LETTRE OUVERTE À
MA FAMILLE
Je suis une toxicomane.
Je sais qu’il me serait utile d’avoir de l’aide car je peux difficilement
m’en sortir seule.Vous voulez m’aider, alors ne cherchez pas de solutions
à ma place. Ceci m’amène à ne plus vous respecter
et à me révolter.
De grâce, pas de sermons,
ni morale, ni réprimande, ni blâme, ni argumentation, que
je sois sous l’effet de drogues ou non. Cela peut vous soulager, mais cela
ne m’aide pas car je me blâme déjà moi-même et
plus je souffre plus je veux me geler.
N’écoutez pas mes
promesses. La nature de ma maladie m’empêche de les tenir même
si je suis sincère à ce moment-là. Les promesses représentent
mon seul moyen de fuir ma souffrance.
Restez ferme dans vos décisions.
Ne changez pas d’idée constamment car je suis habile à vous
manipuler même si je sais que je paierai la note un jour. Ne vous
mettez pas en colère contre moi, cela vous détruit.
Ne laissez pas une grande
inquiétude à mon égard vous envahir car elle vous
pousse à prendre mes responsabilités et m’empêche de
subir les conséquences de mes gestes. Ne dissimulez pas ou n’essayez
pas de cacher mes gaffes vis-à-vis des autres. Cela peut réduire
les crises mais cela fait progresser ma maladie.
Par dessus tout, ne fuyez
pas la réalité comme je le fais. Essayez d’être heureux
malgré tout… malgré moi… Ma dépendance aux drogues
s’aggrave à mesure que ma consommation persiste.
Votre bonheur sera sûrement
pour moi l’occasion de croire que je peux, moi aussi, être heureuse
SANS DROGUE…
Anonyme
novembre 2005
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