Dans notre forum, nous trouvons parfois un petit trésor, comme celui-ci qui nous a été écrit par Romain. Romain s’est choisi le pseudo de « Je vais vivre ». Pourquoi ? Simplement parce qu’il a décidé de se séparer de la drogue, cette drogue qui justement l’empêche d’être et d’exister.
En lui, il y deux personnes, lui, Romain, tel qu’il est, et puis l’autre qui squatte en lui mais qui n’est pas lui, un étranger qui l’habite parfois..
Voici ce texte en forme de poème :
Cet intrus me ressemble à s'y méprendre.
Moi,
Moi, je vis le présent et j'envisage des jours meilleurs.
Il ne respecte rien !?
un corps que systématiquement je m'applique à reconstruire.
Le temps passe et je vais de mieux en mieux,
Je ferme,
Et je me sens bien, et je me sens fort.
J'ai appris à me méfier de lui.
Parce qu'aujourd'hui je sais,
Aujourd’hui Romain semble bien avoir gagné son combat contre ses démons. Voici son bilan actuel :
En effet les cravings me font cet effet là, comme si ce n'était plus moi, comme si mon conscient laissait sa place à un autre, et sur le moment, bien sûr, je n'en ai pas conscience puisque je ne suis plus là !
Alors quand ce n'est pas moi qui habite ma tête, on peut toujours essayer de me raisonner, mais je n'entends rien puisque je ne suis plus là !»
Qu’est-ce qu’un craving ?
La dépendance psychique est un besoin irrésistible de consommer une ou plusieurs substances. La personne sent alors qu'elle ne peut plus s'en passer ; elle consomme donc non pas par plaisir, mais parce qu'elle en éprouve le besoin ( dans des situations de stress, peur, peine, angoisse etc. ). Une personne en état de dépendance psychique a du mal a maîtriser sa consommation.
Mais, et quoi qu’on en dise, c’est bien la dépendance psychologique qui est la plus terrible. Elle « est juste là, derrière la porte, toujours prête à sauter dessus. », comme l’explique Romain. Elle est la cause des rechutes car elle s’impose en dépit de la volonté et du désir de s’en sortir du sujet.
Il est stupide de distinguer la dépendance physique de la dépendance psychique et d’établir une hiérarchie, la première étant censée être plus grave que la seconde. Nous ne sommes pas faits d’un corps et d’un esprit séparés. Nous sommes un, corps et âme, inséparables..
Il a écrit ces phrases, explique-t-il, « afin d'essayer de faire comprendre que le toxicomane peut difficilement se passer d'aide ».
Par moment quelqu'un d'autre habite ma tête,
et je sais qu'il se drogue.
J'apprends chaque jour à me méfier de lui.
Je suis toujours en forme, plutôt heureux, même souriant,
alors que cet abruti succombe cycliquement dans un même piège.
Lui? c'est un squatter de cerveau et il ne vit que dans l'immédiateté,
un putain de drogué.
A son départ, il ne me laisse qu'un squat minable,
Je me prends à croire que l'intrus ne reviendra plus.
j'utilise toutes les clefs,
j'interdis tous les accès;
bref, je m'arrange pour me barricader !
L'intrus ne me squatte plus.
j'ai arrêté d'imaginer que je l'avais chassé à tout jamais.
Oui je sais, il est juste là, derrière la porte, toujours prêt à me sauter dessus.
«Toxicomane je le serai toute ma vie, je l'ai compris.
Alors j'ai claqué la porte et si cet intrus s'amuse à essayer de forcer l'entrée, Bah, il est très mal tombé, parce que non seulement je suis plus fort qu'avant, mais en plus, je ne suis plus seul, ma famille mes chiens et moi nous y mettons tout notre poids.
D'ailleurs parfois" mon moi " revient, c'est un peu comme si j'avais été somnambule, je me réveille et je me demande ce que je fais là
Je fais demi-tour aussi sec en remerciant le ciel d'avoir repris conscience avant la rechute.
C’est «une impulsion irrésistible envahissant le sujet lui donnant le sentiment que seule une reprise de son addiction lui apportera le soulagement ».
Autrement dit, c’est la dépendance psychologique que l’on oppose parfois à la dépendance physique des héroïnomanes, celle qui cause des crises de manque terrible lors des sevrages, par exemple.
Quant à la dépendance physique, elle apparaît lorsque la personne développe une tolérance, c'est-à-dire que son corps s'habitue à la substance et qu'il lui faut de plus en plus pour atteindre les effets souhaités, De plus, l'arrêt de la consommation de la substance provoque des réactions de sevrage (état de manque) telles que des tremblements, des sueurs, des nausées et des vomissements, douleurs, angoisse, insomnie.
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