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Quand la drogue n'est plus un jeu

PARTAGES


J'aimerais vous expliquer le début de mon déclin, non pour m'en plaindre mais pour que vous compreniez mieux mon désarroi face à certains èvenements.

Il s'agit d'un article du journal "LE SOIR" datant du mercredi 28 avril 1999. Je vous le retranscris textuellement.

WAVRE:TEMOIGNAGE ACCABLANT ET AVEUX PARTIELS POUR LE MEDECIN DROGUE

L'enquête consécutive au dépôt de plainte avec constitution de partie civile dirigée contre le Dr B. de Wavre a sérieusement progressé en quelques jours. Privé de sa liberté vendredi dernier après une perquisition menée en présence de représentants du conseil de l'ordre des médecins et de l'inspecteuer des pharmacies, le médecin est écroué à Forest du chef de faux, usage de faux, détention et prescription abusive de substances psychotropes. Le Dr B. semble en toxicomanie profonde depuis un an environ et il connaît aussi de sérieux problèmes d'alcoolisme. Sa technique était triple pour se procurer ces substances: il rédigeait de fausses ordonnances à son usage personnel, utilisait des vignettes de ses patients ou leur prescrivait des doses excessives qu'il conservait en partie. Il est en aveux partiels.

Le témoignage de Claudine- prénom d'emprunt-(à savoir moi même), 33 ans, est capital. Ilesr pris très au sérieux par les autorités judiciaires nivelloises qui ont profité du week-end pour confronter le médecin à l'interessée en traitement chez lui depuis environ 2 ans.J'étais freagile au plan psychologique.Il a commencé à me donner des opiacés (suite à un accident de voiture: je vous le précise) sous forme de gouttes puis m'a poussée à prendre un anti-dépresseur et de médicaments anxiolytiques en quantités très importantes.Il est passé aux piqures de morphine- 3 produits diffèrents- sans que je ne m'en rende compte(j'ignorais ce que contenaient ces piqures) Je planais.La dépendance s'est installée.

LE MEDECIN GARDAIT DES AMPOULES POUR LUI

Claudine fit le tour des pharmacies de Wavre et environs. Elle se rendait chez le Dr B. avec des boîtes de 10 ampoules. Des centaines de boîtes en un an. deux ampoules pour moi, huit pour lui. Il se piquait devant moi, me faisait des confidences.J' avais l'impression qu'il m'utilisait pour ses besoins propres. Il avait été perturbé par le suicide d'un de ses amis en décembre 1998.

Les vacances de Pâques 1999 passées dans le midi de la France permirent au mari de"Claudine" d'appréhender la situation. Elle était en manque et le stock de produits de substitution qu'il lui avait donné ne suffisait plus. Deretour en Belgique, les choses se sont précipitées. Le mari de "Claudine" a déposé plainte auprès de la police de Wavre le 21 avril. Le juge d'instruction Cruysmans a consacré la journée du 22 aux premiers interrogatoires. La perquisition s'est déroulée le 23 et la confrontation le 24. Mon mari m'a sauvée, conclut"Claudine".J'avais eu deux accidents de voiture en conduisant dans un état second. Le Dr B. a bousillé ma vie de famille. Mon fils, qui a trois ans, s'en rendait compte. Il me disait"Maman tu pleures dans ta tête"...
 

LE SOIR DU MERCREDI 28 AVRIL 1999.


Dois-je me plaindre de cette situation encore aujourd' hui? Ce médecin s'est suicidé un an après et l'action en justice s'est arrêtée. A l'époque, pour sauvegarder mon enfant de la vue d'une mère détruite par la drogue et les crises de manque, j'ai quitté le domicile familial et me suis installée dans une chambre d'hôte seule ou chaque jour une infirmière venait me faire deux piqures de valium pour éviter les crises de manque. J'ai demandé de l'aide à Nivelles à "L'aide aux victimes".... Ils ne savaient rien faire que d'entendre mes cris de désespoir. Je me suis faîte hospitalisée durant 4 mois dans un hôpital psy. (ou circulait hachich...) et en suis sortie sevrée mais détruite au fond de moi même. Mon mari qui pourtant avait entamé l'action en justice contre ce médecin ne savait plus m'écouter. Je ne lui en veut pas. Il souffrait atrocement de ces évènements.Nous ne pouvions plus communiquer. J'étais devenue une TOXICOMANE et même si la justice ne m'imputait aucune culpabilité dans les faits, il ne savait plus que penser. COUPABLE ou NON COUPABLE....des malversations d'un médecin qui un jour vous injecte en I.V un produit dont vous ignorer l'origine juste car c'est votre médecin traîtant et qu'il vous dit: "après ces quelques piqures, vous irez mieux."A ce jour nous sommes séparés avec un enfant de 5 ans et demi. Mes quelques rechutes (absorbtions de médicaments) je les impute sans aucun doute à la connaissance  passée  à inhiber complètement mes émotions . J'aurais aimé que la justice termine son action pour que ma non-culpabilité éclate au grand jour...pour mon mari, mon enfant. Mais le combat est solitaire, je le sais maintenant avec évidemment l'aide d'amis et d'un psychiatre spécialiste en toxicologie mais surtout très humain.

JE COMPRENDS L'EXTREME SOUFFRANCE DES PROCHES D'UN TOXICOMANE. ¨L'amour comme vous le dîtes n'est pas inconditionnel et heureusement car il nous anéantirait tous si il l'était. Puisse un jour le "tout puissant" donner un millième de force à celui ou celle qui vit et se bat pour un enfant toxicomane.

Dans l'espoir de connaître votre point de vue sur mon vécu que je vous ai expliqué en éprouvant la même douleur qu'auparavant, je vous envoie une pensée positive. 
 

Février 2002

 

From: Lee 
To: Catherine P
Sent: Monday, February 11, 2002 12:22 PM
Subject: Le chemin de croix !

Chère Catherine,

Et c'est ainsi que vous avez terminé votre lettre et c'est comme cela que je commencerai la mienne «Dans l'espoir de connaître votre point de vue sur mon vécu que je vous ai expliqué en éprouvant la même douleur qu'auparavant, je vous envoie une pensée positive.»

J'ai lu les résultats de l'enquête au dépôt de plainte dirigée contre le Dr B.... Celui qui vous a entraîné vers un abîme du moi malade et toxique. Je n'avais jamais été confrontée à ce type de manipulation auparavant et j'en suis fort touchée. Alors, suite à un accident, vous vous êtes retrouvée avec des séquelles bouleversantes sur le plan de la dépendance. Incroyable!

Et votre enfant vous a dit "Maman tu pleures dans ta tête" Les enfants sont magnifiques par leur simplicité de la vérité et elle habille si bien leur langage. Ils ont tant de leçons à nous transmettre!

Mon point de vue sur le sujet n'a pas besoin d'être étalé car, probablement comme tous ceux qui lisent cet article, je ressens un grand malaise vis-à-vis la médecine qui vous a été versée. Par contre, il a goûté de sa propre médecine et ce, grâce à la plainte versée par votre conjoint. Avant son suicide, il a certainement payé un terrible prix pour ses gestes frauduleux et inhumains à votre égard. Son suicide est une preuve que son paiement a été trop lourd à assumer et il a préféré quitté ce monde.

Vous me dites que suite à cette plainte ... «Je me suis fait hospitalisée durant 4 mois dans un hôpital psy. (ou circulait hachich...) et en suis sortie sevrée mais détruite au fond de moi même.»

Certes, votre histoire est déchirante mais, l'une des étapes à atteindre sera de lui pardonner. Vous êtes détruite parce que vous vivez de la haine à son égard, il a trop d'importance dans votre coeur de femme.

Étant donné son suicide, il n'aura pas à assumer les séquelles de ses malversions passées. Oui, il a bouleversé votre vie de famille mais est-ce possible qu'à travers cette aventure vous pourriez grandir dans votre croissance?

La vraie magie de cette aventure serait de réussir à lui pardonner. Car, si vous ne faites pas cette démarche, vous dépenserez votre vie à le blâmer pour tous vos échecs et/ou vos déceptions. 

Il était comme tous les dépendants, un maître dans la manipulation et vous lui en voulez car, peut-être que maintenant vous devez vous abaisser à manipuler pour consommer vos émotions? Mais j'espère que non!

Quant à la justice, je comprends que vous auriez aimé qu'elle continue à vous appuyer pour vous aider à vous déculpabiliser dans votre descente de mère, de conjointe et tant plus. Par contre, je ne suis pas certaine que même si vous auriez été reconnue non-coupable que cela vous redonnerait des ailes! Vous allez devoir faire une croix sur cette page d'injustices qui habillera malgré vous et désormais votre livre d'histoires. Et peut-être qu'un  jour, vous cesserez de justifier vos malaises sur ses actions maladives.

Peut-être qu'un jour vous allez réaliser que cette expérience déchirante vous a apporté une richesse dans votre connaissance de votre moi. Est-ce possible que dans un avenir proche, même sans cet incident, vous auriez sombré dans la toxicomanie? Possible!

Les toxicomanes ont cette tendance à mal gérer le fruit de leurs émotions. Quand ils sont heureux, ils consomment. Quand ils sont malheureux, ils consomment. Quand ils sont inquiets ou nerveux, ils consomment... etc.

Allez-vous traîner ce poids d'injustice tout au long de votre cheminement de femme, de mère, d'amie, etc.? Personnellement, j'essaierais de reprendre le contrôle de ma vie. Essayez de le faire pour vous et pour votre fils âgé de 5 ans et demi.

Certes, vous pouvez continuer votre bataille juridique mais à quoi servira-t-elle? À panser vos blessures et/ou à justifier vos échecs. Vous avez toutes les raisons au monde pour être furieuse, déçue et agressive mais, il serait préférable de jeter tous ces morceaux de merde qui vous habitent dans la poubelle la plus proche.

La prière en la Sérénité qui se dit comme suit : «Mon Dieu donne-moi la Sérénité de changer les choses que je puis, le Courage de changer celles que je peux et la Sagesse d'en connaître la différence»

Regardez-vous dans le miroir et demandez-vous si vous pouvez changer quelque chose à ce vécu malsain? Si votre réponse est NON, alors essayez de tourner la page à cette réalité et aux conséquences qu'elle a laissées sur votre vie.

Vous terminez votre lettre avec «Mais le combat est solitaire, je le sais maintenant avec évidemment l'aide d'amis et d'un psychiatre spécialiste en toxicologie mais surtout très humain.» Je crois que j'utiliserais la compassion de ces merveilleux personnages qui vous entourent pour accepter les choses que vous ne pouvez changer.

Beaucoup de toxicomanes n'ont plus d'amis. Si vous en avez, alors utilisez leur gentillesse et leur soutien pour marcher votre vie vers le meilleur et non, pour vous déchirer émotionnellement dans ce passé de merde.

Que les gens comprennent votre désarroi ne vous donnera pas plus le courage de guérir vos traits de dépendante. Vous devez avancer votre vie en développant vos forces et en demandant au Tout-Puissant de lui pardonner car, il ne savait pas ce qu'il faisait!

Une équipe à l'écoute «Quand la drogue n'est plus un jeu»

Lee qui vous souhaite Sérénité dans votre démarche vers le mieux-être!


From: Catherine P
To: lee@gsig-net.qc.ca 
Sent: Tuesday, February 12, 2002 2:14 PM
Subject: A la recherche du bonheur!

Chère Lee,

Merci de votre écoute et de vos conseils. Il est vrai que le pardon est un don sacré permettant à l'esprit de se libèrer et au coeur de s'ouvrir vers d'autres horizons. C'est dur sans doute pas impossible,je m'y emploie dans un désarroi total.

Souvent, je me dis "il est mort" trop durement atteint par ses malversations...sans doute. Vous ne me croirai peut-être pas mais sa mort ne m'a pas vraiment réjouie. Je sais que son propre père est médecin et toxicomane. Lui-même a dû souffrir de cette problématique mais je ne veux plus chercher d'explications tangibles à tout cela .Cela ne m'aide pas.

Je sais qu'à ce jour mon image est détruite, mon moi profond totalement anéanti. Je cherche la voie pour survivre à cet océan de larmes qui me surprend souvent. Aimer et être aimer ne suffit pas à un toxicomane. Je le sais ,je le vis. C'est comme si s'était installé un mur d'auto-destruction massive,un refus de l'amour des autres...... car dans son coeur rien ne comble le manque de ce moi malade. Je me surprends à avoir envie de détruire l'amour que l'on me donne comme ce médecin et la toxicomanie m'ont détruites.

Dans mes moments difficiles, JE VEUX TOUT(EN AMOUR) MAIS JE REJETTE TOUT CE QUE L'ON ME DONNE.Est-ce similaire au besoin de drogues: tout vouloir à savoir connaître un certain paradis artificiel et tout rejetter car ce monde n'existe pas lorsque l'effet de la drogue s'estompe. Tout cela n'est que pure souffrance pour le toxicomane et l'entourage. En tant que toxicomane nous sommes cruels avec ceux qui nous aiment et tentent de nous aider justement parce que dans l'amour, il n'y a pas de paradis. Comme vous me le disiez:"l'amour sans conditions ça n'existe pas". Est ce peut être une des raisons(ceci est dur à entendre) pour lesquelles  se droguer c'est faire mal aux autres également. Car la force du dialogue ne suffit pas. Il faut plus ,toujours plus.... Se droguer serait peut-être inconsciemment l'anéantissement de soi même bien sûr mais également de ceux qui nous aiment car ceux ci ne peuvent s'auto-détruire pour nous prouver leur amour.

Me voilà aujourd'hui en quête d'une vie plus simple, moins exigeante. Puisses mon regard changer déjà sur l'amour, l'amitié mais surtout sur moi même. Puissiez vous trouver la paix dans votre propre combat.


From: Lee 
To: Catherine P
Sent: Tuesday, February 12, 2002 7:49 PM
Subject: Les traumatismes émotionnels!
 

Chère Catherine,

À la lecture de votre lettre, se dessine une femme brisée mais aussi un être humain qui possède un grand sens des valeurs. Malgré vos brûlures émotionnelles et vos blessures du moi, vous êtes prête à vous battre pour trouver de l'aide et remonter à la surface.

Je vous comprends puisque ma fille Emmanuelle se bat furieusement pour ressuciter des ténèbres de ses dépendances. Sous cette couche de pourquoi, elle danse dans ses émotions, fragile et le coeur blessé. Avec son langage frustré, blessé et manipulateur elle essaie de retrouver un peu de son estime. Et parfois dans la vie, les gens ne nous laissent pas prendre notre place. Ils écartillent leurs bras et nous devons nous faire petite pour respirer un peu de respect tant désiré.

Certes, votre route sera douloureuse mais les mérites en sont que plus fortifiants. Le pardon sera votre porte de sortie pour panser vos blessures déchirantes. J'y crois car je l'ai vécue, croyez-moi.

J'avais auparavant une chronique qui s'intitulait Le masque de l'innocence et à travers maintes larmes, à travers mes cris de désespoir et un retour dans mon passé de merde, j'ai réussi à faire remonter à la surface ma pollution laissée par ma mère et par son conjoint. Et peu à peu, j'ai guéri mes blessures. Il m'a fallu l'aide d'un livre qui s'intitule Comment pardonner de l'auteur Jean Monbourquette accompagné de nombreuses heures à me battre avec mon agressivité enterrée dans mes souvenirs d'enfant. Et puis un jour, j'ai atteint l'orgasme de l'âme et je lui ai pardonné. Certes, je n'ai pas renoué nos liens brisés depuis 1995 et je n'en ressens pas le besoin. Mais, quand elle quittera ce monde, je n'aurai plus rien à guérir. J'ai trouvé mes réponses et cela me suffit. Elle ne peut me redonner mon enfance mais, je peux accepter ce que je ne puis changer. Et aujourd'hui, je vous dirais que grâce à ce pardon, je comprends que ma mère m'a donné le meilleur d'elle-même (point).

Donc, si je peux parler de ma mère de cette façon, alors croyez-moi que vous pourriez aussi pardonner à ce docteur toxicomane et débuter vraiment votre guérison vers l'abstinence et la croissance du moi souffrant.

Et pour que ce docteur se suicide c'est qu'il avait franchi une clôture qui mène vers le rien du soi malade. Ce geste est certainement une preuve que sa peine était trop grande et l'acceptation des gestes qu'il a posés trop lourde à assumer. Alors, essayez de tourner cette page de votre livre d'histoires et laissez au Tout-Puissant le soin de décider ce qu'il doit faire de son âme. 

Quant à votre image de votre moi malade qui est anéanti, je comprends. Par contre, c'est à vous à y mettre tous les efforts nécessaires pour que le reflet de votre miroir soit habillé de respect et d'efforts du coeur. Vous êtes spéciale et il faut y croire!

Je pense que si vous refusez l'amour de votre prochain c'est parce que vous croyez peut-être que vous ne méritez pas d'être aimé. Est-ce possible que vous soyez un peu trop perfectionniste et que vos gestes passés vous désolent et vous déchirent dans votre for intérieur. Est-ce possible que vous sentiez sale, incomprise, mal-aimée et abandonnée par tous et par chacun. Je pense que vous vous êtes abandonnée vous-même et que vous ne croyez plus en vos capacités de femme. Est-ce possible?

Vous sentez que personne ne parle votre langage et que leur regard vous déshabille. Il y aura un long chemin à parcourir pour guérir les effets de votre prise de drogue. Cette consommation a àissé des blessures profondes et vous allez devoir vous armer de patience à votre égard. 

N'exigez pas trop de vous-même car vous risqueriez de tomber à nouveau. Apprenez à marcher un pas à la fois mais, dans la bonne direction. Un jour à la fois, ni plus ni moins.

Je crois sincèrement que parmi vos démarches à entreprendre, le pardon devrait être dans la première loge de vos priorités. Personnellement, je ressens un tel bien-être vis-à-vis toutes les cruautés que notre mère nous a fait vivre par le passé. Mais malgré tout, je lui ai pardonné et je ne lui en garde pas rancune. Jamais je n'aurais crû cela possible. Merci au Tout-Puissant.

Vous savez je ne suis pas le genre à prier à tout moment. Mais j'ai la Foi et je sais reconnaître la bonté dans mon entourage et la bonté que la vie me verse par les simples petits bonheurs qui me chatouillent merveilleusement au quotidien.

Certes, vous avez des traumatismes émotionnels à guérir et le dialogue sain avec des gens qui connaissent le langage, l'écriture de vos pensés chaudes ou froides et l'abandon des larmes qui vous étouffent peuvent vous aider à les bercer, les consoler et finalement, les enterrer. Soyez courageuse et battez-vous, pour vous et pour votre fils!

Une équipe à l'écoute «Quand la drogue n'est plus un jeu»

Lee qui marche à vos côtés


From: Catherine P
To: lee@gsig-net.qc.ca 
Sent: Wednesday, February 13, 2002 7:15 AM
Subject: le pardon

Chère Lee,

A chaque fois que je vous lis, je trouve une voie que jamais je n'avais envisagée. Déja le pardon! 

J'ai moi même pardonner a mes parents voilà 2 ans pour une enfance marquée de maltraitances physiques et mentales. Je ne voulais plus leur adresser la parole car la réminiscence du passé était telle qu'elle m empêchait de me mouvoir à savoir prendre des décisions personnelles, être sûre de mes propres opinons et les défendre avec conviction. En pardonnant, jai perdu tout sentiment de culpabilité qui me déchirait. Et il est vrai qu'alors j'ai retrouvé une liberté de penser très forte empreinte de ma propre vérité.

A y réfléchir, comme vous le suscitez en mon esprit, il est vrai que le pardon m'a redonné une immense liberté de penser. Ce n'est plus à mes parents qe je pensais, lorsque je posais un acte, mais à la seule et unique liberté de pouvoir donner à mon esprit et mon coeur le libre choix. Ce jour là je n'étais plus une enfant coupable du mal de mes parents mais une femme libre et responsable. Je me surprenais à me sentir libre et estimée pour moi même, ou du moins je commençais à le ressentir au fond  de moi- même.

Il me reste à retrouver la foi, la croyance en l'amour. Cela relève sans aucun doute également du manque d'amour dans mon enfance.
Lorsque je reçois de l'amour , la crainte s'empare de moi comme si un filet se refermait sur moi alors que j'aime être aimée. Difficile à comprendre mais je me surprends sans cesse dans la contradiction. donner, recevoir et souvent chercher à fuir....

Vous savez, j'ai fait une analyse de 3 ans chez un psychanaliste .Trois fois par semaine allongée sur un divan à me tordre de douleurs face à cet inconscient qui capte tout, enregistre tout et vomit nos détresses refoulées. J'ai appris beaucoup de choses mais se souvenir est une chose, acter ce que l'on ressent de positif en est une autre.

J'ai pratiqué l'hypnose chez une hypnothérapeute. Expèrience fabuleuse . Apprendre à s'écouter, à écouter vibrer en soi chaque fibre de la vie...

Mais là maintenant, Lee, que me reste t il de mes acquis. Beaucoup de choses sans doute . Vais je les retrouver?  Communiquer avec vous comme avec mes véritables amis est, je le ressens ainsi , la voie à suivre. 

Puissiez vous me dire ce que vous pensez de cette contradiction entre le besoin immense d'amour et ce rejet lorsqu'on vous le donne?

EN PARDONNANT, L'AMOUR DE SOI REVIENT. GRACE A VOUS JE VIENS DE LE COMPRENDRE MAIS POURQUOI REJETTER L'AMOUR DES AUTRES.  JE PARLE D 'AMOUR D'UN HOMME ......
 

CATHERINE . Je suis également à vos côtés.



From: Lee 
To: Catherine P
Cc: result-lfn 
Sent: Wednesday, February 13, 2002 8:55 AM
Subject: Aimer sans pleurer!
 

Chère Catherine,

Je pense que parfois les blessures laissées par notre enfance peuvent marquées nos relations d'adulte!

Donc, vous aussi vous connaissez le langage de la souffrance véhiculé dans vos chaussures d'enfant. Je ne sais pas pourquoi mais, même si j'ai pardonné à ma mère, il me reste tout de même de grandes séquelles. Il faut comprendre que le pardon adouci notre vision de notre douleur mais, que les gros mots et les bobos physiques sont toujours empreints d'un mauvais goût.

De réussir à pardonner, c'est Grand et c'est Humble. Cela demande de se déshabiller dans son for intérieur. Aussi, cela exige de se voir et de voir l'autre avec les yeux du coeur. Je n'ai pas toujours aimé les images que mes souvenirs me servaient sur cette table de misères. Et même encore, sans crier gare, j'ai des morceaux de cris qui me reviennent en tête. Et ça me fait chier (comme on dirait en bon québécois).

«Le corps écrasé dans un coin de pièce, je protégeais mon visage pendant qu'elle me couvrait de coups de strappe en cuir. Elle me tirait par les cheveux d'un bout à l'autre du plancher pour mieux m'enlaidir et me faire souffrir...» Mais enfin, d'autres ont soufferts de plus grandes injustices que nous. Et je crois que la souffrance si elle est bien digérée fait grandir...

«Quant à vous, vous me dites qu'il vous reste à retrouver la foi, la croyance en l'amour et que cela relève sans aucun doute également du manque d'amour dans votre enfance. Et lorsque vous recevez de l'amour, la crainte s'empare de vous comme si un filet se refermait sur vous alors que vous aimez être aimée....»

Et j'aime cette partie de votre lettre qui se lit ainsi «Vous savez, j'ai fait une analyse de 3 ans chez un psychanaliste .Trois fois par semaine allongée sur un divan à me tordre de douleurs face à cet inconscient qui capte tout, enregistre tout et vomit nos détresses refoulées. J'ai appris beaucoup de choses mais se souvenir est une chose, acter ce que l'on ressent de positif en est une autre.»

Vous avez devant vous tout un travail pour réussir à survivre à vos émotions et à votre passé malsain! Personnellement, j'ai commencé ce travail très tard dans ma vie et c'est grâce à ce site. Et si celui-ci existe c'est à cause de la maladie de ma fille. Vous voyez qu'il y a toujours un morceau de positif pour nous faire grandir dans notre chemin de croix.

«Mais là maintenant, Lee, que me reste t-il de mes acquis?» Tout ce travail que vous avez fait par le passé demeure car vous avez certainement compris vos frustrations, pleuré vos pourquoi et pansé certaines de vos blessures. Peu importe que vous ayiez consommé pendant un temps de votre vie, cela ne change pas que les pelures de votre colère et de votre compréhension se sont amincies pour mieux vous laissez respirer.

«Vais je retrouver mes acquis?» Je crois que vous ressentez envers ce docteur et peut-être envers votre parternel de la colère et que cette émotion vous empêche d'avancer sainement vers l'équilibre du vous blessé. Et sans ce pardon, vous accouchez constamment d'un gros tas d'apitoiement qui vous pollue émotionnellement.

«Puissiez vous me dire ce que vous pensez de cette contradiction entre le besoin immense d'amour et ce rejet lorsqu'on vous le donne?» Personnellement, je me demande si vous n'avez pas de secrets vis-à-vis votre paternel qui meublent les pages de votre enfance? Peut-être que vos souvenirs meublés par des abus physiques et mentaux peuvent teintés vos relations avec les hommes. Nous avons tous des réactions de défense et parfois, de repousser celui qui nous aime demeure notre seule porte de sortie.

«MAIS POURQUOI REJETTER L'AMOUR DES AUTRES.  JE PARLE D 'AMOUR D'UN HOMME ......» Vous dites que vous avez pardonné à vos parents. Avez-vous pardonné à votre paternel? Vraiment pardonné? Parfois nous misons trop sur nos parents et nous mettons notre sérénité en jeux.

Avez-vous d'autres souvenirs douloureux qui font surface, soit dans vos rêves ou pendant vos activités quotidiennnes? Vous avez peut-être encore un ménage à faire dans votre passé et tant qu'il ne sera pas complété vous ne pourrez aimer sans pleurer.

Une équipe à l'écoute «Quand la drogue n'est plus un jeu»

Lee qui marche à vos côtés
 

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