LES CORRESPONDANCES DE LEE
Chris

From: Chris
To: lee@quandladrogue.com 
Sent: Saturday, December 04, 2004
Subject: bonsoir

Bonsoir, je m'appel chris, j'ai 20 ans

je suis étudiant en université, mais je mène en parallèle un e vie d'adulte, une vie dure et extrème.

A cause de mon passé relativement noir, violent et sexuellement dur, j'ai toujours vu et vécu ma vie d'une manière anormale, d'une part parce qu'il y a des choses que je fais qui dépasse la logique humaine ...

D'autre part parce mes relations avec les filles sont toujours hors normes, dans le sens où ce sont des filles qui ont plus ou moins le passé similaire au miens, mais donc les conséquences ont été plus désastreuse..Et quand je regarde en arrière, je vois que cela devient creschendo, dans le sens où la vie m'inpose de devoir être de plus en plus fort, résistant....

Et ce soir, je me suis jeté sur internet parce il faut que je m'organise et que j'obtienne des conseils pour sortir ma copine de ce merdier....

Elle a 17 ans elle est au lycée, mais elle est schizophrène (elle a déja fait dans le service psychiatrique) , plus ou moins lesbienne quand son esprit "disjoncte", mais elle s'abandonne de plus en plus dans l'alcool et les drogues douces et... dures. ( heroine)

Ce n'est meme pas une toxicomane "stéréotypé", elle est tres forte a l'école, elle évite de trop fugué même si c'est dure ( son frère est drogué au "join" et alcool 24h/24, sa mere est paumée, et son père trompe sa mère..; et tout le monde le sais..)

Elle se protège par rapport au sexe... etc

Mais elle va de plus en plus mal, elle prend des "taz" et autre "ectasy",  je reviens de ce bordel il y a deux heures, le temps de la tenir éveillé suffisament longtemps pour lui évité un aute coma.... 

Je veux la sortir de la et elle est d'accord pour que je l'aide, j'aurai besoin de votre expérience, de vos conseils... J'ai déja un pied dans ce monde souterrain, et j'ai un caractère plutot guérrier, je vous écrit parceque je suis sure que je peux la sauver de ce monde, de sa folie et du reste.... 

Peut être aller faire une cure de désintox ?  Mais elle a été suffisament traumatisé par les hopitaux psychiatriques donc il faudrait trouvé une alternatve ou alors voir si il existe des centre en région.. 

Parce que malgré tout je l'aime... 
Merci de vote attention, sincèrement

Chris
 


Objet:   La clef de survie! 
De:   "Lee" <lee@gsig-net.qc.ca> 
Date:   Dim 5 décembre 2004
À:   Chris

Bonjour Chris

Je m'empresse à répondre à ta correspondance en provenance d'une autre partie du monde, que je ne connais pas personnellement. Par contre, je t'avoue que la façon dont les spécialistes dans les domaines des dépendances travaillent diffère énormément de la nôtre. Pour ton information, je suis une mère québécoise.

J'aimerais avant de poursuivre prendre le temps de te dessiner un peu ma dynamique actuelle. J'ai deux filles. Emmanuelle est âgée de 29 ans. Elle est cocaïnomane, alcoolique, dépendante affective, accro aux pilules, et tant plus. Marie-Paule est âgée de 26 ans. Elle est alcoolique et accro au pot. Je danse dans cet enfer depuis 1997. Je ne suis pas une spécialiste. Je suis une mère qui essaie d'aider en utilisant mon bagage d'expériences et de connaissances. Virtuellement, j'outille ceux et celles qui m'écrivent pour les soulager et pour les guider. Je réponds à des lettres de détresse depuis avril 1999. Malgré tout, je vais m'efforcer de te donner quelques outils pour t'aider dans ton cheminement de co-dépendant et d'ami.

Car, comme tu le sais, ceux qui sont proches d'un dépendant qui consomme activement (peu importe le produit) vivent un malaise qui se nomme la co-dépendance. Je qualifie cet état à un mal de vivre. À titre d'exemple, je te dirais que quand mes filles ne vont pas bien, quand elles se baignent dans une marre de problèmes, je sombre avec elle et ce, sans même consommer. Heureusement, qu'à travers les années,
j'ai appris et compris, que je suis impuissante devant leurs choix de vie. 

Retournons à ta problématique et surtout, à ton questionnement.

Je me trouve face à face avec un jeune homme intelligent. Il a bon coeur. Il possède des valeurs recherchées. Un peu rebelle, il aimerait changer les choses sans pour autant se perdre dans ses tentatives. Et il vit une vie colorée, qui souvent le mène vers des chemins où la logique humaine n'a plus de nom. Est-ce que je me trompe? 
Possiblement...

Et il y a cette jeune fille âgée de 17 ans. Elle possède une personnalité forte et là a fois, faible. Elle vient d'une famille que je qualifierais de dysfonctionnelle. Donc, elle se cherche et possiblement, que ses poches sont vides d'amour et de respect. Et par ce fait, elle a une faible estime de sa personne.

Tu viens de lui rendre une visite et tu aimerais l'aider à s'en sortir. Elle consomme des drogues qui l'enterrent peu à peu dans ses chaussures de droguer. Et tu termines, en me disant qu'elle est d'accord pour que tu l'aides à s'en sortir!

Je te fournirai à la fin de ma correspondance, une suggestion pour un centre de désintoxication. Mais pour l'instant, je vais continuer sur l'aspect qui m'inquiète «TOI». Et tu me diras que tu es guerrier, fort et que ta vision de l'avenir est réaliste, etc. Sache que je ne doute pas de tes forces et de ta capacité d'aider, d'aimer, d'écouter, de ressentir de la compassion, etc.

Par contre, je dois te prévenir sur certains faits que tu connais peut-être : Celui qui consomme devient avec le temps, un maître dans la manipulation de l'autre. Et pour ces raisons, il arrive trop souvent que nous les proches nous nous sentions obsédés par notre désir de les sauver et d'essayer de les aider à régler leurs problèmes.

Tu sais, je me suis noyée plusieurs fois intérieurement à essayer d'aider mes filles à atteindre l'autre côté de la rive dans leurs dépendances. Quand on aime, on porte le fardeau de l'autre, on marche sur le plancher de leur difficile. Et on oublie de respecter nos limites personnelles. Et à cet égard, on risque de se faire contrôler par celui ou celle qui consomme et qui a perdu la maîtrise du volant de sa vie.

Tu  m'écris «Je veux la sortir de là et elle est d'accord que je l'aide. J'aurais besoin de votre expérience, de vos conseils...» Et tu termines, sur «J'ai un caractère guerrier. Je vous écrit parce que je suis sûre que je peux la sauver de ce monde, de sa folie et du reste...» Ouf!

J'ai peur Chris que tu te perdes dans ton désir sincère de l'aider. Sur le plan émotif, tu joues et tu risques d'embrasser le plancher de ton désarroi. Sois prudent! Ces lignes que je couche présentement méritent d'être lues et relues. De désirer d'aider et de sauver sont des gestes grands. Mais, malheureusement, la toxicomanie, l'alcoolisme, la schyzophrénie sont des maladies qui sont lourdes à traiter et qui exigent par ce fait-même, des connaissances spécifiques mêlées à l'expérience dans ces domaines. Nous ne pouvons pas traiter ces maladies. Même un
médecin spécialisé dans ces domaines, si il est proche de la personne dépendante, va suggérer un collègue pour suivre le ou la malade. Nos sentiments peuvent nous porter à commettre des erreurs et à nuire au rétablissement de la personne aimée.

Je ne crois pas que mes mots t'ouvriront efficacement à cet état qui m'habille trop bien. Même si je te mets en garde, tu te tourneras probablement vers une autre direction. Mais je me devais de t'outiller et d'essayer de t'aider ouvertement. Je connais la force du désir d'aider celui qu'on aime mais nous qui aimons, sommes à risque de s'ouffrir, de nous faire manipuler, de nous blesser dans nos tentatives et tant plus... Mais j'ai payé pour apprendre et tout comme moi, tu paieras, pour apprendre tes leçons de vie.

Donc, je vais terminer ma correspondance en te donnant l'information que tu m'as demandée. Je crois fermement que les spécialistes dans ce centre possèdent les connaissances nécessaires pour aider ton amie à marier l'abstinence. Quant à la schizofrénie, cette partie risque de compliquer la démarche. Les spécialistes diront (je crois) qu'à force de consommer la personne dépendante développe des comportements qui ressemblent étrangement à celui du schizofrène.



 

J'ai demandé au webmestre de ce site (mon conjoint) de faire une recherche sur le web pour t'aider dans ton désir de lui suggérer un centre de désintoxication. Et voici celui qu'il te suggère. Pour mieux t'outiller, il a inséré leur texte qui habille la page frontispice de leur site. Et le voici : 

«Les fondateurs ont été formés au modèle de la «communauté thérapeutique» (Daytop et Progetto Uomo).

En 1989, un programme thérapeutique en trois phases est ouvert : Accueil, Communauté, Réinsertion sociale. Depuis 1991, une convention signée avec l'Inami assure le remboursement des soins des patients par leurs organismes assureurs.

La première mission de Trempoline est d'apprendre aux personnes toxicomanes à autogérer leur existence sans recourir aux produits psychotropes ni à d'autres conduites destructives.

L'asbl s'est développée au fil des ans et a créé de nouveaux services, liés à l'aide aux personnes toxicomanes, à leurs familles et proches, mais aussi à la prévention, la formation et à l'information vers le grand public.»

Trempoline asbl
Grand Rue 3 
6200 Châtelet
Belgique 

Tél. : 0032-71/40.27.27
Fax : 0032-71/38.78.86
info@trempoline.be 
http://www.trempoline.be/


En espérant que tu trouveras dans mes dires, dans mes conseils, une source d'équilibre pour t'aider dans ton désir de secourir chaleureusement ton amie.

Une équipe à l'écoute «Quand la drogue n'est plus un jeu»

Lee



 

From: Chris
To: lee@gsig-net.qc.ca 
Sent: Sunday, December 05, 2004 3:13 PM
Subject: A ma tres chère lee...

Bonsoir Lee, merci de m'avoir répondu si vite...

Je voulais répondre a ton mail, j'ai pris bonnes notes de tes conseils, mais toi tu sais bien ce que c'est.. l'amour...

Alors avant de m'embarquer dans ce chemin long et dangereux, je souhaiterai continuer à correspondre avec toi....

Voici:

J'ai vu M... aujourd'hui, elle semble s'être remise de sa soirée, et nous avons discuté.... Elle semble rester sur sa décision de changer, pour elle, pour nous...

Psychologiquement son système est détraqué et je le sais, mais qu'importe, je veux quand même essayer de la guérir. Je sais que tu vas me dire que c'est théoriquement impossible, tu emploiras les mêmes mots que ma mère... 

Mais comment t'expliquer...  Le problème dans ma vie, c'est qu'il n'y a plus rien eu de normal à partir de ma quatrième, au collège... Cette année la, mon intégration sociale à été désastreuse, j'ai été humilié ( et pris en photo nu, à mon insu), on m'a fait passer pour un toxicomane, our un fou etc....  Je n'ose même pas t'expliquer les conséquences que cela a engendrer...

Toujours est-il que cette année a réveillé une autre forme de moi, ni humaine, ni démoniaque... entre les deux... Une forme d'état second que j'ai appris à maitriser avec le temps.

A partir de ce moment la maîtrise de l'aspect psychologique et des comportements physique et psychique des être humains me sont devenues accessible ( ce qui est une connaissance à double tranchant, car tu peux autant défier les lois universelles et accomplir des choses dites impossible mais tu peux aussi sombrer dans des états nerveux indescriptible... pour moi c'était bien pire que la mort.... Si tu savais ce que c'est de voir ton corps muter, te bruler, ou d'avoir l'impression de sortir de ton propre corps..... et tout ça en étant en bonne santé d'après les médecins !!)

Ce que j'ai compris au fils de mes expériences, c'est que le corps n'est qu'un pale miroir de la psychée humaine. Cette psychée ressemble a une boule de pate a modeler, que l'on peut remanier.

Bien sur, c'est très dangereux de modifier la matrice psychique-nerveuse ( c'est comme ça que j'appelle l'ensemble -etat émotionelle-état inconscient-état nerveux) d'un individue, tu peux le sauver, ou le tuer. 

Un simple exemple: La première chose que j'ai fait, pour soigner mon ex-copine, c'était de plonger avec elle dans son subconcient. cela consiste à la mettre sous une forme de trance  par des mots des gestes etc... Ensuite j'explore avec elle son passé, depuis sa naissance jusqu'a maintenant, c'est long et épuisant, mais j'avais découvert là, un outils formidable qui m'a permis de soigner et guérir.

Ce que j'ai également compris à travers ces expériences que j'ai mené depuis maintenant 3 ans, c'est qu'il n'existe en fait pas de réelle "maladie", dans le sens stric du terme. Tout les états de santé que l'on peut observer dans le corps humain ne sont présent que si l'esprit le sais, le comprend et l'accepte...

Je manque maleureusement de temps et d'expérience pour en affirmer plus  ( et puis, imagine: un jeune homme de 20 ans qui met en doute toutes les théories établie sur la médecine, ce serai le début d'une troisième guere mondiale )

Néanmoins, comprend mon sceptisme face à ce monde stupide, comprend aussi ma volonté de sortir M... de ce bordel  ( au fait, peut être me suis-je mal exprimé la dernière fois, mais M... est ma petite amie. )

Ma très chère Lee, j'arrête la mon histoire, pour le moment... J'attend tes avis et tes conseils... Je suis certains d'avoir encore des choses à
apprendre avant de me lancer.... 

Votre ami
Chris

PS: Je tiens à remercier ton conjoint pour son aide, je contacterai ce centre dès que possible. 

a bientot

N'oubliez jamais......Tout destin peut être modifié... Et c'est bien là,.... Notre liberté...

Chris



 

Objet:   Comment pardonner? 
De:   "Lee" <lee@gsig-net.qc.ca> 
Date:   Lun 6 décembre 2004
À:   Chris

Bonjour à toi cher Chris

Dans ta correspondance, tu écris que psychologiquement, le système de ta petite amie (dépendante) est détraqué. À cette remarque, je te dirais que dans le monde où nous vivons actuellement, avec notre montagne de stress que l'on mange en quantité industrielle, qui ne souffre pas d'être un peu détraqué? Personnellement, j'ai parfois des réactions qui me surprennent et que certains, qualifieraient d'étonnantes!

J'ai lu et relu ta lettre pour bien te saisir. Comme dans ta première lettre, une blessure se pointe à l'horizon et tu sais, celle dont je parle, n'est-ce pas! Dans tes mots, tu dessines très bien ta problématique «Le problème dans ma vie, c'est qu'il n'y a plus rien de normal à partir de ma quatrième, au collège... Cette année-là, mon intégration sociale a été désatreuse, j'ai été humilié (et pris en photo nu, à mon insu), on m'a fait passer pour un toxicomane, pour un fou, etc. Je n'ose même pas t'expliquer les conséquences que cela à engendrer.»

Et voilà pourquoi «Toujours est-il que cette année a réveillé une autre forme de moi, ni humaine, ni démoniaque... entre les deux... Une forme d'état second que j'ai appris à maîtriser avec le temps.»

Cher Chris, si tu le permets, la recette de ton équilibre, se trouve (je crois) dans une démarche constructive de pardon. Il serait important pour que tu retrouves ton équilibre émotionnel de travailler sur cette démarche qui mènera vers le pardon de tes offenseurs.

Marche à mes côtés et prend le temps de lire ce texte «Que l'offense provienne d'un être aimé ou d'un pur étranger, il faut toujours se rappeler qu'elle est susceptible de mobiliser les souvenirs et de provoquer une réaction en chaîne.» Texte emprunté du livre intitulé «Comment pardonner» de l'auteur Jean Monbourquette

Il y a quelques années, j'ai entrepris une démarche de pardon envers ma mère et son conjoint. Ils ont posé des gestes qui sont difficiles à décrire, sans ressentir un certain désarroi. J'ai entrepris ce travail car mon passé me ralentissait. Mes blessures prenaient le dessus sur mon équilibre. Et dans mon for intérieur, l'enfant en moi, pleurait les moments noirs laissés sur mes pages de mon livre d'histoires. Et à travers maintes chroniques intitulées «Les survivants du passé», j'ai pardonné  à celle qui m'a donné la vie. Quant à lui, je tourne la page. Cet être trouvera dans mon coeur que de la pitié. Tout cela pour te dire que malgré ce travail à travers ces étapes de pardon, je n'ai pas repris contact avec ma mère. J'ai fermé cette porte à tout jamais. Par contre, je t'avoue que je me sens mieux. J'ai compris certains de mes pourquoi et j'ai calmé le feu de mes injustices. Je n'aime pas ma mère pour autant, mais je lui pardonne pour ses fautes et pour ses manques à mon égard. Par contre, je resterai toujours handicapée par mes vides maternels. J'aurais tant aimé être aimée. Mais je passerai ma vie, à chercher instinctivement, à la remplacer. Comme tu peux le constater, nous avons tous et toutes, nos blessures, nos vides et nos moments d'impuissance.

«Les hommes ne peuvent vivre ensemble s'ils ne se pardonnent pas les uns les autres de n'être que ce qu'ils sont.» 
François Varillon
Si je retourne le miroir vers toi, il est évident qu'une blessure, trop grande pour lui donner un nom te détruit dans ton for intérieur. Ce qui s'est passé, cette année-là, t'a détruit profondément. Ces jeunes ne sauront jamais, la montagne qu'ils ont soulevée en posant de tels gestes. Quant à toi, l'ampleur de cette ombre sur ta vie est catastrophique. Par contre, étant maintenant âgé de 20 ans, tu as la capacité d'utiliser ta maturité pour entreprendre une telle démarche. Celle-ci déterrerait l'homme à devenir! C'est du moins ma croyance.

J'aimerais que tu prennesle temps de lire ce texte que je viens de te présenter. Il contient, je crois, la clé de ta survie psychologique. Mais c'est à toi, qu'appartient, ton équilibre et ta paix intérieure. Toi seul est maître de ta discipline. Toi seul décidera de ta route à prendre.

Tu as été atteint (je crois) dans ton intégrité physique et morale. Une partie de ton être est meurtrie, souillée et violée. Cette méchanceté de tes offenseurs t'a contaminée au plus profond de ton être. Et comme mécanisme de défense, tu te caches sous un masque d'homme fort, différent, capable d'affronter mer et monde. Et pourtant, sous cette couche d'homme résistant se trouve un être qui a mal, qui souffre et qui crie à l'injustice.

Tu m'excuseras de m'être concentrée sur ta dynamique mais j'ai l'impression que cette blessure, te causera de t'embarquer dans des histoires sans fin, dans des bateaux à la dérive et dans des situations sans espoir. Si tu m'écris c'est qu'à quelque part, tu cherches des réponses. Et sans être qu'une mère, je ne peux m'empêcher d'essayer de guérir ta blessure et de te donner la main dans ton cheminement d'avenir.

Quant à ta petite amie qui vit des problèmes de consommation, tu peux continuer à essayer de la secourir, tu peux plonger dans son passé pour trouver dans son subconcient la source de ses blessures et de ses injustices. 

Que tu mettes en doute toutes les théories établies sur la médecine est intéressant et louable. Souviens-toi que tu fais partie de notre relève. Tu as le droit de changer les choses que tu peux changer. Et j'ai confiance qu'en restant toi-même, en critiquant les règles établies pour les améliorer, en cherchant tes réponses, tu risques d'améliorer la logique des grands de ce monde.

Une équipe à l'écoute «Quand la drogue n'est plus un jeu»

Lee
 



 

From: Chris
To: Lee 
Sent: Monday, December 06, 2004 2:02 PM
Subject: Sur le chemin de la victoire...

Bonsoir ma chère Lee, j'ai lu ta correspondance avec beaucoup d'attention, je sais que tu as raison sur beaucoup de points...

Je t'avoue que je repense de temps en temps à cet enfant qui n'a pas compris ce qu lui est arrivé, mais le masque que je porte est très efficace, et si cela me donne la force de changer le cours des choses.... quel est l'importance de savoir qui je suis réellement, l'essentiel n'est-il pas d'accomplir ses choix, de se battre pour son destin.?

M... à discuté avec sa mère hier soir, ses parents vont probablement divorser... Peut être est-ce une bonne chose.. Moi je commence à me préparer psychologiquement, aiguiser mes armes, préparer les phrases qui consolent et me concentrer sur ce que je dois accomplir....

Je crois que tu m'ouvres des portes ma chère Lee... Je vais te faire un aveux, M... pour moi est bien plus que celle que j'aime, elle aussi la partie de moi que je veux soigné et guérir, mais elle est aussi un défi que je veux relever, parce que je suis persuadé que sa schisofrénie n'est rien de plus qu'un état émotionelle extrèmement blessé et amer.

Tu sais, samedi soir, on a danser ensemble... Elle a eu un moment de déconnection, elle m'a demandé si elle pouvait me mordre, je lui ai dit parce que.... je ne sais pas exactement pourquoi, peut ête parce que le sang représente pour moi la véritable source de vie, et que elle a besoin de vie

Toujours est-il qu'elle a mordu mon coup a pleine dents, ce fut une sensation étrange pas réellement douloureuse mais étrange...

Bref, j'espère simplement que mon destin est avec elle et que je ressemblerai encore un peu a un être humain dans quelques années... cette phrase est bizarre, je sais, mais c'est une préoccupation que j'ai depuis longtemps, je ne comprend pas pourquoi.... 

Comme ces lunettes noirs que j'avais depuis un an et que j'ai perdue ce week-end, peut être est-ce un signe, peut être est-il temps pour moi de voir ce qui m'attend et de me préparer..

J'attend tes avis
J'espère que tu vas bien

Amicalement
chris


Objet:   Re: Sur le chemin de la victoire... 
De:   "Lee" <lee@gsig-net.qc.ca> 
Date:   Lun 6 décembre 2004 16:24 
À:   Chris

Cher Chris, 

La lettre que je t'ai écrit ce matin se rapportait à une démarche de pardon que je crois qui te serait bénéfique. Ce que j'ai essayé de t'expliquer dans quelques paragraphes est simple, tu as une blessure qui est si grande, qu'il serait important d'essayer de la guérir. Et pour cette raison, le pardon à tes offenseurs serait bénéfique.

Je sais que cette réflexion que je te propose est lourde et demande du travail. Mais elle vaut la peine d'être analysée pour mieux reprendre le contrôle de ta vie. Tu sais ce que ces gens t'ont fait cette année-là mérite d'être pardonné.

Quant au masque que tu portes, même si il est efficace et qu'il te permet de changer les choses, un jour ou l'autre, tu devras l'enlever et faire face à tes blessures du passé. Il est important de savoir qui tu es car la personne offensée qui t'habille présentement ne cesse de revivre ce drame inconsciemment. 

Il est important que tu identifies ta blessure avant de pouvoir la guérir. Et cela te demanderas du temps et un retour en arrière. Dans la vie, il est nécessaire parfois de régler les situations qui nous causent de ressentir tant de souffrance. Tu sais même si tu sembles éviter ce sujet, cette injustice que tu as vécue a affecté ta vie à plusieurs niveaux : ta réputation, ta confiance, ta foi dans l'autre, ton image sociale, et tant plus. 

Enfin, tu peux continuer à te battre pour ton destin, toi seul est maître de tes choix de vie. Quand à ta petite amie, si tu as toujours l'intention de l'aider dans sa démarche d'abstinence, alors lève tes manches. Et oui, prépare toi psychologiquement car marcher à côté d'une personne manipulatrice et malade demande un haut niveau d'équilibre et de contrôle.

Tu m'avais mentionné qu'elle consomme des drogues douces et des drogues fortes (héroïne). Premièrement, ici le pot n'est plus considéré une drogue douce car son niveau de THC est très élevé. La puissance de la marijuana achetée dans la rue est déterminée par sa teneur en THC. Vers les années 1960-1970, la teneur en THC était faible - environ un demi pour cent. Dans les années 1980, il n'était pas rare de la trouver contenant un taux de 8 à 9%. Maintenant, cette même teneur peut s'élever jusqu'à 30%. L'augmentation de la puissance, ou de la  concentration, de THC est devenue un problème. 

Savais-tu que les effets de la marijuana sur le cerveau se traduisent par : une perte de motivation, des périodes plus courtes d'attention et de concentration, un manque d'intérêt pour le monde qui les entoure, une gamme limitée de pensées et de sensations, une incapacité à se préparer pour l'avenir avec réalisme, des idées irréalistes, une détérioration des capacités de communication et apathie générale. Cette drogue qualifiée de douce n'est plus inoffensive. 

Enfin, je pourrais continuer à te donner des infos mais notre site contient une section intitulée «Drogue». Tu pourrais la visiter et t'outiller puisque tu te prépares à plonger pour l'aider à marier l'abstinence. Tu es maître de tes implications et de tes défis à venir. Personnellement, j'ai appris que les spécialistes peuvent aider mes filles mais que je n'ai pas la formation voulue et en plus, mes émotions sont trop fragiles et dansantes. Je risquerais de me noyer dans ma tentative de les secourir.

Par contre, il faut que tu sois prudent pour ne pas perdre de vue tes études. Même si tu espères que cette relation soit pour la vie, les études ont leur place. On ne vit pas que d'amour et d'eau fraiche. Alors, aiguise ta capacité à nager d'une émotion à l'autre.

Personnellement, j'ai essayé de t'aider mais j'ai bien peur que tu vas suivre ta route, et prendre ce que tu veux bien prendre. Et quant à moi, je suis habituée d'accepter mon impuissance.

Quant à la morsure que ta petite amie t'a fait au cou, sois prudent car beaucoup de maladies se transmettent à travers le sang. Par ce détail, je ne te dis pas qu'elle est contaminée mais qu'il est préférable de demeurer sur tes gardes.

Concernant tes lunettes noires, peut-être les as-tu simplement perdues par mégarde. Tu sais, tout n'est pas que mystère dans la vie. Prend le temps de respirer et essaie de conserver tes pieds sur terre. Le monde n'est pas que magie et défi. 

Enfin, continue à aiguiser tes armes car tu en auras sûrement besoin. Les dépendants possèdent des armes et ils savent très bien les utiliser pour nous manipuler. Je crois que tu as des leçons de vie à apprendre et je ne peux rien faire pour te protéger de ta co-dépendance qui brille à plein feux.

Une équipe à l'écoute «Quand la drogue n'est plus un jeu»

Lee


From: Christ
To: Lee 
Sent: Tuesday, December 07, 2004 5:12 AM
Subject: Re: Sur le chemin de la victoire...

Ma chère Lee, 

Rassure-toi je suis très au courant des risques, ma mère travail dans le milieu hospitalier et paradoxallement, j'aime prendre des risques, mais je conserve toujours une marge de sécurité pour ma santé. J'ai appris à faire ça, après de sérieux trouble psychologique qui viennent de mon passé.

En ce qui concerne tes filles tu dis: "je suis impuissante....Mais je suis habitué à être impuissante" Je ne pense pas cela, je pense que tu es bien plus puissante que ce que tu crois, simplement au lieux de lancer les deux rayons vers l'extérieur tu en projette un des deux sur toi.... Et tu en as la preuve tous les jours..... Regarde, soit d'un coté tu souffre, mais d'un autre coté tu as monté un site, tu soutiens ceux qui en ont besoin... Moi je crois sincèrement que tu peux et que tu fais et que tu es bien meilleur que ce que tu crois...

Aussi, c'est vrai que tout n'est pas magique dans la vie, mais cela apporte quand même des réponses importante ( pour moi en tout cas ).

J'ai repensé à ton passage:" pardonne pour guérir tes blessures", c'est dur tu sais...  Parce la question c'est "pourquoi ?"

Bon, le café étant l'ami invéterré du solitaire, je laisse la ces quelques mots en te souhaitant un agréable après-midi.

A plus tard
Chris


Objet:   Re: Sur le chemin de la victoire... 
De:   "Lee" <lee@gsig-net.qc.ca> 
Date:   Mar 7 décembre 2004 
À:   Chris

Bonjour à toi cher Chris,

Je suis contente de lire à travers tes lignes que tu conserves tes pieds sur terre. Non seulement tu as l'intelligence mais aussi, tu es conscient des dangers à vouloir s'impliquer dans des domaines difficiles où la manipulation fait trop souvent partie du quotidien.

Concernant ma réplique «Je suis impuissante...» Dans notre dynamique, nous les mères qui souffrent d'avoir des enfants piégés dans le feu de leurs dépendances, nous réalisons avec le temps que nous ne pouvons rien changer à leur problématique. La prière de la sérénité nous aide et tu la connais sûrement «Mon Dieu donne-moi la Sérénité d'accepter les choses que je ne puis changer, le Courage de changer celles que je peux et la Sagesse d'en connaître la différence.» Je suis impuissante vis-à-vis les choix de mes filles, vis-à-vis leur maladie, vis-à-vis leurs faiblesses, et tant plus. Ce terme demeure populaire dans notre jardon québécois.

Quant à toi, je sens ta froideur habillée ta courte correspondance. Et à cet égard, je vais te nourrir adéquatement. Et pour ce faire, je t'envoie deux fichiers qui t'aideront (je l'espère) à t'outiller dans ton désir d'aider ta petite amie toxicomane.

Puis-je te suggérer de lire les fichiers et de prendre ce qui te conviendras. Personnellement, c'est ma bible. Depuis 1999, j'avance avec ces suggestions. Grâce à cette bible, je demeure en contrôle du volant de ma vie.

Bonne lecture!

Une équipe à l'écoute «Quand la drogue n'est plus un jeu»

Lee
  
  

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