Archives 2003
Chronique 01
Chronique 02
Chronique 03
Chronique 04
Chronique 05
Chronique 06
Chronique 07
Chronique 08
Chronique 09
Chronique 10
Chronique 11
Chronique 12
Chronique 13
Chronique 14
Chronique 15
Chronique 16
Chronique 17
Chronique 18
Chronique 19
Chronique 20
Chronique 21
Chronique 22
Chronique 23
Chronique 24

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3 janvier 2003 - Chronique 01

Pour cette première chronique, j’avais envie de partager avec vous, un texte sur lequel je suis tombée par hasard sur le net, la souffrance. Ce mot qui touche tout être humain, peu importe l’âge, le sexe, la religion ou le statut. Un mot composé de dix lettres, mais qui a tant à dire… 

Souffrance, quand tu prends le contrôle de la vie 
Tu es sans pitié et tu dévores l’énergie, qui devrait te combattre 

Tu es une compagne souvent trop présente 
Dans la vie des petits et des grands 
Tu monopolises l’attention et tu suscites tant de questions… 

Tu te fais invisible, toujours prête à attaquer 
Tu fais mal lorsque l’amour s’en va, 
Tu fais mal lorsque le corps se défend plus, 
Tu fais mal lorsque le cycle de la vie se termine, 
Tu fais si mal quand tu te glisses entre les parois du cœur. 

On essaie de t’apprivoiser mais tu es difficile à comprendre 
et encore plus à aimer… Tu n’annonces jamais ton arrivée 
parce que tu te sais indésirable mais, un jour nous inventerons un mot magique qui t’effacera de la surface de la planète et ce jour–là, sera un jour d’allégresse et de victoire! 

Qui que tu sois et où que tu sois, toi mon ami, si tu souffres dans ton cœur ou dans ton corps j’enveloppe ta souffrance dans une écharpe de dentelle cousue avec le fil de l’espoir d’un demain libre. (Auteur Veloutine) 

En ce temps des fêtes, je vous souhaite paix intérieure et sérénité! 

Iza-bel


[HAUT DE PAGE]










17 janvier 2003 - Chronique 02

Pour continuer sous le thème de la souffrance, j'aimerais vous poser cette question. Avez-vous déjà pensé à son remède? 

La nier, la cacher ou tout simplement faire l’impossible pour l’oublier. Tout cela n’est que de la fuite. Certes, ça allège pour quelques instants, mais combien de fois vous retombe–t–elle en pleine figure, sans que vous vous y attendiez! Un mot, une parole, une chanson et elle revient inévitablement pour danser à vos côtés. Plus on la fuit et plus elle nous rattrape. Son attraction est aussi puissante qu’un aimant. Alors nous tombons de fatigue, nous pleurons, crions, pour trop souvent finir par nous apitoyer sur notre sort. Nous finissons par croire que nous avons mérité ce qui nous arrive et nous abandonnons… nous souffrons en silence… 

Alors comment la repousser? Quels sont les premiers pas pour sortir de cette noirceur qui nous enveloppe et qui nous étouffe? Elle n’est pas toujours visible pour notre entourage, mais elle nous dévore si fort de l’intérieur! 

Je crois que d’abord et avant tout, il faut en parler. Briser l’isolement qui tapisse les murs de notre vie. J’ai eu la chance merveilleuse d’avoir Lee à mes côtés, pour entreprendre une démarche vers le pardon. En lui ouvrant mon cœur, en me permettant d’être moi et de réaliser les dégâts causés par mes parents, j’ai ainsi constaté la force de mon impuissance. 

Oui, j’étais impuissante! Je ne pouvais rien changer à ce qui m’était arrivé. Les "j’aurais dû" et les "si j’avais su" ne me servait plus à rien… 

À suivre... 

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

24 janvier 2003 - Chronique 03

La semaine dernière, je vous parlais de mon impuissance. Oui, j’étais impuissante! On m’avait fait mal et je ne pouvais rien faire pour changer la situation. Mise à part… de pardonner. C’est là que la prière de la sérénité prend tout son essor… 

La colère, la culpabilité, la honte, la rage étaient mes amis depuis trop longtemps. J’avais besoin de me retrouver et surtout de retrouver cette liberté d’être moi. Je n’en pouvais plus de traîner ces énormes boulets à mes pieds. 

Alors, j’ai entrepris le chemin du pardon. Et la première personne à qui j’ai offert mon pardon, fut moi. C’est en me pardonnant que j’ai pu laisser de côté cette amie qui porte le nom de « culpabilité ».

On dit que pardonner, c’est oublier. Mais peut–on vraiment oublier? Je n’y crois pas. Même en réussissant à fermer cette plaie et faire en sorte qu’elle arrête de saigner, il en restera toujours une cicatrice. J’ai appris à vivre avec celle–ci…

Et c’est en entreprenant une démarche vers le pardon pour ma mère, accompagné cette fois-ci de Lee, que j’ai pu constater que j’avais pardonné à mon paternel.

Merci à toi, Lee, de ce merveilleux cadeau et pour tout le temps et les efforts que tu as investis dans cette démarche avec moi. On aura fait d’une pierre, deux coups! C’est vraiment le plus beau cadeau que l’on puisse se faire à soi-même, tu avais bien raison…

Iza-bel


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

31 janvier 2003 - Chronique 04

Survivre à l’inceste…

À dire vrai, si on m’avait dit un jour, que j’en survivrais et que j’en retirais de précieuses leçons, j’aurais bien gentiment envoyé balader mon interlocuteur! Comment survivre d’une telle blessure dans l’âme?

Durant tout le temps où j’ai vécu cet abus, mon pire ennemi fût le silence. Je me faisais tout un devoir de garder bien férocement ce gros secret! Il le fallait!!! J’avais si peur de ce qui aurait pu arriver si quelqu’un savait…

De toute façon, qui m’aurait cru? Et si on me croyait, j’allais passer pour qui? C’est bien simple, je me sentais comme un gros déchet. Il m’avait souillé de la pire façon qu’on pouvait imaginer… Rien ni personne maintenant ne pouvait enlever les traces de tous ces gestes posés sans réfléchir.

Comme j’acceptais de ne rien dire, c’est un peu comme si j’avais été complice de son immoralité. Un peu comme si je lui avais dit : "O.K., je ne dirai rien". Comprenez-vous mieux maintenant l’ampleur que prenait la culpabilité dans ma vie? Mon silence lui permettait de recommencer et mon âme se mourrait à petit feu de vouloir lui crier si fort… NON!

Aujourd’hui, avec du recul, je vois les choses différemment. Mais du temps où je portais les chaussures de victime, ma vie tourbillonnait dans tous les sens et je ne voyais pas le jour, où tout allait pouvoir enfin redevenir "normal". Je vivais l’enfer sur terre et le prix a payé pour avoir un toit et de ne pas me retrouver à la rue, fût ma virginité…

Iza-bel


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

7 février 2003 - Chronique 05

Dans les chroniques précédentes, je vous parlais de culpabilité, de honte de rage et de silence. La semaine dernière, je vous laissais sur le prix que j’ai dû payer pour conserver un toit sur ma tête.

Après réflexion, je me suis demandé lequel avait bien pu être le pire à vivre dans tout ça? D’avoir gardé le silence? D’avoir ressenti la honte? De m’être sentie si coupable? Ou bien d’y avoir perdu ma virginité?

J’ai constaté que le pire d’entre tous, celui avec lequel j’ai encore de la difficulté à vivre, est le rejet. Rejet de mon père, additionné de celui de ma mère. Si vous saviez comme je déteste ce mot de cinq lettres!!! C’est le message que je retiens de mes relations avec eux.

Toute ma vie, je devrai vivre sans avoir à mes côtés la présence d’un père, un vrai! Jamais je ne connaîtrai le réconfort que peuvent procurer les bras d’un papa aimant. Celui qui aurait dû me protéger de tout, était devenu mon principal destructeur.

Comment allais-je pouvoir avancer ma vie? La petite fille blessée en moi, voulait avoir un papa à elle. Et elle ne comprenait pas, pourquoi elle n’y avait pas droit.

Aujourd’hui encore, je marche avec cette foutue réalité! Mon père est vivant, mais je suis quand même orpheline. Car, il est claire pour moi, qu’il a arrêté d’être mon père, le premier jour où il a posé ses mains sur moi. Il y a de cela maintenant, presque 20 ans…

J’apprends donc à vivre avec cette séquelle, qu’est le rejet. Mais sachez que ce n’est pas toujours facile, de bercer cet enfant privé de l’amour paternel.

À la semaine prochaine…

Iza-bel


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

14 février 2003 - Chronique 06

Je poursuivrai donc, avec le sujet, qui je l’avoue me déplaît beaucoup, le rejet. 

Je vous invite à lire les chroniques précédentes, afin de comprendre le cheminement de ce partage.

Face à cette réalité que fut la mienne, et évidemment par dépit, je me suis retournée vers celle, en qui je croyais pouvoir enfin obtenir support et soutien, ma mère. Plus que jamais, j’avais besoin d’elle. L’espoir d’un vivre enfin un rapprochement était maintenant présent. Du moins, je l’espérais… 

J’étais convaincue, qu’à ces côtés, j’allais pouvoir guérir la petite fille blessée en moi. Ne dit-on pas qu’il n’y a rien de mieux qu’une maman pour vous consoler et vous aimer?

Hé non! pas la mienne. Je devais avancer, sans avoir à mes côtés, cette maman que j’espérais tant! L’homme qu’elle avait choisi pour être mon père, m’avait détruite et laissé là, en mille morceaux… Comme si ce n’était pas suffisant, elle m’abandonnait à son tour.

Laissez-moi vous dire que la confiance et l’estime de moi, venaient d’en prendre pour son rhume! Je n’avais pas des parents protecteurs, mais plutôt destructeurs. J’en ai laissé versés des larmes de "pourquoi?" et de désespoir. 

Je ne comprenais pas. Et aujourd’hui, malgré le fait que j’y survie, je ne comprends toujours pas pourquoi!!! Je dois faire face à cette réalité fort désagréable et surtout une réalité que je n’ai pas choisie, me battre seule pour survivre…

Iza-bel


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

21 février 2003 - Chronique 07

Je débuterai cette semaine en vous demandant, avez-vous passer une belle St-Valentin? Cette semaine, je fais relâche de la souffrance. Parlons d’amour…
Un mot doux, des fleurs, des chocolats ou même une sortie, ont-ils agrémenté cette journée?

Moi, j’ai reçu des fleurs de mon conjoint. Un beau gros bouquet comme je les adore! Pour quelques jours, il illuminera ma cuisine et je profiterai de chaques secondes libres pour en humer son parfum.

Les enfants nous ont confectionnés de jolies cartes pleines de cœur et d’amour. Mignons comme tout ces deux-là!

De mon côté, j’ai offert des petits chocolats aux trois trésors de ma vie. Les plus spéciaux étaient ceux de mon conjoint, qui étaient enveloppés individuellement d’un petit mot d’amour.

C’est bon de prendre un moment et de profiter des belles choses que la vie apporte. Il n’y a pas que la souffrance qui nous fait grandir, l’amour aussi. Ça commence par une petite semence, qui bien entretenue, laisse voir ses couleurs et ses saveurs… Humm que c’est bon!

Aux trois trésors de ma vie et à ceux qui côtoient ma vie et qui sont très chers à mon coeur, je profiterai de cette chronique pour vous dire…

Je vous aime!

Sans vous tous à mes côtés, je ne serais pas celle que je suis. Merci d’être là et de contribuer tous à votre façon, à mon petit bonheur quotidien!

Iza-bel xx…

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

28 février 2003 - Chronique 08

Cette semaine, après ce petit intermède d’amour, j’aimerais poursuivre avec vous, sur l’abandon et le rejet. Deux mots si semblables, si…

Ils forment vraiment toute une paire ces deux-là. C’est vrai! L’un ne va pas s’en l’autre. On ressent fortement le rejet lorsqu’on nous abandonne. Et pour l’avoir vécu, de mon père et de ma mère, laissez-moi vous dire, que j’ai bien ressenti leur intensité! Ils se sont nichés jusqu’au plus profond de mon âme.

Il en résulte quoi? Un immense sentiment d’impuissance. Peu importe, ce que j’ai fait ou j’aimerais faire pour pouvoir sentir, un jour, une heure ou simplement une seconde, l’amour de mes parents, ce moment n’arrivera jamais. L’enfant en moi ne doit plus attendre. Avec tout ce qu’ils ont fait, on m’a bien signifié qu’on ne voulait pas de moi. Alors, que puis-je y faire…

On m’a souvent dit que mes parents m’aiment à leur façon. Mais, c’est quoi cette façon???
Aujourd’hui, je vis ma vie en étant heureuse malgré cette immense écorchure. Il va dans dire, que mon équilibre se renforce au fil des jours, mais il n’en demeure pas moins fragile…

Je serai toujours de celles, qui versera une larme, devant les gestes d’affections posés spontanément, d’un parent à son enfant. Surtout venant d’un père, qui dans un élan de fierté, enlace sa fille. Cette corde de mes émotions sera à jamais sensible.

Iza-bel xx…


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

7 mars 2003 - Chronique 09

Cette semaine, j’aimerais vous part de ma réflexion, concernant un article sur lequel je suis tombé dans le journal, la semaine dernière. On y parlait d’un père qui a abusé sa petite fille de 5 ans. J’ai soupiré… en me disant "Merde, pas encore une fois!"

L’homme en question a subi son procès et a obtenu une sentence de 26 mois de prison. Enfin un peu de justice sur cette terre! C’est bien peu à comparer à la sentence à vie, avec laquelle la petite devra vivre, mais je commence à y voir un peu d’espoir. Enfin un juge qui porte dignement son costume!

On ne puni jamais assez ses hommes. Ils prennent tout et brisent tout et s’en tire trop souvent avec des poussières face à la justice! Pour ne pas dire, avec rien finalement. C’est d’un ridicule incroyable! Quand on pense que des hommes vont en prison pour simplement ne pas avoir payer leurs contraventions!!! À quand la justice dites-moi?

Dans mon cas, j’y ai fait appel aussi. La sentence de mon père fût 6 mois de travaux communautaires, 2 ans de probation et l’interdiction de me voir. Wow toute une sentence pour avoir brisé mon enfance! La raison, il avait une famille (sa deuxième) à faire vivre. On ne pouvait laissé sa femme, madame la deuxième, seule pour subvenir aux besoins de ses petits rejetons! Stupidité!

Finalement, l’important dans tout ça, c’est que le silence fût brisé à jamais. C’était comme si j’avais crié haut et fort, qu’il avait abusé de moi et que la justice avait reconnu ce fait. Elle venait de poser une étiquette de père incestueux, sur le front de mon père.

À mes yeux, ce fût un geste important cette reconnaissance. J’en ai retiré une profonde satisfaction personnelle. C’était mes premiers pas vers le jour de ma guérison.

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

14 mars 2003 - Chronique 10

Pour débuter, j’aimerais souligner l’événement de ma semaine. Mardi passé, c’était l’anniversaire de mon petit homme. Déjà 7 ans! Ouf! Je viens de prendre un "p’tit coup de vieux là!"

J’adore ce petit garçon aux yeux si bleus et au sourire si espiègle! Nous le fêterons ce samedi, avec une ribambelle d’enfants, de cadeaux et de surprises! Une autre belle journée qui s’ajoutera dans le tiroir nos souvenirs…

Revenons maintenant à nos moutons. La semaine dernière, je vous entretenais sur un homme qui a écopé de 26 mois de prison. Cette semaine, à la télé ou dans les journaux, on apprenait le verdict de Rénald Côté. Ce père ayant abusé de sa fille Isabelle pendant de nombreuses années, a finalement vu sa sentence tombée, 14 ans et 5 mois de prison.
Assise là, devant mon ordinateur, j’éprouve une certaine difficulté à savoir si j’en suis contente ou pas. Une partie de moi crie "victoire!", car enfin y’en a un qui va croupir quelques années derrière les barreaux!

Cependant, l’autre partie de moi reste amère. Quatorze ans dans une vie c’est quoi?! Surtout qu’il n’aura qu’à purger la moitié de ces années! Il l’a plus que détruite, elle a souffert jusqu’à en mourir. Les mots me manquent devant cette triste réalité que fut celle de cette fille. Ça me dégoûte tellement!

Je reste avec une question qui ne cesse de vagabonder dans ma tête. Quelle serait la meilleure sentence pour punir un tel geste? Une punition qui serait à un point telle, que l’homme éprouvant cette envie, se retienne parce qu’il a peur, vraiment peur…
Je laisse vos pensées vagabonder sur le sujet… et je vous reviens la semaine prochaine.

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

21 mars 2003 - Chronique 11

Syndrome de la feuille blanche…

Je suis assise face à elle, depuis bientôt quelques heures et je n’arrive pas à savoir de quoi je vais vous entretenir cette semaine.

Mes idées balancent entre la guerre, cette maudite guerre, qui a débuté il y a quelques jours, le deuil d’un site internet que j’aimais beaucoup et des rencontres fort intéressantes que j’ai fait dernièrement.

Disons qu’au sujet de guerre, je serai brève. Quelle bêtise humaine tout ça! Je ne connais pas les vraies raisons qui se cachent derrière tout ça, mais nous avons là, un bel exemple, de jusqu’où peut aller l’homme pour se détruire. Cette fois, le reality show est fort désagréable à regarder. On est bien loin de Star Académie!

Quant à mon deuil, récemment, je collaborais à un autre site d’entraide en y faisant de la correction de textes. Les partages et les échanges vécues sur ce site ont beaucoup remplis mes valises. Samedi dernier, j’ai pu rencontrer les autres bénévoles du site, avant sa fermeture. Rencontre inoubliable!

Lors de cette rencontre, des liens d’amitiés se sont tissés spontanément. Entre autre, une femme dont la fille a aussi été victime d’inceste. Si nous avions pu, nous aurions placotter durant des heures.

Nous avons prévu nous revoir elle et moi. Ainsi, je pourrai partager avec vous les sentiments vécus par une mère, dont la fille a été abusée. Une autre facette à découvrir… J’imagine fort bien le désarroi d’une mère lorsque celle-ci apprend qu’on a touché à sa fille. Pire qu’à soi-même selon moi.

Je vous laisse maintenant, devant cette supposée feuille blanche, qui finalement a bien accepté l’encre de ma plume. Merci à vous de m’avoir lu.

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

28 mars 2003 - Chronique 12

Se faire justice soi-même?

Afin de pousser un peu plus loin ma réflexion, quant à la sentence que pourraient avoir ces hommes qui abusent des enfants, j’ai posé la question à quelques personnes de mon entourage.

Bien souvent, les gens me répondent, qu’ils se feraient justice eux-mêmes. Ils seraient capables de tuer. Ils seraient tous prêts à payer le prix d’aller en prison et ce, pour plusieurs années, et ainsi rendre justice d’un tel acte. J’avoue, que mes propres pensées "flirtent" dangereusement avec cette option, si quelqu’un osait toucher à un seul cheveu de mes enfants.

Pour eux, le pire crime que l’on puisse commettre est de toucher à un enfant. Assouvir ses plus bas instincts ou sa colère en le frappant, n’a pas sa raison d’être. C’est un crime de voler ainsi l’enfance…

Après mûre réflexion, je me suis dit, que même si on se ferait justice, est-ce que ça réparerait le mal qui est fait? Évidemment pas! La seule chose obtenue de tout ça, c’est la vengeance, rien d’autre. Satisfaction de courte durée.

La blessure… cette immense blessure, n’en sera pas guéri pour autant. Long est le chemin pour retrouver l’équilibre et la paix intérieure. Seul le pardon peut faire que l’on survive. Je sais, que certains diront que c’est impardonnable, mais le pardon est pourtant nécessaire pour mieux vivre dans son corps, dans sa tête, dans son cœur et dans son âme. Et ce pardon, il faut d’abord et avant tout, se l’accorder à soi-même.

Je vais y revenir sur ce sujet qu’est le pardon. Je vous partagerai même quelques-uns de mes écrits et de mes pensées de cette longue expédition, où j’ai marché main dans la main avec Lee… ma chère Lee!

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

4 avril 2003 - Chronique 13

Partages à venir…

Cette semaine, je vais vous faire mention, de ce dont je vais partager avec vous dans mes prochaines chroniques.

Pour débuter, suite à la réception et à la lecture de confidences d’une lectrice, des choses ont rejaillit en moi. J’aurais aimé vous partager ces écrits, mais à sa demande et par respect pour elle, je ne peux le faire. Peut-être un jour, quand elle sera prête. Par contre, je vais partager ce que ma plume a versé et ainsi m’ouvrir un peu plus à vous.
Je mettrai de côté ma méfiance pour faire place à la confiance. Par le passé, lorsque j’arrivais à m’ouvrir, je devenais vulnérable et des personnes proches de moi en ont profités pour me faire du mal avec ce que je leur confiais.

J’ai par la suite, tout simplement arrêté de me confier. Je me méfiais de tout le monde. Je m’étais réfugiée dans ma coquille et plus question d’en ressortir! Mais, maintenant, je crois être capable de m’assumer, du moins, je vais essayer. Un défi pour moi!

Par ailleurs, je suis à l’écriture de ma belle rencontre, avec la maman, dont la fille a été abusée. Ce sera fort intéressant de pouvoir lire sa vision dans ses chaussures de mère.
Beaucoup de boulot! Beaucoup d’encre à laisser couler! Le tout pour mieux partager et grandir. Et surtout, pour moins se sentir seule face à cette blessure.

N’oubliez jamais… parler c’est grandir! Je vous laisse avec ma petite pensée de la semaine :
"Faire ce que l’on aime, c’est d’être libre. Aimer ce que l’on fait, c’est d’être heureux! "
À la semaine prochaine!

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

11 avril 2003 - Chronique 14

Confidences…
(suite à la réception d’une correspondante)

Ma chère…,
Comment vas-tu? As-tu passé un bon week-end? Le mien fut des plus ordinaire, je dirais même assez triste. Je te raconterai ça un moment donné, car pour l'instant, j'aimerais te parler de la lecture de tes écrits et de ce que cela a fait rejaillir en moi.
Pour débuter, wow quel talent! Tu écris avec tant de profondeur... d'une sensibilité peu commune. J'aime beaucoup!

Faut avoir vécu cet abus pour pouvoir écrire de la sorte. Tes écrits portent en eux une telle lourdeur. Une souffrance portant le nom d'inceste. Ce mal qui tue l'enfance et l'innocence à la fois. Ce mal qui blesse bien plus que le corps... celui laissant sa marque dans le plus profond de l'âme. Plus rien n'est pareil par la suite. Tout prend une couleur si différente...
En te lisant, je repensais à tous ces endroits obscurs qui encombrent les murs de ma mémoire. C'est à ces endroits que j'y ai laissé mes pleurs, mes angoisses, mes cris et toutes ces images que j'aimerais tant oubliées... Plus je te lisais et plus je les sentais vouloir m'envahir à nouveau. Elle venait frôler ma peau, comme jadis ses caresses que j'ai tant voulu repousser...

Dans ces endroits obscurs, j'y ai laissé aussi toutes les phrases perverses qu'il a murmurées, tout comme ses gémissements de plaisir procurés contre mon gré. Tant de fois j'aurais voulu que son haleine n'ait pas d'odeur... Tant de fois, j'ai fermé les yeux pour éviter ce regard qui me désirait et auquel je voulais si ardemment fuir. Pourquoi était-ce sa seule façon de m'aimer??? Mon âme s'en retrouve tellement meurtrie depuis. Plus jamais je ne porterai les chaussures de cette fillette belle et innocente, qui était moi! Oui, qui était...
À suivre…

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

18 avril 2003 - Chronique 15

Confidences…

Je vous partage les émotions ressenties, suite à un échange avec une correspondante. Suite de mes confidences de la semaine dernière.

Moi, si petite, si fragile... moi donc la mère avait abandonné sa petite poupée, pour la remettre dans ce monde pervers et bien malheureusement dans la gueule du méchant loup. Ce monde, où seul Lui tenait les règles... où seul Lui jouait avec plaisir...où seul Lui prenait... ce monde où Moi seule y perdais.  C'était sa "game" à lui, jamais la mienne! 
Plus il me touchait et plus mon âme se resserrait, afin de plus rien sentir. Mon âme déchirée n'avait eu d'autre choix que de se terrer dans le plus profond de moi-même. J'avais fermé la porte, sa porte. Ainsi, en oubliant qu'elle souffrait, j'arrivais presqu'à oublier que j'existais... 

Comment marcher ma vie sereine et équilibrée? Il m'avait piétiné l'âme et fouillé tous les coins et recoins de mon intimité. Ses doigts ont touchés chaque parcelle de mon petit corps. Il n'en a oublié aucun, il les a tous connus... 

Et cette fois, cette malheureuse fois où agenouillée, il m'avait enfoncé cette partie de son corps à lui, pour mieux jouir et laissé le fruit de son plaisir envahir mon visage et se mêler à mes larmes... Mon corps avait rejeté cet instant de toute ces forces!!! Même mon âme vomissait le trop de cette semence qui ne m'était pourtant destinée...

Et cette autre fois, où dans un instant de panique ultime, j'ai cru que cette même semence allait peut-être porté fruit dans le creux de mon si petit ventre. Jamais je n'aurais pu porté cet enfant conçu dans cette immoralité! Mon miroir n'aurait jamais supporter mon reflet si... si j'avais porté l'enfant de mon père!

J'étais piégée. Personne ne pouvait me sauver de cet être immonde! J'étais emmurée dans un si grand silence, que même mes cris demeuraient étouffés. La peur, la honte et la résignation étaient devenus mes amis. Seul le pays de mes rêves me permettait de ne pas sombrer dans la folie. J'y croyais fort. Je voulais y croire de toute mes forces, qu'un jour ce calvaire allait prendre fin. Et ce jour est enfin venu...

À suivre…

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

25 avril 2003 - Chronique 16

Confidences… (les dernières brides)

Enfin, on me sortait de cette prison sans barreaux. Une personne avait brisé ce silence maudit auquel j'appartenais. Cette personne avait eu la force et le courage de parler pour moi, moi dont la voix était éteinte. N'écoutant que son coeur, cette main tendue vers moi allait m'offrir la libération.

Et c'est à partir de ce moment, que plus jamais ses mains ou sa bouche ont touchés mon corps d'enfant. Son plaisir incestueux venait de prendre fin à tous jamais. Je reprenais enfin possession de mes mains, pour mieux enfouir mon visage devant cette immense culpabilité qui m'enveloppait. Elles étaient redevenues miennes, pour enfin essuyer les larmes de cet immense chagrin qui était mien. Mon champs de ruines était sans fin.

Voilà ce qu'à fait rejaillir tes écrits chère amie. J'ai eu envie de le partager avec toi, car je sais que tu peux comprendre ce qu'il y a d'écrit dans ces lignes et même ce qu'il ne l'est pas. Seuls ceux qui ont souffert de cet abus, connaisse cette effroyable brisure.
Je termine ici. Je vais laisser reposer mon âme, de cette marre d'encre laissée de tant d'émotions. Merci de partager tes écrits avec moi. Je me sens privilégiée. Mais à dire vrai, j'aurais cent mille fois mieux aimer te connaître, dans d'autres circonstances que dans celle-ci.

Bonne journée et bonne semaine à toi! Tu restes dans mes pensées...

Voilà. J’ai partagé avec vous, quelques secrets de mon âme. J’ai relevé mon propre défi, celui de mettre mon âme à nue, au risque d’exposer ma propre vulnérabilité. Malgré certaines craintes, je suis fière de l’avoir fait. J’avance ma vie…d’un pas de plus.
Pour conclure, je ne pouvais terminer sans remercier encore, cette chère amie qui a croisé mon chemin et m’a si gentiment tendu la main. Tu es de celle qui a et gardera toujours une place privilégiée dans mon cœur. Je t’aime Nanou! Je t’aime si fort. Amie un jour, amie toujours!

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

2 mai 2003 - Chronique 17

Nous voilà enfin rendu au mois de mai. Mois tant attendu! Ne reste qu’à espérer  que le soleil ne sera pas trop timide! Comme promis, je vais débuter le récit de ma rencontre avec une amie. Je la nommerai Sue, afin de conserver son anonymat.

Cette rencontre s’est déroulée chez elle. Dès mon arrivée, je m’y suis sentie bien. Belle et grande maison chaleureuse, tout comme cette femme qui se tenait devant moi. Elle habite un endroit paisible, où pendant quelques heures, j’ai cru vivre retirée du reste de la planète. Tout était d’une beauté et d’une tranquillité à faire rêver. À me faire rêver! Et pourtant, je savais que durant ce moment que nous allions partager, nous visiterions les endroits les plus obscurs de notre vie.

Nous avions déjà échangé à quelques reprises, sur les grandes lignes de nos histoires, via un autre site. Émue devant la transparence de mon témoignage, elle m’avait écrit pour me raconter que sa fille avait vécu la même chose avec son deuxième conjoint.

Celui-ci n’est pas le père de sa fille, mais peu importe, ça n’en demeure pas moins un abus sexuel. Peut-on nommé ça de l’inceste? Je ne sais pas. Mais à mes yeux, c’est la même chose. Ils n’étaient pas liés par le sang, certes, mais ils l’étaient par des liens morales. 

Dans nos premiers échanges virtuels, je me rappelle ces écrits déchirants et remplis de culpabilité. Sue s’en voulait terriblement de n’avoir rien vu de ce qui se tramait sous son toît. Comment aurait-elle pu deviner, puisque ce cher monsieur débordait d’attention à son égard! Mille et une attentions, mille et un cadeaux afin de bien voiler, ce que Sue aurait pu voir…

Imaginez alors sa fille, incapable de tout révéler à sa mère, sachant trop bien qu’elle briserait le beau bonheur de celle-ci à tous jamais! Prit dans le silence, la honte et les remords, elle n’avait eu comme choix que de subir. Dans ce monde de jeux interdits, seul l’abuseur à le beau jeu. Nous les victimes, nous n’avons qu’à suivre la règle, une seule règle…le silence.

Je poursuivrai la semaine prochaine, où assise toutes deux devant son foyer à griller une cigarette, nous avons ouvert la porte de nos jardins secrets.

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

9 mai 2003 - Chronique 18

Rencontre…

À peine étions nous assise devant ce beau foyer, que les portes de notre jardin secret s’ouvraient toutes grandes, sur les souvenirs de notre passé. Nos histoires se mélangeaient au gré du récit dans lequel nous étions plongées. Parfois, l’âme à nu devant nos émotions, seuls nos regards embués continuaient cet échange.

Dans ce que Sue me racontait, je fut très surprise du dilemme auquel elle a du faire face. Choix bien cruel pour une maman. Ma chère amie me racontait, que lorsqu’elle apprit que son conjoint abusait de sa fille, deux femmes ont jaillit en elle. La mère outrée et complètement désemparée face à ce que sa fille subissait et la femme jalouse qui se sentait trompée et trahi par une rivale, qui était sa progéniture.

Comment faire face à cette dure réalité, qui parfois lui donnait envie de ne plus revoir sa fille et que dans les secondes suivantes, l’envie que de la prendre dans ses bras pour la consoler était plus fort qu’elle? Les deux femmes en elle s’entremêlaient au fil de ses émotions. Prise entre l’envie d’hurler sa douleur de femme et de mère.

Je lui ai alors demandé comment elle avait fait pour assumer ce double rôle, aussi paradoxal! Elle m’a répondu que l’une d’elle devait mourir. Elle avait donc, tué la femme jalouse en elle, afin de laisser la mère s’occuper de sa fille. Ainsi, elle pouvait lui offrir soutien et support face à cette terrible épreuve. Elle lui avait tendu la main, celle du cœur. Devant cet élan d’amour spontané, mes yeux se sont embués. J’étais profondément émue. J’étais là, au bord des larmes, à me demander si sa fille savait à quel point elle avait de la chance d’avoir une maman si merveilleuse. Quel force et quel courage! J’étais pleine d’admiration pour Sue. Comme j’aurais aimé que ma mère m’aime autant. Ma réalité à moi fut bien différente. J’ai réalisé grâce à son récit, que moi, j’avais eu droit à la femme jalouse. Ma mère avait choisi de supprimer toute fibre maternelle à mon égard… La rivalité faisait partie de mon quotidien.

Ces dernières lignes sont bien triste, étant donné que c’est la fête des mères qui approche. Mais je tiens à souhaiter à toutes les mamans qui aiment avec un cœur aussi profond que l’océan, une très Joyeuses Fêtes des mères!
Pour cette occasion, moi, j’offrirai mes souhaits à Lee, ma chère et tendre maman adoptive. Celle qui m’a porté dans son cœur et qui m’y porte encore aujourd’hui. Je t’aime Lee.

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

16 mai 2003 - Chronique 19

Rencontre…

Suite à cette terrible découverte, Sue mit au courant le père de sa fille. Elle vivait une rage si intense, qu’elle avait décidé de poursuivre son deuxième mari. Elle pensait bien qu’elle aurait eu l’aide de son premier conjoint, le père de sa fille, mais ce ne fut pas le cas…
Son idée de poursuivre était pourtant bien ferme. Elle allait se battre, oh! oui et férocement, pour rendre un semblant de justice à ce que sa fille et elle avaient vécu. Elle entrepris donc les démarches.

Quand celles-ci fut entamées, le père de la petite l’a convaincu d’arrêter les procédures. Il ne voulait pas traîner le nom de la famille dans la boue. Oups! là je ne comprends pas! Je m’attendais à entendre l’histoire d’un père devenu fou de rage qui avait tué parce qu’on avait touché à sa fille et non. Il avait choisi de garder l’histoire secrète et ainsi donner tout son sens au mot tabou. Sa fille a cédé et Sue était folle de rage! En agissant ainsi, il devenait le complice de l’abuseur. Réaction assez surprenante de la part d’un père.

Les procédures ont tombé à l’eau, puisque la petite a fait fermer le dossier laissant ainsi s’envoler les chances d’avoir réparation. Sa crédibilité venait d’en prendre pour son rhume par la même occasion. Désolée pour la remarque qui va suivre, mais ça m’écœure au plus haut point! Je ne peux pas croire que l’on veuille garder le silence dans pareille circonstance. Protéger ainsi l’abuseur et faire un vilain pied de nez sur la blessure de sa fille. Oufff la moutarde me monte au nez!!!

Après cette énorme gifle et ce coup de couteau en pleine poitrine, Sue est allée passer quelques jours chez sa sœur. Elle avait besoin de s’éloigner afin de ramasser les morceaux de sa vie, qui s’étendaient sur tous ces planchers. La rage, le désespoir et la culpabilité tapissaient ces jolis murs d’autrefois. Tout était brisé maintenant. Sa vie conjugale, sa vie familiale, sa fille et elle même. L’image de cette vie, jadis si belle, venait de s’éclater de tout bord, tout côté. Et personne à part elle, ne voulait porter ses culottes d’adultes pour faire punir cet homme.

Où était sa porte de sortie? Non seulement existait-elle? Comment regarder son enfant en voyant dans son regard, le reflet de ses propres émotions?…

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

23 mai 2003 - Chronique 20

Journée spéciale…

Pour terminer de ma rencontre avec Sue, je retiens de cet échange, la réciprocité d’un amour sincère et profond entre une mère et sa fille, face à cette dure épreuve que fut l’inceste. Toutes deux, sont devenues mes amies, car j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer sa fille aussi. Des liens bien particuliers, je dirais même privilégiés se sont tissés entre nous. J’aurais toujours un immense plaisir à les voir et à partager avec elle…

Aujourd’hui, est un jour fort spécial. C’est l’anniversaire de ma toute belle. Du haut de ses 10 ans tout neuf, hé oui! 10 ans sont maintenant passés depuis le 23 mai 1993, 17h53, heure à laquelle cette charmante petite fille, quittait le nid douillet de mon gros ventre bien rond. Je n’oublierai jamais ce moment où ses petits yeux m’ont regardé, sans vraiment me voir. Et déjà, je l’aimais si profondément. Mon cœur chavirait à chaque fois que mes yeux se posaient sur cette petite poupée, si petite et si belle. Elle était parfaite des orteils au bout des cheveux!

Grâce à elle, j’ai appris et j’apprends à être une mère. Avec elle, j’apprends la vie sur toute ces facettes. Je sais ce qu’amour inconditionnel signifie depuis qu’elle fait partie de ma vie. Elle me rend si fière dans tout ce qu’elle fait. Elle est charmante et attachante. Et ce qui me plaît le plus chez elle, c’est son côté fonceur. Elle sait déjà si bien s’affirmer du haut de ses trois pommes et demi! Quand je la regarde, je vois en elle la petite fille que j’aurais aimé être.

Alors juste pour toi ma toute belle, bonne et heureuse fête! Profites-en bien et amuses-toi surtout! Je t’adore ma chatoune!
Pour les semaines à venir, prenez note que mes chroniques vous seront présentées aux deux semaines. Étant donné que l’été s’en vient à grand pas, je compte bien profiter le plus possible du beau temps que nous aurons. Je vous souhaite par la même occasion, de passer un bel été!

À bientôt…

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

30 mai 2003 - Chronique 21

Triste événement…

Cette semaine, fut une semaine très éprouvante. J’avance ma vie, mais plus difficilement. Vendredi soir passé, nous avons appris le décès d’un ami et collègue pompier, de mon conjoint. Je me revois encore devant ma fille, qui m’apprend la terrible nouvelle, en allant la chercher à l’école. J’ai senti mes jambes se ramollir et je n’arrivais pas à croire ce petit bout phrase sortie de sa bouche : "Maman, son papa s’est suicidé".

Comment cet homme au sourire si contagieux, avait pu décider de mettre fin à ses jours? Je ne comprenais pas. Qu’il soit mort en service, d’un accident ou par maladie, j’aurais mieux compris. Mais qu’il s’enlève la vie… je n’y crois pas encore. Tout simplement tragique.

Tout semblait si parfait pour ce couple. Dix-sept années de vécu dans leurs bagages, deux beaux enfants et tout ce qui fait de la vie, une belle vie. J’ai malheureusement compris encore une fois, que les apparences sont fort trompeuses!
Sa femme était partie depuis quelques semaines déjà et il encaissait bien mal cette rupture. Jeudi dernier, recevant les papiers de divorce, il a lancé la serviette et a décidé d’arrêter de souffrir et d’en finir… Abandonnant derrière lui, deux enfants qui l’adoraient.
Je ne peux juger ce geste désespoir. Je ne fais que sombrer dans la tristesse et l’incompréhension. La vie nous prend de court et nous secoue sans qu’on s’y attende… Certains diront que c’est lâche, d’autres diront que c’est courageux. Moi, je suis de celle qui reste muette devant une telle souffrance humaine.

À tous ceux qui l’ont connu et aimé, je leur souhaite bon courage. À ses enfants, seuls mes bras pourraient dire ce que j’ai envie de leur dire.

À toi, Michel, repose en paix. Veille sur tous ceux que tu as laissés marqués d’un immense chagrin. Puisses-tu les aider de là-haut, à poursuivre leur chemin, en aimant la vie comme tu l’as aimé…

La vie est belle. Mais j’avoue qu’aujourd’hui, elle me laisse un goût bien amer…

À bientôt…

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

20 juin 2003 - Chronique 22

Il a tiré sa révérence, la vie continue…

Suite à l’événement de la semaine dernière, j’ai accompagné mon conjoint aux funérailles. Les images laissées dans ma boîte à souvenirs sont imprégnées d’une tristesse indescriptible…

Je revois encore son fils, regardant le dernier lit de son père partir, s’effondrer en pleurs. Tous mes sens n’arrivaient pas à supporter ce triste spectacle qui se déroulait sous mes yeux. La seule pensée qu’alors j’ai eu à l’esprit fut, que si je pouvais donner ma vie pour que ce petit garçon retrouve son père, qu’on me l’enlève à l’instant…

J’aurais aimé pouvoir puiser en moi une force incommensurable et lui offrir afin de l’aider à poursuivre sa route avec ce vide immense dans sa vie. Je l’aurais serré si fort dans mes bras, si fort que ça lui aurait fait mal. Mon dieu que la vie peut être cruel parfois. Mon dernier cri… pourquoi???

J’écris souvent que l’on apprend nos plus belles leçons de vie dans les épreuves, mais je me demande encore, qu’est-ce que ce petit garçon à tant à apprendre? Que conservera sa petite âme du geste de son père? Une plaie qui demandera beaucoup de temps à guérir. Je sais qu’il y a réponses et ce sera à ce petit de les découvrir…

Face à l’épreuve, on peut fuir ou y faire face. Mais lorsque cette fuite est la mort, celle-ci prend le visage le plus horrible de la souffrance humaine.

Et la vie continue, laissant sur son passage de biens grosses réflexions sur elle-même. Je vous laisse sur une belle phrase entendue récemment dans un film.

"Mourir n’est pas un péché, mais ne pas vivre sa vie en est un…"

Vivez pleinement la vôtre et bonne semaine!

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 

4 juillet 2003 - Chronique 23

J’affronte ma vie…

Cette semaine, j’ai plus envie de vous dire que j’affronte ma vie, que j’avance ma vie. Je vis présentement une séparation avec mon conjoint. Séparation que j’ai choisis et non que je subis. Choix qui fut bien difficile à faire…

Dans nos bagages, 15 années de vie commune remplies de joie, de tristesse et tant de souvenirs. Tant de souvenirs resurgissent… La naissance de nos deux enfants. L’achat de notre demeure. Notre mariage, etc... Mon Dieu! Comment en sommes-nous rendus là?

Et dire, qu’il y a à peine un an, nous nous rendions tous les deux, heureux, à l’église pour unir notre destinée à jamais devant Dieu et les hommes. J’y croyais si fort! Enfin, j’épousais l’homme que j’aimais. Celui avec qui je me voyais finir mes jours. J’étais la femme d’un seul homme, lui. Je savais qu’il n’était pas parfait, mais je l’aimais. J’ai tant cru que cet amour ne se terminerait jamais et qu’il continuerait bien au-delà du temps…

Aujourd’hui, je me sens vide. Mon panier d’amour est vide. J’ai perdu toutes mes illusions. Fatiguée de ramer seule dans ma barque d’amour, j’ai laissé tomber les rames et je suis à la dérive… Nous sommes à la dérive! Qu’est-ce qui va nous arriver maintenant? Où notre bateau va-t-il finir par accoster? Je sais que nous allons survivre, mais aurons-nous l’envie de ramer à nouveau ensemble? Je ne sais pas. Lui le voudrait bien, mais tant de fois je lui ai demandé de le faire avec moi et il n’a rien entendu… Tant de fois oui. Puis-je croire maintenant qu’il le veut vraiment? Tant de questions… dont les réponses ne se trouveront qu’avec le temps.

Notre livre d’histoire en est-il arrivé au dernier chapitre? Et si c’était le cas, pourrons-nous fermer ce livre sereinement sans trop se blesser? Il le faudra pourtant. Nos enfants souffrent déjà de ne plus avoir leurs parents ensemble, il est d’une grande importance qu’ils ne paient pas plus cher le prix à payer. Nous serons toujours leurs capitaines même si nous avons abandonné le navire…

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]







 
 
 
 
 


 
Chronique 24

Reconquête…

En ce moment, c’est la tempête dans ma tête. Toutes mes idées se bousculent, dans une mer déchaînée, au point de ne plus être capable de définir quelle direction je dois prendre. Ça doit être ça que l’on appelle la confusion! Où s’en va le petit bateau de ma vie? Le vide que je ressens est aussi profond que l’océan…

En prenant la décision de me séparer, c’est un peu comme si j’avais arrêté l’écriture de l’histoire de mon livre. Et je me demande, de quoi seront écrites les pages blanches, qui se trouvent devant moi… Là, seule face à moi-même, je pars à la conquête de celle avec qui je vis tous les jours, sans pourtant la connaître, Isabelle.

J’ai avancé ma vie et réglé quelques écorchures de mon passé. Mais je découvre que certaines d’entre elles, n’avaient été que déposées, afin d’alléger mon fardeau. Aujourd’hui, elles me reviennent brutalement à la figure. On dit que les choses que l’on ne règle pas reviennent et reviennent toujours, c’est vrai. Aujourd’hui, je dois y faire face. J’ai un gros deuil à vivre. Mon chagrin est immense. Mais je veux évacuer cette peine qui m’empêche de m’épanouir…

Je profite donc, par le biais de cette chronique, mon intention de prendre du recul afin de me retrouver et de prendre soin de moi. Ce qui signifie, que je prends congé de mes chroniques pour un temps indéterminé. Je veux m’accorder cette pause afin de pouvoir mieux partager par la suite, les pas auxquels je m’apprête à faire.
Je vous souhaite donc un bel été! Profitez-en bien pour vous reposer et vous faire plaisir. De mon côté, je vous reviens lorsque ma plume aura envie de laisser couler de l’encre, sur ces fameuses pages blanches…

Iza-bel

 


[HAUT DE PAGE]






© Copyright 2004-1999 QLDNP1J
QLDNP1J
www.quandladrogue.com