Bonjour,
Je suis la conjointe d'un
toxicomane.
En surfant sur votre site,
je comprend que je suis une co-dépendante.
Je n'en peux plus, je suis
au bout du rouleau. J'ai trois jeunes enfants et c'est devenu très
dificile pour moi de demeurer une mère compétante toute mon
énergie y passe...j'ai de plus en plus de mal a prendre du recul,
a réfléchir. Nous avons évidement des problèmes
financiers, nous
n'avons plus de vie de couple
ni de vie de famille tous les 5.
Je suis toujours seule avec
les enfants. POURQUOI que moi j'ai choisie cet homme(enfant???)? Je suis
intruite et normalement équilibrée ...pouquoi je me suis
mise dans cette situation?
Cet homme a 3-4 personnalités
et je ne sais pas reconnaitre le vrai du faux. Qu'est ce qui est le mieux
pour mes garcons? partir ou rester avec parfois un super bon papa, un bon
conjoint, une bonne personne et d'autres fois....une merde...(désolée,
mais je manque de vocabulaire pour le qualifier.)
Je suis en colère,
j'ai de la peine et j'ai peur de ce que l'avenir me réserve. Je
sais que j'ai besoin d'aide, mais je ne sais pas ou la trouver.
Si vous pouvez m'aider sans
me répondre directement (j'utilise l'ordi de ma mère) j'irai
voir sur votre site régulièrement sinon...je trouverai bien
une bonne oreille et de bons conseils qq part.
merci de votre compréhension.
Isabelle P.
Québec
From:
Lee
Subject:
Le chemin de croix de la co-dépendance!
Chère
Mère,
Nous
avons installé votre témoignage et nous vous remercions pour
votre transparence et surtout, pour avoir pris le temps de partager avec
nous le difficile que vous vivez à travers votre problématique.
Je
suis Lee et j'ai deux filles. Emmanuelle est âgée de 28 et
Marie-Paule de 25 ans. Ce site a vu le jour, il y a cinq ans car je me
noyais dans mon impuissance devant le fait qu'Emmanuelle était devenue
cocaïnomane. Dure réalité qui m'a tout de même
fait grandir tout en m'ouvrant les yeux. Depuis, elle continue sa descente
et j'ai souvent embrassé le plancher de ma honte et ma culpabilité.
Au fil des années elle a accumulé d'autres dépendances:
alcoolisme, accro aux jeux, anorexique, dépendante affective, et
tant plus. Quant à Marie-Paule, depuis 1-1/2 an, elle est accro
au pot et elle est marche vers vitement vers l'alcoolisme.
Aussi,
ma mère est alcopharmaco dépendante et elle nous témoignait
des excès de jalousie. Mon frère et mes soeurs sont aussi
piégés dans ces dépendances. Et je n'ai plus de contact
avec eux!
Maintenant
malgré ce bain d'impuissance que je prends au quotidien sachez que
je ne suis pas une spécialiste dans ces domaines. Mon langage reflète
le fort de mon vécu, le tout habillé d'une multitude de lectures
et des échanges entre des gens en détresse qui marchent à
mes côtés.
Et
oui, vous et moi, sommes devenues des co-dépendantes vis-à-vis
la maladie de nos proches. Dans votre cas, c'est votre conjoint. C'est
un mal de vivre qui nous ralentit et qui nous empêche d'avancer dans
l'équilibre de notre Moi intérieur. Il y a bien des définitions
que je pourrais utiliser mais, ce matin, ma plume me dicte celle-ci.
Il
est normal que votre situation vous enterre et que vous ayiez l'impression
d'être au bout de votre rouleau dans vos chaussures de conjointe.
Juste les problèmes financiers peuvent déchirer la stabilité
émotionnelle d'un couple et d'une famille. Et quand le dépendant
dépense sans penser aux conséquences de ses actes sur le
noyau des siens, c'est difficile à digérer et à accepter.
L'un
des aspects que l'on retrouve dans la plupart des malades se dessine sous
leur capacité de manipuler ceux qui les aiment et ceux qui prient
pour leur abstinence. Ils deviennent maîtres dans la manipulation
de l'autre. Ils savent jouer avec notre culpabilité et notre désir
de croire qu'on pourraît trouver la clé de leur libération.
Donc,
quand ils veulent consommer, ils deviennent comme vous le dites si bien
«des merde» et quand ils sont rassasiés, ils sont ceux
qui possèdent toutes les qualités nécessaires à
notre épanouissement de femme, de mère, d'ami(e), etc.
Je
ne jouerai pas à décrire votre dynamique, vous la connaissez
trop bien. Par contre, vous exprimez de la colère, de la peine et
de la crainte vis-à-vis votre avenir et pour ces raisons, il est
nécessaire de vous outiller pour vous permettre de trouver votre
bouée.
Et
devant vos mots «Je sais que j'ai besoin d'aide, je ne sais pas où
la trouver?», c'est lourd et si fragile! Ils existent les groupes
familiaux Nar-Anon dans beaucoup de villes à travers le Canada.
Dans leur dépliant, il est écrit «Les Groupes Familiaux
Nar-Anon sont formé principalement pour vous qui connaissez ou avez
connu un sentiment de désespoir face à un problème
de dépendance chez un parent ou un ami. La dépendance des
drogues est une maladie à dimension sociale. La maladie du dépendant
affecte la vie de tous ses proches. La famille ne parvient pas à
reconnaître que la dépendance des drogues est le symptôme
d'une maladie. Une participation assidue aux réunions des Groupes
Familiaux Nar-Anon et de fréquents contacts avec d'autres membres
apporteront des améliorations merveilleuses à votre situation.»
Selon
moi, ces partipations peuvent faire partie de votre solution. Aussi, de
visiter des sites d'entraide (comme le nôtre) peut vous outiller
par les informations s'y trouvant, par les témoignages des dépendants(es)
et des co-dépendants(es) et par les textes et les correspondances
qui calmeront certains de vos questionnements.
Certes,
vous aurez à faire des choix difficiles dans votre avenir. Vous
seule avez la capacité de les prendre. Je ne peux vous donner que
des pistes de solution. Je n'oserais pas jouer à Madame Conseils,
car je sais que je n'ai pas ce pouvoir de choisir pour vous et les vôtres.
Par
contre, il ne faut pas affaiblir vos pensées et votre dynamise en
vous polluant par ces questions «Pourquoi que moi j'ai choisi cet
homme (enfant ???). Je suis instruite et normalement équilibrée...
pourquoi je me suis mise dans cette situation?»
Forme
d'apitoiement, il ne faut pas s'enterrer devant cette maladie familiale.
Il faut vous protéger des chocs émotifs, il faut acquérir
les connaissances pour solidifier votre vue d'ensemble, il faut regarder
loin devant vous car la lumière existe, et il faut arrêter
de vous couvrir de blâmes. Vous n'êtes pas responsable de ses
dépendances et de son rétablissement.
Vous
êtes une personne courageuse, aimante et qui désire marier
un petit bonheur, bien mérité. Demandez de l'aide pour vous
aider à survivre émotivement. Adoptez une attitude positive
et souvenez-vous que le véritable rétablissement ne débute
pas avant qu'il n'ait complètement cessé de consommer. Vous
ne pouvez entreprendre son rétablissement.
Il
existe des personnes expérimentées ainsi que des programmes
de rétablissement. Laissez aux professionnels, aux intervenants
la responsabilité de l'aider à solutionner sa vie. Votre
conjoint est atteint d'une maladie. Il doit assumer ses propres souffrances.
Vous devez apprendre à ne pas souffrir quand il consomme et refuser
d'en réparer les conséquences.
Tout
un cheminement vous attend. Mais je garde espoir que vous trouverez en
vous le courage de choisir votre vie et marcher dans la bonne direction.
N'oubliez pas «Le premier endroit où nous apprenons à
aider le dépendant à se rétablir est en nous-mêmes.»
Je
vous souhaite de trouver la Sérénité dans votre démarche.
Une
équipe à l'écoute «Quand la drogue n'est plus
un jeu»
Lee
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