Bonjour,
Je viens de lire le témoignage
de Chantal; ce qu'elle vit ressemble à ce que je vis. Jai suivi
une thérapie pour essayer de survivre à la toxicomanie de
mon fils et j'ai rencontré divers intervenants. Tous sont unanimes
à me dire de le laisser couler, qu'il devra atteindre son bas-fond
pour réaliser que ce qu'il vit n'es pas une vie. Il y a plus de
6 ans que ça dure, il a 22 ans.
Au début, comme je
sentais qu'il dérivait, qu'il ne voulait pas suivre les consignes
de la maison (respect des autre membres de la famille, aucune consommation
dans la maison, heures de sortie contrôlées), je suis allée
consulter pour savoir comment m'y prendre avec lui. J'avais beau lui expliquer
les méfaits de la drogue calmement ou hausser le ton quand les consignes
n'étaient pas respectées, rien ne changeait rien, Il voulait
faire ce qu'il voulait, comme il voulait, quand il voulait.
À ce moment, l'intervenante
m'avait conseillé de lui faire signer un genre de bail pour le sensibiliser
au fait qu'il se devait de respecter les consignes de la maison. Ce que
j'ai tenté de faire. Ce qu'il a refusé catégoriquement,
bien entendu. Mon mari n'était pas d'accord à ce que je fasse
celà, car pour lui, il fallait tout simplement le laisser faire
et ça passerait tout seul.
À un certain moment,
peu après ses 18 ans, j'ai dû le mettre à la porte
avec l'intervention des policiers car il était violent physiquement
avec son frère et moi. Il n'allait plus à l'école
depuis un bon bout de temps, car les profs étaient tous des cons!
Il perdait ses jobs car les employeurs étaient tous des cons!
Après un certain temps
en appartement, il a fait une crise, il a tout brisé son appartement
(ce que mon mari s'est empressé de payer) et s'est ramassé
à l'hôpital et a essayé de de s'enfuir pour finalement
blesser 2 infirmiers. Même après tout ça, l'hôpital
voulait le laisser sortir, ce à quoi je me suis opposée et
il a été plaçé en cure fermée, pendant
21 jours, à Pinel (diagnostic: schyzophrénie).
Durant son séjour,
je lui rendais visite à chaque fois que c'était permis, il
semblait avoir pris conscience de bien des choses et regraitait ses gestes.
À sa sortie, il est revenu vivre à la maison, mais après
2 mois, tout recommençait comme avant. À la porte de nouveau.
Après quelque temps
et quelques promesses, nous l'avons repris. Le 1er janvier 99, il s'en
est pris physiquement à son père qui lui disait clairement
que nous ne pouvions plus tolérer sa façon d'agir, que sa
consommation influençait fortement son comportement, ce qu'il niait
catégoriquement. On était des cons, on n'avait jamais rien
compris.
À la porte de nouveau
avec l'intervention des policiers.
En janvier 2000, en notre
absence, il s'est retrouvé à la rue faute de respecter les
avertissement de son propriétaire. Il était encore en crise
il a brisé son auto (ce que mon mari a payé encore uen fois)
et il a agressé physiquement un policier (mais c'est le policier
qui l'a provoqué!). Après sa sortie ( 2 jours au poste de
police) comme mon autre fils, qui était à la maison a refusé
de le reprendre, il a défonçé la porte avec l'intention
de le tuer ( ce sont ses aveux) De nouveau l'intervention des policiers.
Il a passé 1.5 mois à l'hôpital pour finalement être
placé dans une maison pour jeunes en difficulté. Il y est
resté 7 mois.
Au début il semblait,
de nouveau avoir réalisé plein de choses, Il nous disait
toutle temps qu'il ne comprenait pas pourquoi il agissait de la sorte,
il allait rencontrer des intervenants en toxicomanie. Je l'encourageais
beaucoup, je lui disais de se pardonner et de se servir de ses erreurs
passées pour mieux aller de l'avant, mais il était toujours
triste et s'ennuyait; il fuyait dans le sommeil.
Son médecin a posé
un diagnostique de psychose toxique, cette fois-là. Il était
très malheureux de ne pas pouvoir travailler et en faisait une obsession.
Quand finalement, il a eu son ok de retour au travail.il flottait.
Pas pour longtemps, après
environ 3 semaines, il a recommencé à consommer et a dû
choisir entre suivre une cure de désintoxication ou quitter la maison
d'hébergement. Il a choisi de quitter car pour lui sa consommation
n' était pas si grave que ça.
Depuis ce temps, je ne vivais
plus, je pleurais sans cesse, je ne savais plus quoi faire, je ne pouvais
admettre mon incapacité à le faire revenir sur le bon chemin.
Il est si malheureux.
Après ma thérapie,
j'ai décidé de le voir le moins possible, de lui parler le
moins possible car je me fais du mal et pour lui rien ne change (selon
lui, sa consommation n'a rien à voir avec tout ce qui lui arrive).
La semaine dernière,
il a manqué 2 jours de travail et a dépensé autour
de 200$ pour se procurer de la coke. Maintenant il est inquiet de perdre
sa job et de manquer d'argent et dit regretter son geste. Quand je le retourne
à lui-même, il dit que je ne comprends pas. Si je l'appelais
et si j'allais le voir il dit que ça n'aurait pas arrivé.
Je lui ai dis calmement que ma décision était prise en fonction
de me sauver et que lui aussi pouvait prendre des décision pour
que sa vie aille mieux. Il ne peut pas croire ça, il répète
qu'il s'ennuie, que rien ne va, qu'il est contre la drogue, qu'il ne veut
pas en prendre mais qu'il en est incapable et refuse d'aller consulter.
Je n'en peux plus de le voir
se détruire comme ça. Comme je suis très croyante,
le fait de le laisser seul avec son malheur est contre mes principes; mais
d'un autre côté je sais très bien que rien ne sert
de le ramasser à chaque fois, ça ne fait qu'éloigner
le moment de sa propre prise en charge.
Comme Chantal, je crains
le pire pour lui mais je ne sais plus quoi faire. Je ne peux être
heureuse en le sentant si malheureux, ce qui fait des frictions avec mon
mari qui ne comprend pas que je m'en fasse autant et qui se fâche
de mes états d'âme. Je vous remercie de m'avoir lue; je ne
voulais pas être si longue mais je ne sais plus quoi faire.
pour lui.
Cécile