "humoristique", selon la mairie de Roosendaal, les déboires de trois touristes belges qui trouvent porte close en arrivant devant leur coffee shop. Ils se font alors attirer par des rabatteurs et finissent dans un fourgon de police.
Ce n'est pas que de la fiction. Dès mercredi, "la présence des forces de l'ordre va être renforcée", a expliqué à l'AFP Dirk Timmers, porte-parole de la commune de Roosendaal. "Nous voulons enrayer immédiatement d'éventuelles ventes de drogues dans la rue et décourager les rabatteurs".
Des policiers belges, parlant français, viendront assister leurs collègues néerlandais.

Et c’est ce qui s’est passé….

Excédés par les nuisances des 25.000 touristes de la drogue, surtout des Belges et des Français, qui se rendent chaque semaine à Bergen-op-Zoom et Roosendaal (sud), les maires de ces deux villes frontalières avaient demandé à leurs huit coffee shop de cesser de vendre du cannabis.

Les maires de Roosendaal et Bergen-op-Zoom (sud) ont ordonné aux huit coffee shop de leurs villes de cesser de vendre du cannabis à partir de mercredi. Ils les autorisent cependant à poursuivre leur activité de café.
"C'est définitif, en tout cas jusqu'à ce que l'afflux se soit clairement tari et qu'il n'y ait plus de touristes de la drogue qui viennent. Cela peut prendre des années", a expliqué à l'AFP le maire de Roosendaal Michel Marijnen.
Un seul des huit coffee shop de deux communes à la frontière belge était ouvert mercredi, conformément aux ordres des maires qui ont interdit la vente de cannabis, il ne servait que des boissons non-alcoolisées, a constaté une journaliste de l'AFP.
"Je suis surprise, je ne savais pas du tout qu'on ne pouvait plus acheter de cannabis », a indiqué à l'AFP Sarah, une étudiante belge de 25 ans venue en train d'Anvers, en arrivant dans le coffee shop Azul à Roosendaal (sud des Pays-Bas).

"Plusieurs centaines" de touristes de la drogue ont, selon les deux mairies, visité mercredi, en vain, les deux villes, où la police a contrôlé des voitures et distribué des tracts d'information. Des policiers belges parlant français sont venus en renfort, a indiqué M. Marijnen. Si les coffee shop continuent de vendre du cannabis, ils recevront un avertissement, puis à la deuxième infraction un ordre de fermeture pour cinq ans, a-t-il expliqué.
Six des huit coffee shop examinent les moyens de déposer un recours devant un juge administratif contre la décision des maires après le rejet d'une première plainte au civil mardi, selon Me Nieland.
Dans le coffee shop Azul, un videur était posté près de la porte pour informer et intercepter les clients avant qu'ils ne se dirigent vers le comptoir où le cannabis était vendu jusqu'à mardi. Selon les villes de Bergen-op-Zoom et Roosendaal, environ 25.000 touristes, surtout belges et des français, venaient s'y fournir en cannabis chaque semaine.

Je vous reparlerai de ce problème dans une prochaine rubrique

Un seul des huit coffee shop de deux communes à la frontière belge était ouvert mercredi, conformément aux ordres des maires qui ont interdit la vente de cannabis, il ne servait que des boissons non-alcoolisées, a constaté une journaliste de l'AFP.
"Je suis surprise, je ne savais pas du tout qu'on ne pouvait plus acheter de cannabis », a indiqué à l'AFP Sarah, une étudiante belge de 25 ans venue en train d'Anvers, en arrivant dans le coffee shop Azul à Roosendaal (sud des Pays-Bas).

Sophie Daout, le 18 septembre 2009

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Vol.7 - No. 126

Je suis revenue de mon petit voyage, et avec moi, les conversations que j’ai chaque semaine avec vous. Mon retour coïncide avec la sortie de mon nouveau livre, le huitième déjà, dont le titre est « Lettres closes pour maux croisés ». Commencent donc les rencontres avec la presse et les séances de signatures. Que raconte ce livre ? Voici ce que dit la quatrième de couverture : « De lignes tracées, de réflexions posées, elle nous embarque dans l'univers de trois femmes. Trois personnages pour comprendre les chemins du faire avant d'arriver à Etre.

Un train train quotidien entraîne chacune dans une solitude.

Deux femmes qui se croisent, l'une d'entre elle qui se met à raconter par une correspondance soutenue toutes ses difficultés à communiquer avec sa fille.

Face aux problèmes de société qu'elle soulève, Sophie Daoût crée le lien, les passerelles pour s'en sortir, pour dire à l'autre.

Sans prendre la place des personnages, tout en laissant le lecteur voyager entre les lignes, par une écriture vivante et claire, où le lecteur captivé par l'intensité de l'histoire, suit lettre à lettre le mal être s'installer, Sophie Daoût nous conduit vers l'inéluctable, nous engager dans une correspondance, comme elle engage son troisième personnage dans l'écriture pour à son tour se sortir de l'impasse.

Appel vibrant à trouver un moyen de communication pour que chacun reconnaisse sa place et celle de l'autre, ce roman à "lettres closes" sent le bon du jour".

Ecrire pour survivre, écrire pour dire, un lien à la portée de tous.

ATOUTS du livre :

Une auteure qui a fait un chemin considérable de par ses expériences
Qui entraînent un exutoire par l’écriture donnant lieu à une magnifique plume.

J’ai demandé à plusieurs personnes d’en faire la préface et c’est Nathalie, une amie prof de français qui a accepté de s’y coller en ces termes :

« Imaginez que vous ayez un poids sur vos épaules, un tracas qui vous ronge. Quelque chose qui vous déstabilise, un nuage d’angoisse, un malaise diffus dans tout votre corps. Peu importe que vous ne sachiez pas exactement trop ce que c’est ou au contraire que vous soupçonniez trop bien ce que c’est ; c’est là, indéfinissable et obsédant comme une dent branlante que l’on taquine avec exaspération en attendant qu’elle tombe enfin. Sauf que vous sentez bien que ce malaise sourd, ce nœud au ventre, cette boule d’angoisse compacte coincée dans votre gorge ne vont pas partir facilement.
Heureusement, ce jour-là, vous êtes passé chez Sophie pour prendre un thé ou un café. Vous êtes dans la cuisine, le décor est chaleureux, le chien de la maison a mis sa tête sur vos genoux, les chats ont filé, furieux d’être dérangés dans leur quotidien douillet, la bouilloire (ou la machine à café) siffle doucement.
« Comment ça va ? » demande Sophie. Vous êtes tenté de dire : « Bien » mais l’ombre est dans un coin de votre esprit. Cette ombre est accompagnée d’un souvenir, d’un regret, d’un doute, peu importe. Vous en parleriez bien mais … Vous vous dites que c’est sans intérêt ; et puis Sophie, elle a déjà eu sa part de malheur, vous n’allez tout de même pas l’ennuyer avec vos petites histoires, ce serait indécent.

Seulement, pour Sophie Daoût, une souffrance pas racontable, ça ne devrait pas exister. Une souffrance pas intéressante, ça n’existe pas non plus.
Et petit à petit, vous voilà en train de parler ; avec une patience et une bienveillance qui ne se rencontrent que chez ceux qui ont beaucoup souffert, réfléchi et pardonné, elle va traquer la sale bestiole qui vous ronge de l’intérieur. Elle écoute, questionne, apaise, s’abreuve de chaque détail, déchire lentement les voiles qui brouillent votre esprit et le troublent et, enfin, les douleurs peuvent sortir de l’ombre. Elles font toujours mal mais elles sont enfin reconnues. On les examine, on les met à distance, on les regarde enfin bien en face.
C’est ainsi que toutes les douleurs du monde finissent par échouer chez Sophie. Et c’est pourquoi nous pouvons nous reconnaître dans chacun de ses livres. Dans chacun de ses ouvrages, sont posées des questions importantes, qui ont été, sont ou seront un jour les nôtres, qui sont celles d’enfants ou de parents. En voici, quelques-unes, pêle-mêle où chacun reconnaîtra certainement une de ses douleurs, voire plusieurs : Comment survivre au désamour de ses propres parents ? Moins les gens vous aiment, plus leur amour vous retient : pourquoi ? Qu’est-il arrivé à mes parents qui s’aimaient tant, pourquoi se disent-ils de telles horreurs ? Pourquoi est-ce que je peux à la fois aimer mes proches et leur faire autant de mal parfois ? Pourquoi mon amour ne peut pas préserver ceux que j’aime de leurs démons, de leurs peurs ? Pourquoi élever un enfant ressemble tant à un combat de tous les jours ? Pourquoi est-ce plus facile d’être aimé que d’aimer ? Pourquoi les choses vont-elles dans le mauvais sens alors que je crois avoir fait de mon mieux ? Qu’est-ce qui a tout fait déraper ? A quel moment ma vie m’a-t-elle échappé ? Comment reprendre le contrôle ? Comment lâcher prise et passer à autre chose ? Comment survivre au deuil de mes rêves ? Comment supporter l’idée que mon enfant puisse peut-être mourir avant moi, alors que ce n’est pas dans l’ordre naturel des choses ?

Les questions sont importantes parce qu’elles nous permettent de trouver en nous des clés pour survivre à nos souffrances. A chacun ses clés, à chacun ses réponses. Il n’appartient à personne de juger comment quelqu’un parvient à surmonter ses souffrances. En racontant dans ses livres toutes sortes d’histoires, qu’elles soient les siennes ou celles des autres, Sophie ouvre un chemin, nous aide à arpenter nos doutes, nos peurs et nos angoisses mais c’est à nous en la lisant de trouver la voie. Et c’est à ce prix que nous devenons nos propres survivants. » Merci Nathalie !

Sophie Daout, le 23 octobre 2009

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Vol.7 - No. 127

Débat autour de la légalisation du cannabis

Je vous avais annoncé que les partisans de la légalisation du cannabis fourbissaient leurs armes !

Alors que le gouvernement lance une campagne de sensibilisation sur les dangers de la drogue, un ancien ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant, député-maire PS du 18e à Paris, propose de «prendre le pari de légaliser la consommation personnelle». L'idée lancée est que, pour faire face à «l'explosion» de la consommation du cannabis, un contrôle de l'importation, de la production et de la vente serait utile pour lutter contre «les trafics et la criminalité».  

«On peut imaginer un contrôle des approvisionnements extérieurs et une production en France. Tout se ferait dans la transparence, dans la règle comme pour le tabac et l'alcool. Pas de produits frelatés, pas d'économies souterraines et une vente à des endroits précis et contrôlés, interdite aux mineurs de 16 ans», a détaillé Daniel Vaillant au journal « Le Parisien ».  

Le socialiste se défend d'être «laxiste», mais se dit «pratique» et part du constat qu'«un jeune sur deux a déjà fumé du cannabis». Les jeunes Français, en effet, sont les champions d'Europe de la fumette. Et si Daniel Vaillant reconnaît que fumer des joints, c'est dangereux pour la santé, il constate que depuis qu'il est maire du 18e, «aucun habitant n'est venu se plaindre des consommateurs de cannabis. Mais du crack oui».  

Le projet de Daniel Vaillant a déjà reçu l'appui d’un membre du Parti socialiste en la personne de sa responsable des questions de société, Najat Belkacem.
«Autant prendre acte de l'échec total du système prohibitionniste et répressif pour ce qui concerne le cannabis», a-t-elle déclaré à Rue89. «Réglementer sa production, sa vente et sa consommation permettrait sans doute de contrôler un peu mieux la situation», a-t-elle poursuivi.

Ce qui n'est évidemment pas du goût de l'UMP, qui «trouve totalement inacceptables les propos de Daniel Vaillant», selon Eric Ciotti, secrétaire national du parti à la sécurité.

L'UMP est «fermement opposé à toute tentative de légalisation du cannabis ou des drogues dites

Mais des voix contre s’élèvent aussi au sein même du Parti Socialiste. Par exemple, le député PS de l'Essonne Manuel Valls s'est déclaré lundi "en désaccord total" avec la proposition de l'ancien ministre PS de l'Intérieur Daniel Vaillant envisageant une "vente réglementée" du cannabis.
"Je connais Daniel vaillant et je sais son combat absolu contre toutes formes d'insécurité mais je suis en désaccord total avec sa proposition", a déclaré sur i-Télé, alors que les socialistes divergent sur la question de la légalisation du cannabis.
"Attention aux pertes de repères et à la fin des interdits", a mis en garde le maire d'Evry. "La question de la drogue qui fait des dégâts considérables dans les quartiers populaires, qui alimente l'économie souterraine, ne peut pas être traitée de cette manière. On ne peut pas lever un certain nombre d'interdits".

Le débat est lancé, et ce n’est que le début.

La campagne gouvernementale se déroule et je vous en parlerai également
Quant à moi, je pense qu’il est tout à fait possible de résoudre en grande partie le problème de la drogue, mais qu’il faut une véritable volonté politique. Le plan se situerait à plusieurs niveaux :

Une guerre sans merci aux trafiquants
Un accompagnement aux toxicomanes
Une vraie détermination pour des actions systématiques de prévention dans les écoles très tôt !
La légalisation des produits n’est pas une solution

Sophie Daout, le 30 octobre 2009

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Vol.7 - No. 128

Drogues et écologie

Dans mon livre « Jamais douces les drogues », j’ai intitulé un chapitre « Drogues et écologie. Les jeunes sont très sensibles au devenir de leur planète et se montrent intéressés par cet aspect de la question.
Aussi ai-je été ravie de trouver dans le journal « Courrier International », un article qui aborde la question.
Je vous en livre ici des extraits  « La production de 1 kilo de cristaux de méthamphétamine génère 6 kilos de déchets toxiques, dont du phosphore rouge néfaste pour les organismes aquatiques, explique The Ecologist. Toujours d’après la revue britannique, la production de tabac serait responsable de 5 % de la déforestation en Afrique et de 20 % de celle du Malawi.
Les milliards de filtres à cigarette
jetés chaque année représentent aussi un danger pour l’environnement. Composés d’acétate de cellulose, ils peuvent mettre jusqu’à quinze ans pour se dégrader dans la nature. Selon le rapport “International Coastal Cleanup 2009” de l’ONG Ocean Conservancy, les cigarettes et leurs filtres constitueraient 28 % des déchets ramassés sur les bords de mer.

Le lien entre les célébrités qui consomment des drogues dures et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) n’est peut-être pas évident pour tout le monde, mais force est d’admettre que le capitalisme peut engendrer d’étranges connexions. Les FARC contrôlent la majorité de la production colombienne de cocaïne depuis plus d’une décennie. Elles sont également responsables de l’abattage et de la combustion de plus de 2 millions d’hectares – une superficie égale à celle du pays de Galles – de forêt tropicale humide primaire et secondaire d’Amazonie, dans le pays qui présente la plus grande biodiversité du monde. Quant aux célébrités, qui ont tant d’influence sur le public, elles contribuent – en prenant plus ou moins ouvertement de la cocaïne – à soutenir l’activité des producteurs colombiens de coca qui travaillent pour les FARC.

On estime à 4 mètres carrés la surface requise pour produire un gramme de cocaïne. Et, pour planter un hectare de coca en Colombie, on abat actuellement entre 3 et 4 hectares de forêt tropicale. La cocaïne que l’on pouvait se procurer en Occident à la fin des années 1980 était d’origine plus probablement péruvienne que colombienne, mais les produits chimiques utilisés dans sa production étaient les mêmes. Ils comprenaient des pesticides et des herbicides tels que le paraquat, interdit aux Etats-Unis, et ces cultures nécessitent aussi des dizaines de millions de litres de kérosène, d’acide sulfurique, d’acétone, de ciment et d’autres polluants qui sont déversés chaque année sur le sol et dans les rivières avoisinantes, empoisonnant plantes, animaux et organismes aquatiques.

Comme pour beaucoup d’autres drogues, les toxicomanes invétérés représentent une minorité des consommateurs de cocaïne. La grande majorité sont des consommateurs occasionnels, issus d’un large spectre de la société. On compte même parmi eux de nombreux écologistes. Selon les derniers chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, on estime que 12 millions d’Européens d’un âge compris entre 15 et 64 ans ont déjà consommé de la cocaïne. D’après les informations du ministère de l’Intérieur britannique, il est parfois possible de se procurer une ligne de cocaïne pour 1 livre [1,10 euro].
Pas plus cher qu’une tasse de café ! De prime abord, il peut sembler saugrenu d’imputer l’écocide de la forêt amazonienne à des célébrités qui font des fêtes entre membres de la jet-set et sniffent de la cocaïne. Mais le rapport 2008 de l’Organe international de contrôle des stupéfiants [OICS, une agence onusienne] soulignait pour la première fois l’influence néfaste que des acteurs, des sportifs et des musiciens qui se droguent peuvent avoir sur leurs fans.
On y lit : “Des célébrités qui commettent des infractions liées à la drogue peuvent influencer profondément l’attitude, les valeurs et le comportement du public à l’égard de l’abus de drogues, en particulier les jeunes, qui n’ont pas encore d’avis ferme et bien éclairé sur la question.” Alun Morinan, un conseiller scientifique de l’organisation caritative Hope UK, qui œuvre pour la prévention de la toxicomanie, partage cet avis : “Quand vous voyez ces journaux gratuits londoniens avec leurs photos de célébrités passant aussi facilement des boîtes de nuit aux centres de désintoxication que si elles devaient effectuer un contrôle technique, vous comprenez pourquoi les jeunes admirent leur mode de vie.”

La cocaïne a détrôné le café en tant que premier produit colombien quand le gouvernement péruvien a commencé à abattre systématiquement tous les petits avions soupçonnés de trafic de drogue et que la production s’est déplacée en Colombie. La demande de cocaïne fait que la place des producteurs de coca dans l’économie mondiale est différente de celle occupée par les producteurs de denrées alimentaires.
Les paysans colombiens produisent des feuilles de coca parce qu’ils savent que c’est un marché intéressant, où les gains sont plus importants que pour d’autres cultures. Sans forcément devenir riches, ils sont sûrs de pouvoir offrir un meilleur revenu à leur famille.

“Pour que les efforts d’éradication portent leurs fruits, il a fallu procéder à des investissements pendant des décennies et dialoguer directement avec les producteurs”, souligne Liliana M. Dávalos, maître de conférences au groupe de recherches interdisciplinaires sur l’environnement de l’université de Stony Brook, à New York. “La Thaïlande et le Laos ont par exemple réduit considérablement leur production d’opium en tendant la main aux producteurs, en leur promettant des écoles, des routes et des centres de soins pour les inciter à quitter leurs terres à faible rendement, en subventionnant des coopératives agricoles, en leur assurant un soutien technique et en garantissant pratiquement l’achat des produits agricoles légaux.”

On peut peut-être envisager une autre stratégie pour combattre cette demande. Dans l’enseignement, par exemple, les effets de la consommation de drogue sur l’environnement pourraient être utilisés pour sensibiliser davantage les enfants à la question, en particulier ceux qui sont réfractaires aux arguments liés à la santé et au bien-être mental. C’est précisément ce que recommande la dernière directive du gouvernement britannique, intitulée « Drogue : une initiative pour les écoles ».
On y lit que l’enseignement devrait donner aux enfants l’occasion de réfléchir à leur comportement à l’égard des stupéfiants et les aider à développer les capacités requises pour faire des choix éclairés, au lieu de se contenter de chercher à améliorer leurs connaissances sur la question. Siobhan Farmer, conseiller pour la santé dans les écoles au conseil municipal de St. Helens, dans le Lancashire [Royaume-Uni], estime que, si cela ne marche pas pour tous les enfants, l’étude des conséquences de la consommation occasionnelle de drogue offre la possibilité aux enseignants et aux élèves de se montrer plus créatifs dans l’analyse du rôle de la drogue dans la société d’aujourd’hui.
“On peut lier l’étude de la question, dit-il, à des sujets plus vastes tels que la citoyenneté (qui recouvre la politique, les droits et les responsabilités), la géographie, la biologie et la sociologie.”

Ne pourrait-on pas, par exemple, demander aux enfants d’étudier les effets de la consommation de cocaïne sur la grenouille dorée, une espèce nouvellement découverte, de la taille d’un ongle, dont l’habitat d’à peine 0,4 hectare se trouve dans les montagnes reculées de la Colombie ? Quelles discussions pourrait susciter la compréhension des effets de la consommation d’ecstasy sur les tigres, les pangolins, les paons, les pythons et autres chats sauvages, piégés pour être mangés ou vendus illégalement par les propriétaires des laboratoires situés dans les monts Cardamome, au Cambodge ?
S’ils connaissaient ces faits, peut-être certains enfants regarderaient-ils d’un autre œil les célébrités qui se droguent. Pour beaucoup de consommateurs, la drogue est un moyen d’échapper aux dures réalités de la vie, et la menace imminente du réchauffement climatique ne leur remonte pas vraiment le moral.
Même quand les perspectives sont sombres, nous nous raccrochons à notre droit au bonheur.
Mais tout cela doit changer. Les effets de la production de méthamphétamine et l’industrialisation de la culture de la marijuana sont, semble-t-il, moins graves pour le réchauffement planétaire, mais il existe des liens manifestes entre l’usage de cocaïne (et donc de crack) et d’ecstasy et la disparition des forêts tropicales humides.
Ce sont ces mêmes forêts qui, selon une récente étude publiée dans la revue Nature, absorbent environ 18 % du CO2 dégagé chaque année dans l’atmosphère par l’utilisation de combustibles fossiles. L’impact environnemental de la production d’opium en Afghanistan (qui représente plus de 90 % du stock mondial d’héroïne) est moins facile à déterminer, mais on sait que plus de la moitié des forêts de trois provinces afghanes ont été détruites en vingt-cinq ans de conflit.

A moins que les gouvernements ne décident soudain de délivrer des stupéfiants sur ordonnance en puisant dans des réserves durables ou n’établissent un label bio, il incombe aux consommateurs de drogue de réfléchir sur la menace imminente que leur dépendance fait peser sur l’environnement. »
L’article a pour titre : « : Les people se droguent, les forêts se meurent », car nous sommes tous solidaires, c’est vrai, et toute parole, tout comportement, quand on occupe une certaine place dans la société, peut servir d’exemple pour les autres.

Alors attention !

C’est ce que j’explique sans relâche aux éducateurs qui ont en charge des jeunes !

Sophie Daout, le 6 novembre 2009

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Vol.7 - No. 129

Drogues et écologie

Notre association, « Jeunesse Sans Drogue » fait partie depuis un an maintenant d’une fédération d’associations de la défense des familles dont le nom est « Familles de France ».
Celle-ci a pour rôle de pointer ce qu’elle considère comme un danger pour les familles et pour les enfant en particulier et en appelle souvent aux pouvoirs publics, comme elle le fait cette semaine à propos d’un jeu vidéo qui circule sur le Net.

Le jeu est simple, il suffit de

Tuer son ami.

« Au moment où un grand nombre d’acteurs sociaux et politiques parlent avec justesse des difficultés engendrées par les jeux vidéo, FAMILLES DE FRANCE s’étonne de trouver sur le site de 13ème rue, une activité ludique d’un nouveau genre, certes réservée aux personnes de plus de 16 ans mais très ambiguë à une époque où la violence est une réalité.

Le site présente tout d’abord une bande annonce, très pro, digne d’un bon film de série B, qui met en scène les tueurs possibles mis à disposition par la chaîne.
On trouve là Oliver Saint James, Toni Pesto, Monika Wu, Ivan Postoklow ou Big Marshall… Ces acteurs virtuels n’existent pas, mais on se croirait réellement dans un casting de tueurs.
Chaque pro a ses caractéristiques, ses armes, ses munitions, ses missions réussies… Le logiciel déroule son fil : choix du tueur, choix de la victime pour laquelle vous donnez une photo (attention la chaîne prévient : 13ème rue décline toute responsabilité quant aux photos téléchargées, en clair vous pouvez donner une photo sans prévenir l’intéressé).
Cela pose un premier problème de droit à l’image.

Après différents réglages sur l’image de la « victime », il faut donner le motif de l’exécution. Si vous manquez d’imagination, on propose : me fait de l’ombre au travail, a des grands pieds… L’idée est bien que l’on peut tuer pour rien… trois fois rien !

Bien sûr, il faudra donner, aussi, la photo du commanditaire, c’est-à-dire qu’en clair on peut « jouer » avec une personne contre son gré… Le document final mettra en scène un meurtre commandé qui fera sourire quelques-uns, en laissera certains indifférents mais pourra aussi secouer, surprendre ou traumatiser les autres…
Tout cela ne prêterait qu’à rire si une fois de plus on ne jouait pas à exacerber les aspects les plus bas de l’humanité, si les meurtres commandés n’existaient pas sur notre planète, dans notre pays… On « joue » avec cette violence et on se donne bonne conscience en indiquant : Ceci est un divertissement.
Site déconseillé aux moins de 16 ans.

Mais sans vouloir faire de la délation, jamais personne ne nous a demandé notre âge à l’occasion du test que nous avons effectué. Nous ne sommes pas allés jusqu’au bout de l’expérience et donc nous n’avons pas eu le « plaisir » de constater la nature du produit fini : montage, vidéo truquée ou animation 3D… Tout cela ne prêterait qu’à rire si une fois de plus on ne jouait pas à exacerber les aspects les plus bas de l’humanité, si les meurtres commandés n’existaient pas sur notre planète, dans notre pays.

FAMILLES DE FRANCE demande que cette activité dite « ludique » soit supprimée le plus rapidement possible à moins de décréter que les tueurs à gages ont de nouveau pignon sur rue et que l’on peut envisager d’éliminer ses proches sans crainte… »

Je suis tout à fait d’accord avec le cri d’alarme de « Familles de France ». Même si on me dit qu’il faut prendre les choses au second degré, qu’il ne s’agit là que d’un jeu, et qu’il ne s’adresse qu’aux adultes, je ne suis pas d’accord. Car on banalise tout, on tourne tout en dérision, alors comment peuvent s’y retrouver les individus fragiles, même s’ils sont adultes.
Quant aux enfants, comment peut-on être sûr qu’ils n’iront pas jouer à ce jeu si amusant ?
«  Site déconseillé aux moins de 16 ans » !
Ah on se donne bonne conscience avec un slogan dont on sait bien qu’il est aussi inutile que pour les fumeurs la mise en garde sur les paquets de cigarettes : « Fumer nuit gravement à la santé. »

On vous tue, mais on vous le dit.
« Le shit est une drogue douce ! »
Quelle hypocrisie !

Sophie Daout, le 13 novembre 2009

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Vol.7 - No. 130

J’ai trouvé sur la toile, un article publié le 17 novembre 2009 dans un journal québécois, signé Ariane Lacoursière et qui concerne une formation sur la drogue en première secondaire organisée par la Fondation Jean Lapointe.

(Avec Jean Lapointe entouré de Yanick Berthiaume et Espérance Dioun, deux élèves de l'école secondaire Monseigneur-Richard).

«  David est en première secondaire à l'école Monseigneur-Richard, à Verdun. De son propre aveu, la drogue est très présente dans son école.
À son entrée au secondaire, il y a quelques mois, David craignait de se faire offrir des substances illicites. «Je ne savais pas comment réagir et dire non», dit le grand gaillard. Mais, dans les dernières semaines, David a suivi une formation offerte par la Fondation Jean-Lapointe. «Maintenant, je sais comment refuser. Et je sais ce que le mot «indépendant» veut dire», dit-il.

Dès 2012, tous les élèves de première secondaire du Québec suivront, comme David, la formation Mon indépendance, j'y tiens!, a annoncé hier la Fondation Jean-Lapointe. Le gouvernement du Québec versera 675 000$ en cinq ans à l'organisme pour sensibiliser les jeunes aux dangers de la drogue. «Le passage du primaire au secondaire n'est pas toujours facile. Il y a des adolescents plus âgés qui n'ont pas toujours une bonne influence. La prévention demeure le meilleur moyen de s'assurer que les jeunes prendront le bon chemin», estime la ministre déléguée aux services sociaux, Lise Thériault.

De la première à la deuxième secondaire
Selon le Centre québécois de lutte aux dépendances, c'est entre la première et la deuxième année du secondaire que la consommation de drogue augmente le plus. Alors que 26% des élèves de première secondaire consomment de l'alcool, cette proportion est de 49% en deuxième année. Le nombre de consommateurs de cannabis et d'autres drogues double aussi entre la première et la deuxième années. Simon, qui fréquente lui aussi l'école Monseigneur-Richard, voit tous les jours des vendeurs de drogue près de son école. «C'est inacceptable. La drogue, ça change les gens. Il faut dire non», dit-il.

La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantale Longpré, reconnaît qu'il y a de la drogue dans les écoles. «Je ne peux dire s'il y en a plus qu'avant. Mais puisqu'on constate qu'il y en a, il faut s'en occuper. D'autant plus que la drogue est liée à la persévérance scolaire.» Mme Longpré se réjouit de cette aide en prévention de la toxicomanie venue de l'extérieur. «Il y a de l'expertise dans la communauté, note-t-elle. Les écoles ne seront pas obligées de tout réinventer. Nous ne ferons qu'ouvrir nos portes et c'est parfait comme ça!»

PROPORTION DE CONSOMMATEURS DANS LES ÉCOLES SECONDAIRES QUÉBÉCOISES

Alcool Cannabis Amphétamines et autres drogues
1re secondaire: 26% 7% 8%
2e secondaire: 49% 19% 20%
3e secondaire: 68% 36% 36%
4e secondaire: 79% 41% 42%
5e secondaire: 89% 50% 51%

Données fournies par le Centre québécois de lutte aux dépendances»

Les statistiques sont assez comparables pour nos deux pays et nous aussi nous pensons beaucoup en terme de prévention, c’est d’ailleurs tout le sens des actions que nous menons dans notre association «Jeunesse Sans Drogue».
Nous pensons nous aussi que «La prévention demeure le meilleur moyen de s'assurer que les jeunes prendront le bon chemin», et nous souhaitons la faire le plus tôt possible, c’est à dire à dix ans, avant l’entrée au collège.
Il est en effet important de faire remarquer aux jeunes que la drogue les prive de liberté, il sont très sensibles à cet argument. Aussi, le slogan « Mon indépendance, j’y tiens ! » me séduit-il particulièrement.

Oui la drogue enferme les gens dans l’addiction.
Oui la drogue change les gens.
Oui la drogue « casse » la scolarité

Et oui, il faut dire tout cela aussi aux enfants afin qu’ils sachent pourquoi il faut la refuser !

Sophie Daout, le 20 novembre 2009

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Vol.7 - No. 131

Un article, publié le ce matin dans le journal « Le Point », me fait réagir.
Le voici :

 Drogues : une nouvelle campagne d'information
Par Anne Jeanblanc

Prendre de la drogue n'est pas une affaire personnelle.
Au-delà des dégâts sanitaires qu'elle peut causer, cette consommation n'est pas exempte de conséquences sociales pour soi et pour les autres. C'est le message de la nouvelle campagne lancée par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT).

Trois spots télévisés sont diffusés jusqu'au 13 décembre sur l'ensemble des chaînes hertziennes, de la TNT et certaines chaînes du câble. Ils mettent en scène une baby-sitter consommant de la cocaïne, un conducteur fumant un joint, des jeunes qui font la fête et prennent de l'ecstasy. Ils renvoient vers le site www.drogues.gouv.fr ainsi que vers le numéro de Drogues info service (0 800 23 13 13).

Cette campagne met l'accent sur "le caractère protecteur de la loi vis-à-vis des dangers des drogues qu'ils soient sanitaires ou sociétaux en rappelant l'interdit". Les messages s'adressent avant tout aux adultes, "prescripteurs de la règle et premiers agents de prévention". Le gouvernement souhaite rappeler le cadre légal sur les drogues, car la moitié des Français pense que fumer du cannabis à domicile n'est pas illégal et un tiers croit que consommer de l'héroïne, de la cocaïne ou de l'ecstasy à domicile n'est pas interdit par la loi. Plusieurs annonces presse seront publiées dans des journaux entre le jeudi 26 novembre et le mercredi 2 décembre et des bannières vidéo seront présentées sur des sites Internet visant les jeunes.

Enfin, la campagne prévoit des actions d'information dans les lieux de convivialité (bars, restaurants ou discothèques) pour sensibiliser le public aux dispositions de la loi portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, qui interdisent l'offre et la vente d'alcool aux mineurs. Dans un communiqué, l'association de lutte contre le sida Act Up s'élève déjà contre cette campagne, en dénonçant "la politique répressive du gouvernement à l'égard des usagers de drogues" qui "les plonge dans la précarité, les pousse à la marginalité, les enferme en prison, les contamine par le VIH et par l'hépatite C". »

Dans cet article, plusieurs points m’interpellent.

Les réactions des associations de consommateurs de drogues m’irritent toujours autant :
« Act Up » s'élève déjà contre cette campagne, en dénonçant "la politique répressive du gouvernement à l'égard des usagers de drogues les plonge dans la précarité»

On se trompe de cible, me semble-t-il, moi j’aurais envie de dire que c’est d’abord la drogue qui « les pousse à la marginalité, les enferme en prison, les contamine par le VIH et par l'hépatite C". » 

Par ailleurs, «  la moitié des Français pense que fumer du cannabis à domicile n'est pas illégal et un tiers croit que consommer de l'héroïne, de la cocaïne ou de l'ecstasy à domicile n'est pas interdit par la loi ».

A « Jeunesse Sans Drogue »Il nous arrive de faire ce rappel au cours de séances destinées à des adultes, en l’occurrence les parents des jeunes que nous rencontrons. Et il se montrent en général très étonnés de savoir qu’ils commettent un délit en consommant tranquillement de la drogue chez eux.

Dimanche dernier, je rentrais de Toulon à 19 heures environ. Je revenais de la Fête du Livre où j’avais présenté mon dernier roman « Lettres closes ». Le train avait du retard, et des jeunes gens d’une vingtaine d’années, quatre garçons et une jeune fille, attendaient sur le quai. Ils rentraient tous à l’internat pour à Antibes une semaine de cours.  J’ai échangé quelques mots sympas avec la fille

Soudain, sur le sac de la jeune-fille, je vois un prote clés dont le dessin représentait une jolie feuille verte.


Moi : « C’est joli, cette feuille, c’est quoi ? »
Elle : « Je ne sais pas, ah oui, c’est une feuille de cannabis ! »
Moi : « Vous savez que c’est interdit par la loi. Vous pouvez vous retrouver en garde à vue à cause de votre porte-clés ! »
Elle : « C’est vrai ? Pourquoi ? »
Moi : « C’est un délit ! Ca s’appelle « incitation à la consommation de produits stupéfiants ! »

Elle me jette un regard incrédule et un peu soupçonneux.
Bon ça va ! Je n’ai pas d’uniforme ! Je ne suis pas un flic !

Moi ; « Bon, maintenant que vous le savez, peut-être que vous allez l’enlever quand vous serez à l’internat ? »
Elle : « Non, je ne crois pas, tout le monde en a ! »

Vous voyez en quoi consistent la banalisation et la désinformation dont je vous parle souvent !

Sophie Daout, le 27 novembre 2009

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Vol.7 - No. 132

Je ne connais pas Alanis Morissette. Et vous ? Mais les jeunes la connaissent sans doute. C’est une chanteuse de rock canadienne, née à Ottawa en 1974. Sa carrière internationale a commencé en 1995 avec l'album Jagged Little Pill, qui a connu un succès considérable (33 millions de disques vendus) Publicité.

Et voici que cette jeune femme révèle publiquement qu’elle fume du cannabis et parle de son amour pour la marijuana, soulignant que cette drogue l'aide à écrire.
La chanteuse a parlé de sa consommation de cannabis dans une interview accordée au magazine High Times, et l'article est accompagné d'une photo prise dans un jardin de marijuana en Californie.

Alanis Morissette avoue que la plante l'aide à ouvrir son potentiel créatif.

Elle confie «Tout est une question de modération. En tant qu'artiste, la marijuana me permet de démarrer. J'ai souvent eu le sentiment de recevoir des messages inexplicables sur ma vie. Lorsque j'ai fumé, les messages m'arrivent avec le voile en moins, si l'on peut dire. Donc si j'ai besoin de clarté... ou de me plonger dans l'écriture, c'est une façon rapide de m'y mettre. J'ai beaucoup d'amis qui voulaient arrêter de fumer, parce qu'ils avaient le sentiment que ça avait un effet négatif sur leurs vies, et je les ai soutenus dans cette voie. Mais j'ai d'autres amis à qui j'ai conseillé de fumer, parce que je pensais que ce serait génial pour eux.»

«Alanis Morissette doit à son compagnon Tom Ballanco, un défenseur de la marijuana comme médecine douce, de lui avoir montré comment profiter de cette drogue : "Toutes les peurs que j'avais sur le cannabis ont vite disparu grâce à Tom. Maintenant j'ai même l'impression d'être une professionnelle sur le sujet !» (World Entertainment News Network)

Voilà bien le type d’information dont personne n’a rien à faire et qui va dans le sens de la propagande pour la légalisation du cannabis. Cette chanteuse fume du shit et ça la regarde, je ne suis pas un censeur et je n’ai pas à porter de jugement sur sa consommation. En revanche, pour certains jeunes elle est une icône et elle incarne une musique qu’ils aiment. Donc elle peut être un modèle pour eux. Faire l’apologie de ce produit est une incitation.

De plus, elle argumente.

«J'ai souvent eu le sentiment de recevoir des messages inexplicables sur ma vie. »
Eh bien elle ferait mieux de réfléchir à sa vie au lieu d’attendre des révélations après avoir fumé ! Ce genre de messages en a conduit plus d’un à l’hôpital psychiatrique!

«Donc si j'ai besoin de clarté... ou de me plonger dans l'écriture, c'est une façon rapide de m'y mettre»
Je connais bien des cas où la fumette, loin de clarifier la pensée l’embrume plutôt ! Et les échecs scolaires consécutifs à la consommation de shit sont légion !

«J'ai beaucoup d'amis qui voulaient arrêter de fumer, parce qu'ils avaient le sentiment que ça avait un effet négatif sur leurs vies, et je les ai soutenus dans cette voie ».
Ah, quand même, elle est gentille, cette petite !

«Mais j'ai d'autres amis à qui j'ai conseillé de fumer, parce que je pensais que ce serait génial pour eux.»
Mais il faut surtout qu’elle arrête de PENSER pour les autres ! Elle chante bien, qu’elle chante !!
C’est tout ce que je lui demande !

«Toutes les peurs que j'avais sur le cannabis ont vite disparu grâce à Tom. Maintenant j'ai même l'impression d'être une professionnelle sur le sujet !»

C’est une professionnelle sur le sujet.

Tout comme moi ! Mais je ne pense pas que nous ayons ni les mêmes motivations, ni le même objectif, ni le même discours !

Sophie Daout, le 4 Décembre 2009

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Vol.7 - No. 133

Bang !

Une façon de consommer le cannabis est le bang encore appelé douille. C’est un mode de consommation qui se développe. Il permet d’inhaler d’un seul trait 4000ml de fumées au lieu des 40ml apportés par l’aspiration d’un joint.
L’inhalation se fait à l’aide de pipes à eau artisanales, composées d'un récipient, souvent en plastique, pour le liquide et d'une douille dans laquelle le cannabis et le tabac se consument.
Cette douille est reliée à un tube qui arrive dans l'eau. L'utilisateur aspire par le goulot de la bouteille la fumée refroidie et filtrée par l'eau. Le bang sent moins qu'un joint, la consommation est donc plus facile à cacher aux parents. L'imagination est débridée en la matière: bouteille d'eau, tube d'aspirine, tuyau en PVC, cône de chantier, cannette de bière... Avec l'âge, le consommateur passe ensuite au narguilé.

Le congrès national de tabacologie qui s'est tenu à Brest a mis en lumière les études menées par deux médecins de l'hôpital des Armées de Brest sur les risques des bangs artisanaux.
Tout est parti d'un drame, il y a cinq ans. Celui d'un jeune homme, hospitalisé en urgence une première fois, après avoir fumé un bang fabriqué avec une bouteille plastique. Soigné, informé, il sort de l'hôpital des Armées de Brest, mais 15 jours plus tard, il renouvelle l'expérience et en meurt.

«Les risques des bangs artisanaux sont banalisés par les jeunes et totalement méconnus des médecins. Le jeune est décédé d'une hémorragie massive des alvéoles pulmonaires du fait de la combustion du plastique qui a produit des anhydrides d'acides, dont la toxicité est connue en maladies professionnelles. Il faut absolument que les consommateurs évitent le plastique», expliquent les Drs Michel André et Frédéric Grassin, pneumologues à l'hôpital des Armées de Brest. Tous deux ont commencé à faire des recherches sur les effets des bangs. Une étude dans un lycée

«On a voulu tenter de déterminer les fréquences de consommation de ces bangs et les problèmes respiratoires qu'ils provoquent. Deux thèses de médecine ont été réalisées. La dernière a été présentée, il y a deux mois, par Muriel Durand sur une étude réalisée dans un lycée professionnel du Nord-Finistère».

Des lycéens avouent avoir craché du sang

En septembre2008, 315 questionnaires sont distribués aux élèves de ce lycée, qui compte 96% de garçons. Seuls six n'y répondront pas. La moitié fume du tabac régulièrement, 60% ont essayé au moins une fois le cannabis, 30% ont testé le bang et 12% sont des utilisateurs réguliers de bangs. «Les données de consommation recueillies sont proches de celles collectées par d'autres études (Escapad) en Bretagne. Onze élèves, dont une fille, tous consommateurs de cannabis, ont rapporté avoir déjà craché du sang, soit 7,4% des fumeurs de cannabis, ce qui est important. Pourtant, aucun n'a consulté un médecin alors que c'est totalement anormal de cracher du sang quand on a entre 16 et 18ans. Huit des 11lycéens utilisaient ou avaient utilisé des bangs en plastique». Le plastique pourrait ne pas être seul en cause, mais aussi le cannabis lui-même, la présence d'un désherbant comme le paraquat utilisé pour sa culture, voire l'adjonction de divers produits pour en augmenter le poids à la vente ont aussi des effets sur la santé. Lors d'analyses, des traces de déjections animales, de microbilles de verre, de silice, d'huiles de vidange ont même été trouvées. «Le paraquat peut faire saigner.
Il est prouvé aussi que la cocaïne provoque des hémorragies. Le fait de recracher des suies de combustion est aussi fréquent chez les fumeurs de bangs».

L’expérience qui fait de nombreux adeptes, peut se révéler traumatisante, comme l’explique un jeune dans un forum :


«  Bonjour à toutes et à tous .. étant tombé sur votre forum par hasard au cours d'une recherche sur le sujet, j'avoue avoir été un peu soulagé de voir que je n'était pas seul a paniquer a ce point..
J'étais il y a encore une grosse semaine un très gros fumeur.. 20 grammes par semaine intégralement fumés avec mon bang ( en vente libre en France.....) depuis quelque chose comme 5 ans.. Suite a un énorme malaise, je suis a présent dans l'incapacité totale de refumer quelque drogue que ce soit. J'ai vraiment cru que mon heure était venue! Et la peur m'en empêche a présent ( peut-être une bonne chose en fait ?)
Seulement depuis, bouffées de chaleurs monstrueuses, crises d'angoisse/panique... sentiment que mon cœur va s'arrêter de battre par moments, sentiment "d'oppression" et de chaleur au niveau de mes poumons, fatigue extrême…..
N'y a-t-il rien d'autre à faire que de serrer les dents et attendre que cela passe ?
N'y a-t-il pas de risque pour ma santé au moment où ces crises surviennent ? » 

Ce garçon a eu peur ! Recommencera-t-il ?

Sophie Daout, le 18 décembre 2009

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Vol.7 - No. 134
ADOPTEZ UN TERRORISTE !

En ce début d’année 2010, et pour commencer par une chronique joyeuse, j’ai très envie de partager avec vous une lettre qui m’a fort réjouie. Il s’agit de la réponse du ministre canadien de la Défense à une dame qui lui avait écrit pour se plaindre à lui du sort réservé aux « combattants » afghans, prisonniers dans les centres de détention en Afghanistan.  

Voici donc cette réponse :

Chère citoyenne inquiète,  

Merci pour votre récente lettre exprimant votre profonde préoccupation concernant le sort des terroristes d’Al Qaida capturés par les forces canadiennes, transférés ensuite au gouvernement afghan et à présent détenus par leurs officiels dans les centres nationaux de regroupement des prisonniers en Afghanistan.

Notre administration prend ce sujet très au sérieux et votre message est reçu fort et clair ici à Ottawa.  

Vous serez heureux d’apprendre, grâce au souci de citoyens comme vous-mêmes, que nous créons un nouveau département au sein de la Défense nationale, qui sera nommé P.L.A.R.T. ,soit « programme des libéraux qui assument  la responsabilité pour des tueurs ».

En accord avec les lignes directrices de ce nouveau programme, nous avons décidé d’élargir un terroriste et de la placer sous votre surveillance personnelle.

Votre détenu particulier a été sélectionné et sera convoyé sous escorte lourdement armée jusqu’à votre domicile à Toronto dès lundi prochain. 

Ali Mohammed Ahmed bin Mahmud  (vous pouvez l’appeler simplement Ahmed) sera pris en charge selon les normes que vous avez personnellement exigées dans votre lettre de réclamation. 

Il sera vraisemblablement nécessaire que vous fassiez appel à des assistants.  Nous mènerons des inspections hebdomadaires afin de nous assurer qu’Ahmed bénéficie bien de soins et de toutes les attentions que vous recommandez avec autant de fermeté dans votre lettre.

Malgré le fait qu’Ahmed soit un sociopathe extrêmement violent, nous espérons que votre sensibilité à ce que vous décrivez comme son « problème comportemental » vous aidera à surmonter ses troubles du caractère.

Vous avez peut-être raison quand vous décrivez ces problèmes comme de simples différences culturelles. 
Nous comprenons que vous avez l’intention de lui fournir conseils et éducation à domicile.  
Votre terroriste adopté est redoutablement efficace dans les disciplines de close-combat et peut mettre fin à une vie avec des objets simples, tels que un crayon ou un coupe-ongle.

Nous vous conseillons de ne pas lui demander de faire une démonstration lors d’une prochaine séance de votre groupe de yoga.

Il est également expert en explosifs et peut en fabriquer à partir de produits ménagers. Peut-être vaut-il mieux que vous les gardiez donc sous clef, à moins que vous considériez (selon l’opinion que vous exprimiez) que cela puisse l’offenser.

Ahmed ne souhaitera pas entretenir de relations avec vous ou vos filles (excepté sexuellement), dans la mesure où il considère que les femmes sont une espèce de marchandise sous-humaine.

C’est un sujet particulièrement sensible pour lui et il est connu pour manifester des réactions violentes envers les femmes qui ne se soumettent pas aux critères d’habillement qu’il recommandera comme plus particulièrement adaptés. jusqu’à votre domicile à Toronto dès lundi prochain. 

Ali Mohammed Ahmed bin Mahmud  (vous pouvez l’appeler simplement Ahmed) sera pris en charge selon les normes que vous avez personnellement exigées dans votre lettre de réclamation. 

Il sera vraisemblablement nécessaire que vous fassiez appel à des assistants.  Nous mènerons des inspections hebdomadaires afin de nous assurer qu’Ahmed bénéficie bien de soins et de toutes les attentions que vous recommandez avec autant de fermeté dans votre lettre.

Malgré le fait qu’Ahmed soit un sociopathe extrêmement violent, nous espérons que votre sensibilité à ce que vous décrivez comme son « problème comportemental » vous aidera à surmonter ses troubles du caractère.

Vous avez peut-être raison quand vous décrivez ces problèmes comme de simples différences culturelles. 

Nous comprenons que vous avez l’intention de lui fournir conseils et éducation à domicile.

Votre terroriste adopté est redoutablement efficace dans les disciplines de close-combat et peut mettre fin à une vie avec des objets simples, tels que un crayon ou un coupe-ongle.

Nous vous conseillons de ne pas lui demander de faire une démonstration lors d’une prochaine séance de votre groupe de yoga.

Il est également expert en explosifs et peut en fabriquer à partir de produits ménagers. Peut-être vaut-il mieux que vous les gardiez donc sous clef, à moins que vous considériez (selon l’opinion que vous exprimiez) que cela puisse l’offenser.

Ahmed ne souhaitera pas entretenir de relations avec vous ou vos filles (excepté sexuellement), dans la mesure où il considère que les femmes sont une espèce de marchandise sous-humaine.

C’est un sujet particulièrement sensible pour lui et il est connu pour manifester des réactions violentes envers les femmes qui ne se soumettent pas aux critères d’habillement qu’il recommandera comme plus particulièrement adaptés. »

Ah un peu d’humour ne fait pas de mal, vous ne croyez pas ?  

Sophie Daout, le 8 Janvier 2010

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Vol.7 - No. 135
Addictions : du mieux chez les ados.

Les résultats d’une enquête de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, menée lors de l'appel de préparation à la défense, et portant sur 39 542 jeunes âgés de 17 ans, interrogés en 2008 viennent de nous parvenir.

Par rapport à celle de 2005, la nouvelle enquête Escapad (Enquête sur la santé et les consommations lors de l'appel à la préparation à la Défense) marque incontestablement des évolutions importantes dans la consommation de produits psychoactifs chez les jeunes. Des tendances que tous ceux qui oeuvrent à la prévention contre les toxicomanies ne manqueront pas de qualifier d'encourageantes.

Premier résultat et pas des moindres: les produits les plus diffusés, licites ou illicites, connaissent une baisse sensible de consommation. C'est vrai pour le tabac et l'alcool mais aussi pour le cannabis. En 2008, 42% des garçons et filles ont déclaré avoir fumé du cannabis au moins une fois alors qu'ils étaient plus de 49% en 2005.
L'usage régulier de cette substance est également en nette baisse: 7,3% contre 10,8% trois ans plus tôt. La consommation régulière d'alcool baisse dans des proportions presque identiques: 8,9% reconnaissent boire au moins dix fois par mois alors qu'ils étaient 12% en 2005. Pour l'usage quotidien de tabac, la baisse est de quatre points, de 33 à 29%.

Si les résultats nationaux, donnés en juin, révélaient une stabilité, voire une baisse de l'alcool, du tabac et du cannabis, le volet régional, publié hier, montre des spécificités régionales marquées. Ainsi, des régions restent surconsommatrices de tabac au quotidien (Normandie, Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon, Aquitaine). D'autres gardent des niveaux de consommation d'alcool élevés (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Bourgogne, Languedoc-Roussillon...)

Prenons une région particulière de France, la Bretagne par exemple où ces tendances sont encore plus marquées. C'est le cas pour le cannabis: 7% des jeunes déclarent en faire une consommation régulière alors qu'ils étaient 14% en 2005. Une diminution de moitié.
Ils sont désormais moins nombreux que l'ensemble des jeunes Français à s'y adonner régulièrement, même si, paradoxalement, ils restent plus nombreux à l'expérimenter. A noter que les garçons sont trois fois plus nombreux que les filles à en consommer régulièrement. Pour le tabac, ils ne sont plus que 30% à en consommer quotidiennement contre 39% trois ans plus tôt.
Contrairement au cannabis, les filles en consomment autant que les garçons. La consommation d'alcool n'est plus ce qu'elle a été. L'usage régulier comme les ivresses répétées sont en diminution. Cela dit, il faudra encore beaucoup d'efforts de prévention avant que les jeunes Bretons rejoignent ceux qui ont les consommations les plus modérées. Malgré une réduction, les écarts restent importants avec la plupart des autres régions. 26% des 1.999 Bretons interrogés reconnaissent avoir une consommation massive d'alcool au moins trois par mois contre moins de 20% de l'ensemble des jeunes Français.

Autre enseignement de cette enquête: les «poppers», ces substances à inhaler, font une percée qui peut inquiéter. De tous les produits psychoactifs, c'est le seul qui connaît en Bretagne une augmentation de son expérimentation. Et elle y est plus forte que sur l'ensemble du pays.

A quoi peut-on attribuer ces bons résultats ?

Je pense que c’est peut-être en partie grâce à une prévention bien menée.
Et c’est aussi l’avis de Guylaine Benech chargée de mission au centre d'information régional sur les drogues et les dépendances, pour laquelle les résultats bretons encourageants sont à mettre sur le compte d'un travail de prévention efficace.

Etes-vous surprise par les résultats de cette enquête?

On aurait été inquiet si la tendance en Bretagne avait été inverse à celle constatée au niveau national. Avec le recul, ces résultats ne sont pas si surprenants. Il faut dire que la région se démarquait beaucoup des autres, en 2005, notamment pour l'alcool, avec des consommations deux fois plus élevées. Il fallait bien qu'à un moment ou à un autre, à force d'efforts, les écarts diminuent.

Selon vous, c'est donc la prévention qui a vraiment permis d'enregistrer ces bons résultats?

Oui. En Bretagne, il y a un gros travail en partenariat. On est dans une région où enseignants, forces de l'ordre, éducateurs et spécialistes de la prévention n'ont pas peur de s'asseoir à une même table pour travailler ensemble. De nombreuses actions sont mises en place.
J'ai longtemps travaillé au Québec et j'ai été surprise en arrivant de voir qu'en Bretagne l'approche était souvent la même que là-bas. Il y a une volonté de revaloriser ce que font les jeunes, de ne pas les stigmatiser. On peut dire que la Bretagne est un peu à l'avant-garde dans ce domaine.

La consommation de cannabis baisse très sensiblement. Est-ce dû au changement de message?

On a fait, c'est vrai, un gros travail sur le cannabis. Nous avons même eu, un moment, la crainte qu'il y ait un transfert du cannabis vers l'alcool d'autant que les jeunes Bretons eux-mêmes jugent que leurs parents sont plus permissifs avec l'alcool qu'avec le cannabis.

L'alcool reste donc une priorité?

Je pense que c'est sur l'alcool que le message n'est pas très clair. Malgré une diminution des écarts avec les autres régions, on reste en tête du peloton. Il faut continuer à clarifier notre discours d'adultes. Mais c'est beaucoup plus compliqué que le cannabis. L'alcool est une substance licite et valorisée, il y a un marketing très fort. On dit aux jeunes que c'est dangereux mais, en même temps, il y a un matraquage publicitaire.
Cela dit, ce qui est le plus important, c'est de comprendre ce qu'il y a derrière les consommations excessives, que ce soit l'alcool ou le cannabis. Notre approche porte plus sur les comportements que sur le produit lui-même.

Oui, alors, et même si parfois, dans les périodes de fatigue et de doute, je me pose des questions sur leur utilité, je continuerai mes rencontres avec les jeunes pour les inciter à ne pas entrer dans le jeu truqué de la consommation des drogues.  

Sophie Daout, le 15 Janvier 2010

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Vol.7 - No. 136

Aujourd’hui, ma chronique est tout bonheur, puisque je vais vous parler du rétablissement de R, que j’appelle Romain, qui a pris pour pseudo « Je vais vivre » et qui s’exprime régulièrement dans notre forum.

Je vais lui donner la parole et faire un copié collé de ce qu’il écrit :

«8 janvier
Bien merci beaucoup,

Je ne prends plus de produit mais je suis encore assez con pour fumer un pétard à l'occasion, et pourtant...
Pourtant ce simple joint me freine, m'inhibe, me fatigue, me déprime.

Je me sens tellement mieux quand je ne consomme rien du tout
C'est fou ce qu'on peut être feignant et sans volonté avec le joint.

C'est pourtant très facile d'arrêter de fumer, c'est vraiment qu'une question d'envie, de motivation, d'état d'esprit.
Il n'y a pas de manque

Il en va de même pour l'héroïne ou le Subutex,
Bien sur le manque physique est pénible mais il n'est rien à côté du mal-être psychologique..

Et une fois qu'on a tout arrêté on se rend compte qu'au final ce n'est pas plus difficile que ça.

Pour moi le plus dur c'est le quotidien et mes changements d'humeurs.
Je passe  du déprimé au joyeux en 5 minutes,
Mes humeurs me mènent par le bout du nez,
J'en suis esclave.

Je vois tout en bleu et je me demande même comment on peut ne pas être heureux, puis le vent tourne et je me retrouve hyper-angoissé, plein d'ennui, de doutes, d'anxiété.

Puis pour moi la thérapie la plus efficace c'est le travail mais je suis au chômage, je ne trouve pas, je cherche en m'angoissant, je perds confiance, parfois je n'ose même plus postuler.
J'ai 40 ans, je suis clean mais je tourne une page que le vent refuse de me laisser tourner.

En tout cas je suis en vie,
je me prépare à aller chercher mon grand à l'école et mon petit chez la nounou.

Déjà, sans la drogue, la vie c'est pas facile
Avec la drogue c'est pire, mais après la drogue c'est très difficile.

Il pleut, je suis bien logé et j'ai tout pour être heureux,
je crois que je vais lire, ça aide de lire.
Arrêter la drogue c'est à la portée  de tous, mais ne pas en reprendre c'est autre chose !

18 janvier
Bonjour,

voilà, les jours et les semaines passent,
je vais de mieux en mieux, mon futur travail pointe son nez à l'horizon, je vais être habilité à former des maîtres qui veulent des chiens catégorisés.

je  me bouge le cul alors j'ai un super moral,*
mais je fume encore quelques pétards.
Rien de grave 2 à 3 joints par jours.

Ca va faire plus de 20 ans que je fume.

mais alors le constat est triste,
quelle idiotie le pétard,
quelle perte de temps les joints.

C'est terrible, c'est pas très fort, c'est pas très puissant comme produit, mais alors c'est un sacré piège !

Je fume et j'ai été enseignant,
j'ai fait mes études en fumant et certains de mes élèves étaient fumeurs,
Donc, le joint j'ai la prétention de connaître un peu et le moins que je puisse dire

c'est qu'il peut permettre, dans un premier temps, d'inhiber certaines mauvaises envies de l'héroïnomane mais très vite par la suite, il constitue un frein à la bonne humeur, il déphase, il fatigue, il démotive, il inhibe, il détruit et désocialise, bref il prend une vie.
Mais il prend tout ce qu'il peut, même une moitié de vie il sait s'en contenter.

Quand j'entends parler de l'aspect social du cannabis,
je rigole doucement.
Le cannabis est une prison et la prison c'est pas le top pour se construire une vie.

Bien sur, il y a ce petit groupe de débilous de 15 ans qui rit aux éclats,
Mais combien de temps riront-ils ?
Pas longtemps.

Et ce fou-rire gratuit, ils devront le payer,
parce que tout se paye.

Fumer c'est tuer ses projets.
Fumer c'est avoir de bonnes idées qui ne se concrétiseront jamais.

Alors amis fumeurs, bon courage.

Certes, il y a ce petit pétard du soir après un bon repas, une fois par mois, et celui-là est très agréable !!!!
Mais qui est capable de s'en contenter ?

Personne.

Mes amis toxicomanes comme moi, ont tout et tous arrêté,
 y compris les joints !!!!!!!

Avec le temps, il devient EVIDENT que le joint apporte plus de négatif que de positif, mais à 20 ou 25 ans, on ne s'en rend pas compte, c'est triste,
c'est dommage !

Oui c'est dommage,
Si jeunesse savait...

La banalisation de la fumette  est pour moi un réel danger.
Cette banalisation est dangereuse parce qu'elle est trop facile.

Le joint c'est relax, tu fumes, tu bosses, tu te lèves, tu parles en public, tu fais ta vie en fumant, c'est possible, c'est faisable mais ça n'a qu'un temps.
Puis la fumette, c'est léger, tu ne fais pas d'overdose avec du cannabis, c'est pas puissant du coup ça se banalise très facilement.

Je pourrais très bien prendre mon exemple et faire de la pub avec, voilà, je m'appelle R je fume depuis 20 ans déjà, j'ai fait toutes mes études en fumant, ça ne m'a jamais empêché d'avoir mes diplômes et même avec mention !
le joint n'est pas un problème, ça se gère bien, ça permet de passer de bonne soirée, il faudrait le légaliser, c'est pas de l"'héroïne, faut pas tout mélanger...etc.

Bref, des conneries...parce que c'est sur, c'est pas de l'héro, c'est une autre merde, l'odeur est tout aussi nauséabonde, mais tellement plus discrète qu'elle sait même se faire oublier: un piège, un vrai.»

Ah que je suis contente !

Attention, qu’on ne s’y trompe pas! ce n’est pas moi qui parle mais Romain !
Quand je pense qu’on m‘accuse parfois de « diaboliser » le cannabis !!
 

Sophie Daout, le 22 Janvier 2010

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Vol.7 - No. 137
Retour en classe

Je suis allée hier dans un établissement scolaire qui m’a demandé de voir toutes les classes de Troisième. En France, c’est la dernière année du collège et les élèves ont entre 14 et 15 ans. J’ai rencontré 4 classes hier te je verrai les dernières demain.

J’étais accompagnée d’une partie de mon équipe, 4 personnes au total. Solange, ancienne prof et notre chauffeur, notre rédactrice aussi qui nous restitue ce qu’elle a noté au cours de nos séances. Etaient aussi présents Odette, une ancienne infirmière scolaire, Edmonde, ancien prof dont la fille est morte de la drogue ( un mois avant mon fils…), et Jeff un ancien alcoolique qui témoignait pour la première fois.

Comme d’habitude, l’expérience a été extrêmement enrichissante et très fatigante. Mais au diable la fatigue si je réussis à sauver un seul enfant. Notre site et notre forum n’ont jamais connu autant d’affluence qu’après ces séances, et cela me ravit.
Déjà hier au soir j’ai reçu plusieurs mails, je vous en livre quelques uns:

«Je m'appelle F.S.t je suis dans la classe de 3emeI que vous aviez eue de 15:30 a 17:00 le Mardi 26 Janvier.

Je voulais vous parler d'une copine a moi qui est rentre en hôpital a cause d'une overdose. Elle a commence de prendre l'héroïne à l'age de 13 ans, un an après que ses parents sont mort dans un accident de voiture. Elle s'est fait confiée a son oncle, un homme très instable qui la forcée l'héroïne.
Elle a toujours été très maigre, mais personne ne savait pourquoi. Elle et son copain ont partie en Californie il y a un an. Personne savait son addiction et on était tous très surpris quand elle est rentrée en hôpital. Elle est rentrée au début de l'été, et c'était un moment dure pour moi. Quelques semaines plus tard mes parents se divorcent et pendent l'hiver de 2009 ma sœur est presque rentrée en hôpital a cause de l'anorexie et le boulimie.
Ma copine est sortie de l'hôpital maintenant mais elle a souffert beaucoup. En ce moment elle a une vertige énorme qui lui empêche de monter des escaliers. On ne retrouve plus son oncle.
Je vous remercie beaucoup de vos mots il y a une heure. Cela m'a vraiment touchée.
Vous avez mes condoléances pour votre fils.
FS

Bonsoir Mme DAOUT, 
Je suis l’élève de 3e. si vous vous souvenez, l’amie de Clara. Je cherchais à poster un message sur votre site, mais je n’ai pas réussi. Par conséquent, je préfère écrire un mail, c’est plus simple.
Tout d’abord, je souhaitais vous remercier pour cette conférence. Elle était très « instructive » si on peut le dire, et faisait également beaucoup réfléchir. Je pense que c’était le but. De plus, même les personnes non-concernées sont touchées. J’avais une totale ignorance sur les effets de la drogue, je suis maintenant plus informée. Même si cela ne me concerne pas du fait que je ne touche pas à la drogue ou toute autre forme nocive pour la santé, cette intervention m’apporte beaucoup, et je trouve que tout ce que vous pouvez faire est très courageux de votre part, peu en aurait été capable ! Je vous soutiens du plus possible, vos interventions sont nécessaires. Elles sont basées sur des faits réels ce qui touche plus l’élève. Pour ma part, j’ai bien réfléchi à votre intervention et je cherche bien des questions que j’ai encore du mal à trouver. Mais si cela me revient, je serai contente d’y avoir une réponse. Je vous remercie encore pour votre intervention, très bien réalisée !
Bonne soirée, L

Bonjour Sophie,
Je me présente, je suis Sophie élève de 3ème (Vous m'aviez choisie en exemple pour le jeu de rôle..).
Voilà aujourd'hui vous êtes venue témoigner de votre parcourt personnel ainsi que de votre combat contre cette ennemie, la drogue, comme vous dites si bien.
Je tiens à vous dire que vous m'avez beaucoup touchée lors de ce témoignage. Vos mots relèvent d'une telle réalité et sont tellement proches de nous..
Bravo pour votre courage qui est énorme ! Je vous admire !
Cette année d'ailleurs, j'ai rencontré un garçon en terminale qui a eu des soucis avec la drogue et il m'a raconté ses hallucinations, ses angoisses, ses crises de manque et tout simplement sa vie au quotidien avec cette cochonnerie ! J'ai totalement retrouvée ses paroles en lisant quelques articles sur le site "quandladrogue.com". Il s'en est sorti par chance car son proviseur l'a remarquer et en a parler à ses parents qui ont des suite réagis.
Si j'avais pu vous écouter plus longtemps, je l'aurai fait sincèrement, mais je suis déjà bien contente de vous avoir rencontrée !
Je vous remercie fortement de votre démarche et bon courage à vous et votre équipe qui êtes formidables.
A bientôt et bonne continuation !
Sophie

Et l’avis de Nathalie, une maman qui nous pilote dans l’établissement :  

Chers Sophie, Edmonde, Solange, Odette & Jef
Merci à tous d'être venus et d'avoir partagés avec les jeunes et certains profs vos expériences.
Ce fut une très belle et bonne journée, riche d'émotions...
J'espère que votre retour s'est bien passé et je vous souhaite à tous un très BON REPOS !
Merci encore, à Jeudi pour certains et sinon au plaisir pour les voir.
Gros bisous Nath
Enfin Odette , l’infirmière de mon équipe :
Sophie, tu dois être bien fatiguée, j'admire ton énergie, j'ai passé une excellente journée au lycée, et quel accueil! c'est vraiment super, j'étais très heureuse d'être auprès des jeunes, ils nous apportent beaucoup. Malgré la souffrance pour certains!
Demain je t'enverrai quelques notes sur les classes et j'essaierai d'aller sur le forum.
Bonne journée pour jeudi, penserai beaucoup à vous. Je regrette beaucoup mais j'ai un RV à l'hôpital.
Bonne soirée, bises

En outre, j’ai, pendant la pause déjeuner, reçu trois garçons de 16 ans qui ont été pris en train de fumer une joint et sanctionnés.
L’un d’eux m’a dit « Nous avons été repérés par délation de la maman d’un copain ». Ils ont arrêté leur expérience.

Je lui ai dit : « Tu parles de délation, alors que cette maman vous a rendu un fier service en vous dénonçant ! J’aurais bien aimé que ceux qui savaient pour mon fils, m’avertissent. J’espère qu’un jour tu enverras une lettre de remerciements à cette maman là. »

Il n’a pas dit non !  

Sophie Daout, le 29 Janvier 2010

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Vol.7 - No. 138

Je vous ai raconté notre passage dans les classes de troisième la semaine dernière.. Depuis, notre site a été très fréquenté, et la liste des inscrits dans notre forum s’est allongée. Vous pensez bien que j’en suis ravie, moi qui vous engage chaque semaine à venir vous y exprimer !

Je vous avais déjà donné quelques messages de jeunes à lire.

Ils ont continué à nous écrire et j’ai choisi cette semaine, de vous donner en lecture quelques uns de leurs messages :

« Bonjour Sophie,
Je me présente, je suis une élève de 3èmeF .Voilà aujourd'hui vous êtes venue témoigner de votre parcours personnel ainsi que de votre combat contre cette ennemie, la drogue, comme vous dites si bien.
Je tiens à vous dire que vous m'avez beaucoup touchée lors de ce témoignage. Vos mots relèvent d'une telle réalité et sont tellement proches de nous..
Bravo pour votre courage qui est énorme ! Je vous admire ! Cette année d'ailleurs, j'ai rencontré un garçon en terminale qui a eu des soucis avec la drogue et il m'a raconté ses hallucinations, ses angoisses, ses crises de manque et tout simplement sa vie au quotidien avec cette cochonnerie ! J'ai totalement retrouvé ses paroles en lisant quelques articles sur le site "quandladrogue.com". Il s'en est sorti par chance car son proviseur l'a remarqué et en a parlé à ses parents qui ont tout de suite réagi.
Si j'avais pu vous écouter plus longtemps, je l'aurais fait sincèrement, mais je suis déjà bien contente de vous avoir rencontrée !
Je vous remercie fortement de votre démarche et bon courage à vous et votre équipe qui êtes formidables.
A bientôt et bonne continuation ! »


Je suis l’élève de 3e C. Je cherchais à poster un message sur votre site, mais je n’ai pas réussi. Par conséquent, je préfère écrire un mail, c’est plus simple.
Tout d’abord, je souhaitais vous remercier pour cette conférence. Elle était très « instructive » si on peut le dire, et faisait également beaucoup réfléchir. Je pense que c’était le but. De plus, même les personnes non-concernées sont touchées. J’avais une totale ignorance sur les effets de la drogue, je suis maintenant plus informée. Même si cela ne me concerne pas du fait que je ne touche pas à la drogue ou toute autre produit nocif pour la santé, cette intervention m’apporte beaucoup, et je trouve que tout ce que vous pouvez faire est très courageux de votre part, peu en auraient été capables ! Je vous soutiens du plus possible, vos interventions sont nécessaires. Elles sont basées sur des faits réels ce qui touche plus les élèves.
Pour ma part, j’ai bien réfléchi à votre intervention et je cherche bien des questions que j’ai encore du mal à trouver. Mais si cela me revient, je serai contente d’y avoir une réponse.
Je vous remercie encore pour votre intervention, très bien réalisée !
Bonne soirée


3ème F
Je tenais à vous remercier de votre intervention durant la semaine. 
J'ai beaucoup aimé les témoignages des gens comme Florian ( à la télé) et j'ai été très touché du décès de votre fils.
Voilà ! Sinon je n'ai pas vraiment de choses à vous dire. Je ne connais personne qui se drogue dans mon entourage, hormis mon père qui est un gros fumeur.
Mais bon, on voit très bien qu'il n'a pas la volonté d'arrêter.
Et sachez Madame Daoût, que je ferrai tout pour ne pas tomber dans la drogue, je vous le promets!
Donc voilà, je tenais à vous remercier, et à vous souhaiter une bonne continuation auprès des élèves...
Au revoir,


J'ai assisté ce matin à votre conférence, Sophie.
Oui, j'étais au lycée Fénelon. Ces "presque deux heures" m'ont beaucoup touchée, et marquée. Mais sûrement pas autant que cette magnifique lettre, datant maintenant d'un an.
(Il s’agit du témoignage de Franck que j’avais publié pour vous dans ma chronique n°93)
C'est les larmes aux yeux que j'écris ma première réponse. On vous avait promis de nous inscrire sur ce forum. Cette conférence m'a bien ouvert les yeux. Je n'ai jamais touché à la drogue, mais j'admets que ce matin encore je me disais qu'un jour j'essaierais, comme ça. Oui, je savais que c'était dangereux, mais comme vous nous l'aviez dit, on est sorti de la salle différents, en tout cas pour moi. Il suffit bien d'un joint, un seul pour que notre vie soit "ratée".
Alors ce soir, je sais que je dirai NON si un jour on me propose d'essayer. Car voilà où la drogue nous mène. Voilà où la drogue a mené Franck. A faire un geste irréparable. Quoi de plus malheureux ?
Vous vous êtes sûrement tous dit un jour que ce n'était pas grave. Comme pour la cigarette. Car oui, j'ai essayé. A même pas 13 ans. Je n'ai pas voulu dire non. Je parle en tant qu'adolescente, et dire non n'est pas facile, on a peur de passer pour un trouillard, alors qu'au fond on sait bien que c'est mauvais. Alors ce courage de refuser de la drogue, il faut le trouver, avant que l'on soit pris dans ce cercle vicieux. Ce soir, je comprends à quel point un seul joint peut changer une vie, et je comprends à quel point s'en sortir est difficile.
La drogue rend malheureux notre entourage et nous-même, brise une vie, tue.
Alors : Merci Sophie de combattre contre la drogue, merci de "faire honneur" à votre fils, et à tous les autres adolescents qui sont morts à cause de cette M****, merci d'avoir fait cette conférence.


Tout d'abord un grand MERCI Sophie qui nous a beaucoup touché par son témoignage. Il était vraiment très convainquant. Je la félicite pour le combat qu'elle mène et qu'elle continue comme ça.


Moi j'ai 13ans et je suis en classe de 3ème. Je n'ai jamais été sollicité par des jeunes pour en consommer et je ne connais personne autour de moi qui en consomme. Le discours que je leur tiendrais maintenant sera le même que Sophie.
Juste une dernière question: est ce que quelqu'un qui fume la chicha est de la drogue?
Merci


Bonjour Sophie, et merci pour votre venue dans notre lycée.
Votre conférence ma beaucoup touchée, ce que vous avez dit sur la drogue, l'alcool, et le tabac m'ont vraiment ouvert les yeux sur les dangers qui s’ensuivent.
Aussi les témoignages de personne qui ont pris goût à ce produit presque mortel, m'ont donné un autre regard sur ce que vous aviez dit, comme des preuves pour soutenir ce que vous affirmiez.
Je vous remercie pour cette conférence plutôt émouvante et renversante.
Une élève de 3eme I .


MERCI
Chère Madame DAOUT
Je souhaiterais vous remercier pour la fabuleuse conférence que vous avez donnée mardi après-midi !
Vous avez un don visiblement pour intéresser les gens, 2 heures ce n'était pas assez malheureusement !
Je pense que se serait bien de faire éclater votre parole encore plus fort, au niveau de l'était car les lois sur les drogues ne sont pas assez respecter au niveau des collèges et lycée !
Sincèrement je vous remercie de tout cœur j'ai beaucoup apprécié et je voudrais souligner votre courage de venir parler de sa a des classes entières !
Je l'espère à très bientôt


Bonjour je suis XX de 3°A de FENELON vous avez reçu ma classe Mardi matin .
Tout d'abord je tiens encore une fois à vous remercier pour tout ce que vous nous avez dit et  je pense que ça en a fait réfléchir plus d’un. La drogue est à portée de main et grâce à des personnes comme vous la drogue est de plus en plus loin. Vous êtes vraiment, vous et les personnes qui vous ont accompagnée (je ne me rappelle plus à vrai dire de leurs noms) des personnes formidables.
Je n'ai pas réussi à trouver le forum de votre site « Jeunessesansdrogue » mais je tiens à garder contact avec vous. J'espère de tout cœur que vous arriverez encore et encore à sauver tous ces jeunes qui tombent dans la drogue je ne peux pas savoir à quel point être toxicomane est dur mais je ne veux même pas connaître ça et plein de jeunes grâce à vous l'ont compris .
Meilleures salutations


J'ai participé avec ma classe au témoignage de Mme Daoût, et honnêtement j'ai trouvé ça extrêmement enrichissant et très intéressent. On était tous touché par son témoignage, et je voudrais la remercier car ça nous aura beaucoup apporté.
Je ne connais pas vraiment de personnes en contact avec la drogue autour de moi mais si un jour je me retrouve dans une telle situation je repenserai à tout ce qu'elle nous a raconté.
Un grand merci .
3°I


J'ai moi aussi assistée au témoignage de Mme Daout avec ma classe. J'ai trouvé cela très émouvant. Je suis impressionnée par toutes ses personnes de l'association qui ont le courage de venir témoigner.
On nous dit souvent que la drogue c'est mauvais mais on nous montre jamais ce que cela peut vraiment nous faire, et tous les dégâts que cela cause.
Cette façon de nous l'expliquer est vraiment bien et je pense que cela nous fait réagir. On tout cas moi cela ma fait réfléchir.
Bravo!!!! Je vous souhaite pleins de courage pour votre continuation à tous.
élève de 3°I

Ces messages m’encouragent à continuer mon action.
Je pense qu’en les lisant, vous comprendrez pourquoi !
 

Sophie Daout, le 5 février 2010

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Vol.7 - No. 139

Rencontre avec le Président de la MILDT

Je retrouve un article paru il y a quelque temps déjà dans le journal « Valeurs Actuelles ». Il s’agit de l’interview de Etienne Apaire, le Président de la MILDT, ( la Mission Interministérielles de Lutte contre les Drogues et les Toxicomanies). Monsieur Apaire est en quelque sorte le Monsieur Drogues français.

Monsieur Apaire est un ancien magistrat alors que son prédécesseur était médecin. Il est très abordable.
J’ai eu l’occasion d’être à ses côtés lors d’une émission de télévision l’an dernier. Et je suis allée à Paris le rencontrer le mois dernier en qualité de Vice Présidente de la FNAPT (Fédération Nationale des Actions de Prévention en Toxicomanie). J’étais accompagnée du Président, de l’autre Vice-Président, et du secrétaire. Quand nous nous sommes présentés, il m’a dit en souriant : « Je crois bien que nous nous connaissons ! » Son accueil a été des plus chaleureux et nos échanges intéressants.

Je le retrouve bien au travers de ses réponses au journal.

Quelle mission vous a confiée Nicolas Sarkozy ?

Compte tenu de la situation très difficile concernant la consommation des drogues dans notre pays, le président et le premier ministre nous demandent de nous mobiliser et de “changer de braquet” dans la lutte contre la drogue ; c’est ce que je vais faire avec les ministères et secrétariats d’État concernés. Notre rôle, c’est de coordonner et de veiller au suivi de cette action et de ses résultats, dans le cadre d’un plan. Nous achevons actuellement le plan 2004-2008 et travaillons déjà sur le prochain en liaison avec nos partenaires européens.

Certaines associations, comme Act up, ont vivement critiqué votre nomination… Cela m’a étonné, car ils l’ont fait sans même demander à me rencontrer…
À croire, sans doute, que d’avoir travaillé avec le président de la République est, par nature, inconvenant. Ma porte n’en reste pas moins ouverte. C’est bien sûr une des missions du président de la Mildt que de recevoir et d’écouter tous les acteurs qui œuvrent dans le champ des toxicomanies : associations, médecins, pharmaciens, enseignants, mais aussi policiers, gendarmes, magistrats et diplomates. Cette diversité est à l’image de notre approche, qui entend respecter l’équilibre du triptyque prévention soins application de la loi.

Certains ont reproché à votre prédécesseur de privilégier les soins au détriment de l’application de la loi – c’est-à-dire des sanctions. Qu’en pensez-vous ?

Le fait que celui-ci était médecin a pu donner l’impression d’un petit “tropisme” en matière sanitaire. En ce qui me concerne, les choses sont claires: notre politique ne doit pas consister à encourager l’usage des drogues, et la façon dont on accompagne cet usage doit être strictement cadrée. La première des préventions, c’est de mettre en garde contre la consommation. Et le meilleur message, c’est de dire et répéter que les produits illicites, le cannabis, la cocaïne, l’héroïne sont des produits dont la consommation expose à des risques parfois très graves.

La France connaît un nombre record de consommateurs de cannabis .
Comment en est-on arrivé là et que proposez-vous ?

Concernant le cannabis, nous avions jusqu’alors des lois dures et des pratiques molles. La loi étant inapplicable pour des faits de consommation (jusqu’à un an de prison ferme et 3 750 euros d’amende), elle n’était tout simplement pas appliquée. S’est ajouté à cela une hausse considérable de l’offre. Résultat : une forte augmentation de la consommation, 5 millions de Français ont déjà fumé du cannabis, 1,2 million en consomment régulièrement et 500 000 quotidiennement. S’il n’est dans l’intention de personne de les envoyer en prison, il faut en revanche des sanctions adaptées, donc applicables, car il s’agit d’un délit: c’est l’objet de la loi sur la prévention de la délinquance du 5 mars 2007, qui modernise la loi de 1970 sur le cannabis en simplifiant la procédure et en permettant, entre autres, la création de peines appropriées, comme les stages sur les dangers de la drogue aux frais de l’usager interpellé.

La politique française dite de “réduction des risques” (privilégiant la lutte contre les risques sanitaires : distribution de seringues et de produits de substitution aux toxicomanes, notamment) va-t-elle être poursuivie ?

La politique de “réduction des risques” a été mise en place en 1996 afin de répondre à une situation dramatique, notamment une épidémie de VIH chez les usagers d’héroïne. Cette politique a été un succès puisque le sida a considérablement diminué chez les usagers de drogue injectable. Aujourd’hui, 100 000 personnes sont sous traitement de substitution (méthadone et Subutex), certaines depuis très longtemps.
Le gouvernement entend bien sûr poursuivre cette politique de réduction des risques, mais j’entends aussi renforcer l’idée selon laquelle la substitution n’est pas une fin en soi et qu’il faut en sortir. Nous allons ainsi ouvrir quatre communautés thérapeutiques visant à l’abstinence (sans drogues de substitution). Le mot sevrage ne me fait pas peur. La première réduction des risques, c’est la réduction des drogues.

Entretien réalisé par Arnaud Folch pour Valeurs Actuelles (n° 3699)

Voilà un interlocuteur avec lequel on peut échanger des points de vue et discuter. Il ne manie pas la langue de bois, il est à l’écoute, et ses principes de base et ses prises de position ressemblent aux nôtres. Il nous a reçus et c’est un progrès. Nous souhaitons longtemps encore pouvoir œuvrer à ses côtés.  

Sophie Daout, le 12 février 2010

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Vol.7 - No. 140

Pour rire un peu !

Pour l’avoir vécu au sein de ma propre famille, je sais combien le problème de la drogue est douloureux. Depuis mon entrée dans le monde de la prévention, j’accompagne au quotidien des familles dans la peine. Notre forum se fait aussi l’écho de souffrances incroyables, et je vous engage régulièrement à vous y rendre pour lire les témoignages et, pourquoi pas ? vous y exprimer aussi. Les titres de certains posts sont parlants : «Mamans fatiguées » ou « Faut-il mettre ma fille à la porte ? »
Le sujet est donc sérieux et je suis tout entière engagée dans le combat contre la drogue. Cependant, il est bon de pouvoir rire de temps à autre, et quand l’occasion s’en présente, j’avoue que je ne suis pas la dernière à m’en saisir. Aujourd’hui, c’est la chronique des faits divers d’un journal de province qui m’a permis de m’amuser.

Voilà de quoi il s’agit.
Tout commence par un appel à la police, Un particulier, habitant Pornichet, appelle le 17 pour « vol avec effraction » à son domicile. La victime prend en chasse les malfaiteurs, et, au cours de la filature, reste en contact téléphonique avec la police. Grâce aux renseignements qu’il leur fournit, une patrouille de la brigade anticriminalité repère les voleurs, et les interpelle avant de les conduire au commissariat.
Pendant le trajet, les énergumènes reconnaissent les faits tout en donnant une version un peu différente de celle du plaignant Oui, c’est vrai, ils sont allés chez le plaignant, oui, ils sont entrés par effraction, mais en fait, ils venaient simplement pour récupérer leur dû. En effet, la victime leur devait de l’argent, la somme de 200 euros.
Ils se sont donc remboursés, non pas en monnaie, mais en volant 158 g de cannabis et 44 g d'herbe. Ils avouent aussi avoir dissimulé l’herbe chez un copain. Evidemment, forts de ces renseignements, les policiers décident de perquisitionner l’appartement de l’ami complaisant. Le tuyau est bon puisque les policiers retrouvent l’herbe entreposée. Soudain, la sonnette de l’appartement retentit, et l’un des policiers accueille deux nouveaux arrivants, en fait deux clients du cambriolé. Pas de chance, ils ont eux aussi de l’herbe dans la poche !

Décidément, il y a des jours où rien ne marche !

Les policiers retournent donc avec tout ce petit monde au commissariat, pour y retrouver la victime ….en train de déposer plainte pour cambriolage ! En fait, une visite dans son appartement permet de découvrir tout le matériel pour cultiver la marijuana.
Au final, cinq personnes, plus le plaignant, ont été interpellées et placées en garde à vue. Rejoignant. au commissariat la victime, « celle qui croyait au 17 ».

Si bien que ce pauvre homme qui croyait au 17, qui espérait en la justice et qui voulait récupérer son bien se retrouvera au tribunal aux côtés des cinq autres !

Ce billet me met en joie !
Pas vous ?
 

Sophie Daout, le 19 février 2010

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