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Quand la drogue n'est plus un jeu

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FÊTES DES MÈRES...

 «L'art de vivre heureuse dépend de notre adaptation aux circonstances»

Aujourd'hui, jour de la Fête des Mères, je célèbre tristement 1 an d'abstinence face à la présence dans ma vie de mes deux filles. Déjà 365 jours sans les voir, sans ressentir de contact physique entre mère et filles. Malgré tout, j'aimerais remercier mes amis qui ont eu la gentillesse de me souhaiter de passer une «Joyeuse fête des Mères».

La recette magique pour la réussite d'une meilleure journée n'inclus pas d'apitoiement car cette substance pourrait nuire à l'obtention du bonheur. Je vous présente quelques phrases qui dictent ma voie et qui me libèrent de mon inconfort : Pour cultiver la sérénité, il faut semer l'espoir avec l'aide de Dieu. Pour se réaliser à sa pleine mesure et découvrir ses capacités, il faut s'aimer. Pour se comprendre soi-même, il faut guider ses pas en prenant un recul sur les actes posés. Pour ne pas céder à la panique, il faut se battre pour diriger ses énergies dans la bonne direction. Pour mener sa vie avec mesure et équilibre, il faut repousser la panique sans chercher à justifier son passé. Pour être heureux, il faut trouver des solutions qui n'aggravent pas la situation et qui permettent de planifier son rétablissement personnel.

À travers ce morceau d'arbre recyclé, je laisse aller mon impuissance dans mon rôle de mère. À travers mes écritures, je soulage mon inquiétude et ma colère face à la toxicomanie grandissante de mon enfant. Le soulagement ressentis grâce à cette approche me permet d'accepter les conséquences néfastes provoquées par sa consommation. Ma réalité face à sa dépendance se mesure par la solitude que je vis en ce jour de la «Fête des Mères». Une pensée persiste en mon for intérieur, aura-t-elle le courage de venir me visiter et d'affronter mon désarroi ? Toute la journée, je planifierai dans mon imaginaire les gestes à poser pour fuir cette possibilité ou pour réagir spontanément et sainement tout en respectant nos limites face à sa maladie.

Je change pour le mieux et le monde autour de moi, commande par leur encouragement, une attitude positive vers la transformation de mes réactions. La semaine dernière, un ami est venu nous visiter. Son coeur était lourd et chargé de souvenirs atrophiés par le cheminement de son enfant toxicomane. Il avait en lui un souffle de vérité et de soif pour comprendre la maladie de ceux qui traversent nos vies en laissant des séquelles lourdes à porter. Son langage nous guidait pour faciliter notre traversée vers notre impuissance. Avant son arrivée, souvent je me disais «À quoi sert de survivre, si ce n'est que souffrir ? Après son départ, j'avais compris que pour rectifier mon itinéraire, qu'il fallait changer mon comportement face à mes actes en vue d'une existence sereine. Par son raisonnement et son expérience de vie face à des sentiers battus, nous avons assisté à un partage où les éléments positifs font oeuvre de joie et d'espoir. À travers son témoignage, il n'a manifesté aucune amertume, aucune révolte puisque sa sérénité habillait son impuissance vieille de plusieurs années. Merci à notre ami pour sa foi en la Puissance Supérieure et pour son écoute si précieuse !

Même si mes enfants ne me manifestent pas leur attachement filial, je suis comblé par mes souffrances parce que je découvre des qualités qui ne naissent qu'au moment d'une épreuve. Que Dieu me procure le baume que j'ai tant besoin pour calmer mes peines et pour m'enrichir à travers la verbalisation de mes émotions par mes écrits ! À toutes les mères qui vivent la toxicomanie de leur enfant, je vous transmets ces quelques lignes «C'est dans la foi que nous puisons notre énergie et notre sérénité». Sérénité à vous toutes !

Témoignage composé en ce jour de la Fête des mères, en ce 9 mai 1999 


par Lee, auteure


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