Bonjour à toutes et à tous
« Dans son livre Zorba le Grec, Nikos Kazantzakis décrit la rencontre entre son personnage et un vieil homme en train de planter un arbre. « Qu'est-ce que tu es en train de faire ?», demande Zorba. Et le vieil homme de répondre : « Tu le vois très bien, ce que je suis en train de faire, mon fils, je plante un arbre. » « Mais pourquoi planter un arbre, demande Zorba, si tu ne dois pas le voir porter de fruits ? » Et le vieil homme réplique : « Moi, je vis comme si je n'allais jamais mourir. » Cette réponse suscite un vague sourire chez Zorba qui, en s'éloignant, s'exclame avec une pointe d'ironie : « Comme c'est étrange ! Moi, je vis comme si j'allais mourir demain !» (Réflexions quotidiennes, 29 mars )
Devons-nous vivre comme si chaque minute était la dernière ou comme si nous ne devrions jamais mourir ? Cette ambition de vivre pleinement est louable. Derrière cette idée se cache l'idée qu’il y a une vraie urgence à faire ce qu’il nous plait, que ce qui n’est pas fait maintenant est peut être perdu et qu’il faut dès à présent profiter au maximum de tout. Aujourd'hui, c’est le premier jour du reste de notre vie. Grâce à notre mode de vie, nous n'avons plus à porter le fardeau de nos deuils, de nos remords, de nos échecs, de nos peurs. Envisager chaque jour comme le premier ou le dernier tout à coup nous allège de ces poids, nous apporte une bouffée d’optimisme, une subtile dose d’énergie et la possibilité de respecter notre rythme, notre croissance. « Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain. » ( Horace )
« Dès que j'ai cessé d'argumenter, j'ai commencé à voir, à éprouver des choses. Aussitôt, en douceur et petit à petit, la Deuxième Étape a commencé à s'infiltrer dans ma vie. Je ne puis préciser dans quelle circonstance ni à quel jour je me suis mis à croire en une Puissance supérieure à moi-même, mais aujourd'hui, il est certain que cette foi, je l'ai. » ( 12x12, 2e Étape, page 29 ) Cette foi, elle est venue discrètement dans notre vie. « J’aime vraiment la vie. Il faut vivre comme si c’était le premier jour, comme si l’on sortait de la mort et qu’on voulait tout embrasser. Il faut se jeter dans les choses sans savoir. » ( Rolando Villazon, ténor mexicain, http://www.youtube.com/watch?v=e3XBR-DacZE&feature=related : Bésame mucho ) Ce que nous voulons avoir fait avant de mourir, nous pouvons commencer à dresser notre « bucket list » et à le faire aujourd’hui. Le mode de vie des groupes d'entraide nous invite à vivre comme si notre rétablissement était un miracle, une grâce divine et à partager cette nouvelle liberté, aujourd'hui, celle d'être nous-mêmes et aussi la liberté d'être meilleurs que jamais. « L’alcoolique est souvent le géant de ses rêves et le nain de ses craintes. » ( Louise Nadeau , La Vigne 2.0 Avril Mai 2022 )
« N’oublie pas que dans la vie, il y aura toujours des gens pour te critiquer, te jalouser, t’intimider et n’oublie surtout pas qu’il y aura toujours des gens pour t’aimer, t’aider, te guider et surtout, te respecter. » ( Anonyme )
Nous aimons vraiment la vie. Et aujourd’hui, comme chaque jour dans toute son intensité, est le premier jour du reste de notre vie. Il y a plus de cinq ans, nous avons fait des choix peu communs après près de 45 ans de vie commune. Denise a choisi de vivre seule. La vie est bonne et ma Ps a comblé la mienne rapidement après un court deuil. Il nous faut être prêt à vivre avec les conséquences de nos actions. Et nous respecter dans tout ce processus… « La distance est la mesure étalon du respect dans le couple : trop loin, je t’ignore ; trop près je ne te vois plus. » (Patrick Estrade) Pour les porcs-épics, être trop près ça peut faire mal et ça peut même être blessant et nous laisser des égratignures qui peuvent même aller jusqu’à s’infecter si nous ne gardons pas une petite distanciation. C’est ce que certains appellent 'garder une petite gène' et vivre sa peine. Louis XII avait pris le porc-épic pour emblème. Et cet emblème était accompagné de cette devise : cominus et eminus (de près et de loin).
‘Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’éloigner les uns des autres. Quand le besoin de se chauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de façon qu’ils étaient ballottés de ça et de là entre les deux souffrances, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendit la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur propre intérieur, pousse les hommes et les femmes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières.’ ( Arthur Schopenhauer ) Ainsi, selon Arthur Schopenhauer, l’homme ne peut ni vivre seul, ni vivre en promiscuité, i.e. dans une situation où il se retrouve dans un espace petit, trop restreint avec d’autres où l’intimité est impossible, la fraternité est donc l’exemple même de cette distance médiane par laquelle les hommes se supportent tout en restant utiles les uns aux autres. Les hommes et les femmes y gardent leurs distances et une petite gène grâce aux règles de vie en société, ce qu’il nomme politesse, courtoisie, en somme ni trop près, ni trop loin. Les membres des groupes d’entraide ont en plus les 12 Traditions pour bien vivre et se rétablir ensemble. « Fais chacun de tes actes comme si c'était le dernier de ta vie. » ( Marc-Aurèle )
Merci la Vie !!!
Gilles