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Quand la drogue n'est plus un jeu

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Québec - Octobre 2001

J'ai 21 ans et je consomme du pot.

Je prend en moyenne .5 gramme de pot par jour.  Ce n'est pas beaucoup mais assez pour me nuire. 

J'ai commencé vers l'âge de 15 ans.  Avant ça, j'étais un sportif de haut niveau en natation de compétition.  J'étais 3e au Québec et 24ième au Canada. 

Ensuite, j'ai été frappé par un auto en m'en allant à une pratique de natation.  Je m'en allais à mes premiers jeux panaméricains.  J'ai été un an dans le plâtre et j'ai eu 1 an de réhabilitation.   C'est vers cet âge là que tous les problèmes (dépression, manque d'ambition, anxiété, etc) ont commencé. 

Bien sûr, c'est l'adolescence et c'est normal de ne pas être bien dans notre peau alors je n'ai pas associé aussitôt le pot avec ces problèmes que j'ai mentionné. 

Mes parents me disaient que c'était normal et que je n'avais pas à m'en faire.  Mais plus le temps avançait, plus ça devenait inquiétant.  Je n'avais même plus le goût de vivre. 

Au moins, je me dis que je suis toujours vivant; que même si j'ai déjà eu envie de me suicider, j'ai passé au-travers et je n'ai jamais perdu espoir.  Je n'ai toujours pas arrêté mais au moins je sais quel est le problème et je suis conscient que je serais capable de faire beaucoup mieux si je ne consommais plus.

Pourtant, j'ai des parents formidables: ils croient toujours en moi après tout les gaffes que j'ai fait. 

J'ai toujours bien réussi à l'école mais maintenant je n'y vais plus parce que je ne me suis pas branché encore dans un domaine.  Pour le moment, j'ai un diplôme en informatique comme programmeur-analyste. 

J'ai travaillé 2 ans pour une compagnie et je suis présentement sur le chômage question de me remettre sur pieds.  Je viens tout récemment d'emménager avec ma blonde qui consomme du pot aussi, c'est  ma première expérience en appartement. 

Jusqu'à maintenant, tout se déroule relativement bien.  Mais comme je le disais, j'ai pris un temps de repos pour me remettre en forme.  J'ai un rendez-vous dans une clinique d'aide aux toxicomanes.  Je suis prêt à tout pour m'aider.  J'ai déjà consulté un psychologue pendant un an au secondaire et ça m'a aidé. 

Je sais maintenant que nous avons toujours le choix de s'en sortir et que personne ne peut malheureusement le faire à notre place.  Cependant, on peut avoir du soutient gratuit en plus et il faut en profiter je crois.  Je sais que tout ce qui me manque est une décision ferme et j'ai l'intention de tout faire pour être prêt à prendre cette décision. 

Il paraît que la première étape après réaliser son problème est de s'informer sur tous les effets néfastes et de les répéter intérieurement des centaines de fois par jours jusqu'à ce qu'on soit convaincu.

Louis
 


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